Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause

La libraire Caledo Livres avait des allures de crypte ou d’antichambre d’un tribunal hier soir. Un public nombreux venu entendre deux sages un juge et prêtre pour une causerie autour de l’ouvrage qu’ils viennent de publier en commun était entassé dans la petite librairie. En moins d’une demi-heure tous les livres disponibles étaient vendus et il y avait bousculade pour faire dédicacer son livre. Un franc succès pour ces deux hommes charismatiques qui comptent de nombreux amis en Nouvelle-Calédonie.

 

Le calme est revenu avec le début de la causerie avec la prise de parole  du père Roch Apikaoua qui a brièvement retracé sa carrière en expliquant d’où venait sa vocation puis ce fut le tour du juge Jean-Paul Briseul. L’auditoire attentif a pu découvrir la recette de cuisine qui a conduit à la réalisation de ce livre de réflexions. Le travail d’une année avec une rencontre hebdomadaire précédée d’un moment de méditation sur fond de musique classique et enfin une retraite à Prony où les deux hommes seuls ont peaufiné leur ouvrage.  Si les références du juge sont Montesquieu et les Lettres persanes ou Jean-Jacques Rousseau, les auteurs ont utilisé la métaphore pour essayer de traduire leurs pensées. De plus il s’agissait de faire comprendre la pensée kanak par l’écrit ce qui n’était pas évident au pays de l’oralité. L’écrit crucifie la parole comme l’a dit le juge pour faire comprendre la difficulté d’exposer le point de vue kanak.

L'écrit crucifie la parole

Cet entretien entre les deux hommes apporte un éclairage sur le chemin du vivre ensemble vers lequel nous devons aller pour éviter que le communautarisme n’engendre pas d’affrontements entre les habitants du Caillou. Car il faut bien le reconnaître, il y a une tentation de règlement de compte récurrente qui perdure depuis la colonisation sur un fond de violence qui existait déjà du temps des guerres tribales entre les clans des tribus de la Grande Terre et des îles. Nous avons besoin d’hommes de bonne volonté pour apporter des paroles de paix ou d’amour en Nouvelle-Calédonie peut-être plus qu’ailleurs.

Notre terre de parole et de partage est et a été aussi trop souvent un champ de bataille irrigué du sang des guerriers pendant des guerres tribales ou des soldats de l’Empire du temps de la pacification. Le problème c’est que les esprits ne sont toujours pas apaisés. On sort encore trop facilement son arme de chasse du râtelier à fusils ou son coupe-coupe du ceinturon pour en découdre.

La motivation du père Apikaoua et celle du juge Briseul avec la rédaction de cet ouvrage est celle d’humanistes. Il ne reste plus qu’à acheter Le prêtre et le juge pour découvrir le chemin de pensée des deux auteurs. JP

Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause
Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause
Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause
Le juge et le prêtre : L’alliance du marteau et du goupillon pour la bonne cause
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Publié dans Ecrivain calédonien

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