Wallis, un royaume sans roi

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le roi destitué

Le roi destitué

Kapelie Faupala n'est plus le "Lavelua d'Uvéa

Le territoire de Wallis et Futuna présente un système juridique unique en France. Trois pouvoirs y coexistent, et ne s’accordent que rarement : le pouvoir coutumier (représenté avant tout par les rois) ; l’administration supérieure (représentée par l’administrateur supérieur qui a le titre de préfet) ; l’Église (représenté par l'évêque de Wallis et Futuna).

 

Trois Rois pour 15.000 habitants

Le territoire de Wallis et Futuna comporte trois rois, et donc trois royaumes : le royaume d’Uvea à Wallis, et les royaumes d’Alo et de SIgave à Futuna.

Sur le territoire de Wallis et Futuna, les rois ne sont pas désignés suivant des règles dynastiques analogues à celles qui ont eu cours et continuent d’avoir cours au sein des monarchies occidentales. Ils sont en fait choisis ou élus à vie parmi les membres d’un nombre restreint de familles (les Haliki).

Le dernier Lavelua, roi de Wallis, Kapeliele Faupala, le roi de Wallis, a été destitué ce mardi. Il était le "Lavelua d'Uvéa" depuis le 25 juillet 2008. Une désignation, à l'époque, contestée par le camp des rénovateurs. Le précédent roi de Wallis Tomasi Kulimoetoke avait été nommé en 1959 et avait régné jusqu’à sa mort, en 2007. Un règne de 48 ans.

La chefferie est le mode d’organisation traditionnel du territoire

L’organisation juridique coutumière et très hiérarchisées : chaque district (à Wallis : Hihifo, Hahake, Mua ; à Futuna : Alo et Sigave) comporte des villages dirigés par des chefs de villages. Il s’agit d’un pouvoir essentiellement masculin.

Les chefs de village ainsi que le roi forment une assemblée territoriale coutumière qui a la charge de l’organisation d’un certain nombre de tâches définies.

Traditionnellement, les hommes se réunissaient tous les soirs (c’est encore le cas à Futuna, mais la tradition a tendance à se perdre à Wallis) sous le falefono, pour discuter entre eux des problèmes courants. C’est lors de ces réunions qu’ont lieu les procès coutumiers, régis par des règles propres au territoire.

Une organisation tripartite française

Cependant Wallis et Futuna est aussi un territoire français, il est donc administré par des instances françaises, chargées d’appliquer le droit français. Les trois pouvoirs de la République y sont donc présents : le pouvoir exécutif, représenté par l’administrateur supérieur, nommé par le Président de la République ; le pouvoir législatif, représenté par le député et le sénateur de Wallis et Futuna ; le pouvoir juridique, représenté par le président du tribunal d’instance de Mata-Utu, la capitale du territoire.

Une Église puissante et influente

Enfin, l’Église joue un rôle considérable dans l’organisation du territoire. C’est elle qui (conjointement avec l’éducation nationale) est chargée de l’éducation des jeunes enfants (jusqu’à la fin du primaire). Conjointement avec l’administration supérieure l’État civil de l’île.

De plus, les Wallisiens et les Futuniens sont très croyants. Le magistère moral de l’Eglise est donc bien réel dans l’archipel.

La cohabitation des pouvoirs est délicate en 2005 une crise politique avait même générée des troubles.

Une crise politique sans précédent avait éclaté en septembre 2005 en laissant craindre une guerre civile entre, d’une part, les partisans du roi, de l’Église et de la coutume et, d’autre part, les partisans de l’administrateur. L’’île a été coupée en deux quelques jours, et l’aéroport avait été bloqué. La situation semblait apaisée espérons que cette destitution ne rallumera le brasier

La Nouvelle-Calédonie directement concernée par ces événements car Les Wallisiens et Futuniens forment la troisième communauté en termes d'importance au sein de la population de Nouvelle-Calédonie, après les Kanak et les descendants d'Européens.

Avec 21 262 individus réecensés sur le Caillou en 2009, ils sont désormais plus nombreux qu'à Wallis-et-Futuna

Issus de plusieurs vagues d'immigration depuis les années 1940 mais aussi d'une forte natalité au sein de cette population, ils sont désormais plus nombreux qu'à Wallis-et-Futuna. Avec 21 262 individus en 2009, ils représentent 8,66 % de la population totale de l'archipel.

Pour en savoir plus je vous recommande le livre de l’historien calédonien Frédéric Angleviel « Wallis et Futuna 3500 ans d’histoire ». JP

Frédéric Angleviel, né le 1er mai 1961 à Nouméa, est un historien français. Il a soutenu une thèse Nouveau régime d’histoire contemporaine sur Wallis-et-Futuna en 1989 et une habilitation à diriger des recherches sur l’historiographie de la Nouvelle-Calédonie en 2002.

Voir article sur son livre Wallis et Futuna 3500 ans d’histoire

Couverture du livre de Frédéric Angleviel

Couverture du livre de Frédéric Angleviel

Manifestation culturelle en 2010 au centre culturel JM Tjibaou.Les photos sont de Joël PAUL l'homme en casquette sur ce montage.

Manifestation culturelle en 2010 au centre culturel JM Tjibaou.Les photos sont de Joël PAUL l'homme en casquette sur ce montage.

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