Langues et dialectes en débat à la MLNC de Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Langues et dialectes en débat à la MLNC de Nouméa

La Maison du Livre, en partenariat avec NC 1ère et la bibliothèque Bernheim ont organisé l’émission mensuelle "DES LIVRES ET NOUS" ce mardi 28 octobre pour une édition intitulée « À quoi sert ma langue ? Nge kore hnapan'ore la nengoce ni inu ?" (nengone).

 

Quelle est la place des langues kanak, quelles sont les actions de valorisation, notamment au travers des différentes publications en langues kanak... ? C’était le thème que les invités ont développé en débordant du sujet sur les langues maternelles d’ailleurs.

Une invitée canadienne amérindienne Natasha KANAPÉ-FONTAINE qui ne parlait pas le français jusqu’à l’âge de cinq ans et qui a reçu le prix d’excellence de la société des écrivains francophone d’Amérique en 2013 était bien placée pour témoigner que la pratique de sa langue maternelle ne nuit pas aux performances futures.

Weniko IHAGE a été le plus bavard sur ce sujet qu’il connaît bien. Il a expliqué qu’une langue peut servir de lien pour tout un pays sans pour cela être vraiment reconnue comme une langue. Le bichlamar par exemple fait le lien entre les populations au Vanuatu mais n’est pas enseigné. C’est uniquement une langue orale. Les invités ont souligné la richesse des très nombreuses langues et le nombre incroyable de langues et de dialectes qu’il existe sur terre. Plusieurs centaines rien qu’en Papouasie, ça laisse songeur !

Pierre Faessel a profité de l’occasion pour faire sa rubrique le "portrait sans détour" en alsacien. Une première, mais je sais qu’il y avait au moins un locuteur de cette région de France pour comprendre.

Cris avait pour invités :

- Emanuel Tjibaou (directeur de l’ADCK)

- Weniko IHAGE (directeur de l'Académie des langues kanak - ALK)

- Stéphanie GENEIX-RABAULT (responsable scientifique et linguistique de l'ALK)

- Liliane TAURU (responsable des éditions Plume de Notou)

- Wanir WELEPANE (poète, pasteur, auteur de "TOKANOD, cette inconnue en nengone et drehu", ALK, 2014)

- Natasha KANAPÉ-FONTAINE (poète, slameuse*, invitée d'honneur du concours de slam de la bibliothèque Bernheim)

La Chorale MELODIA et ses 8 jeunes choristes qui ont interprété plusieurs chansons polyphoniques issues du livre "Yoo, chants du sud de la Nouvelle-Calédonie" (ALK, 2014).

Roland ROSSERO, du comité de lecture de la bibliothèque Bernheim a présenté ses coups de cœur de lecteur.

Langues et dialectes, notre région détient des records

Il n'existe pas de critère strictement linguistique permettant de distinguer une langue d'un dialecte.

Dans une perspective sociolinguistique (étude des langues dans leur rapport aux sociétés), le terme « langue » définit tout idiome remplissant deux fonctions sociales fondamentales : la « communication » (c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc.) et l'« identification » (de par son double aspect individuel et collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et de ses appartenances sociales). Par conséquent, les « langues » sont des objets vivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les langues sont considérées non hermétiques car elles relèvent d'abord des pratiques sociales

Notre planète est souvent comparée à une tour de Babel, avec ses 6800 langues réparties dans plus de 220 pays (ou États). Théoriquement, on compterait donc 30 langues par pays. Mais la réalité est toute autre: quelques rares pays (Barbade, Cuba, Corée du Nord, Corée du Sud, Maldives, Islande, Liechtenstein) n'en comptent qu'une seule, alors que certains autres en dénombrent des dizaines, sinon plusieurs centaines, le cas le plus impressionnant demeurant sans doute l'île de la Nouvelle-Guinée (en Papouasie-Nouvelle-Guinée). De plus, les frontières politiques des États ne coïncident pas toujours avec les frontières linguistiques. C'est ainsi que l'on peut constater à l'intérieur d'un État l'existence de plusieurs langues, alors que certaines autres langues bénéficient d'aires d'expansion considérables et sont parlées bien au-delà des frontières d’un seul État.

Les régions de densité linguistique faible (en vert) sont le Canada, le Groenland, l'Argentine, le Chili, l'Europe du Nord, la Russie, le Kazakhstan, la Mongolie, le Népal, le Bhoutan, le Cambodge et toute l'Afrique du Nord. Les régions les plus densément riches (en rouge, carte du haut) au point de vue du nombre des langues sont le Mexique, le Centre de l'Afrique (Nigeria et Congo-Kinshasa), la Chine, l'Inde, le Sud-est asiatique, l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

 La carte imaginée à gauche («Représentation géographique») par Michael Parkvall nous montre ce que pourrait être la carte du monde en fonction du nombre des langues par pays.  Les pays le plus importants seraient, dans l'ordre, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (830 langues), l'Indonésie (722), le Cameroun (279), le Nigeria (521), le Congo-Kinshasa (217), l'Australie (207), la Chine (296), le Mexique (297), l'Inde (445) et les États-Unis (364).

Il y a aussi d'autres pays où le nombre des langues est important: le Brésil (193), la Malaisie (145),  la Russie (135), le Soudan (134), le Tchad (133), le Népal (127), la Tanzanie (129) et le Vanuatu (114).

 Bien que l'on soit parvenu à chiffrer avec une certaine précision la composition linguistique de l'humanité, on ne réussira jamais à déterminer le nombre exact de langues dans le monde.

 On peut en effet affirmer que toute donnée statistique concernant cette question est nécessairement approximative. Les causes sont liées avant tout à des problèmes d'ordre terminologique, méthodologique, politique, idéologique, parfois économique.

Langues et dialectes en débat à la MLNC de Nouméa
Langues et dialectes en débat à la MLNC de Nouméa

Publié dans Culture Kanak

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