GEORGES ORSELLI de Jean Orselli chez l’Harmattan

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

GEORGES ORSELLI de Jean Orselli chez l’Harmattan

Officier, gouverneur des Colonies et industriel :

un patriote critique

Jean Orselli va découvrir au cours de son adolescence la diversité de la vie - des vies - de son père Georges Orselli, soldat de 1915 à 1918, Polytechnicien, officier d'aviation et pilote aux multiples affectations, industriel au Japon en 1938-1940, officier dans la Royal Air Force en 1941, gouverneur des Colonies, industriel et promoteur à Paris. Un père qui eut toujours une attitude décalée par rapport aux normes des rôles qu'il tint, notamment dans son parcours "politique" comme Gouverneur des Colonies.

George Orselli, officier d’aviation rallié à la France libre en janvier 1941 et engagé dans la Royal Air Force, est nommé gouverneur des Établissements Français d’Océanie (EFO) le 1er octobre 1941. Il y restera jusqu’au 15 décembre 1945.

À peu près libre de ses décisions, il s’attacha à remonter l’économie, à protéger les producteurs indigènes contre les commerçants en établissant un système de maximums des prix de vente des produits importés et de minimums des prix d’achat des productions locales (coprah, nacre, phosphates, vanille, viande de porc). Il mena aussi une vaste politique de construction d’écoles, hôpitaux, adductions d’eau, et de mise en exploitation des terres.

Il supprima l’impôt sur le revenu,

disposition qui subsiste toujours.

Il dut faire face aux menées des Américains qui avaient pris le contrôle total de la Nouvelle-Calédonie et cherchaient, avec l’appui de personnalités locales dont Pouvanaa a Oopa, à faire de même aux EFO.

En 1944, il obtint du Gouvernement provisoire de nombreuses réformes politiques : la nationalité française pour tous les indigènes « non citoyens », un Conseil Général élu, un député, et la suppression de diverses réglementations sur la presse, les douanes, etc.

Les EFO furent paradoxalement durant la guerre « Un paradis à l’abri de la tourmente » selon l’expression d’un mémorialiste.

Naturellement, le système de contrôle économique des prix qu’il avait établi fut démantelé au profit des colons après la guerre, entraînant la naissance d’un mouvement indépendantiste.

Orselli refusa de se présenter à une élection législative partielle en 1949, année où Pouvanaa a Oopa fut élu député.

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Contexte historique Local

G. Orselli gouverneur

Lorsque Thierry d'Argenlieu débarque à Tahiti, pour mettre fin à la situation embrouillée qui y règne, on chuchote déjà dans la ville que l'un des deux officiers qui l'accompagne -le capitaine de frégate Cabanier et le lieutenant de l'armée de l'air Orselli- sera nommé très bientôt, en remplacement du redoutable Richard Brunot, gouverneur des Établissements Français d'Océanie.

Cabanier est rapidement éliminé par Thierry d'Argenlieu : l'officier de marine rend trop souvent visite à la famille Martin ! Georges Orselli, ancien polytechnicien, deviendra donc gouverneur des E.F.O. et, à cette occasion, il sera élevé au grade de colonel de l'armée de l'air.

De carrure athlétique, d'une nature très autoritaire, Georges Orselli, responsable de la colonie du 1er octobre 1941 au 13 décembre 1945, sait, pendant ces quatre années, remettre de l'ordre dans les affaires de Tahiti : que ce soit la mise en place des militaires américains à Bora-Bora, que ce soit le remplacement de Léonce Brault à la présidence de la Commission Municipale par Alfred Poroi, (Brault aurait souhaité voir les troupes américaines installées à Papeete et Orselli était opposé à ce projet), que ce soit la création de magasins de ravitaillement témoins, ou le contrôle sévère des prix et des tickets de ravitaillement, tout sera fait par Orselli pour redonner à Tahiti une organisation politique et économique saine, avec des chefs responsables, devant suivre les ordres précis d'un gouverneur « à poigne ».

Il faut insister sur le fait qu'Orselli remet aussi sur pied l'économie des E.F.O., en assurant pendant toute la durée de la guerre des débouchés aux principaux produits de la colonie : le coprah est vendu aux U.S.A., le phosphate à l ' A u s t r a l i e et à la Nouvelle-Zélande. Le gouverneur Georges Orselli rétablit aussi la régularité des liaisons interinsulaires en achetant trois goélettes aux États-Unis, le tonnage de la flottille locale étant devenu insuffisant. Et on put bientôt voir dans le Port de Papeete, trois nouvelles goélettes -Maoae, Hotu et Terehau- dont la tâche essentielle était d'aller ramasser le coprah dans les Tuamotu-Est et les Marquises.

Si les mesures prises par Orselli ne furent pas toujours très populaires (lutte contre le marché noir, envoi de Pouvanaa en résidence forcée dans son île natale de Huahine), nul ne put contester son entière intégrité et son grand amour pour la Polynésie au point que ses deux fils, nés à Tahiti, pendant ses quatre années de séjour, prirent, selon la coutume, et gardèrent, des prénoms tahitiens que leur donna le grand chef Teriierooiterai.

[J.M. Dallet. Ch. Gleizal. Mémorial polynésien, t. 6] La photo Georges Orselli en compagnie d'officiers américains en Une est tiré de ce Mémorial.

Officier, gouverneur des Colonies et industriel : un patriote critique

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