« Paroles Libres », la solidarité des artistes calédoniens pour la liberté d’expression

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

« Paroles Libres », la solidarité des artistes calédoniens pour la liberté d’expression
« Paroles Libres », la solidarité des artistes calédoniens pour la liberté d’expression

Mardi 20 janvier de 18h00 à 20h00, la maison Célières, notre maison du livre a vibré au son et paroles des musiciens, poètes et auteurs venus dire des textes de magnifiques écrits ou repris pour la circonstance. Un cocktail de talents de diverses disciplines unis pour dénoncer la barbarie et l’intolérance. Malgré les vacances et l’absence de nombreux artistes ou écrivains, une nouvelle fois l’auguste demeure était trop petite pour accueillir les spectateurs.

Une belle soirée de rires et de larmes mêlés à marquer dans les annales. JP

« Paroles Libres », la solidarité des artistes calédoniens pour la liberté d’expression
« Paroles Libres », la solidarité des artistes calédoniens pour la liberté d’expression

Allāhu ākbar (Dieu est le plus grand),

L’appel à la prière du muezzin commence toujours par ces mots Allahu akbar, l’appel est chanté, un chant mélodieux, enchanteur, magnifique parfois.

Appeler les gens à prier, il n’y a rien de plus noble, c’est un honneur d’inviter les fidèles musulmans à venir accomplir les cinq prières quotidiennes. Dans les pays musulmans, ce chant rythme la vie en séduisant beaucoup d’occidentaux qui tombent souvent amoureux de ces fascinants pays.

Thomas Edward Lawrence, dont le rôle au cinéma a été interprété par Peter O'Toole dans le film Lawrence d’Arabie aimait sûrement entendre l’appel à la prière du muezzin. Il était fasciné par les peuples d’Afrique du nord, les hommes du désert, les guerriers aux cimeterres aiguisés bravant les sables comme les nomades sur des chameaux pour aller guerroyer.

Le film Lawrence d’Arabie et la musique de Maurice Jarre avait probablement fait rêver aussi Cabu. Le dessinateur humoriste avait les yeux bleus comme ceux de l’exalté Peter O’Toole.

Aqaba ! Aqaba ! Aqaba ! criait Lawrence pour encourager les guerriers de Fayçal ben Hussein pour aller au combat et reprendre la ville afin de fonder une nation arabe indépendante moderne. Indépendante et moderne ! C’était le vœu de l’officier britannique mais il avait sous-estimé les intégristes religieux.
Allahu akbar est toujours le début de l’appel à la prière mais la dernière fois que Cabu avec ses yeux bleus comme Peter l’a entendu, les mots étaient hurlés par un djiadiste haineux qui venait de décharger les balles tueuses de sa kalachnikov sur ses amis et lui.

Les yeux bleus de Cabu rougis de son sang ou de celui d’un de ses amis se sont refermés tandis qu’Allahu akbar résonnait dans les escaliers de la rédaction de Charlie Hebdo.

On ne saura jamais ce que Cabu l’athée a entendu avant d’expirer son dernier souffle, mais on pourrait imaginer que le Allahu akbar de l’assassin, dans l’oreille qui ne captait plus que des sons déformés par la mort qui l’emportait, soit celui du muezzin, un chant d’amour mais pas un cri de guerre.

Joël PAUL mon texte lu en public à la MLNC

Le blog CalédonianPost

Joêl PAUL en lecture de Allāhu ākbar

Joêl PAUL en lecture de Allāhu ākbar

Publié dans Maison du livre NC

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