Signature d’une convention entre la Maison du Livre et NC 1re

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Signature d’une convention entre la Maison du Livre et NC 1re

La Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie et NC 1ère, un partenariat pour  l'émission littéraire "Des Livres et nous".

Pour l’occasion, un comité des signataires s’est réuni pour la signature de l’accord du Faubourg Blanchot qui permet de pérenniser l’émission littéraire calédonienne « Des livres et Nous ». Cette cérémonie a eu lieu dans le grand salon de la maison Célières.

 

Wallès Kotra, (directeur régional de NC 1ère), a signé ainsi une convention avec Frédéric Ohlen, (président de la Maison du Livre), ce lundi 27 avril à la Maison du Livre (Maison Célières). Cette signature officialise les engagements réciproques, tant au niveau technique que de contenu, initiative rare et originale entre deux structures de la sorte en Nouvelle-Calédonie.

« Des Livres et nous » est une émission mensuelle enregistrée dans les locaux de la Maison du Livre, au Faubourg-Blanchot. Elle est diffusée en direct sur les ondes de NC 1ère Radio, le dernier mardi de chaque mois de 20 h à 21 h 30, puis programmée en différé dans sa version filmée sur NC 1ère Télé, le mardi suivant à 22 h. Voir ci-dessous des précisions sur cette émission.

DLEN est un magazine littéraire mensuel qui propose au public de s'informer sur l'actualité éditoriale locale, au travers d'échanges avec les acteurs de la filière du livre : écrivains, slameurs, dessinateurs, mais également libraires, bibliothécaires, documentalistes, universitaires, journalistes, associations de médiation, etc.

Au travers de thématiques générales ou des problématiques de la filière du livre, les invités bénéficient d'un espace d'échange, voire de débat, donnant à mieux connaître les enjeux et réalités culturelles. Régulièrement, des invités internationaux interviennent dans l'émission, par exemple les invités du SILO, mais aussi Charles Juliet (écrivain), Alain Schneider (chansonnier), récemment la poète militante écologiste, Natasha Kanapé Fontaine, etc.

 

DISCOURS

prononcé le 27 avril 2015

à la Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie

à l’occasion la signature de la convention MLNC-NC 1re

pour l’émission Des Livres et nous.

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Madame et Messieurs les Directeurs de NC 1re, des Antennes Télé & Radio,

Mesdames et Messieurs,

Au fil des ans, chaque Calédonien a tressé, avec sa radio puis sa télévision, une sorte de vie plus ou moins commune, de PACS plus ou moins clair. Ce fut d’abord, je m’en souviens, la voix familière d’un Raymond Lacroix ou d’un Jacques d’André, d’un Gérard Périer ou d’une Régine Reyne. Autant de repères fidèles... Rappelez-vous aussi, cette fois tout en chair et pixels, Luc Chevalier, conteur intarissable passionné d’histoire(s), la sensibilité lyrique d’une Jacqueline Sénès, allant confesser, en noir et blanc, et en 16 mm, les derniers témoins : tel cap-hornier centenaire conservé dans le sel et l’alcool, Minh, le gardien solitaire du village de la Tiébaghi, ou Fernande Leriche, écrivaine métisse, petite-fille de Naïtani et de James Paddon. Ce fut aussi le jeune Joseph Caihe cherchant avec moi, dans les rayons squelettiques du magasin Barrau, une veste, voire une cravate pour présenter son premier JT. Ce furent enfin ces cameramen cascadeurs qui, au temps de notre folle adolescence équestre, allaient, au péril de leur vie, s’allonger, pour de spectaculaires prises de vue, au milieu des obstacles.

Cette télé-là, cette radio-là étaient marquées par la proximité, par la bonhomie, par la conviction d’appartenir à un monde où chacun se connaissait et se reconnaissait, avec, pour autant, cela va de soi, les lunettes et les filtres de l’époque. Cela n’empêchait pas les rencontres : cette vision stupéfiante des marionnettes géantes de Mélanésia 2000, du général de Gaulle trébuchant, dans le flou, marchant au radar, sans lunettes, sur les trottoirs de Nouméa pour regagner sa DS

Et puis, l’ancien monde a basculé. Il convenait de refonder au plus vite, bon gré, mal gré, notre pacte, rendre plus équitables, plus justes encore nos créations, nos réalisations, nos reportages, et que, du sommet à la base, tous y participe. Quant au livre, il aura connu, vous le savez, des fortunes diverses : chronique d’un amour ou d’un désamour, d’un déni ou d’un dédain. Un soir, un certain Wallès frappe un grand coup en présentant, à une heure de forte écoute, le recueil Vision d’insulaire d’un certain Nicolas.

Suivent des émissions par trop éphémères, quelques directs, trop rares, à la bibliothèque Bernheim. Mais le public reste encore, la plupart du temps, coupé de notre travail. Il n’a pas accès à nombre de séquences historiques : Pierre Gope au festival mondial du théâtre à Cuba, ou tel célèbre chorégraphe kanak à Saint-Pétersbourg. Rien donc, sur Richard Digoué en Russie ; rien ou presque pour Pierre Pudewa brûlant les planches à Limoges ou à la Comédie-Française. Quelques secondes à peine pour les écrivains calédoniens à Ouessant, Adelaïde ou Sydney…

Et cependant, la reconnaissance viendra bel et bien de l’extérieur : prix littéraires, distinctions, essais, traductions. Et si et si tout cela méritait un peu plus qu’un regard ? Si cette identité, si cette autre parole, on pouvait les trouver là, dans et entre les lignes, chez Kurto ou Claudine, Fred ou Déwé ? Alors, quoi ! Quelle pesanteur nous fait jusqu’ici hésiter, alors que les preuves s’accumulent, que chaque voix se fait plus vive ? Des associations sont créées : écrivains, éditeurs, Maison du Livre. Des propositions sont faites. Insensiblement, les lignes bougent. Les frontières se déplacent. Un vent nouveau, venu de Polynésie, se met à souffler. Premier salon littéraire place To’ata. Et un temps d’antenne soudain redevenu élastique pour écouter ces auteurs, parfois venus de fort loin, faire pour nous le point sur l’Homme.

Les désirs se liguent enfin. Être dans le même lit-pays ; mieux : y faire les mêmes rêves ! Parler des livres, de nos livres… ? Oui, non seulement c’est possible, mais c’est nécessaire, aussi nécessaire que respirer ou voter, étudier, imaginer, voyager ! Pourquoi ? Pour renforcer et construire sans cesse notre humanité, pour mieux l’exprimer aux yeux du monde, cette terre-ci, pour mieux les chanter, face à l’universel, ce sol et ce ciel si particuliers.

Nous avons réussi là, il me semble, un mariage réputé difficile entre radio et télé, entre l’image et le livre, entre oralité et littérature, entre une modernité finalement assumée et la force de nos héritages. Se faire passeur, soit ! Dire, en effet, pas en une semaine ou en deux, mais continûment, sur des mois, des années, ce qui s’écrit ici, se lit, se pense, pour, tout à la fois, se délivrer de soi-même et se reconquérir.

Je suis fier du chemin accompli, et je voudrais remercier, très sincèrement, nos équipes de la Maison du Livre et de NC 1re, toutes celles et tous ceux qui, jour après jour, ont rendu cette aventure possible : Gilles, Pierre, Cris, Jean-Brice et tant d’autres, en régie ou sur le plateau, tous mobilisés pour que nos voix portent. Je ne les citerai pas tous, mais tous se reconnaîtront, je crois, dans cette phrase, signée Jacques Prévert, que j’ose leur proposer comme devise : « Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent ; c’est pas gai, je sais. Il y a aussi des gens qui s’entrevivent. Eux, j’irai les rejoindre. »

Frédéric Ohlen,

Président de la Maison du Livre.

Frédéric Ohlen pendant son discours avec les représentant de NC 1er dont Wallès Kotra à sa droite et Jean-Brice Peirano directeur de MLNC en chemise rouge à sa gauche

Frédéric Ohlen pendant son discours avec les représentant de NC 1er dont Wallès Kotra à sa droite et Jean-Brice Peirano directeur de MLNC en chemise rouge à sa gauche

Publié dans Maison du livre NC

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