Voiles et paquebots sur les lignes de l'Atlantique Nord au musée maritime à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Voiles et paquebots sur les lignes de l'Atlantique Nord au musée maritime à Nouméa

L'histoire des grands paquebots transatlantiques est émaillée d'émotions, d'aventures et de tragédies. A l'appui d'un diaporama richement illustré, Jacques Nozeran, nous a invités Jeudi 23 avril 2015 à revivre, au cours d'une traversée dans l'histoire, l'époque glorieuse de ces navires célèbres.

Depuis le petit Sirius dont l'équipage, en 1938, brûlait meubles et mâtures pour alimenter la chaudière en panne de charbon, jusqu'au mystérieux United States américain en 1952, les performances de ces navires, récompensées par le très convoité "Ruban bleu" ont déchaîné enthousiasmes et rivalités.

Il s'agissait d'une époque où l'avion ne survolait pas l'Atlantique, une époque où seuls les paquebots reliaient les continents entre eux.

La course au Ruban bleu, une causerie de Jacques Nozeran, puisqu’il prêtant n’être ni historien, ni conférencier bien qu’il soit un peu des deux a réuni de nombreux amateurs, souvent d’anciens passagers des paquebots ou des navigants de la marine ainsi que des nostalgiques de l’époque des voyage en paquebot.

Comme le rappelait justement Jacques Nozeran, les paquebots n’ont pas disparu, il y en a de plus en plus, mais ce sont des hôtels flottants. Le luxe y encore présent mais rien à voir avec l’époque des traversées de l’Atlantique avec le luxe en première classe, les immigrants en troisième classe en partance pour la conquête de l’Amérique et les courses pour ravir le fameux ruban bleu, le prix pour la traversée la plus rapide. De nos jours le commandant de bord ne se montre plus, avant on pouvait diner à sa table. Toute la différence est là.

En un peu plus d’une heure le commandant Jacques Nozeran nous a conté cette formidable aventure qui a commencé sur les grands voiliers avec 30 jours de traversée puis avec les voiliers-vapeurs pour des duels entre les armateurs et des défis entre les commandants de ces paquebots toujours plus rapides et plus grands, jusqu’aux colosses allemands comme le Maurétania qui se sont fait ravir eux aussi le ruban bleu, qu’ils ont gardé 22 ans. Le duel Français/Britannique entre le Normandie et le Queen-Mary a été aussi fascinant mais le premier ruban d’un vapeur, le petit Sirius en 1938, qui à court de charbon avait brûlé les meubles pour alimenter sa chaudière, est resté dans les annales. Le dernier record, en 1952, a été de 3 jours 10 heures et 40 minutes par l’United States et nous sommes passés de 30 à 3 jours, de 10 nœuds à 40 nœuds. Incroyable mais vrai !

Commandant Jacques Nozeran et Valérie Vattier directrice du musée Maritime

Commandant Jacques Nozeran et Valérie Vattier directrice du musée Maritime

TRAVERSÉE MARITIME DE L'ATLANTIQUE-NORD ET RUBAN BLEU
Le nouveau paquebot géant américain, United States, d'une jauge de 53.300 tonneaux, a, au cours de son premier voyage transatlantique du 3 au 7 juillet 1952, avec 1.700 passagers, conquis le ruban bleu. Il a franchi l'Atlantique Nord, entre le bateau-phare d'Ambrose, à l'entrée du port de New- York, et le Bishop's Rock, au large de la Cornouailles britannique, c'est-à-dire un trajet de 2.938 milles, en trois jours dix heures quarante minutes. Les experts estiment que, jusque-là, aucun navire marchand n'avait fendu les flots à une telle vitesse : environ 35 nœuds et demi. En 1938, le paquebot de la Cunard, Queen-Mary, avait réalisé la meilleure traversée maritime avec une moyenne horaire de 31,69 nœuds. En réalité, le symbole de cette rivalité technique n'est pas un ruban, mais une statuette d'or et d'argent, le Hales trophy, qui a été offerte jadis par H. K. Haies, membre de la Chambre des Communes. La première traversée sans le secours de la voile par le Sirius, bateau à roues, fut faite en 1838 à la vitesse moyenne de 6,7 nœuds. A partir de 1 840, les progrès seront sensibles ; la concurrence entre Anglais (Cunard Line) et Américains (Collins Line) s'accusera ; la moyenne passera de 8,19 nœuds à 13,21 nœuds (1852), puis à 19,57 nœuds. Bientôt, la compétition s'élargira : la France (Compagnie générale Transatlantique) et l'Allemagne, plus tard même l'Italie, s'inscriront au palmarès ; en 1924, la moyenne atteint 26,25 nœuds. Ravissant le ruban bleu au Rex italien, notre paquebot, Normandie, portera cette moyenne en 1935 successivement à 29,94 et à 30,31 nœuds pour l'élever à 31,20 nœuds en 1937. Mais l'année suivante, la Grande-Bretagne l'emporta de nouveau. Lorsqu'éclata la seconde guerre mondiale, les hydravions Clipper des Etats-Unis avaient commencé la liaison transatlantique et cette lutte maritime semblait ne plus offrir d'intérêt ; il a d'ailleurs été précisé, après son exploit, que le nouveau détenteur du ruban bleu assurerait son service entre l'Amérique et l'Europe à la vitesse commerciale des paquebots britanniques. M. M. C.
Source : Chartier Marcel-M. Traversée maritime de l'Atlantique Nord et ruban bleu. In: L'information géographique. Volume 17 n°1, 1953. pp. 25-26.

TRAVERSÉE MARITIME DE L'ATLANTIQUE-NORD ET RUBAN BLEU

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