La poussière des âmes de Sandra Dumeix

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La poussière des âmes de Sandra Dumeix

Publié par les éditions Humanis de mon ami Luc Deborde, mon éditeur pour mon roman « Les Visiteurs du Château Hagen », à qui je souhaite un prompt rétablissement. Ce premier roman d’une jeune auteure calédonienne a reçu le soutien de la province Sud. JP

Invitée à partager la vie d’une communauté aborigène, Athénaïs, une jeune femme grecque, découvre un monde qui la bouleverse. Elle s’éprend de Tjukurpa, un enfant meurtri qui l’accepte peu à peu pour mère, et envisage de s’installer à jamais dans cette nouvelle existence, si proche de la nature et de ses richesses. Mais son ancien compagnon, Georgio, est à sa recherche… C’est sa propre expérience romancée que l’auteur nous invite à découvrir dans ce récit puissant et émouvant. Deux années inoubliables qui ne tarderont pas à hanter vos propres rêves.

Petit extrait du début livre

Sandra Dumeix

La poussière des âmes
(White Mama)

Tjukurpa

Désert australien, Broome, terre ancestrale des Aborigènes.

Une longue traînée de terre rouge signale l’unique route qui mène vers le désert australien. À ce moment de l’année, le vent souffle avec force sur les espaces poussiéreux du Grand Nord. La saison des cyclones s’annonce, et avec elle, le regain des esprits et la régénération de la nature. Toutes les communautés aborigènes sont dans l’attente de cette phase brève et intense.

À l’écart de sa communauté, tournant le dos à la mangrove, Tjukurpa, assis en tailleur, laisse errer son regard sur les étendues austères que la lune montante baigne d’une lueur diffuse. La lune… sa mère. Tout comme le soleil est son père.

C’est ainsi qu’il voit les choses depuis la perte de ses parents. Sa communauté lui a servi de pilier familial, mais c’est dans la Nature qu’il trouve l’apaisement. C’est elle qui le berce comme une mère aimante berce son enfant. C’est elle qui le ramène parfois violemment sur son chemin, en lui fouettant le visage d’un vent corrosif.

L’esprit vif, le jeune Tjukurpa montre une intelligence agile et une maturité précoce, comme si les forces de la terre, souvent confuses au moment de la conception des âmes, s’étaient accordées sur celle de ce petit être. Au moindre sourire, son visage semble éclater d’une lumière qui contraste avec la teinte sombre de son corps. Et quand la tristesse le gagne, elle teinte ses yeux noisette de nuances profondes.

Une mystérieuse agitation l’a tiré du sommeil ; il est parti affronter la froideur de la nuit, longeant un maigre ruisseau qui reflétait le ciel, jusqu’à la lisière du désert silencieux. Une vacuité propice au dialogue avec les esprits des ancêtres. Ce lieu est son refuge depuis son plus jeune âge.

Il songe au temps du rêve où sont nées toutes les légendes. Il chante.

Rien ne nous appartient, nous sommes des âmes qui naissent sur terre, et nos corps retournent à cette terre avant nos réincarnations.

Editions Humanis

Publié dans Ecrivain calédonien

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