EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Parution de novembre 2016 chez l’Harmattan

Les souvenirs du colon aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu)

1903-1913 Une jeunesse aux colonies d'antan

Collection Portes océanes

HISTOIRE OCÉAN PACIFIQUE Vanuatu

Cette suite de récits pris sur le vif présente les facettes variées de l'expérience vécue d'un jeune colon installé en 1902 avec sa famille au Vanuatu, un étrange archipel devenu alors un Far West insulaire disputé âprement entre France et Grande-Bretagne. Alors que son époque exalte "le devoir de colonisation", le jeune Edmond Caillard fait une plongée durable dans "le milieu indigène". Il mesure ainsi le choc de l'occidentalisation, avec ses nouveaux modes de consommation, ses pratiques commerciales, l'apparition des plantations.

Extrait d’un article de Laroche Marie-Charlotte. Edmond Caillard (1885-1969). In: Journal de la Société des océanistes, tome 25, 1969. pp. 301-302 dans notices nécrologiques.

Edmond CAILLARD. 1885-1969.

— Edmond Caillard, une des personnalités les plus marquantes des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie, vient de disparaître à l'âge de 84 ans. Tous ceux qui l'ont connu conserveront le souvenir de son activité inlassable, de son intelligence à la fois réaliste et entreprenante, jointes à un esprit d'observation qui faisaient de lui un des plus sûrs experts des problèmes économiques et politiques de ces territoires, devenus sa seconde patrie. Né à Périers, en 1885, dans la Manche, Edmond Caillard avait 17 ans quand il quitta sa Normandie natale avec sa mère et son frère pour rejoindre aux Nouvelles-Hébrides, en 1902, « l'oncle Briault ». C'est à la rude école de ce bourlingueur des Mers du Sud qu'il s'initie à la vie de colon et aux difficultés du recrutement de la main-d'œuvre autochtone, la grande affaire des planteurs de l'époque. Très marqué par ces expériences de jeunesse, Edmond Caillard aimait à évoquer ce passé. Dans des récits encore inédits, il a décrit le défrichement et l'exploitation de sa plantation d'Aoré, les difficultés et les dangers des voyages à travers les îles. L'archipel hébridais était encore en ce début du xxe siècle le refuge de trafiquants d'armes et d'alcool, d'évadés du pénitencier de Nouméa. Les meurtres et les rixes étaient fréquents. Les bateaux de guerre chargés d'assurer la régularité des opérations de recrutement et la protection des indigènes avaient bien du mal à assurer la sécurité des individus. A travers ces pages, revit une époque maintenant révolue. Elle n'a pas été sans tremper fortement le caractère du jeune homme qui y participa. Vers 1920, attiré par la politique et même par la polémique, il s'installa en Nouvelle-Calédonie. Il est nommé Conseiller général. Il fait paraître de nombreux articles dans la France Australe. On y trouve de pertinentes informations sur les 302 SOCIETE DES OCEANISTES problèmes économiques et financiers des années 20 à 30, fruits d'une expérience acquise lors des années passées dans les terres françaises du Pacifique austral. Bientôt, il est repris par le goût d'une vie plus active et la nostalgie des terres quasi-vierges des Hébrides. Il devient le directeur d'une importante société : la Compagnie cotonnière des Nouvelles- Hébrides, qui s'implante à Mallicolo. Là, durant 25 années, avec dynamisme et sagacité, il gère les intérêts qui lui sont confiés sans cesser pour autant de collaborer régulièrement à la France Australe, au Néo-Hébridais et à Océanie Française. Sa grande connaissance des problèmes et des difficultés auxquelles doivent faire face les planteurs hébridais pour l'exploitation de leurs propriétés, le désignait pour défendre les intérêts de ceux dont il avait si longtemps partagé la vie et les préoccupations. Nommé Président du Syndicat des Planteurs des Nouvelles-Hébrides, il s'attache particulièrement à résoudre la question de la main-d'œuvre. Pour cela il voyage, il organise un courant de travail avec ce qui est alors l'Indochine ; regarde du côté de Wallis dont la population cherche des débouchés. Il semble qu'Edmond Caillard ait eu une vive et sensible compréhension des problèmes que posait entre les deux guerres cette période de développement économique. Très attaché à ces territoires, il a grandement contribué à leur mise en valeur : d'une part en réalisant lui-même une œuvre créatrice, d'autre part, en faisant connaître par la voie de la presse non seulement les immenses possibilités de ces terres isolées dans le Pacifique sud, mais aussi en proposant des solutions aux difficultés suscitées par l'éloignement, un climat souvent malsain et les contacts à établir avec une population autochtone aux mœurs et aux coutumes traditionnelles. La lecture de ses souvenirs auxquels Edmond Caillard avait donné le titre de Scènes de la vie hébridaise et dont nous espérons bientôt publier des extraits, ainsi que celle de bon nombre de ses articles nous fait mieux connaître la valeur de ce caractère et la qualité de sa personnalité, mais aussi la finesse d'un esprit philosophique qui savait tirer des conclusions pertinentes des riches expériences d'une vie bien remplie. Marie-Charlotte LAROCHE.

Carte postale 1910-1920

Carte postale 1910-1920

EDMOND CAILLARD Sous la direction de Jean-Claude Roux et Max Shekleton

Publié dans Ecrivain calédonien

Commenter cet article