Le testament de Lapérouse de François Bellec

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le testament de Lapérouse de François Bellec

Editions JC Lattès, 6 mai 2015 - 250 pages

À la mi-septembre 1827, un capitaine marchand britannique, Peter Dillon, fut conduit par un habitant de Tikopia dans l’île de Vanikoro, au sud de l’archipel des Salomon. Il y recueillit les preuves du naufrage des frégates de Lapérouse disparues depuis trente-neuf ans. La tradition orale lui rapporta que les survivants avaient construit un petit navire. Ils étaient tous repartis sauf deux hommes. L’un était mort quelques années plus tôt, l’autre venait de quitter l’île emportant leur secret.

François Bellec imagine la vie du célèbre navigateur sur l’île, abandonné, solitaire, cherchant à s’adapter à la vie sauvage pour survivre et prêt à tout tenter pour se sauver. Le romancier nous raconte l’expédition malheureuse qui fit de Lapérouse un ermite forcé. Il dresse surtout le portrait intime d’un homme admiré, auréolé de gloire, passionné par le savoir et les découvertes de son temps, privé de tout, dépouillé de tout, et seul face à son destin.

Ancien directeur du musée national de la marine, François Bellec est un des experts du dossier Lapérouse. Il est allé pour la première fois à Vanikoro en 1970. Il y est retourné deux fois en 2005 et 2008 avec deux expéditions archéologiques. Il a pris sa plume d’écrivain de marine pour construire un roman sur une trame attestée par les archéologues et par l’histoire, mêlant intimement le vrai et le possible.

Pour en svoir plus ci-dessous, un article sur ce roman publié vendredi 7 août 2015 sur le site Suisse le temps

Un roman donne enfin des nouvelles du célèbre explorateur Lapérouse

François Bellec, contre-amiral et ancien directeur du Musée de la Marine, imagine le navigateur, disparu en 1788, en Robinson coincé pendant quarante ans sur une île peuplée de sauvages

Un roman donne enfin des nouvelles du célèbre explorateur Lapérouse

François Bellec imagine le navigateur, disparu en 1788, en Robinson coincé sur une île peuplée de sauvages

Robinson Crusoé a vécu pendant 28 ans sur une île déserte à la suite d’un naufrage, mais le bateau tant attendu finit par arriver pour le délivrer de sa solitude. En 1788, soit 69 ans après la parution du Robinson Crusoé de Daniel Defoe, l’expédition commandée par le comte de La Pérouse, lancée sous l’impulsion de Louis XVI, se termine en tragédie sans retour au large de l’archipel des îles de Santa Cruz. Les deux navires, La Boussole et L’Astrolabe, vont s’échouer successivement sur les récifs de l’île encore inconnue de Vanikoro.

Il y a bien sûr le désastre réel, plus de 200 hommes disparus, et, parmi eux, de nombreux scientifiques de l’époque (naturalistes, physiciens, médecin, etc.), mais encore le naufrage symbolique des ambitions du roi de France qui avait voulu en faire en 1785 l’une des plus grandes expéditions de son époque. Dans l’esprit des Lumières, il s’agissait notamment de rectifier et d’achever la cartographie de la planète afin de parfaire l’œuvre du capitaine Cook.

Contre-amiral

Ancien directeur du Musée national de la Marine, le contre-amiral François Bellec se fait romancier pour mieux raconter ce drame historique. Romancier, car malgré huit expéditions officielles, des recherches et des fouilles dans l’île de Vanikoro, le double naufrage n’a pas livré tous ses secrets. Sur une trame attestée par les archéologues et par l’Histoire, l’auteur peut jouer du probable et de l’improbable en évitant l’impossible.

Et c’est ce qu’il fait avec talent, mettant en scène un Robinson d’un genre nouveau en la personne de Lapérouse lui-même, accompagné dans son malheur par Rollin, le naturaliste, médecin et chirurgien de l’expédition, et, en guise de Vendredi, par son domestique Caraurant.

Le récit historique évoque l’existence d’un groupe de naufragés établis dans la baie limoneuse et boueuse de l’île de Vanikoro, sur le territoire du village appelé Paiou. Ils y auraient construit un bateau de fortune pour prendre la mer avant de disparaître à tout jamais dans un naufrage final. Deux, voire trois naufragés seraient toutefois restés sur l’île.

Bellec fait le pari littéraire, historiquement peu probable, qu’il s’agit de Lapérouse lui-même. Le célèbre explorateur aurait été blessé avant le naufrage, lors d’une attaque des Kanaks contre La Boussole, et transféré dans l’autre frégate. L’épave de L’Astrolabe a été retrouvée dans la baie et il est vraisemblable, comme le raconte Bellec, que ce navire ait à son tour chaviré au cours d’une tentative de porter secours à d’éventuels survivants de La Boussole.

Le roman de François Bellec décrit un Lapérouse cloîtré dans l’île de Vanikoro pendant 39 ans, jusqu’à la mort. Il passe le plus clair de son temps à méditer et à converser avec Rollin, un être lumineux qui finit pourtant par se suicider lorsque tout espoir de retour à la civilisation occidentale s’effondre. Caraurant vaque à son confort, puis devient son interlocuteur après la mort de Rollin. Le domestique s’adapte plutôt bien, au point d’épouser une Mélanésienne. Au fil des années, l’explorateur met toute son énergie à conserver sa dignité et à demeurer un «homme civilisé», évitant tout contact avec les indigènes et refusant d’apprendre un seul mot de leur langue.

Contrairement à Robinson, Lapérouse n’est pas naufragé dans une île déserte. Vanikoro est habitée par une peuplade mélanésienne, alors qu’une autre partie est colonisée périodiquement par des Maoris, venus d’une autre île de l’archipel. Ces deux peuplades sont en guerre permanente. On coupe volontiers la tête de son ennemi et l’on est occasionnellement anthropophage. Le récit de ce naufrage est d’autant plus poignant que ses survivants rêvent de retour dans un pays agité par des bouleversements si radicaux qu’il n’existe plus tel qu’ils le connaissaient et vénèrent un roi décapité.

Selon une légende apocryphe, Louis XVI aurait demandé, peu avant de passer sur l’échafaud : «A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?» Fussent-elles imaginaires, les lecteurs de l’an 2015 ont toutes les raisons de remercier François Bellec de leur en donner.

Au musée maritime de Nouméa il y a des trésors sur Lapérouse qui fait l’objet d’une exposition permanente.

La Pérouse, une expédition au siècle des Lumières

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En 1785, une grande expédition maritime, commandée par Jean-François Galaup de La Pérouse, quittait Brest pour un voyage de découvertes dans le Pacifique qui devait durer quatre ans. Mais les deux navires de l'expédition, l'Astrolabe et la Boussole, ne rentreront jamais en France.

Par la mise en valeur d'une collection exceptionnelle d'objets archéologiques sous-marins, plongez au cœur de cette passionnante histoire, des préparatifs de l'expédition jusqu'aux recherches entreprises depuis la découverte du site du naufrage à Vanikoro, aux Iles Salomon.

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