Paul Gauguin et les Marquises : Paradis Trouve ? Une parution 2016 de Caroline Boyle-Turner

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Paul Gauguin et les Marquises : Paradis Trouve ? Une parution 2016 de Caroline Boyle-Turner

Alors que ses œuvres tahitiennes ont été largement inventoriées et analysées au cours du siècle écoulé, les dernières années de Paul Gauguin à Atuona, sur l’île d’Hiva Oa, n’ont que peu retenu l’attention. Les écrits comme les œuvres de l’artiste datant de cette période révèlent pourtant un engagement profond dans des problématiques liées aux croyances traditionnelles marquisiennes, à l’autorité coloniale ou ecclésiastique, et aux définitions fluctuantes de l’« exotisme ». Paul Gauguin et les Marquises : Paradis trouvé ? met en lumière et en images (l’ouvrage est doté d’un riche appareil iconographique) les défis que dut relever Gauguin pour inventer et interagir avec ce contexte complexe et souvent conflictuel, voire pour l’interpréter ou même l’ignorer à mesure qu’il développait un puissant corpus artistique. Caroline Boyle-Turner se nourrit d’une étude approfondie des écrits et des oeuvres de Gauguin lui-même, et cite de larges extraits de ses lettres ainsi que de son livre Avant et après. Néanmoins, et parce que Gauguin s’efforça de créer son propre mythe – parfois trompeur – de poète et de sauvage, l’auteur en débrouille quelques écheveaux, en puisant dans les archives coloniales. Qu’elles soient en France ou à Papeete (Musée de Tahiti et des Îles et publications de la Société des Études Océaniennes), mais aussi en exploitant les ressources du musée du quai Branly, du centre de documentation du musée d’Orsay, de la Bibliothèque nationale et du Service protestant de mission-Défap, à Paris. Les entretiens de l’auteur avec des descendants de Gauguin, des archéologues, des anthropologues, des botanistes et des historiens spécialistes du Pacifique Sud élargissent la compréhension de son environnement, réel ou imaginé.

Photo de l'auteur du journal Ouest France

Caroline Boyle-Turner, docteur en histoire de l’art, mène des recherches et écrit sur Gauguin et les artistes de l’École de Pont-Aven depuis la fin des années 1970. Sa thèse sur Paul Sérusier (Columbia University, New York) a été publiée en 1983. Elle fut suivie de six autres livres et catalogues d’exposition, notamment : Paul Gauguin and his circle in Brittany ; The Prints of the Pont-Aven School (1986, traduit en français, allemand, hébreu et japonais) ; Paul Sérusier, la technique, l’œuvre peint (1988) ; Jan Verkade (1989, musée Van Gogh d’Amsterdam et musée des beaux-arts de Quimper) ; Les Nabis (1 993) et Sérusier et la Bretagne (1995). Fondatrice et directrice de la Pont-Aven School of Contemporary Art (1993-2008), elle s’est consacrée à l’enseignement et a fait venir à Pont-Aven, du monde entier, des étudiants en art.

La démarche de Caroline Boyle Turner, est plus celle d'une ethnologue, tout en étant celle de l'historienne d'art. Elle est basée sur des interviews avec des descendants de Paul Gauguin, danois, tahaïtiens et marquisiens, mais aussi avec des archéologues, botanistes, géographes, des descendants de personnes que Paul Gauguin a fréquentées aux Marquises. « Beaucoup de ces informations nouvelles ont pour but de corriger de fausses idées associées à la réputation de Paul Gauguin, et aussi de souligner la complexité de sa personnalité, de ce mythe qu'il a créé, amplifié par ses contemporains et admirateurs depuis plus de siècle », ajoute dans un article de la dépêche de Tahiti Caroline Boyle Tuner.

Photo de l'auteur du journal Ouest-France

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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