Les Moustaches de Tigre

Publié par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les Moustaches de Tigre
Les Moustaches de Tigre

Les Moustaches de Tigre - Une aventure indochinoise

Collection Portes océanes

LITTÉRATURE DOCUMENTS, RÉCITS ASIE Cambodge Chine Laos Vietnam

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation en Indochine se dégrade très rapidement. Maurice Morin, jeune lieutenant et fils d'un riche colon, échappe au massacre et se réfugie au Laos. Isolé, il devient opiomane. Revenu sur le domaine familial grâce à son père qui veut le guérir, Maurice décide de repartir et de monter une affaire de transport avec Thanh, son frère de lait. Du Tonkin en Cochinchine, cette famille, victime de l'histoire, va se débattre dans les tourments de la décolonisation...

Broché ISBN : 978-2-343-12822-1 • septembre 2017 • 280 pages

Biographie de Joël PAUL

Fils de boulanger, né en 1952 en Picardie. Joël PAUL commencera sa vie active comme commis dans la boulangerie familiale. Son père ayant fait le choix de s’exiler en Nouvelle-Calédonie, il embarque à 17 ans sur Le Calédonien des messageries Maritimes en 1969 pour le rejoindre. Un voyage de 45 jours qui lui inspirera un roman paru en 2007 chez l’Harmattan Le Calédonien.

Joël PAUL ne quittera plus le Pacifique. Après une carrière à ENERCAL, Société Néo-Calédonienne d'Énergie. Titulaire d’un DESE du CNAM, il est aujourd’hui retraité. Il se consacre en dilettante à l’écriture et la rédaction d’articles principalement littéraires sur des blogs.

Père de quatre enfants, son épouse Vietnamienne lui permet de tisser des liens avec l’Indochine qui lui inspireront son dernier roman en 2017, Les Moustaches de Tigre, édité chez l’Harmattan dans la collection « Portes océanes » dirigée par Frédéric Angleviel, professeur des universités en histoire et Paul Magulue Fizin, docteur en histoire. Ce retour chez l’Harmattan a été entrecoupé de romans édités chez Humanis : Les visiteurs du Château Hagen et 3 minutes avant la fin du monde ainsi que des recueils de nouvelles en autoédition.

Deux ateliers d’écriture avec Yves Borrini comédien émérite à la maison du livre de Nouvelle-Calédonie pour la compagnie Kalachakra à la recherche de monologues sur « Métiers de Nuit NC » lui donneront l’envie d’écrire pour le théâtre deux sketchs pour la compagnie les Artgonautes du Pacifique. Il est également coauteur du spectacle « Paroles de Thio » encore en tournée en Nouvelle-Calédonie en 2017.

  • En 1998, lauréat d’un concours d’histoires pour la jeunesse organisé par la bibliothèque Bernheim à Nouméa avec La balade du petit tricot
  • Prix 2011 des bibliothécaires de la province Nord pour la nouvelle Che si ascuiga le castagne ora
  • En juillet 2011, sélection pour le coup de cœur du festival de Groix en Bretagne avec son roman Le Calédonien
  • Prix 2011 Destin Commun avec une nouvelle C’est ça le destin commun concours Ecrire Les vies D’Ici
  • En 2013, Finaliste du prix d’automne de Short édition avec Cthulhu et le Tabou Kanak
  • En 2015, sélection par la troupe les Artgonautes pour l’écriture d’une partie du spectacle Paroles de Thio.
Les Moustaches de Tigre

Extrait :

1

Le lieutenant opiomane

       Une brume cotonneuse, presque spectrale, enveloppait la cime des arbres des forêts en contrebas. Ce brouillard, mouvant et d’épaisseur changeante, remontait parfois jusqu’aux crêtes. La frondaison des palissandres d’Asie, des quinquinas, des pins, ou des précieux tecks, accrochée par la vapeur d’eau amalgamée, se devinait plus qu’elle ne se voyait. La jungle, drapée de brume, était le tableau quotidien du matin pour les villageois de Ban-dong dans les hauts plateaux du Laos.

Le village était perché sur une éminence, presque au sommet d’un mamelon. Il était entouré d’une palissade comme un village médiéval. Maurice, le seul Européen de la contrée, encore allongé sur son grabat, méditait sur cette nature qu’il ne se lassait pas d’admirer, faute de pouvoir faire autre chose. La flore attendait avec impatience que ce manteau de pluie se dissipe pour s’enivrer des rayons du soleil. L’enchevêtrement inextricable du feuillage ne permettait pas à toutes les plantes d’en bénéficier. Chaque jour était une course à la survie pour les plantes et les bêtes. Dès l’aube, la faune des animaux diurnes piaffait d’impatience pour vaquer ou gambader, tandis que les fauves et prédateurs de la nuit ronchonnaient en regagnant leur tanière. Maurice savait cela. L’Indochine lui collait aux tripes. Il était né dans ce pays, il l’aimait. Il devait absolument se lever pour assister au spectacle. Il ne le manquait jamais depuis son exil forcé.

Il était très faible, de plus en plus faible. Il dut faire un terrible effort pour décoller la tête calée dans son petit oreiller chinois rembourré avec des fibres de kapok. Le mini traversin épousait parfaitement la cambrure de son cou. Sa natte était humide de la sueur des fièvres de la nuit. Il n’avait plus de comprimés de quinine depuis six mois. Ses crises de palu étaient de plus en plus fréquentes. Il réussit, en s’aidant de ses coudes, à s’asseoir puis à passer péniblement les jambes du même côté. Ensuite, il déplia son long corps maigre pour se mettre debout en chancelant. Il testa son équilibre et se dirigea vers la fenêtre pour contempler le fameux paysage. La nature sauvage s’étalait au loin avec des zones défrichées, des petites parcelles de terre cultivées de riz de montagne sur brûlis, les rays. Ce rituel était son seul exercice physique de la journée. Il lui donnait un peu d’énergie pour commencer la longue attente de, il ne savait plus quoi.

Le brouhaha, les odeurs et les algarades récurrentes de ses voisins qu’il entendait dès le réveil l’incommodaient. Les cochons noirs, maigres et crasseux, qui erraient, le caquètement incessant des poules qui fouillaient leur pitance et les vieux Méos, accroupis depuis des heures, voire depuis la veille, qui l’épiaient tout en fumant, l’exaspéraient. Ces vieux montagnards l’énervaient, plus encore que le reste des habitants de ce village porcherie, d’où émanaient en permanence des relents d’excréments. Les anciens de cette tribu de Moï, des sauvages, comme disait son père, attendaient sa mort. Ils ne supportaient plus ce Blanc opiomane qui avait pris racine dans le village. Ils avaient hâte qu’il parte. Leur prudence d’anciens les laissait penser que garder ce fils de colon chez eux allait leur attirer des ennuis et nuire au commerce, d’ailleurs, le chaman ne disait pas autre chose. Les trafiquants n’aiment pas voir des Français traîner dans les hauts plateaux.

Plus que les odeurs et le sentiment d’hostilité qu’il devinait, ce sont les bruits qui étaient insupportables. Les cris aigus des femmes qui appelaient les bambins nus jouant bruyamment dans les flaques d’eau ou les beuglements des buffles attachés en attendant d’être conduits aux champs. Les sons cognaient dans sa tête en se bousculant dans un mixage qui rebondissait douloureusement sur ses tympans en déclenchant des céphalées. Il ne comprenait pas la langue de cette tribu. Pourtant, il parlait lao et annamite. Il était de toute façon impossible, même pour un Européen d’Indochine, de connaître les innombrables langues des montagnards de cette région. Cham, Nung, Khmère, Muong, Chru, Hroï tous différents, tous revendiquant une antériorité sur les Kinh qui dominaient au Tonkin avec des velléités d’expansion jusqu’en Cochinchine. Ces querelles entre Asiatiques n’étaient pas la principale préoccupation de Maurice. Ce sont les rumeurs d’une nouvelle guerre qui l’inquiétaient. Il était né sur la plantation familiale dans la province de Hà Tĩnh. Hubert Morin, son père, avait une immense et prospère plantation. Il n’imaginait pas devoir quitter ce pays un jour.

Le pho-ban, le chef du village, parlait le lao. Maurice avait pu négocier avec lui pour être hébergé. Au début, les relations étaient bonnes, les tribus méos étaient plutôt favorables aux Français, mais depuis quelque temps, le chef évitait de venir le voir. Il ne voulait plus de ses grosses coupures. Elles ne valaient plus rien d’après lui. Maurice Morin était à bout de nerfs. Pourquoi ce revirement, que se passait-t-il en bas, dans les plaines ? Les Japonais étaient-ils partis ? Il devenait fou.

Seule, la vieille s’occupait de lui, une annamite avec qui il échangeait quelques mots, d’autant qu’elle avait des notions de français. La vieille femme devait être une ancienne congaï[1]. Un trafiquant d’opium avait dû l’offrir au chef en échange d’un service quelconque. Devenue âgée et inutile, cela avait été une aubaine pour Si-Ton, le chef du village, de la refiler au Français. Il avait de nombreuses femmes bien plus jeunes. Au début de son séjour, Maurice avait apprécié cette délicate attention. De surcroît, elle cuisinait bien. Mais il ne la supportait plus car il ne mangeait presque plus rien. Assise en permanence dans un coin sombre de la pièce, comme un corbeau maléfique, elle attendait les ordres ou le petit signe qui lui indiquerait l’état de manque de son maître pour préparer une pipe d’opium. Elle l’empoisonnait petit à petit, consciencieusement, avec patience et passivité. Elle était insondable. Son visage était aussi froissé que sa tunique et son large pantalon noir, tout comme le ridicule et large béret de la même couleur posé de guingois sur sa tête. C’était sa tenue traditionnelle, un ao dai de vieille, une espèce de pyjama sombre et triste comme les vêtements d’une veuve corse. On aurait dit une poupée de chiffon défraîchie, ses dents miraculeusement intactes étaient noircies par le bétel. Elle montrait ses chicots comme un animal qui veut mordre. Maurice devait souvent écarquiller les yeux pour la distinguer dans son coin. Il était agacé mais aussi content de la trouver là quand il n’avait même plus la force de lever un bras.

Il se recoucha, il souffrait de vertiges comme un fumeur débutant. Son sommeil sporadique était pollué par des cauchemars avec des sensations de chute dans un gouffre sans fond ou l’apparition d‘animaux effrayants. Il était fortement intoxiqué. Néanmoins, il ne ressentait plus l’impression d’avoir des toiles d‘araignées sur la figure comme au début. Quand il se recouchait de suite ainsi, la vieille savait que c’était le moment d’entrer en scène. Elle demanda d’abord en annamite : « Est-ce que tu veux manger une petite soupe ? On ne peut pas vivre sans se nourrir. » Elle connaissait la réponse, c’est-à-dire pas de réponse, mais uniquement un petit signe qu’il lui faisait de son index décharné pour désigner le plateau à opium laqué de rouge.

Quand la vieille se dirigeait vers le plateau, il était rassuré parce que bientôt soulagé. Il n’appréciait plus que les effets de l’opium, pour planer grâce à ses prises magiques quarante fois par jour. Il vénérait l’opium qui transforme et métamorphose même si le noble produit allait être souillé par les mains d’une vieille « harpie » qui en assurait la préparation…. (Extrait de page 7 à 10)

 

Au sud du Tonkin, à la pointe de la cordillère annamite où le Hoành Son plonge dans la mer en marquant la frontière des deltas du Tonkin et du Champa, dans une région que l’on appelle la porte de l’Annam, Hubert Morin avait bâti son domaine. Malgré son courage, il n’avait plus le même entrain depuis l’absence de son fils. Il dirigeait, toujours seul et d’une main de fer, l’exploitation avec sous ses ordres trois cent cinquante coolies. Il n’avait jamais embauché de contremaître blanc pour le seconder. Un vieux métis, Kan Rousseau, fils d’un aventurier français et d’une femme annamite, était le régisseur avec Dô Thanh un autre eurasien de l’âge de Maurice pour le seconder. Ce dernier avait un statut particulier sur la plantation, il était le frère de lait de son fils.

 La mère de Maurice, trop faible après son accouchement, était morte de fièvres après la naissance de son enfant. C’est la mère de Thanh, Lê Ngoc, la plus jeune aide cuisinière de la boyerie à l’époque, qui allaita le petit Maurice. Elle venait d’accoucher d’un enfant métis de père inconnu. Elle allaita l’enfant du colon en même temps que son petit bâtard, ce qui lui permit de garder une légitimité pour rester sur la plantation. Elle n’aurait pas été acceptée dans sa famille avec son nouveau-né.

Hubert Morin ne s’était jamais remarié. Il avait élevé son fils seul. Momo avait grandi sur le domaine entre les coolies ouvriers, la tendresse de Lê Ngoc et l’amitié de Thanh le métis. On appelait ce dernier, pour se moquer, le deuxième fils Morin mais il avait été cantonné toute son enfance dans les baraquements réservés au personnel, malgré son sobriquet. La somptueuse villa coloniale du maître était réservée aux Blancs, les seuls admis dans la demeure en dehors des boys. La société blanche ne se mélangeait pas aux indigènes. Hubert Morin appartenait à la classe dirigeante et riche de la bourgeoisie coloniale. Paradoxalement, c’était les petits Blancs, les sans-grade, qui manifestaient le plus de mépris envers les autochtones. Ces Blancs-là les rabaissaient par des noms avilissants comme nhà-quê, congaï, boy, voire bougnoule[2] par les militaires ou anciens militaires. Le mélange, entre les Asiatiques et les Blancs, n’était pas toléré sur la plantation en dehors du travail. Hubert Morin n’avait pas de mots assez durs pour qualifier les « aventuriers », comme il les appelait, qui vivaient avec une congaï ou pire avec une phu-sao, une Lao, « des grosses génisses », disait-il. Il y avait des castes dans la colonie.

Cela faisait trois-cents jours que Momo n’avait plus donné signe de vie. Hubert prit sa jeep pour faire le tour de la propriété. La jeep était un surplus de l’armée américaine comme celles que les colons et l’armée française avaient rachetées en grande quantité aux Philippines depuis la fin du conflit en Europe. Il produisait surtout du café, mais aussi du tabac et du benjoin. Ses magnifiques styrax de quinze mètres de haut, aux troncs rougeâtres, étaient ses préférés. Il commença par leur rendre visite, comme à chaque fois qu’il faisait sa tournée. Lorsqu’il était seul, il enlaçait les troncs tellement il les chérissait. La plantation de styrax se dressait fièrement derrière un vallon qu’il avait défriché trente ans auparavant. Il était fier de ses grands arbres. (Extrait de page 12 et 13)

 

 

 

[1]. Concubine indigène d’un colon, en Indochine.

3. Nom injurieux utilisé pour désigner les indigènes principalement en Afrique mais aussi en Indochine (voir la série de Nuits Indochinoises Jean Hougron)

Quelques dates

La Seconde Guerre mondiale :

- 18 mai 1941, création du Viet-Minh par Hô Chi Minh

- 29 juillet 1941 : des garnisons japonaises s'installent en Indochine après les accords Darlan-Kata.

- 9 mars 1945, coup de force japonais contre les garnisons françaises.

- 15 août 1945, capitulation de Japon.

- 2 septembre 1945, déclaration de l'indépendance de la République démocratique du Vietnam.

- 5 octobre 1945, arrivée à Saigon du Général LECLERC, et reconquête de la Cochinchine et de !'Annam.

- 6 Mars 1946, débarquement des troupes françaises à Haiphong.

- 18 mars 1946, défilé à Hanoï du général Leclerc et des troupes françaises.

- 14 septembres 1946, modus vivendi franco-vietnamien.

La Guerre d'Indochine :

- 19 décembre 1946, assaut des positions françaises à Hanoï par le Vietminh

Début de la Guerre d'Indochine.

- 1er octobre 1949, proclamation de la République populaire de Chine par Mao Tsé

Toung. Le Vietminh va pouvoir bénéficier de l'aide de la Chine communiste.

- Octobre 1950 : Bataille de Cao Bang et de la RC4.

- 6 décembre 1950, le Général de Lattre nommé Haut-commissaire et Commandant en chef.

- Du 15 janvier 1951 au 20 juin 1951, victoires françaises au Tonkin, à Vinh Yi

Dong Trieu et Mao Khé et bataille du Day.

- Du 13 mars au 7 mai 1954, bataille de Diên Biên Phù.

- 20 juillet 1954, signature des Accords de Genève.

Le cessez-le-feu est décrété pour le 21 juillet

 

Huit Calédoniens sont morts Indochine.

Il y a 63 ans, le 20 juillet 1954, deux mois et demi après qu'eut cessé le fracas de Diên Biên Phù, les Accords de Genève étaient signés et mettaient fin à la guerre d’Indochine. Un Calédonien, jean SORIN, fut tué la veille du cessez-le-feu prévu pour le lendemain 21 juillet. Sa dépouille mortelle, découverte avec émotion à Pleiku au Centre Vietnam par son fils Claude, fut ramenée à Nouméa et inhumée dans le Carré militaire du Cimetière du 4ème Km le 20 juillet 2009, 55 ans, jour pour jour, après qu'il fut tombé, avec tous les honneurs dûs à ceux qui ont sacrifié leur vie au service de la Mère Patrie.

Huit Calédoniens sont morts dans ce qu'il est convenu d'appeler maintenant« les guerres d'Indochine », ainsi que s'appelle d'ailleurs le Mémorial de Fréjus : de 1940 à 1945, dans cet épisode extrême-oriental de la Seconde Guerre mondiale avec l'occupation japonaise de l'Union indochinoise et la guerre dite « d'Indochine » contre la version vietnamienne du communisme, le Vietminh, de 1946 à 1954.

Á ces huit Calédoniens l'Amicale des Anciens Combattants d'Outre-mer, que présidait alors Paul DÉMENÉ, a voulu rendre hommage en édifiant, au Carré militaire du 4ème Km à Nouméa, une stèle portant leurs noms gravés dans le marbre et inaugurée le 9 mai 1981 :

 

- Pierre DOBRITZ le 25 septembre 1940 à Langson dans la 1ère agression japonaise.

- Jean CAILLARD, le 11 mars 1945, décapité au sabre comme toute la garnison de Langson.

- Jean FRAISSE, le 19 novembre 1945 au PK 23 route de Phnom Penh.

- Augustin DÉMENÉ, le 27 décembre 1946 à Hanoï.

- Henri le MESCAM, le 31 aout 1949.

- Ahmed GOUASSEM, le 27 décembre 1950 à Van-eu au Tonkin.

- Maxime Joseph DEBIEN, le 27 février 1954 Thong Lenh dans la région de Sontay au Vietnam.

- Jean SORIN, le 20 juillet 1954 à Dak Doa au centre Vietnam, la veille du cessez-le-feu.

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