Pour la journée des droits de la femme, le prix Arembo 2018 a été décerné à Déwé Gorodé

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L’association Ecrire en Océanie a décidé de remettre judicieusement son prix littéraire, le prix Arembo, à madame Déwé Gorodé pour l’ensemble de son œuvre ce 8 mars. Une belle récompense amplement méritée qui ne pouvait pas mieux tomber.

Le Prix littéraire AREMBO s’attache à récompenser l’œuvre d’un auteur résidant en Océanie, écrivant en français, notamment pour sa contribution au développement culturel de son pays ainsi que pour sa capacité à livrer un témoignage sur son époque. Il faut rappeler que le premier prix en 2015 avait été remis à Jean Marie Creugnet. En 2017 c’est Jean Vanmai qui avait été récompensé avec Nicolas Vignoles pour un ouvrage de 2016. L’année 2018 est une récompense qui rend hommage à la femme et à la poésie. Ce prix Arembo est très convoité par les auteurs calédoniens.

Ecrire en Océanie, association néo-calédonienne créée en juillet 2008, a pour vocation première la promotion de l’écrit en Océanie. L’association ne cesse depuis lors d’être au plus près de la littérature d’émergence francophone.

Sous la présidence fondatrice de Claudine Jacques présidente d’honneur de la nouvelle présidente Nicole Isch et de la vice-présidence de Macate Wenehoua, Elle agit en créant des concours annuels de nouvelles et contes, et en publiant les textes des lauréats.

Extrait de l’hommage de la présidente d’Ecrire en Océanie Nicole Isch pour présenter la lauréate :

Photo de madame Déwé Gorodé du site d'ïle en île

Le parcours de Madame Gorode est exemplaire. Un peu d’histoire.

Déwé Görödé est née le 1er juin 1949, dans la tribu de l’Embouchure, dans la commune de Ponérihouen (Pwârâiriwâ en paicî, littéralement « l'embouchure de la rivière »), sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie.

Ses études littéraires à Montpellier, de 1969 à 1973, marquent les vrais débuts de l’écriture poétique, la découverte des écrivains de la négritude, des romantiques et de Marx...

Révélateur en matière d’écriture, ce séjour en France est également le déclencheur d’une prise de conscience politique. À son retour, elle rejoint les Foulards rouges, puis le Groupe 1878, mouvements contestataires kanak nés de mai 1968. En mai 1976, elle participe à la création du Palika.

Licenciée en lettres modernes, elle commence à enseigner en 1974.

Entre 1994 et 1996, paraissent Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier et L’Agenda, deux recueils de nouvelles où elle exprime le lien à la terre et la place de chacun dans une société en voie de reformulation.

En 1996, elle publie également Par les temps qui courent, un recueil d’aphorismes.

Elle poursuit parallèlement son chemin d’écriture en signant Dire le vrai avec Nicolas Kurtovitch.

En 2000, à l’occasion du VIIIe Festival des arts du Pacifique à Nouméa, elle s’essaye au théâtre avec Kënâké 2000, mis en scène par Pierre Gope, au théâtre de Poche. Cette pièce traite de la politique et de l’histoire récente et la figure de J.M. Tjibaou y est centrale.

L’Épave, son premier roman, paraît aux éditions Madrépores en 2005 ; il est réédité en 2007 et en 2015, en version papier et numérique. Dans le ventre d’une barque échouée, des êtres voient leurs destins s’entremêler, leurs histoires de vie, de mort de d’amour s’entrelacer.

Graines de pin colonnaire, un second roman composite, paraît à l’occasion du Salon international du livre océanien, en septembre 2009. On y trouve des voix de femmes, notamment la parole d’une femme malade qui transcende son mal par l’écriture.

Le troisième roman, Tâdo, Tâdo, wéé ! – No more baby, est édité par Au vent des îles, à Tahiti, en 2012, dans la collection Littérature du Pacifique. Il retrace l’épopée kanak vue du dedans, au cours du XXème siècle.

À l’orée du sable, son dernier recueil de poèmes a été publié en France en 2014, aux éditions Vents d’ailleurs.

Extraits de « A l’orée du sable »

Le maître du sanctuaire

Point maître

de la terre

sur le tertre

le prêtre

dit sa prière

à l’ancêtre

tutélaire

dans la pierre

du sanctuaire

 

L’air est doux

L’air est doux

au clair du jour

tel l’amour

en appel

au secours

en sa tour

prend garde

à l’affût

de mots taillés

en armes fourbies

en écriture

d’embuscade

en poésie

de combat

à remplir

l’absence

le temps

du souvenir

 

oui

voici venu

le temps

de battre

le rappel

de mémoire 

Publié dans Ecrivain calédonien

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