« Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Patrice Gélinet, professeur d’histoire puis journaliste, suivi par les passionnés pour ses regrettées émissions radiophoniques « 2000 ans d’histoire » sur France Inter a publié un ouvrage original sur la guerre d’Indochine. Membre du Conseil et président des groupes de travail « Outremer » et « Radios analogiques et numériques », il a séjourné deux fois en Nouvelle-Calédonie, la dernière fois c’était en 2016, il avait fait la promotion pour deux télévisions locales. Je vous livre un extrait d’un article L'écho du champ de bataille de Frédéric JORDAN qui correspond à la période dans laquelle mes héros, les colons de mon roman « les Moustaches de Tigre » essaient de survivre. Entre 1945 à 1946, mes victimes de l’histoire vont être témoins de ce que relate « Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet. JP

NB : Mon livre est un roman d’aventure, une belle histoire d’amour mais la guerre est omniprésente.

Extrait de l’article :

Il revient sur cette campagne oubliée, mal connue de ses contemporains comme de bon nombre de Français aujourd’hui. Pourtant, ce conflit apporte un éclairage intéressant sur les interactions entre guerre et politique ainsi que sur les modes d’action utilisés en contre-insurrection par les militaires. Ces derniers ont tenté, sur ce théâtre d’opération lointain, de trouver la bonne adéquation entre les objectifs stratégiques fixés, les hésitations françaises, l’environnement local, les moyens de combat disponibles et une population déchirée entre son attachement à la France et son désir d’indépendance.

Le livre nous offre une vision de cette guerre à travers les yeux des acteurs de l’époque, journalistes, hommes d’état, militaires français, combattants du Viet-Minh ou tout simplement civils d’origine métropolitaine ou vietnamienne. Des Flash codes disséminés tout au long des pages permettent d’écouter des bandes archives de l’INA, discours, reportages, témoignages qui donnent vie au texte et permettent de s’imprégner de l’ambiance particulière de ce bout d'Asie.

L’auteur dresse tout d’abord le tableau de l’Indochine entre 1930 et 1945 avec, en particulier la montée du nationalisme vietnamien suivi par l’occupation japonaise. Si celle-ci a été brutale, elle aura permis à Hô Chi Minh de déclarer l’indépendance de son pays, de former un gouvernement avant de se heurter à la volonté française de rétablir la situation d’avant-guerre. Le général Leclerc est envoyé sur place pour rétablir l’ordre. Il comprend très vite que la seule issue s’inscrit dans la négociation mais se heurte à la fermeté de l’amiral D’Argenlieu chef civil et militaire sur place. En 1946, la crise est consommée, le Vietminh prend le maquis, la France bombarde Haiphong causant de nombreuses victimes collatérales.

Hô Chi Minh « s’installe au nord du Tonkin, près de la frontière chinoise, dans la jungle du Viêt Bac. De là, pendant les trois premières années du conflit, Giap va diriger une guerre étrange, une guerre dont on parle peu en France parce que c’est une guerre sans front, sans grand engagement militaire. Hô Chi Minh ne bénéficie d’aucune aide extérieure. Alors, les soldats de Giap mènent une guerre de petites unités, une guerre de guérilla. Dans tout le Vietnam, ces soldats paysans harcèlent les Français qui ne contrôlent que les grandes villes, Saigon, Hué, Haiphong et Hanoi dans le delta du fleuve Rouge. »

Le leader des rebelles décrit parfaitement sa stratégie dès septembre 1946 : « ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le percera de ses défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour, et ne sort que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par lambeaux, puis disparaîtra de nouveau dans l’ombre. Et l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. »

Mais les combattants du Vietminh disposent de peu d’armes et doivent créer de l’équipement artisanal tel des bazookas à partir de rails de chemin de fer ou des mortiers. L’unité de base est représentée par 3 soldats (le nid) au sein de groupes d’une dizaine d’hommes. Rapidement, les deux belligérants comprennent que le centre de gravité des insurgés se matérialise par l’approvisionnement en riz devenu le nerf de la guerre et même une monnaie parallèle.

« En face de l’armée de Giap, le corps expéditionnaire français manque de soldats. Le gouvernement n’envoie des renforts qu’au compte-gouttes et refuse de faire appel au contingent. Jusqu’à la fin, la France n’enverra en Indochine que des soldats de métier (…) c’est pourquoi les Moï, les Mnong, les Thaï, les Muong, les Cham servent parfois dans les unités auxiliaires commandées par des capitaines ou des lieutenants qui deviendront célèbres. » Les Français doivent donc s’adapter aux modes d’action adverses, en particuliers le formidable réseau de tunnels et de souterrains permettant de se cacher lors des opérations de bouclage ou de dissimuler vivres et armements… Suite de cet article

Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018

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Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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