Le dernier GEO consacré à la Nouvelle-Calédonie a largement fait appel aux Calédoniens pour ce numéro

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La couverture du magazine

La couverture du magazine

J’ai découvert la participation d’un ami écrivain, mon « menhir », voir article Frédéric Ohlen sur ce blog qui, de sa belle plume, a écrit une nouvelle sur notre pays.

Ce n’est pas la première fois que Frédéric Ohlen s’essaie dans le genre. Il l’avait fait dans une version différente paru dans "Francophonies océaniennes" (pages 390-395) en juin 2017, un épais volume de la revue de l'Alliance française de Lecce, sous l'égide d'Hamid Mokaddem. JP

- Extrait 1 : "La nuit, tout est plus clair. C’est l’heure. Le voyageur pressé laisse la ville l’envahir par tous ses pores. Tout en marchant, il a conscience de ce qui l’entoure. La circulation est si dense avec ces 4 x 4, ces maçons affalés dans les bennes malgré l’interdiction, dans ces camionnettes qui les ramènent le soir, fantômes blanchis de ciment qui sentent la soude, la sueur sèche, la fatigue. Le tabac roulé passe de main en main, du Job en pochette avec cet encouragement, noir sur blanc, en grosses lettres : FUMER TUE. On pourrait s’allonger aussi, le dos sur la tôle, pour dessoûler, se vider du trop-plein de paroles après l’hôtel, après Tontouta.

En traversant la Vallée, on aperçoit des gamins qui reviennent du magasin avec une brassée de pains dans les bras, un bouquet de baguettes qui dépassent de leurs épaules, oscillent au rythme de leur marche. C’est la base, le cœur du repas, ce qu’on mange avec le thé, tartiné de Meadow Lea, une margarine salée facile à étaler qui laisse dans la bouche un goût d’huile végétale et de vide, l’odeur fade qu’on sent quand l’orage s’approche, que les éclairs zèbrent le ciel, cette émulsion d’espace et de terre légère juste avant que l’averse n’arrive."

- Extrait 2 : "On se sent comme en apesanteur ici. Longtemps cette ville a cherché la même chose que la plupart des gens. Lutter contre la saleté, combler les marais. Cette quête de l’eau pure aussi, de l’espace. Or, ils vous le diront tous : craché, juré, à Nouméa, pas d’eau vive. Pourtant, la rivière existe. Elle prend sa source au creux d’une colline, derrière la nouvelle église, à l’entrée de Tina. Discrète, elle sort ensuite du lotissement, tourne à gauche, passe sous les maisons, se glisse sous une pharmacie, traverse la route, sinue entre les immeubles, se dissimule dans les caniveaux, avant de s’aveugler complètement, de s’enfouir, de se mêler dans les buses au tout-à-l’égout. Les clôtures et les murs ont remplacé les berges de papyrus. Les galets ? Volés jusqu’au dernier pour décorer les jardins, cerner les parterres d’un rang de pierres mortes."

Kéanou Éditions est aussi à l'honneur avec ses photos publiées dans le Géo Magazine spécial Nouvelle-Calédonie ! Déjà en Kiosque à Nouméa dont la photo de couverture : une vue aérienne du Sud de la Grande Terre et de l'embouchure de la Yaté. Découvrez-le en kiosque, il vient de sortir ! Le N° 475 de Septembre.

Publié dans Vie Pratique

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