Vetchaong par les éléves du collège de Tiéta pour ceux qui ne connaissent pas encore

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Image de morceaux du journal 1817 du 13 septembre 2018 vendu 50 F (les dons au collège sont possibles)
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Le mot de la rédaction : Mercredi de la semaine dernière, Mr Pierre était parti à Koné pour une réunion avec la direction de la FELP. Or, en début de matinée, il devait recevoir les gendarmes qui arrivaient pour authentifier les préjudices subis par l’établissement pendant les vacances et la première semaine de la rentrée. La direction s’était alors adressée à Mme Naomi et moi-même pour accompagner les syndics. Ils ont pris des photos du mur des toilettes noirci par la fumée, ils sont après rentrés dans la salle d’éveil artistique pour photographier la cendre du rideau qui a totalement été réduit à néant. L’enquête fait son cours.

A propos de ce numéro : Il est constitué d’articles d’élèves de 3C. Depuis quelques temps, je reprochais aux élèves de cette classe de ne rien rédiger pour le journal. Quand je suis allé sur le tableau Excel de la répartition des articles, je me rendis compte que seulement un élève a écrit dans le journal et ce n’est pas faute de talent, oh que non. C’est tout simplement de la mauvaise foi. Du coup, on conclut que ce numéro 1817 est un journal écrit par les garçons. Normal, il n’y a que des garçons dans la classe. Pour ce qui est des articles, c’était moi qui leur ai imposé le sujet sur lequel ils doivent écrire. Ils ont joué le jeu. 

On n’a pas fait de bilan du brevet des collèges qui s’était déroulé au mois d’août dernier. Je me limite seulement à la discipline que j’enseigne. En Français, je vais résumer par la parole d’un vieux de chez nous pour dire : « Bon ou mauvais, c’est toujours bon. » L’épreuve va plutôt servir de repère pour le prochain examen blanc du troisième trimestre. On verra. Bonne lecture. Aschell

On y trouve aussi des récits de mythes comme ci-dessous et des extraits d’anciens numéros. Les articles sont tous illustrés et en couleur. Il faut soutenir ce petit journal rédigé par des élèves de brousse et cela depuis longtemps ! JP

Un autre article sur le journal suivre le lien

DES PENSEES EN BOUQUET : Mythe de Lifou raconté par le Vieux Tamumu Ajapuhnya => Les cinq frères

Dans une tribu de Lifou vivaient cinq frères. Quand la saison sèche arriva et que la nourriture se fit rare, le père appela ses enfants et leur dit :

         — Fils, allez dans la forêt nous chercher de quoi manger.

Très tôt le lendemain, les cinq frères se mirent en route sous la conduite de l’aîné. Ils recherchaient un magnagna : c’est une igname sauvage appelée « alu » en Lifou. En cas de famine, on peut en manger les tubercules amers. Soudain, ils aperçurent un superbe pied de magnagna. L’aîné pensa que c’était à lui de déterrer les tubercules. Il débroussa, creusa autour, assez, croyait-il, pour saisir la tête et sortir le pied sans difficulté. Il commença à tirer, tirer encore, tirer plus fort, toujours plus fort, de toutes ses forces, les muscles gonflés, les dents serrées, le front ruisselant, le souffle court, mais... en vain !

II avait creusé trop superficiellement. A bout de force, il dit :

         — Donnez-moi un coup de main l’un après l’autre.

Toutefois, il interdit au plus jeune d’approcher. C’était un pauvre garçon malingre, sale, galeux et méprisé de tous. De l’aube au coucher du soleil, les quatre frères usèrent leurs forces sous le commandement de l’aîné : le magnagna ne bougeait toujours pas d’un pouce. Plusieurs fois, le jeune frère s’était avancé pour aider mais on l’avait repoussé avec mépris. Comment ! Ce gringalet prétentieux, d’apparence chétive, réussirait là où ses frères avaient échoué ?

Le soleil descendant sur la mer, les quatre frères épuisés allaient abandonner quand le benjamin leur demanda très humblement de tenter sa chance. La permission fut accordée. Il se mit à l’ouvrage sous les rires, les moqueries et les invectives des aînés :

         — Tire, pouilleux ! Tire fort, galeux ! Tire plus fort maigrichon ! Courage toi le champion des « magnagna » !

Imperturbable, il creusa patiemment la terre, toujours plus profond, prenant bien soin de dégager les tubercules. Lorsque les racines apparurent, il les coupa au bon endroit, libérant le magnifique « magnagna ». Il en saisit la tête, tira lentement, doucement, et, comme naît un petit d’homme, le beau « magnagna » sortit des entrailles de la terre selon la coutume il le présenta à l’aîné qui le reçut avec un petit ricanement gêné et le partagea en cinq. La nuit tombée, ils s’en retournèrent au village, ayant chacun un beau tubercule sur l’épaule gauche. Dans la case, au coin du feu, l’aîné raconta au père toute l’histoire du magnagna.

— Fils, approchez, dit le vieux. Je vais prononcer la parole pour l’avenir. Voici : à partir de cet instant, le benjamin qui a su déterrer le « magnagna » sera le chef de notre clan. Vous lui obéirez car il est le plus capable de défendre et de conduire la famille. Il en fut ainsi. Le benjamin devint chef du clan. Plus tard, il prit autorité dans toute la région. Le grand chef "Angajoxu " le nomma même un jour à la tête des conseillers « Atresi », car son conseil était toujours le meilleur de tous.

Ce mythe des cinq frères nous montre comment vit la société kanak pré européenne en osmose avec sa terre où un groupe d’hommes vivent ensemble en suivant les règles claniques établies par les anciens.

RÉAGIR AUX AUTRES VETCHAONG (SOUVENIRS) 

« Les élèves du collège peuvent emprunter des livres au CDI, pour nous c’est l’occasion de nous exercer à lire. » Extrait du Vetchaong 11/2008 par T. Samuel 4A

« Un jour, deux cousins sont partis à la chasse ils se sont faits arrêter par le rondier. Il les a poursuivis avec sa voiture. » Extrait du Vetchaong 10/2008 Par W. Youniane 4EA

« La nuit était très longue. Nous nous impatientions tous. Nous voulions vraiment voir le corps de Jérémie. » Extrait du Vetchaong 10/2008 Art de Aelan

« Alors il n’y aura plus de coin de pêche pour les femmes et les hommes qui vivent de la Mer. L’Usine du Nord va polluer l'atmosphère et aussi le lagon. » Extrait du Vetchaong n°3 2008 Art de K. Olivier 

« Je pense que le collège et l'internat doivent regarder au plus près la discipline de chaque élève venant de l'extérieur pour faire le tri dès la fin d'année et au moment des inscriptions à la rentrée. » Extrait de Vetchaong 2009 N° 9. 5 par Rudy D 3A 

« Quand je prends du recul, je constate qu'on a de la chance de ne pas vivre ce que les vieux ont enduré. Maintenant tout est facile, mais nous, on devient fainéant, on cherche la facilité et l'on veut tout avoir d'un seul coup et tout de suite.» Extrait de Vetchaong 2009 N° 9. 6 par Roger B 4B

« Une fois qu’on a commencé à fumer le tabac ou le cannabis on peut plus s’arrêter alors un petit conseil « Ne commence pas à fumer » Extrait de Vetchaong 2009 N° 9. 7 par Brenda V 3C

« Les Tags sont un sujet tabou au sein de notre établissement mais pour nous élèves, ce n’est pas quelque chose de tabou. C’est plutôt une passion. » Extrait de Vetchaong 2009 N° 9.10 par T. Jamie

Publié dans Ecrivain calédonien

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