La légende de Bugni et Ku pour un voyage fantastique en Nouvelle-Calédonie à Livre Paris

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Peu d’animations phares au salon littéraire de Paris sur le Pacifique mais les enfants pourront apprécier un conte de chez nous. De plus les livres jeunesse du stand Océanie sont "super bien illustrés, j'espère que les petits parisiens vont en acheter beaucoup, c'est l'occasion ! JP

 

 

Vendredi et lundi de 15h à 16h

Stand F19 – Ministère des Outre-Mer

 

grandmère Kalle

Deux conteurs emmènent les enfants pour un voyage fantastique au cœur des légendes des Outre-mer, à la découverte du patrimoine de l’imaginaire ultramarin : le Maskilili de Guyane, la légende de Bugni et Ku en Nouvelle-Calédonie ou celle de grandmère Kalle à La Réunion !

 

Le Maskilili est un petit monstre assez espiègle, qui adore la noirceur des forêts, avec leurs ombres inquiétantes.  Il ne sort que la nuit, et son alimentation se compose uniquement de piments de Bondamanjak et de grains de café vert.

 

Maskili

L’histoire effrayante de Grand-Mère Kalle, qui nous vient tout droit de la splendide île de la Réunion ! La légende raconte que Grand-Mère Kal était à l’origine une vieille dame dont la case se trouvait à côté du pont de la Ravine des Cafres, à Mahavel. Cette dame recueillait chez elle en cachette des condamnés à mort. Lorsqu’un visiteur passait pas loin de sa case, elle lui proposait alors gentiment d’entrer boire un café et un verre de rhum.

 

La légende de Bugni et Ku ! L’histoire raconte qu’une femme très pauvre vivait seule et isolée, sans enfant ni famille, en marge de sa tribu. Elle finit par être tellement affamée, triste et démunie qu’elle alla prier le dieu Soleil afin qu’il lui vienne en aide et qu’il lui donne des enfants pour combler sa solitude et sa tristesse.

 

Il était une fois une femme totalement démunie. Pauvre, sans famille ni enfant, elle vivait seule à l’écart de la tribu, comme isolée du monde. Un jour, à bout de force et de résistance, elle ne tint plus et supplia le soleil, ce dieu fait astre, pour qu’il lui vint en aide.

– Regarde-moi, Soleil, je suis seule, pauvre et affamée. Même les autres femmes sont plus heureuses que moi. Elles ont au moins des enfants pour combler leur solitude. Ne peux-tu rien faire pour m’aider ? Cela m’aiderait à vivre et à supporter ma misère.

Le soleil ne répondit pas.

Mais le lendemain, en se levant, elle trouva deux arbustes devant sa porte. Désemparée, mais sûre que le Dieu qu’elle avait imploré l’avait exaucé, elle le questionna :

– Merci, mon Dieu, pour ce présent. Mais que dois-je en faire ?

Le soleil lui dit:

– Donne-leur à manger et élève-les comme tes propres enfants. Un jour, ils t’aideront à leur tour.

La brave femme fit ce que le soleil lui avait suggéré et nourrît les deux arbres qu’elle considérait comme ses propres fils auxquels elles donna les noms de Bugni et Ku. Au fil des mois, les deux arbustres grandissaient mais restaient frêles, comme desséchés. Inquiète comme une mère face à des enfants chétifs, elle interrogea de nouveau son Dieu sur ce qu’elle devait faire. Il lui répondit simplement :

– Donne-leur à boire et sois patiente.

Les arbustes eurent donc de l’eau et se mirent à devenir de grands et beaux arbres dont la femme était fière.

 

Un jour où elle sentit le froid plus qu’un autre, elle alla voir ses arbres et leur demanda:

-Mes fils, il fait froid dans ma case et je voudrais sentir la chaleur d’un feu. Ne pourriez-vous me donner quelques branches mortes?

Les fils lui donnèrent volontiers et la femme put ainsi goûter le bonheur simple d’un feu sous la marmite et d’une flamme pour se réchauffer.

Le temps passa, qui voyait la femme heureuse et les arbres grandir encore et encore.

 

La femme vieillit et sentit bientôt ses os se glacer à la moindre humidité et ce, malgré le feu allumé. Elle retourna voir ses fils :

– Mes fils, je suis maintenant bien vieille et le feu d’autrefois ne me réchauffe plus. Il m’en faudrait un plus grand. Ne pourriez-vous me donner davantage de branches pour que je sois plus à l’aise, moi qui vous ai nourri et élevé?

Bugni donna plus de branches sans rechigner. Ku, de son côté, refusa catégoriquement et lui répondit sèchement :

– Qui es-tu, toi qui prétends être ma mère? Tu m’as nourri et élevé, c’est vrai, mais tu ne me ressembles pas. Tu n’es rien pour moi et je ne te donnerai rien de plus.

La mère, furieuse, s’emporta :

– Soit, fils ingrat ! Garde tes branches! Bugni, poursuivit-elle, pour avoir été bon avec moi, tu seras un arbre résistant et quand les hommes t’abattront, ce sera avec peine car tu ne t’inclineras que fort tard. Mais ils pourront compter sur toi pour bâtir leur case.

Quant à toi, Ku, tu seras un bel arbre. Mais quand les hommes voudront te couper, tu tomberas aussitôt et tu pourriras très rapidement, en commençant par le cœur. Tu seras tout juste un bois pour le feu, qui brûlera très vite, sans réchauffer personne !

 

C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, on peut voir le bugni (surtout sur l’Ile des Pins) et le ku dans la forêt kanak. Selon les prédictions de la vieille femme, le bugni est -encore de nos jours- utlisé comme pilier central des cases car il est très résistant. En revanche, on laisse de côté le ku, cet arbre qui n’offre aucun intérêt, sinon celui d’allumer le feu.

 

"Ceux qui perdent leur capacité de rêver sont perdus." Proverbe aborigène

 

Forêt de bugny à l'Île des Pins

Forêt de bugny à l'Île des Pins

Publié dans Divers

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