Patrice Guirao l’auteur de la saga Al Dorsey et son nouveau polar Le bûcher de Moorea, Une enquête de Lilith Tereia chez Robert Laffont

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Couverture du roman chez Robert Laffont

Couverture du roman chez Robert Laffont

Dans le lagon de Moorea, les eaux calmes et bleues bercent quelques voiliers tranquilles. Les cocotiers dansent au vent. Les tiarés exhalent leur parfum. Pourtant, à l’abri de la forêt, des flammes se fraient un chemin vers le ciel. Lilith Tereia, jeune photographe, tourne son appareil vers le bûcher. Devant son objectif, des bras, des jambes, des troncs se consument. Et quatre têtes. Pour quels dieux peut-on faire aujourd’hui de tels sacrifices ? Avec Maema, journaliste au quotidien de Tahiti, Lilith est happée dans le tourbillon de l’enquête. Les deux vahinés croiseront le chemin d’un homme venu de France chercher une autre vie. Un homme qui tutoie la mort

 

Ce dernier polar « noir azur », sortie prévue pour le mois prochain Le bûcher de Moorea, Une enquête de Lilith Tereia chez Robert Laffont dans la collection La bête noir devrait une fois de plus nous étonner. Patrice Guirao est celui qu’on peut désormais présenter comme l’inventeur du roman « noir azur ». LA BETE NOIRE est une Collection dirigée par Glenn Tavennec.

 

Petit manifeste élargi du polar « noir azur » par l’auteur

La définition du polar « noir azur » pourrait se cantonnée à l’idée d’un roman noir ou d’un polar noir qui n’en serait pas vraiment un mais plutôt une nuance de plus : un roman « bleu nuit »

Cela suffirait à le distinguer du roman noir tel qu’attendu. Mais cette terminologie de « noir azur » va plus loin dans le distinguo. Le roman « noir azur » se veut une spécificité de « l’insularité pacifique ».

 Cela ressemble à un slogan. Et dans le fond s’en est un. Il est le creuset des altérités de ces iles disséminées dans les camaïeux de bleus de l’océan pacifique, auxquelles n’échappe pas la littérature. La littérature issue d’une « géographie », s’ancre, dans une humanité et un tissu social construits par l’histoire d’une terre, dans une approche du monde du point de vue de celui qui vit ce lieu et ses vérités. Dès lors elle devient source de partage des différences.

Le roman noir azur s’inscrit dans cette démarche. Il a pour vocation de transmettre un ressenti propre aux iles du pacifique à travers une forme littéraire connue et commune au reste du monde.

Le roman noir azur n’est pas un roman policier qui se passe sous des cieux tropicaux il est l’expression d’une réalité de la vie sous les cieux tropicaux. Réalité qui prend des formes multiples selon le regard qui lui est porté et qui lui porte ce regard.

A vrai dire l’inventeur du roman « noir azur » c’est Simenon. Dans les trois romans qu’il a écrit après son séjour à Tahiti il en donne les bases : l’intrigue laisse une belle place à la perception d’une autre vérité de la vie, celle propre à l’insularité. La trame est tissée par la force des différences et non par une simple logique d’enquête. Les personnages ont un fonctionnement dont les ressorts prennent les nuances dues aux particularités culturelles et historiques des lieux. Il est une alternative.

 

Il ne suffit donc pas que le roman noir s’inscrive dans un cadre insulaire tropical pour qu’il devienne noir azur. Il faut qu’il s’imprègne de l’essence de la vie et des pulsations des forces naturelles en présence dans cette partie du monde. On doit y entendre les bruits de l’océan et les silences des lagons, y voir les couleurs qui chatoient et l’immensité des petites choses, la fragilité et la tendresse comme la puissance et la violence contenues.

Pour autant le polar « noir azur » doit encore trouver sa place dans la grande famille des polars. Tout comme la grande majorité des courants littéraires ultras marins et en particulier ceux du Pacifique.

 

On ne peut s’empêcher, quand on vit dans les îles, d’avoir le sentiment que la littérature tourne autour d’un nombril continental et que le Pacifique peine à se faire entendre. Pourtant ce ne sont pas les auteurs de talents qui font défaut. Je n’en citerai que quelques uns. La liste est longue : Patricia Grace, (certainement « Nobélisable » ), « Des petits trous dans le silence » ou encore « Electrique cité » ; Flora Devatine « Tergiversations et rêveries de l’écriture orale » ; Chantal Spitz, « Cartes postales » ; Kurtovitch « Dans le ciel splendide » ; Nathalie Salmon « Je suis née morte » ; Ihimaera Witi avec « Bulibasha le roi des gitans » ; Vaite Celestine et Theureau Henri « Frangipanier » et « L’arbre à pain » Gorodé Déwé « Tâdo tâdo Wéé ou No more Baby », Broterson Moetai « Le Roi absent » ou encore Soaba Rusel avec « Maiba » premier roman de Papouasie Nouvelle Guinée à être traduit en français.

 

Cette partie du monde, est un creuset de tendances littéraires où l’écriture vient impacter l’oralité et donne ainsi naissance à une entité aussi puissante que la fusion de la musique et des mots. La littérature du Pacifique est un chant qui porte loin la voix des anciens pour ouvrir des voies à la jeunesse. Ce serait bien que le continent lui prête une oreille.

 

 

C’est l’occasion de (re)découvrir la collection Noir Pacifique : tantôt noir azur avec la saga AlDorsey de Patrice Guirao, tantôt noir abyssal avec des thrillers envoûtants... Cap sur les mers du Sud pour mener l'enquête ! (au Vent des îles)

 

Photo JP à Papeete

Patrice Guirao, né en 1954 à Mascara (Algérie), est un parolier et romancier français. Après de belles réussites comme parolier, il enchaîne les succès littéraires. Il est l’auteur de la saga de romans noir et Al Dorsey - Le détective de Tahiti, composée de quatre tomes édités par Au vent des îles : Crois-le ! (2009) ; Lyao-Ly (2011) ; Si tu nous regardes (2012) ; Tu vois (2017). Cette saga d'enquêtes policières à fait l'objet d'une adaptation en sérié télévisée, réalisée par France Télévisions avec notamment Alban Casterman (''Engrenages'') dans le rôle principal d'Al Dorsey.

 

En 2015, il publie À la lueur du sang, un thriller à lecture variable, construit par plans successifs où l'intrigue se referme peu à peu autour du protagoniste principal.

 

Patrice Guirao vit désormais à Tahiti, en Polynésie française.

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V
Très intéressant ????
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