Causerie avec Adrian MUCKLE sur l’ouvrage Violences réelles et Violences imaginées

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le chercheur dans le canapé de la libraire Cathie Manné
Le chercheur dans le canapé de la libraire Cathie Manné

Le chercheur dans le canapé de la libraire Cathie Manné

Le chercheur néo-zélandais Adrian Muckle enseigne l’histoire du Pacifique des 19e et 20e siècles. C’est le premier historien à avoir réexaminé de manière exhaustive la guerre de 1917, prenant appui sur des documents d’archives officielles, dont des dossiers administratifs, la correspondance des missionnaires de l’époque, les procès-verbaux des enquêtes judiciaires postérieures au conflit et les comptes rendus du procès des 78 « rebelles » de 1917-1918. Ça fait maintenant 20 ans qu’il travaille sur l’histoire du pays pour en faire une thèse avant plusieurs ouvrages. Il a fait une causerie mercredi soir devant un public conquis d’avance car le chercheur est maintenant très connu ici, surtout depuis le succès du livre Les sanglots du pêcheur, coécrit avec Alban Bensa, Kacué Yvon Goromoedo et lui-même, sorti en juin 2015. Il a présenté son livre en commençant par rendre un hommage appuyé à son traducteur Philippe Boisserand qui a permis de réaliser une version française plus réussi que la version en anglais. Il a rappelé que cette révolte considéré comme la dernière grande révolte kanak de l’époque coloniale à l’ombre de la première guerre mondiale a été, certes un conflit modeste à l’échelle mondiale, mais d’une importance capitale pour les kanak et la colonie de l’époque. Les 300 morts de cette révolte ne pèsent pas lourd à côté des 18,6 millions de morts en Europe mais cette révolte a laissé des cicatrices qui ne sont pas refermées aujourd’hui dans la région entre Koné et Hienghène car entre avril 1917 et mars 1918, il y a eu 300 morts sur les 4000 ou 3000 âmes de cette région à l’époque. On en parle encore surtout à cause des conséquences, une grande déstabilisation, avec des déplacements de population, des procès des déportations. L’histoire a retenu le nom du grand chef Noël car la décapitation du leader présumé des « rebelles », Noël de Tiamou, en février 1918 a marqué les esprits. Le chercheur a mis en évidence qu’il existait plusieurs causes au conflit d’où peut-être ce titre de l’ouvrage Violences réelles et Violences imaginées, car ce livre met en évidence des peurs et des antagonismes entre Colons et kanak, kanak et kanak, kanak et administration voire colons et administration. Ce qui donne un récit neutre, juste, sans jugement et très instructif. Adrian Muckle a explique qu’il a débuté ce travail dans un contexte favorable en 1998 avec la renaissance de l’intérêt pour l’histoire locale grâce au renouveau politique avec une ouverture des archives sans restriction. Prochainement arrivera en librairie un autre ouvrage passionnant dont il est le coauteur avec Isabelle Merle L'Indigénat. Genèses dans l'Empire français. Pratiques en Nouvelle Calédonie. JP

 

Voir un reportage NC1er qui a lieu en 2017 et aussi cet autre reportage en 2015

 

NB : On peut rappeler que 1 010 Kanak avaient été recrutés comme volontaires et 385 Kanak sont morts à l’étranger pendant la Grande Guerre.

Publié dans Colonisation

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