Chân Dang en BD, un beau projet est en train de naître

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les auteurs et acteurs de ce projet avec Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie

Les auteurs et acteurs de ce projet avec Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie

Chân Dang en BD, un beau projet est en train de naître

 

 

Le docteur Do Tess de l’université de Melbourne actuelle directrice du projet de traduction Chân Dang en anglais travaille depuis 2008 sur les Chân Dang. Elle a publié aux USA aux éditions Ropodi de New York un ouvrage collectif intitulé «Exile Cultures Misplaced Identities ».

Elle était de passage à Nouméa accompagnée de Clément Baloup, auteur et dessinateur BD, qui s’intéresse aux diasporas vietnamiennes. Celui-ci a notamment publié en France "Little Saïgon", "Quitter Saïgon" et "Un automne à Hà Nôi". 

Madame Do Tess lui avait proposé de venir avec elle afin de découvrir la population vietnamienne du Caillou pour la réalisation d'une BD. Une Bd sur nos Chân Dang devrait permettre de mieux faire connaître l’histoire de ces travailleurs tonkinois engagés dont beaucoup de descendants sont restés sur le Caillou en choisissant de devenir Calédonien.

 

Biographie

Clément Baloup est né d'une mère française et d'un père vietnamien installé en France. Il fait ses études à Marseille au lycée Denis Diderot en arts appliqués, à l'EESI (École européenne supérieure de l'image), ainsi qu'au sein de la Vietnam University of Fine Arts. Il travaille régulièrement pour la presse nationale ou internationale et est également membre du Zarmatelier, un atelier de bandes dessinées. Influencé par le genre des romans policiers (comme Le chien des Baskerville), l'Asie représente un thème majeur dans ses œuvres et il a réalisé plusieurs récits sur les migrants issus de ce continent, comme Mémoires de Viet Kieu. Le premier volume, Quitter Saïgon, portant sur « l'exil des Vietnamiens de France », a reçu plusieurs distinctions. Pour le second volume, Little Saigon, il a reçu le soutien de l'association Cultures France pour mener un reportage aux États-Unis et recueillir des témoignages d'exilés. Toujours sur ce thème, il publie en 2012 avec Mathieu Jiro La concubine rouge, une fiction d'après une trame historique et dont l'action se déroule en Indochine française.

 

En 2014 paraissent deux ouvrages aux styles très différents : d'une part, Le Vaurien, « une épopée complètement loufoque » et d'autre part, Le ventre de la hyène, qui se déroule en Afrique subsaharienne et à Marseille et aborde le thème des enfants-soldats, récit scénarisé par Clément Baloup et dessiné par Christophe Alliel.

 

 

Œuvres

Illustrations

Michael Jackson en bandes dessinées, Céka (Éditeur Petit à Petit) 10.

Carnet d'Indonésie, avec Joël Alessandra, Simon Hureau, Sylvain-Moizie, Éditeur La Boîte à bulles.

 

Bandes dessinées et romans graphiques

Un automne à Hanoi (Éditeur. La Boîte à bulles)

Quitter Saigon, mémoires de Viet Kieu tome 1 (Éditeur. La Boîte à bulles)

Little Saigon, mémoires de Viet Kieu tome 2 (Éditeur. La Boîte à bulles)

La vie en rouge (avec Domas ; Éditeur. La Boîte à bulles)

Le chemin de Tuan (avec Mathieu Jiro ; Éditions du Seuil)

Le choix de Hai (avec Mathieu Jiro ; Éditions du Seuil)

Diables sucrés (avec Mathieu Jiro ; Éditeur. Gallimard)

La concubine rouge (avec Mathieu Jiro ; Éditeur. Gallimard)

Le club du suicide, d'après R.L.Stevenson (avec Eddy Vaccaro ; Éditeur. Soleil Productions)

Le vaurien (Éditeur. La Boîte à bulles)

Le ventre de la hyène (avec Christophe Alliel ; Éditeur. Le Lombard)

Les mariées de Taïwan, mémoires de Viêt Kieu tome 3 (Éditeur. La boîte à bulles)

 

Récompenses

2011 : Prix du jury œcuménique de la bande dessinée pour Quitter Saïgon;

2011 : Prix Melouah Moliterni pour Quitter Saïgon ;

2011 : Prix Coup de cœur de Médecins Sans Frontière pour Quitter Saïgon ;

2012 : Prix coup de cœur Michelin pour Little Saigon ;

2012 : Prix Nouveau Mangaka pour Little Saigon ;

2014 : Prix du meilleur album au festival BD de Moulins pour La concubine rouge1.

Photo Joël Paul 2013 inauguration du quartier asiatique

 

Le président de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie Jean Vanmai est un ami, je l’ai rencontré sur ce sujet du devoir de mémoire des Chân Dang :

 

— "Oh ! La... jupe ?..." a été l'étonnement de l'artiste BD visiblement surpris pour ne pas dire désappointé en découvrant le monument.

 

Interrogé un peu plus tard par mes soins, Jean Vanmai après une certaine hésitation m'apporte son point de vue sur ce sujet :

« Clément a vu juste. Car moi-même sans doute avec d'autres descendants de Chân Dang, tout comme les Calédoniens de ma génération, sommes mal à l'aise devant ce "monument", que certains considèrent d'ailleurs comme de "style soviétique", et qui ne représente absolument pas l'image que nous avons de nos parents les Chân Dang. En effet, l'homme avec ses pectoraux saillants alors qu'il était mal nourri et de plus forçat du travail n'est pas représentatif d'un engagé tonkinois de cette époque. Tandis que la belle et svelte jeune femme en jupe ne passe absolument pas. Puisque nos mamans Nhà Quê ne portaient pas de jupe en ces temps-là. Et c'est la raison pour laquelle moi comme mes amis descendants des Chân Dang, n'avons pas réussi à nous approprier ce monument en venant par exemple le fleurir de temps en temps ou en s'inclinant avec respect pour rendre hommage à une... véritable maman.

— C'est raté, alors ?

— Non ! Ce n'est pas raté. Mais il faudrait le changer d'endroit. Par exemple l'entrée principale de l'AVNC à Magenta conviendrait parfaitement. Car compte tenu de leur aspect "jeunesse", les personnages seraient très accueillants et pourraient même à la limite représenter la seconde génération, c'est-à-dire la nôtre.

— Mais alors pourquoi ce choix actuel ?

— Simplement parce que le comité organisateur de l'époque n'avait pas pris sérieusement en compte le fait qu'il s'agissait-là d'un monument à caractère "historique". Malgré mes interventions nombreuses, ils avaient préféré ériger un "beau monument" à la place, en prenant pour modèle une jeune femme en jupe, s'inspirant d'une photo qu'ils auraient trouvée dans un livre !        

— Avec quoi le remplacerez-vous ?

— Depuis quelque temps, un certains nombre d'entre nous, ceux de ma génération, pensons que nous devrions le remplacer par un monument un peu plus grand avec des personnages aux physiques et habillements proches de la réalité de cette époque. Et nous pensons qu'avec un accord consensuel entre nous à trouver, nous allons devoir agir très rapidement. Du moins avant que ceux et celles de ma génération ne disparaisse simplement à cause de notre âge avancé.

— Un autre monument coûtera de l'argent.

— Bien entendu, pour cela il nous faudra organiser des collectes non seulement auprès de la population vietnamienne locale, mais également auprès de la population calédonienne, tout comme auprès des institutions territoriales. Je suis certain que nos compatriotes de toutes origines répondront favorablement à notre sollicitation.      JP

Autour du monument qui effectivement interroge 2013 JP

Deux articles sur ecrivainducaillou évique cet illustrateur :

Article 1   Article 2 suivre les liens SVP

 

Voir aussi sur LNC

Simone Bui Thi Nhon, une histoire dans l’histoire

L’art au chevet de la mémoire. Pendant que l’histoire se partage, Clément Baloup croque. Photos CL

 

MEMOIRE. La vie de Simone, dernière Chân Dang, passionne les spécialistes de cette période. Début octobre, un auteur de BD et une enseignante australienne sont venus à sa rencontre.

« C’est une course contre la montre pour garder trace de cette mémoire ». Clément Baloup, auteur et dessinateur de bandes dessinées consacrées aux diasporas vietnamiennes, croque dans un petit carnet la rencontre unique à laquelle il est en train d’assister. Aux côtés de Jean Vanmai, auteur calédonien d’ouvrages sur les Chân Dang - les Vietnamiens engagés sous contrat dans les mines de nickel calédoniennes au XIXe siècle - il garde trace de sa visite à Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie Suite de cet article réservé aux abonnés et sur la version papier des Nouvelles. Article de Christine Lalande | Crée le 19.10.2019 à 04h25

 

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