Une causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Une causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo Livres
Une causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo Livres
Bernard Gasser et Patrice Godin avec Catherine LaubreauxBernard Gasser et Patrice Godin avec Catherine Laubreaux

Bernard Gasser et Patrice Godin avec Catherine Laubreaux

Bernard Gasser, spécialiste de la littérature calédonienne a précisé d’emblée qu’il ne voulait pas parler de culture Kanak sauf à travers les écrits de Jean Mariotti. Il a donné son point de vue, partagé par son compagnon de canapé Patrice Godin, docteur en ethnologie : « on ne peut être porte-parole d’une culture qui n’est pas la sienne ». Un début de causerie étonnant pour donner envie de lire mais ces universitaires ne sont pas des bisounours. Ils critiquent si nécessaire. Présenter Jean Mariotti  en s’interrogeant sur le fait qu’il devait ou non être classé comme un auteur qui a fait connaître la culture kanak et sur l’intérêt de le rééditer est plutôt inhabituel dans ce genre de manifestation destinées à la promotion d’ouvrages mais ces deux conférenciers n’ont peur de rien, ils ont trop d’heures de vol et de références.

Néanmoins, Jean Mariotti a été un diffuseur de la culture de son pays mais à sa manière. Avec l’amour pour son Caillou, tout en restant attaché à ses racines Corse. C’est tout l’intérêt de ses ouvrages à la croisée des chemins de plusieurs cultures. Il n’était pas, c’est une évidence, un spécialiste de la culture kanak. Il faut plutôt saluer son travail littéraire dans le contexte de l’époque. En dehors des ethnologues et des chercheurs ou des études des missionnaires, les Européens écrivaient des poncifs avec des a priori sur les kanak. Sauf peut-être Mariotti mais avec l’exotisme et le romantisme de certains de ses récits pour toucher un large public probablement, il a écrit la plupart de ses nouvelles en métropole. Est-ce que le traducteur de Fritz Sarasin Ethnographie des Kanak de Nouvelle-Calédonie et des Îles Loyauté, Bernard Gasser et l’ethnologue émérite Patrice Bodin étaient les bonnes personnes pour évoquer la sensibilité et la profondeur des écrits de Jean Mariotti ? Pas sûr, mais ils ont apporté beaucoup de clarté sur les légendes et les coutumes kanak évoqués par l’homme de Farino. C’est du public que sont venus les meilleures critiques de l’écrivain, notamment celles d’Hamid Mokadden qui ne tarit pas d’éloges pour A bord de l’incertaine pas exemple, un chef d’œuvre pour lui. Il a d’une manière très juste comparé Jean Mariotti à Albert Camus qui ont quitté une colonie parce qu’ils ne s’y sentaient pas bien tout en gardant une attache profonde avec. Ecrivain exilé, Mariotti a fait plus pour la Nouvelle-Calédonie que la meilleure agence de publicité d’aujourd’hui. La réédition des ses nouvelles est une très bonne initiative et une idée de cadeau formidable pour les fêtes. La relation des Calédoniens avec cet écrivain est fusionnelle, la rigueur scientifique ne fonctionne pas pour analyser son succès. JP

Une causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo Livres
Une causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo LivresUne causerie sur Jean Mariotti animée par deux chercheurs à la librairie Calédo Livres
Livres écrits ou traduits par Bernard Gasser siponible sur Amazon ou en librairie à Nouméa

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Publié dans Roman

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