Mots pour Maux : Sylvie COQUILLARD professeur de Lettres, poétesse, correctrice et écrivain public

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Variations sur le thème Mots & Maux (d’une si brutale actualité)

 

Dans ces temps d’incompréhensibles alarmes, de peurs légitimes, d’épidémie/ pandémie redoutée si lourde à vivre, surtout lorsque la maîtrise des paramètres nous échappe, il est essentiel de garder le cap et de cultiver, autant que notre jardin, une foi en l’Humanité et en ses valeurs fortes, ses arcs-boutants qui donnent du sens à nos vies ; un seul sourire échangé vaut un trésor si on en mesure la portée.

 

Plutôt qu’une fiction, une histoire, un conte ou même une fable, quelques mots à vous adresser pour une invitation, un voyage-fantaisie où tout pourrait peut-être se dire et définir autrement.

Au départ de ce « voyage », envisager que les mots « pansent » et peuvent même guérir si on les pense et les mobilise de façon différente en leur donnant une nouvelle vie.

Les Poètes savent combien les mots sont puissants eux qui les polissent (sans police), les cisèlent, les convoquent et les juxtaposent de façon singulière, les faisant miroiter au contact les uns des autres, dans une cohabitation qui démultiplie leur sens et leurs échos.

Les mots sont des sésames, des clés, des mystères qui méritent d’être explorés !

Parfois, mal employés, ils peuvent faire mal, blesser si l’on n’y prend garde, des mots à maux que nous décochons comme des flèches sans s’aviser (mais on tire !) de leur charge explosive…

Apprivoisons !

Ainsi, tout ce qui a trait au « maudit » porte les stigmates d’un sort de douleur et de fatalité.  Comment ne pas plutôt opter pour le « mot dit » en toute simplicité, celui qui –en un mot comme en cent !- a le pouvoir de dissoudre tous les malentendus dont nous souffrons tant. Le mot dit, alors, libère et délivre des incompréhensions souvent fruits de mots malencontreux.

À cet égard, les « inventions » et jeux de mots d’un Jacques Salomé sont éclairants :

T’es Toi quand tu parles !  (Sourire ! Ce n’est pas « Tais-toi » et pourtant ! …)

ou encore Heureux qui communique , nous voilà Ulysse(s) dans ce formidable voyage de l’échange et du mot à fertiliser pour le rendre bonne moisson.

Les mots plutôt que les maux, n’est-ce pas ?

Les explorer, les réinventer, jouer avec eux peut être une découverte fascinante… et l’occasion de vérifier, entre parents et enfants qui, d’eux ou de nous, saura le plus spontanément trouver des combinaisons inédites, des définitions-pansements.

Quelques suggestions ;

 la « morale » si elle est bienveillante et ne s’avise pas de s’ériger en vérité sectaire vaudra mieux que le « mot-râle » pris entre la maladie ou la colère devinée.

Le « moqueur », plus que taquin se révèle piquant, étourdiment blessant à ses heures. On lui préfère d’emblée …le « mot-cœur », celui duquel on puise le trésor à donner et à recevoir.

Avec un « mobile », en première instance, rien n’est figé…  Elle s’anime, cette belle composition tournante qui se place au-dessus des tout-petits, souvent colorée et musicale pour apaiser les pleurs, mener le nourrisson de veille à sommeil !

Le « mobile » ? Plutôt que le … « mot-bile » qui donne le mauvais sang, c’est ce qui nous pousse à agir, ce qui nous pousse à intervenir et que ce soit pour le mieux ; se mobiliser POUR

Garder le cap

Continuer à croire et à faire confiance en dépit de toute situation adverse. Mobile-impulsion POUR des valeurs positives (solidarité, partage, soutien) plus que CONTRE qui légitimerait les cortèges de pétitions et de révoltes même si cela part d’un bon sentiment ou d’un élan généreux.

« Mots à hics » ! Encore un mot-porc-épic, un mot hérissé d’aspérités. Préférer son écho qui répare ! Entendre : « mosaïque » …cette composition qui rassemble des fragments initialement épars pour offrir un tout harmonieux souvent inspiré. Harmonie, j’écris ton nom !

Notre époque nous a familiarisés à l’informatique et à une technologie qui dénomme ses outils ; écran, clavier, souris, « MODEM ». Ce qui se désigne par-là, c’est le boitier grâce auquel la connexion s’actualise. Qui nous empêche d’y voir une mise en relation sur le « mode-AIME » ? Sur la toile de nos échanges -une mouvante mosaïque ! - privilégier ainsi les messages d’amour et de confiance, de tendresse et de tolérance ?

On aime ou pas le « moka ». Affaire de goût, dégoût, ça ne se discute pas. Et le « mot-cas » ?

Celui sur lequel on ne va pas hésiter à se pencher, examen vigilant ET bienveillant. El là, cela suppose faire cas d’une chose, d’un animal ou d’une personne

Être « molesté » renvoie à la brutalité, l’agression ; le mot renvoie au mal et aux maux que cela fait endurer.

Antidote ; le « mot lesté » si on lui accorde le pouvoir d’avoir du poids et de se vivre comme un réparateur ancrage, une fois encore, nous gagnons dans le sens revisité !

 

Dépaysant ce parcours ! Tiré par les cheveux ? (Ça ça fait mal, attention !), insensé ?

Que chacun y puise ou non à sa modeste source.

Dans le creuset de nos imaginations, s’appliquer en tous cas à déployer une sorte d’alchimie dans laquelle l’essence des mots revalorisés sera rempart à ces maux qui nous assaillent si malencontreusement.

Alors « moteur » ? Le mot -heure à choisir pour le meilleur… que je vous adresse de tout cœur.

 

Sylvie Coquill’ARTS. Ce vendredi 27 mars 2020.

 

Au Bord d’Elle Éditions Persée 2014 (malheureusement épuisé)

Atlantides Éditions de l'Harmattan 2014

L’Âme des écorces Éditions de l'Harmattan 2018

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C
Bien ressenti, bien exprimé, bien vu, bien acté !<br /> Félicitations Sylvie Coquillard, Sylvie Coquillard / Sylvie Coquill'ARTS pour ta plume-clé qui est vraiment nécessaire en ces temps nébuleux<br /> et félicitations Joël Paul pour ces échos prolongés dont ton blog se fait le porteur.
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