Mots pour Maux : Alain Brianchon nous parle des Malgré-Nous, une émouvante nouvelle

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Une tranche de vie – Bourges 1944.

 

La petite histoire que je vais vous raconter aurait parfaitement pu être tirée de faits réels si… car malheureusement il y a un Si… le principal acteur, dont j’ose inventer la courte vie, avait eu la chance d’être toujours de ce monde au moment où l’action est sensée se dérouler.

Ainsi que vous pouvez vous en douter, chaque écrit d’un livre sous-entend, la plupart du temps, la résurgence de personnages, de tranches de vies, ayant plus ou moins directement traits à son auteur, et je ne renie pas que, sans certaines anecdotes familiales, un peu passées dans l’oubli, il m’aurait été difficile de créer une scène que l’on pourrait interpréter comme réaliste.

Mais revenons à notre sujet : nous sommes en 1944, dans une ville moyenne de France, Bourges. Son aéroport, ainsi que les usines de matériels qui le bordent, sont régulièrement bombardés par les forces alliées et les pauvres gens qui vivent alentour doivent subir, non seulement l’oppression des forces allemandes au jour le jour, mais aussi les ravages collatéraux que font les bombes qui viennent à tomber, de manière plus ou moins précise, sur la ville.

D’ailleurs, hier, le 11 avril 1944, les B-24 Liberator du 467th Bomb Group ont lâché leur cargaison de mort sur les positions allemandes, et principalement sur l’usine aéronautique A.N.C.A.C. et la Cité jardins de l’aéroport. Les sirènes ont déchiré l’air de leur hurlement strident pour signifier l’alerte et tous les habitants se sont réfugiés aux abris ; qui dans sa cave, d’autres dans l’église toute proche ou même dans les abris enterrés, ceux qu’on a rapidement creusés quelques mois ou semaines auparavant. La guerre est là depuis maintenant plusieurs années et tous se sont habitués à ces escapades diurnes ou nocturnes.

Pour petit Pierre, le cadet de la famille et plus jeune de la fratrie de neuf dont nous allons parler, la vie est ainsi faite. Il a huit ans et ne se souvient que peu de ce qui se passait avant la guerre. Il vit ces événements comme des choses presque naturelles, comme si la vie de tout un chacun devait être ainsi faite. Après tout, il n’est pas malheureux, il est aimé, on peut même dire choyé par ses parents et tous ses frères et sœurs qui s’occupent de lui. La famille n’est pas bien riche, mais arrive quand même à survivre et arrive même à partager le peu qu’elle a, quand plus malheureux vient lui réclamer de l’aide. Personne ne se plaint et trouve que la vie peut avoir du bon, même en cette période d’occupation !

Pierre va à l’école et, comme tous les enfants de son âge a plein de petits copains avec lesquels il joue et s’amuse, dont un tout particulièrement, Gérard, le confident, l’inséparable, celui sans lequel rien ne saurait se faire. Et justement, ces deux-là ont quelque chose en tête, surtout depuis que Ernst, le vieux soldat allemand leur en a parlé. Mais, pour l’instant, c’est un secret qu’il nous faut garder.

Je peux comprendre votre étonnement quant au fait que deux jeunes bambins connaissent ce soldat allemand, à une période où l’envahisseur tenait la France sous sa coupe. Il me faut donc lever le doute sur ce que vous pensez et vous expliquer le pourquoi de la chose.

Ernst, Ernst Schulmeister plus exactement, Alsacien de souche et de coeur, la quarantaine passée, avait été enrôlé de force dans la Wehrmacht comme beaucoup de « malgré eux ». Il portait bien un nom prédéfini qui lui collait parfaitement à la peau, car il était maître d’école dans son village. Il adorait son métier et tous les enfants qu’il rencontrait lui rappelaient ceux qu’ils avaient dû laisser derrière lui, Pierre et Gérard n’échappant pas à la règle. Souvent il discutait avec eux quand il les voyait, et ces deux gamins étaient bien peu impressionnés de voir ce soldat, qui leur donnait aussi parfois des friandises. Ils n’avaient d’ailleurs pas plus d’appréhension pour son compagnon d’escouade, Hanz. Ces deux inséparables que l’âge rapprochait, aucun sous-officier du régiment de la place n’avait osé les séparer… (Téléchargez la suite avec le lien ci-dessous)

 

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Alain Brianchon est grand spécialiste des tapas, c’est un collectionneur averti. Il écrit aussi des ouvrages historiques et des nouvelles comme celle qu’il nous a offert aujourd’hui.

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