Mots pour Maux : Déwé Gorodé, une légende vivante, une poétesse, une femme de conviction, respect !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

A L’ORÉE DU SABLE

 

Une salade du lagon

un verre de muscat

un rôti à l’ananas

un passage de mouettes

une dégaine marginale

se dorant au soleil

en début d’après-midi

frais comme de saison

de confidence Amicale

à la mesure du temps

en transparence turquoise

de lagon ensoleillé

à l’orée du sable

une image de gamin

fond en ma mémoire

et se confond en douceur

à celle du mien disparu

 

La mémoire est là

au début du sable

du temps

 

                     VIE INFINIE

 

Un ion est une poussière

de vie dans l’univers

une cellule est une victoire

vivante sur le froid de la mort

un millième de seconde

est une vie entière

dérobée à l’éternité

 

 

Infini                                 Une prière

accessible                        à l’aube

en fraction                      pour la grâce

de seconde                     d’un bout

du temps réel                d’éternité

 

    Instant

    de paix

    de l’âme

    en harmonie

 

frayant

en cosmogonie

de l’infini

 

HUMILITÉ

 

Dans le frais de l’aube

dans le bruit du vent

luit *Kaatâdaa

l’étoile du matin

en étincelles marines

lucioles argentées

sur la houle agitée

à l’idée du jour

en désir du soleil

 

 

Humble prière                                La paix de l’aube

sur le sable du temps                  est un rêve d’harmonie

qui nous emporte                         entre la nuit

vers les nôtres                                et le jour

vivant avec nous                           pour l’âme endormie

ou déjà partis                                 qui s’éveille

dans le cycle de la vie                 en quête de la vie

 

 

L’univers

l’infini

obligent à

l’humilité

* Mot en langue  paicî

Biographie longue car Déwé est une femme au destin exceptionnel :

Déwé Gorodé naît le 1er juin 1949, à Ponérihouen, sur la côte Est de la Grande Terre calédonienne, dans la tribu de Pwârâïriwâ, située à l'embouchure de la rivière qui donne au village son nom.

 

Études primaires dans la région de Houaïlou, baccalauréat de philosophie au lycée Lapérouse à Nouméa, licence de lettres modernes à l'Université Paul-Valéry de Montpellier : son parcours scolaire est brillant. En 1974, à son retour au pays, il la conduit à enseigner le français dans un collège catholique de la banlieue de Nouméa. Déjà, elle a dans ses cartons des poèmes dont l'écriture a commencé dès 1970, mais qui ne seront publiés que quinze ans plus tard.

 

En 1992, Déwé Gorodé participe à une mission de femmes au Mali. De 1994 à 1995, elle travaille pour l'Agence de développement de la culture kanak lors de la saison de préfiguration du Centre culturel Tjibaou. De 1996 à 1997, elle enseigne de nouveau le paicî à Houaïlou et Poindimié. De 1999 à 2001, elle dispense des cours d'histoire de la littérature du Pacifique et de littérature mélanésienne contemporaine à l'Université de Nouméa.

Dans le même temps, elle publie deux recueils de nouvelles et un recueil d'aphorismes.

 

Déwé Gorodé a assumé de 2001 à 2009 les fonctions de vice-présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en charge dans un premier temps de la culture et des sports, puis à partir de juin 2004 de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté. Depuis le scrutin de mai 2009, elle a quitté la vice-présidence mais demeure membre du gouvernement calédonien et a conservé le même portefeuille que dans la précédente mandature. Elle est, au 6 juillet 2019, la personne à avoir participé le plus longtemps aux Gouvernements néo-calédoniens, puisqu'elle en a été membre sans discontinuer de la création de cette institution en 1999 jusqu'en 2019.

Photo Déwé Gorodey à Sète en 2016 wikipédia

                                                  

Publié dans Poésie, Culture Kanak

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