Mots pour Maux : Michèle, derrière ce pseudonyme se cache une poétesse, c’est cela même qui le rend plus beau

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Sappho poétesse grecque de l'Antiquité

 

La nuit est noire, ce soir. Vide d'étoiles. Emplie de silence. Les lampadaires brillent d'une lueur pâle et étalée, tâches de lumière. Traces éphémères sur la toile urbaine.

 

 Silence assourdissant des rues désertes, de personnes sages ou apeurées. Qui lisent, font l'amour, dansent, se font du mal dans un espace confiné. J'ai envie et j'ai peur des mots. Des sons qui disparaissent comme si la vie respirait sereinement, que le danger s'éloignait.

 

 Quand nous recouvrirons le chemin du bruit, des pas, de la consommation, de la pollution. Qui serons-nous devenus ? Plus sages, plus aimants, moins pressés, plus attentifs à ceux qui travaillent chaque jour pour notre bien et qui étaient devenus invisibles ?

 

 Cette retraite forcée, cette vision de nous, seuls. Face à la solitude, face à nos proches trop proches. Occupés à remplir l'immobilisme, à remplir nos placards, à faire des réserves de denrées essentielles en quantités inutiles.

 

 Les œuvres dans les musées se reposent, les parcs publics se ressourcent. Les ouvrages de la rentrée littéraire 2020 sont en écriture et auront un parfum particulier. La beauté n'est plus à notre disposition mais elle transpire partout dans les esprits. Elle reprend sa juste place. Éternelle.

 

 Et la nature nous regarde. Elle se demande pourquoi nous avons déserté le terrain. Pourquoi nous sommes dans nos terriers. Figés. Que font-elles ? Ont-elles compris la leçon ? Pauvres créatures, terrifiées par l'invisible.

 

 

 La nuit est noire. Et le silence nous embrasse. Enfin le temps a ralenti.

 

Michèle

Publié dans Poésie

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