Clémence Et Paul de Anne-Marie Buteri un roman historique disponible en librairie à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Clémence Et Paul de Anne-Marie Buteri un roman historique disponible en librairie à Nouméa

Une nouveauté, un témoignage historique sur l’histoire des pionniers dans notre région du Pacifique Sud qui devrait séduire les Calédoniens férus d’histoire. Ci-dessous vous trouverez la présentation de l’ouvrage et une interview exclusive que l’auteure Anne-Marie Buteri a bien voulu accorder au blog ecrivainducaillou.

Présentation de l’ouvrage :

Clémence et Paul sont tous deux nés en France à la fin du XIXe siècle mais construisent leur avenir en Nouvelle-Calédonie puis aux Nouvelles-Hébrides. Tout d'abord installés à Tiwaka où leur vie n'est faite que de déboires, ils quittent la Nouvelle-Calédonie pour Port-Vila aux Nouvelles-Hébrides. Au début du XXe siècle on ne connaît pas encore la contraception et Clémence ne comptabilise plus ses jours de maternité... Pourtant elle se plie au dictamen de la nature et accueille coup sur coup ses enfants avec joie, toujours plus éprise de son mari. Une femme, Gaëlle, s'introduit dans leur bonheur. Va-t-elle parvenir à ses fins ?

Avec cet ouvrage, Anne-Marie Buteri réalise son rêve d’écriture romancée sur la vie d’une partie de ses aïeuls installés en Nouvelle-Calédonie puis aux Nouvelles-Hébrides entre 1897 et 1918. D'après le journal de sa grand-mère maternelle, complété par des journaux locaux, elle retrace l’aventure humaine de ces colons des XIXe et XXe siècles, livrés à eux-mêmes dans une nature souvent hostile.

Prix : 3100 XPF aux éditions GRHOC disponible chez Calédo Livres

Entretien avec l’auteure :

Le rédacteur du blog ecrivainducaillou a voulu en savoir plus et a posé quelques questions à Anne-Marie Butéri

 

JP : Ce livre a été écrit d’après le journal de votre grand-mère maternelle donc le vrai journal d’une ascendante. Ce journal est-il resté dans la famille depuis cette époque ou c’est une redécouverte ?

 

AB : Avant la mort de ma grand-mère en 1978 son journal, tenu entre 1906 et 1947, a été dactylographié et photocopié par un de mes oncles.  Elle lui a demandé de le distribuer à chacun de ses enfants. J’ai entendu parler de ce journal quand mon oncle procédait à sa dactylographie et j’en ai eu très rapidement une copie.

 

JP : Est-ce votre premier livre, ce livre est un vrai témoignage historique qui va faire le bonheur des historiens. Pensez-vous récidiver ?

 

AB : Oui, c’est mon premier livre. Les informations chronologiques qu’il contient sont peut-être intéressantes pour fixer dans le temps les divers cataclysmes qui se sont déroulés en Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hébrides. Mais de nombreuses informations sont déjà accessibles à ceux qui veulent écrire puisque je les ai prélevées dans des journaux locaux, dans des livres ou sur internet.

Je pourrais bien sûr récidiver puisque mon livre se termine en 1918 alors que le journal de ma grand-mère s’arrête en 1947. Cela me donne une bonne marge de manœuvre …  mais je n’ai pas encore pris la décision de m’atteler à un deuxième tome. 

 

JP : Combien de temps vous a demandé la rédaction de cet ouvrage ?

 

AB : 2 ans et demi, soit quelque temps après ma mise à la retraite.

 

JP : Est-ce que l’écriture de cet ouvrage vous a fait découvrir ou redécouvrir votre histoire familiale et l’histoire de la colonisation en générale ?

 

J’ai lu le journal de ma grand-mère quelques temps après son décès. Je me souviens qu’à l’époque j’habitais à La Coulée et j’avais confié à mon vieux voisin, qui adorait les histoires de famille, que j’avais commencé à écrire sur la vie de ma grand-mère. Il m’avait répondu : « Je serai votre premier lecteur ».  Depuis il est mort. J’avais en effet entamé la rédaction d’un livre dont j’ai perdu les feuillets au cours du déménagement de ma famille sur Nouméa lors des évènements de 1985. Je vous raconte tout cela parce que c’est à cette époque que j’ai découvert mon histoire familiale. Par contre, même si mon père m’a évoqué, à travers sa propre histoire, celle de la colonisation aux Nouvelles-Hébrides, c’est en compulsant les journaux d’époque, la France Australe et le Néo-Hébridais, que j’ai touché du doigt l’ampleur de mon ignorance. Par cette occasion que vous me donnez, je rends tout particulièrement hommage à Monsieur Louis-Gabriel Frouin, propriétaire et rédacteur du Journal Le Néo-Hébridais, dont les descendants vivent en Australie, en France, en Nouvelle-Zélande, en Suisse, en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu.

 

JP : Beaucoup d’anciens des Nouvelles-Hébrides ont la nostalgie du condominium est-ce votre cas ou pensez-vous que l’émancipation des peuples colonisés est dans l’ordre normal des choses ?

 

AB : Beaucoup d’entre nous avons la nostalgie du pays. Nous nous rencontrons d’ailleurs entre amis au sein de l’amicale AHNC. Votre question est cependant plus dirigée mais je crois que ma première réponse est liée à celle qui va suivre.

Après le 30 juillet 1980, date de l’indépendance des Nouvelles-Hébrides, une certaine nostalgie du condominium a perduré. Il faut dire que cette administration conjointe entre la France et l’Angleterre est historiquement unique. A situation exceptionnelle, ambiance exceptionnelle. Afin que les différentes communautés (canaque, française, anglaise, australienne, néo-zélandaise, espagnole, vietnamienne, chinoise, indonésienne, italienne, réunionnaise, et j’en passe certainement) se comprennent, le biche-lamar, cette langue vernaculaire est très vite devenu une langue véhiculaire. Cette approche nous mettait tous sur un pied d’égalité, ce qui favorisait probablement ces relations humaines exceptionnelles. Le biche-lamar est resté d’ailleurs la langue officielle du Vanuatu.

La deuxième partie de votre question, qui évoque « les peuples colonisés » et leur « émancipation » est délicate. Les anglais et les français se sont installés aux Nouvelles-Hébrides petit à petit, de façon individuelle. Il n’y a pas eu, à proprement parler, de prise de possession. En 1906 le condominium a été instauré pour faciliter les relations administratives et commerciales entre les français et les anglais qui vivaient aux Nouvelles-Hébrides. Les terres occupées principalement par les colons ont initialement été achetées ou négociées de façon plus ou moins honnête.  Ce n’est pas du tout la même colonisation qu’ailleurs. Les relations entre les Résidents Français et Britannique étaient souvent compliquées, leur conception de la gestion administrative étant différente. Cela n’aurait pas duré longtemps et il est normal que les autochtones aient voulu prendre les rênes. En conséquence ils se sont unis pour obtenir l’indépendance alors qu’avant l’arrivée des européens ils se battaient. C’est, bien entendu, une conclusion heureuse pour ce beau pays. 

 

JB : Merci d’avoir répondu à ces quelques questions, pouvez-vous en conclusion nous offrir un message à l’attention des jeunes générations pour un vivre ensemble harmonieux dans le futur entre les ethnies de notre région ?

 

AB : Je pense que le proverbe : « l’union fait la force » est un beau message à méditer. J’espère que le chemin divergent des indépendantistes et des non indépendantistes se croisera pour suivre la même route. La France qui, grâce à notre histoire, a fait d’elle notre mère patrie et par conséquent de nous des frères et sœurs, voudrait que ses enfants se conduisent en adultes, unis par les liens du cœur afin qu’ils bâtissent ensemble leur terre de demain. Nous pouvons être fiers de notre niveau de vie ainsi que du chemin accompli par rapport aux pays avoisinants. Régulièrement des Vanuatais quémandent notre aide à laquelle ils accèdent pour être soignés ou pour suivre des études. Il est difficile d’occulter que cette générosité nous vient de la France.

 

Mercredi 9 septembre à 18h00, venez rencontrer et échanger avec

Anne-Marie Buteri

qui nous présentera « Clémence et Paul »,

à la libraire Calédo Livres

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