Une décolonisation au présent Joseph CONFAVREUX, MEDIAPART
Des points de vue, une vision d’intellectuels qui peut permettre de mieux comprendre, de se rapprocher les uns des autres peut-être ? Je viens de découvrir ce livre mais pas encore lu grâce au tweet de notre amie Jenny Briffa. Il faut lire surtout la tribune parue dans Le Monde, co-signée par Louis Lagarde, Emmanuel Tjibaou et Jean-Marie Wadrawane. Ils sont Calédoniens. Lire cette tribune en suivant ce lien. JP
Collection : Cahiers libres - Parution : août 2020
Une décolonisation au présent
Kanaky-Nouvelle-Calédonie : notre passé, notre avenir
L’histoire commence le 24 septembre 1853 avec la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France de Napoléon III, et elle ne s’achèvera pas le 4 octobre 2020, quel que soit le résultat du scrutin par lequel les habitants du Caillou sont appelés, pour la seconde fois, à voter pour ou contre l’indépendance de l’île. Le processus inédit engagé par les accords de Matignon de 1988, consécutifs à la tragédie de la grotte d’Ouvéa entre les deux tours de l’élection présidentielle de cette année, puis par l’accord de Nouméa de 1998, dont le préambule reconnaît pour la première fois officiellement le fait colonial de la République française, touche à son terme.
Après une transition de trente ans, la Kanaky-Nouvelle-Calédonie, ainsi que voudraient la nommer les tenants de l’indépendance, est-elle prête pour la pleine souveraineté ? Les clivages entre Kanak et Caldoches, qui ont fait des dizaines de morts pendant les années 1980, ne sont pas effacés, mais ils se sont reconfigurés, laissant aujourd’hui ouvertes aussi bien la possibilité de leur dépassement que celle d’un nouvel embrasement.
Archipel géographique, mosaïque ethnique, concentré d’invention politique, la Nouvelle-Calédonie est aussi un laboratoire institutionnel et un modèle d’intelligence collective qui nous parle, au présent, de ce qu’était notre passé et de ce que pourrait être notre avenir. Cette île, qui fut l’une des rares colonies de peuplement de la France et dont le peuple autochtone – les Kanak – a failli disparaître, pourrait-elle constituer la première décolonisation réussie de l’État français et être, grâce aux pratiques de ce peuple, le lieu d’un autre rapport à la terre, d’une économie non capitaliste et d’une politique de long terme, pour habiter ensemble un monde postcolonial ?
Joseph Confavreux (La France invisible, 2006 ; Le fond de l’air est jaune. Comprendre une révolte inédite, 2019) est journaliste à Mediapart. Il a coordonné cet ouvrage, avec la participation de Lucie Delaporte, Carine Fouteau, Ellen Salvi, Julien Sartre et Antoine Perraud.
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Jenny Briffa
@BriffaJenny Fière de notre tribune avec E.Tjibaou, L.Lagarde & JM Wadrawane qui plaide pour le courage de la nuance & l’éthique de vérité des l’analyse de la question calédonienne «La posture anticoloniale venue de la métropole nous déresponsabilise »