Frédéric Ohlen présentera Racines ce mercredi à la librairie Calédo livres. Une causerie qu’il ne faut pas rater.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Frédéric Ohlen présentera Racines ce mercredi à la librairie Calédo livres. Une causerie qu’il ne faut pas rater.

Frédéric Ohlen présentera « Racines » ce mercredi 04 novembre à la librairie Calédo livres. Il faut s’attendre à une causerie passionnante. Avec cette novella Frédéric Ohlen revient à ses premiers amours au sens propre comme au figuré. C’est un vrai roman futuriste mais aussi un récit où un peu du voile pudique qui enveloppe l’auteur est soulevé. Ci-dessous quelques extraits d’un libre propos, intitulé « Quand même… en guise d’hommage et de mise en garde » de Patrice Louiset-Buraglio un ancien camarade d'université de l’auteur. Il exprime d’une admirable manière que cette fiction frôle l’autobiographie. Frédéric Ohlen n’a pas fini de nous étonner. Il ne faut pas rater cette soirée. C’est une bête de causerie Frédéric ! JP

Né sur Vénus en milieu clos, diplômé en SSHOHCIOHH, Carlos n’imagine pas, au départ, toute la complexité de la vie ! Après une première expérience désastreuse sur Terre, le jeune homme se voue à l’exploration spatiale. Il reviendra plus tard dans le système solaire après avoir décroché le jackpot : trois planètes habitables. Deux siècles ont passé. Le monde a changé. Les Vrais Hommes se cachent. Peut-être même ont-ils disparu à jamais… Passionné d’histoire, l’ancien Voyageur interstellaire retourne alors sur Sol-3 pour résoudre l’énigme. Guidé depuis toujours par son grand-père et par un mystérieux manuscrit, le cadet devenu NAUTE apprendra peu à peu qui il est, d’où il vient et surtout quelle part de l’Homme en lui demeure.

« QUAND MÊME… »

QUELQUES EXTRAITS DE LA POSTFACE signée maître Patrice Louiset-Buraglio ancien avocat au barreau de Bordeaux

« Une lecture attentive permet d’absorber, de synthétiser la vérité d’un texte, comme le dessin permet à l’artiste de capturer l’âme d’une chose. De la même façon, l’écrivain ne voit pas ce qui est ou ce qui pourrait être, mais ce qui devrait être. Ce que ce monde devrait devenir. […] À mon âge avancé d’ailleurs, le réel m’ennuie ; seule m’intéresse la vérité. Et la vérité réside dans le fusain, le rêve, le chant, l’écriture. Non pas dans les bases de données et les lasers. La vérité qui me concerne, celle qui m’éblouit ne réside pas dans la perfection de la mémoire, mais dans les petits et subtils détails, ces erreurs assumées qui définissent à la fois l’art et l’humanité. »

D'après Christopher RUOCCHIO, L’Empire du Silence, Bragelonne, 2020.

[…]

« J’ai croisé Frédéric Ohlen sur les bancs de la fac, à Paris. Nous étions alors les heureux élèves de Robert Badinter, futur garde des Sceaux, et nous aurions pu écrire en co-pillant Guillaume, le Flâneur des deux rives : « Comme la vie est lente / Et comme l’Espérance est violente ». Aujourd’hui, nos existences respectives sont, comme on dit vulgairement, “parties en live”. La vie a passé. Après les aléas, les succès, les coups du sort, elle a pris parfois les traits durs et tuméfiés d’un Éric Dupond-Moretti. Mais j’ai encore à l’esprit la fraîcheur et l’enthousiasme de notre jeune professeur de droit (il avait en ce temps-là, « seulement » 53 ans ; il en a à présent 92…), l’un de ceux qui pouvaient sans épée, sinon la parole, terrasser la Bête immonde.

« À sa suite, comme Frédéric, je me suis toujours rêvé NAUTE, voyageur de l’espèce libéré-délivré des pesanteurs et des ostracismes. Mais tout le monde n’est pas Cicéron ou Spartacus. Il en faut du culot pour oser quand même rêver sa vie. Ce que nous avons, bon an mal an, essayé de faire tous deux, chacun de notre côté, le plus sincèrement et le plus loyalement possible. »

[…]

« Je retrouve F.O. tel que je l’ai connu jadis, les kilos en plus, et cependant toujours fringant, toujours avide de partager ce qu’il crée, de surprendre. N’ayez crainte. Cette connivence n’est pas suspecte. Elle est nécessaire, peut-être même essentielle, tant qu’elle se limite aux quelques rares personnes qui ont su mériter notre respect, à ces itinéraires qui n’ont pas trahi, en quarante ans et plus, les rêves de notre jeunesse. Et surtout, cette proximité, que j’assume, ne me plombe pas les neurones. Au contraire. Elle ne me transforme ni en teckel savant ni en pro de la lèche. Mais décemment, même rayé des cadres et rangé des voitures, je ne pouvais refuser à cet acharné de la plume mon regard. Dans cette affaire, je ne serai pas, je l’espère, un mauvais témoin ni un trop piètre défenseur. Je lui dois bien ça, à ce frère humain, désormais lointain, mais jamais oublié. »

[…]    

« Et d’abord, un bon conseil… Oubliez tout ! Oubliez votre détestation ou votre indifférence pour la littérature de genre, telle promesse que vous vous seriez faite de ne pas ou de ne plus lire de science-fiction. Oubliez aussi ce que vous savez (ou croyez savoir) de cet auteur, ce que vous avez entendu dans les cénacles ou en galopant dans la Grande Prairie : les messes basses, les on-dit, les jalousies, cette légende dorée que chaque créateur accumule, sur et contre soi, en vivant et en écrivant. Et bon sang, offrez-lui sa chance ! C’est la moindre des choses. »

[…]

« Ne serait-ce pas un truisme aussi de prétendre qu’en dépit des apparences, des effets spéciaux, des vaisseaux spatiaux, du décor, souvent cette fiction frôle l’autobiographie ? Comment ? Sûrement pas en re-copiant et en s’inspirant, à la virgule ou au centime près, des événements vécus, mais plutôt en maintenant un lien éminent avec le réel, quelque chose de l’ordre du tremblement, en effet, ce mouvement et cette vibration de la chair qui ne trompe pas.

« Oh, je vous vois venir avec vos gros sabots. F.O. (comme on sait, plus moine que sybarite) n’aurait-il jamais… touché de fille… comme le cadet Carlos au sortir de son académie ? Hum… Je suis bien placé pour savoir que si. Elle s’appelait Isabelle. Isabelle Ambacher. Une super nana qui travaillait à l’époque comme chargée de com au ministère du Tourisme (et qui aurait, je vous l’avoue, bien fait mon affaire). Je livre son nom aux paparazzi et à la presse people (je ne sais s’il y en a en Calédonie), parce que, dans tous ces hot ou ces cold cases, on peut assigner qui l’on veut à la barre sans moisir en prison. Et, croix de bois, croix de fer, les gars, faites-moi confiance : elle était superbe, plus merveilleuse que les beautés d’outre-monde. Le portrait craché de Leeloo (alias Milla Jovovich) dans le Cinquième Élément, ce carburant mystérieux qui sauvera l’Humanité, cette essence dont Racines lui-même littéralement regorge. »

[…]

« Chez F.O., l’imagination (toujours débridée), l’érudition (en voie, comme l’Univers, de perpétuelle expansion) confinent à une sorte d’horizon indéfini, de folie douce qui nous pousse à aller sans cesse au-delà, qu’il s’agisse des murs du monde ou de nous-même(s). Un espace inouï où l’ironie flirte avec la poésie aux endroits les plus inattendus, comme les sciences médicales ou les anciennes mines de cobalt, où l’intelligence du récit nous enveloppe, nous propulse sans cesse, me donne à moi, petite mouche qui vibrionne de-ci de-là, outrageusement engluée dans les détails et les mesquineries, un élan plus vaste, proche de ce que je pourrais nommer, sans me tromper, mon sens du combat ou de la justice, mon goût de l’absolu. »

[…]

« Dans ce monde d’après, encore largement post-épidémique, j’ai quand même envie de te dire merci. Merci, Frédéric, pour cette sympathique piqûre de rappel. Moi, très franchement, même sans Isa, j’ai pris mon pied. Peut-être aussi parce que je te considère, c’est presque “normal” dans mon cas – pitié, je t’en prie, pour les presque-vieux et les sangliers solitaires ! –, en tout bien tout honneur, comme une authentique âme-sœur. Je revendique devant tes fans cette déclaration un peu cucu. Je n’en ai pas honte. Sans doute parce que tu m’as, depuis des lustres, montré la voie. Écrire, qu’est-ce donc après tout, sinon un manifeste, la plus sûre façon d’affirmer qu’on vous aime ? »  

Publié dans Roman

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