Nuelasin numéro 51 le petit journal de Tiéta en téléchargement dans cet article

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Le petit plus de la rédaction :

Mercredi 12 juin 2018 (la case 6H28)

Je dors seul dans la case depuis quelques jours. Elisa ne veut pas être de ma compagnie. Raison première, le froid. Il est vrai que dans la case, il fait un froid insupportable qu’il faut entrer tout son corps sous la couverture. 

Alors, le petit chat de la maison venait par-dessus toutes les couvertures doublées et même triplées. En écrivant, je le sentais sur mon dos. Il ne bougeait pas. Il ronronnait. Noisette, c’est son nom. Je l’ai ramené de chez Qaeze à Pouenlotch. Sa chatte avait mis bas. Et dans la propriété il y avait beaucoup de chats. Quand je suis arrivé, il y a quelques jours des chatons venaient jouer sous la table. A mes pieds. Je pris un parce qu’à la maison nous n’en avions pas. Il y en avait, mais ils ont tous disparu. Morts. Bien lui en a pris, je veux parler de Noisette parce que tous les chattons de la portée sont morts. Au dire de la propriétaire, les petites bêtes ont été mangées par les chiens de la maison même. J’ai tout intérêt de soigner mon petit chat. 

La semaine dernière, la bête est arrivée dans la case avec dans la gueule une souris. Alors, ce n’est plus le ronronnement habituel quand il est perché sur mon dos, non. Le ronronnement avait changé de tonalité et d’intensité. C’était celui d’une grosse bête qui signalait une proie qu’il ne voulait pas partager avec ses congénères. Noisette devenait subitement nerveux. Après avoir posé sa souris sur le sol, il regardait autour de lui, reprenait sa proie dans la gueule et s'éloignait pour un autre endroit pour renouveler le même scenario. Je regardais le lion et les autres félins à côté du poteau central de la case. J’en riais quelque peu de mon petit chat que j’aurais tué d’un seul revers de la main. J’aurais peur pour un autre félidé.  

(00h00) Cette même nuit, mon amour a pris l’avion pour la France. Elle m’a envoyé un SMS pour signifier qu’elle a déjà enregistré et qu’elle attendait pour rentrer dans la salle d’embarquement. Il est minuit passé. On s’était dit qu’elle m’appelait avant de partir. C’est la troisième fois que ma fille part en Métropole sans que je l’accompagne. Elle sait que je ne supporte pas de la voir me quitter. Je trouve cela très drôle. Moi, qui voyage tout le temps. Je ne supporte plus ce déchirement de tendresse. 

Il est 7H55 à l’horloge de la machine. Je sais ; Wawa va bientôt atterrir à Narita. Je pense même que dans l’avion, ils ont déjà lancé l’annonce pour dire qu’ils allaient atterrir dans quelques minutes. Ma fille va assurer sa soutenance pour son master II. Elle m’a dit qu’elle a déjà envoyé son mémoire la semaine d’avant. On avait eu une petite discussion pour ce qu’elle a envisagé après son diplôme. Elle disait qu’elle voulait arrêter. Plus rien. Ma fille veut prendre du repos mais surtout du recul. Nécessaire pour les grandes orientations dans sa vie. Elle est déjà grande et femme, il est grand temps qu’elle s’envole de ses propres ailes. A la maison, il ne va plus rester que Sisa et Valiraka. Thaijö prend de plus en plus de la distance. Bien & mal, je trouve que chaque enfant commence à gérer son indépendance. Ils apprennent. Et, la pensée que j’avais eue à l’époque quand je n’étais pas thupëtresij, me revient. Je misais sur les enfants de la maison (ceux de mes sœurs) en les prenant en charge. J’avais idée qu’un jour, ils allaient aussi assumer leurs charges. Mes charges. Nos charges. La coutume. La Vie. J’y pense toujours. Mama Dominique L. disait toujours dans les échanges sous le préau coutumier que le thupëtresij est l'outil de travail à la tribu. Le garde-fou. L’avant-garde. Il est le garant de la sécurité etc… etc… ces valeurs-là ne sont pas que des souvenirs. Elles nous accompagnent à chaque pas de nos vies. Ma fille Wawa va revenir dans deux semaines, c’est ce qu’elle a dit à sa mère. Si tel était le cas, elle serait sûrement avec Cléa (mon autre fille) et son bébé. Mon petit-fils. Asaël. Bonne lecture et bon long weekend à vous. Wws

Je vous livre comme suit la prière de Jésus (le Notre père) en drehu ancien qu’on appelle miny. Je n’ai pas mis de ponctuation, sinon à la fin. 

 

Publié dans Culture Kanak

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