Nuelasin numéro 55, avec téléchargement gratuit disponible sur cet article

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Le petit plus de la rédaction

Trop lourd le mariage drehu : « Mettons un coup de pied à la fourmilière. »

Lundi 18 janvier 2021

Une journée exceptionnelle. Très lourde de pensées. Je me réveillais avec l’idée d’aller chercher Hnatu pour une course à Wé. Même pas de petit déjeuner ce matin-là, je partis. Chez le petit chef, sa fille voulut se joindre à nous. Nous partîmes à trois. La petite fille fut très heureuse de se rendre utile en me montrant le bureau de la CAFAT où je devais récupérer un papier pour joindre au dossier d’inscription de Sisa. La dame du guichet alors me dit de repasser : « Monsieur Hnacipan, repassez avant 11h, j’ai envoyé la demande de votre dossier à Nouméa. Avant 11h, je vous rappelle que nous sommes fermés l’après-midi. » « C’est retenu ! » Lui répondis-je. Je sortis. J’avais deux autres courses. Mais la priorité était donnée à Hnatu. C’est lui le petit-chef de notre tribu. « Je dois aller voir un responsable de l’aire coutumière des Îles. Un papa est venu à la maison dans la nuit pour me dire qu’il voulait faire revenir son fils qui vit maintenant en France. C’est pour son mariage. » Disait-il. Peut-être, qu’il voulait aussi avoir mon avis sur le conseil coutumier et je ne sais. Il s’éclata plutôt quand il m’entendit dire : « Mais dis au garçon de se marier en France. » « Purée, mais Wws, t’as raison… » Riait-il en balançant la tête de gauche à droite. Il pensait. Il réfléchissait. Oui. J’en étais sûr parce qu’il revint plus tard sur ma pensée quand on roulait entre Jozip et Hnaeu : « Mais Tonton (Hnatu, est aussi mon neveu), à bien y réfléchir ; c’est pas plus mal de se marier ailleurs. » Je riais en laissant aller sa pensée. « Tu vois, chez nous, il y a trop de travail pour un mariage. C’est bien… mais je suis aussi en train de penser aux mariages qui n’ont pas tenu. Le couple se marie, après ils se séparent. Le travail des vieux et de la coutume… oups dans le vent. Et nous avons plein d’exemples sur le sujet et sur ce cas précisément.» Après, on ne parlait plus. Wadrenga dormait profondément sur le siège arrière et le vent sifflait sa chanson sur les rétroviseurs. On retournait à Ponoz.  

Je suis en ce moment en train de penser à ce que j’ai écrit plus haut. Le neveu est arrivé de France spécialement pour son mariage. Le couple repartira. Quand ? C’est la question. 

Avant de partir en vacances, j’ai échangé avec un monsieur qui partait à Drehu. Il me disait que son épouse était déjà là-bas. Des mariages, il en a dénombré trente et un dans son district. J’ouvris grand les yeux surtout que dans sa famille, le papa a exigé des enfants 100000frs (cent mille francs) pour les coutumes. A Kowe Kara, en ce moment, c’est mariage sur mariage. On se marie et on continue de crier au désastre. A quand la reforme ? Le mariage kanak de nos jours est une calamité, du point de vue financier, qu’on s’entende. Il plombe les ménages. En ce vendredi précisément, du côté des Wetr, il y a une famille courageuse qui teste la réforme. C’est au foyer vietnamien pour celles/ceux qui ont le temps. Allez y. la famille, je la connais, vous accueillera bras ouverts. A Hunëtë, dans le Wetr, il y avait aussi eu un mariage du fils d’un dignitaire de la chefferie du grand Wetr. On attend beaucoup de ces prises de position couperet et incisive. Je pense que les autorités ouvriront grand les yeux sur ces essais (on va dire.) Il serait de soutenir l’initiative et améliorer. Le pays en a énormément besoin. Les discours pour mélanger Dieu&coutume&clan etc… sont caducs. Les paroles abrutissent plus d’uns et désorientent le socle de la future société kanak. Faut une remise en cause très profonde de notre vision de la vie. Le mariage dont on se sert/qui nous sert, est très lourd voire avilissant. Il a servi nos vieux parce que c’était à leur mesure. Si on continue sur la lancée, les couples ne vont plus se marier ou vont changer d’éthique. J’entends par éthique, d’autres valeurs… qui remettent en causent la structure première c’est-à-dire notre coutume. En Drehu, on dit : « Axö ojei Qahemë » explication : nous sommes en train d’élever des murènes comme Qahemë. Comprenez la suite.  

Nge ini a nango lapa (j’étais assis paisiblement)

  • Nge ini a nango lapa ngöne fene la i sinöe /alors que j’étais assis sous un arbre
  • Nge ini a öhnyi nyipë kola trongëne la gojenyi/et c’est là que je vous ai vu en train de marcher sur la route.
  • Ch- Nyipëti a troië pane manoju theng ke kucakuca ha nyipëti lai hna tro trohemi italofa itre sinenge löjë the xou kö eö ece itre sineng./Où allez-vous ? Daignez rester un moment avec moi. Vous êtes sûrement fatigué d’avoir trop marché. Venez, soyez les bienvenus. Entrez dans la maison. N’ayez aucune crainte vous êtes de ma famille.
  • Nyipëti a traqa ece ke hetre trongei nyipë/Vous êtes arrivés ici, à cause de votre ministère
  • Trongei Akötresie ke nyipëti la soja i Iesu/le ministère de Dieu parce que vous menez le combat pour Jésus 
  • Itre sinenge pëkö pengön icipa menu hi lola/La famille, je vous ai retenu pour pas grand-chose Ngo matre pane manoju, ke kucakuca ha lai hna tro. /C’était plus pour que vous vous reposiez parce que vous êtes trop fatigué d’avoir trop marché. 

Bonne lecture et bon chant de la vallée. Wws

Publié dans Culture Kanak

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