Le numéro 64 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

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Le plus de la rédaction : Bonne lecture à vous. Wws

J’attends ma fille qui arrive ce matin de Nouméa par le bus de 11h, je la récupère à Koumac et on part dans l’extrême nord vers Djou. Au nord de Tiabet. C’est de là que l’on va prendre le bateau pour nous rendre à Tanlo. Un îlot au large de Boat-Pass. Nous serons de retour sur la Grande-Terre pour le week-end. Un endroit où il y a très peu de réseau téléphonique et je n’ai aucune idée pour Internet. Voilà pourquoi une première fois j’avance la sortie de votre Nuelasin. 

Et pour cette sortie exceptionnelle de votre journal, je propose ce texte/réflexion d’un frère sur le sujet du mariage. Il est de Drueulu, une tribu du district de Gaica du pays Drehu. Il est un lecteur assidu de Nuelasin. 

J’ai aussi une pensée pour l’ASEE qui fête ses soixante-trois ans d’existence. Hnamelangatr, c’est l’école de la tribu. 90 ans, elle a et dans 10 ans, elle est centenaire comme Do-Néva ; Havila. C’est là que j’ai débuté ma formation scolaire pour la vie. Longue vie à l’ASEE. 

Bonne lecture à vous et à vendredi prochain. Wws

Se marier

Il est des couples qui vivent en concubinage depuis de très longues années avant de convoler en juste noce. Mais le problème de certains relève des aspects sociaux culturels, d'autres d'aspect religieux. Nous avons beaucoup de préjugés vis à vis de ces couples qui aspirent à rendre leur situation digne et en règle face à la communauté. Mais celle-ci ne leur rend pas la tâche facile. Aussi, vivent-ils des années avec des enfants reconnus plus ou moins par ceux-ci. Jusqu'à ce que des personnes animées par des esprits très compréhensifs les prennent en charge pour les rendre légaux aux yeux de la loi et de l'église. La plupart des cas relèvent des problèmes d'ordre financier.  Le mariage en effet sous-tend une sacrée organisation quant à la préparation logistique, matérielle et spirituelle. En deçà des attentes particulières de la famille et du garçon, et de la fille, les couples en question n'ont qu'une issue possible de faire appel à l'autorité du petit chef, et seulement sous sa gouvernance les deux partis préalablement avisés en temps et en heure des préparatifs jugés pour le moins acceptables pour tous. Gain de temps et moins de dépenses. Mais comme toujours des irréductibles prônant leur capacité à réaliser sans l'aide du petit chef, afin d'afficher aux yeux de tout le monde leur moyen matériel. Sans doute de la vanité, or cela a un prix que chacun doit assumer. Nous nous plaignons d'être accablés de ces choses que nous accumulons au fil des ans, parfois très superficielles mais que nous ne parvenons pas à nous en débarrasser. Mentalité conservatrice d'une tradition qu'il faut juste réajuster et malgré les séminaires diligentés par des personnes animées d'un désir de changement puisque trop pesant pour certaines familles modestes. Nous oublions l'essentiel du mariage car si  nous sommes rassemblés là c'est pour le couple à marier. Non, on se focalise sur le côté matériel et on laisse le côté spirituel. Aussi les mariages aujourd'hui représentent une vraie manne d’économie financière pour le commerce, les services de transport : avions, bateaux, location de voitures. Jugés utiles puisque l'on ne peut pas se passer de ces services. La population augmente d'année en année et cela représente beaucoup en matière d'économie et d'énergie. Une bonne gestion s'impose... En tous les cas rien ne se perd lorsque des mariages s'annoncent, ça fait renforcer l'économie du pays. Tout ce que je souhaite c'est que la jeunesse voit et prenne marque des difficultés de leurs aînés et change de cap pour un avenir meilleur... 

Zim Haluatr

Au jour d'aujourd'hui, une bonne trentaine voire plus, de jeunes se marient. Avec les moyens de locomotion et de transport, les échanges se font très facilement et s'étendent au delà des îles Loyauté. Cela entraîne le métissage des liens avec les autres îles voisines, Vanuatu, Wallis, la Polynésie, et la métropole et d'ailleurs. Alors qu'il y a 40 ou 50 ans les mariages étaient plutôt rares et ils représentaient les seules occasions des retrouvailles alors les préparatifs duraient sur des mois. Déjà les différentes étapes du mariage font que le temps compte. Il faut savoir qu'en ces moments là, les fiançailles se passent par l'entremise de la famille et du clan. Le garçon, s'il est plus dégourdi en matière de femmes rendrait la tâche facile à la famille. Or la plupart des cas relèvent d'un parcours de combattant. On se réunit et l'on demande au jeune s'il a une petite amie au préalable en vue, sinon la famille et le clan se chargent de tout.

Première étape, parcourir les différentes tribus à la recherche d'une fille à demander en mariage. Dans le cas d'un oui potentiel, les dons et contre dons se font dans un rituel immuable.  Chez le garçon, les vieux et le reste attendent sagement le retour des éclaireurs. Au son des klaxons, on reconnaît tout de suite un bon présage. On fixe alors un nouveau rendez-vous chez la fille pour prétendre à la dot : signe que la fille a accepté l'offre du garçon et de son clan. C’est la date du mariage qui est fixée en accord avec la fille et sa famille. Le garçon pourrait ainsi dormir sur ses deux oreilles. Mais il arrive que certaines familles essuient des refus. C’est l’échec. Ces problèmes se corsent mais grâce à la solidarité des familles et les clans alliés, on ne se plaint pas de manquer de quoi que ce soit. J'admire ces époques parce que malgré tout on se contente du peu et de ce que chacun amène en contribution.

En cas de désaccord, on se remet autour de la natte pour de nouveaux consensus. Et les tractations se renouvellent, encore et encore. Mais tout ça dans un flegme collectif. Personne ne se plaint, au contraire chacun est fier d'apporter sa petite pierre à l'édifice. Aujourd'hui nous devenons facilement taciturnes et revanchards. A la moindre difficulté, on abandonne et l'on accuse le monde d'être là cause de son malheur. Mais tout n'est pas que malheur, la modernité apporte également son lot de bien-être. Les relations se tissent assez facilement et rapidement. Les moyens de locomotion facilitent également les échanges. Merci pour votre lecture et votre réponse, si vous le souhaitez. Zim

Hnamelangatr de 1931 à 1960, des pasteurs, moniteurs puis enseignants se sont succédés à la direction de Hnamelangatr. Il s’agit de Ajapuhnya Waikata, Wamo Weniko, Iwa Sinepö, Gorode Waia, Wapotro Drumë, Wadriako Thapan, Tchako Daniel et de Wabet Hukan. De 1960 à 1995, Mole Moka, Sihnyeu Ipinë, Bako Fia et Wahmetu Johannes.  

Actuellement l’école compte sept enseignants dont Hmaloko Abel qui en est le directeur et intervenant en LCR, Luenu Gisele (SP&SG), Wejieme Francoise (SG&CP), Hmeun Jacques (CP&CE1), Sio Adèle (CE2), Hnacipan Willy (CM1&CM), et Qazing Albertine (ASK E) et en attente de formation, et 84 élèves de la maternelle jusqu’au cours moyens 2, les sept enseignants sont titulaires d’un diplôme d’enseignement au primaire. La plupart des élèves sont originaires de la tribu de Hunöj. Le reste vient des tribus circonvoisines. 

Ps/oleti Lewatr pour les infos ci-dessus

Publié dans Culture Kanak

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