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La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016

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Les trois invités

Les trois invités

« Des livres et nous », édition 2016. Une émission littéraire mensuelle de mars à novembre 2016.

Le tournage a lieu dans les locaux  de la Maison Célières, la maison du livre de Nouvelle-Calédonie au Faubourg Blanchot à Nouméa avec une nouvelle animatrice Virginie Soula, Docteur en lettres modernes, spécialisée dans les littératures francophones.

Sur NC 1ère direct radio (ou conditions du direct), le dernier mardi du mois.

Différé télé le 1er mardi du mois suivant. En partenariat avec le diffuseur-distributeur Book’in : www.pacific-bookin.com

Hier soir mardi 29 mars, j’ai assisté à la première émission de "Des livres et Nous" de l’année 2016 qui proposait un bilan du salon du livre de Paris qui s’est tenu du 17 au 20 mars dernier ainsi que des échanges autour des actualités littéraires des trois invités Frédéric Ohlen, Christophe Sand et Firmin Mussard. L’animation a été remarquablement assurée par Tyssia et son amie choriste qui l’accompagnait.

Ce premier rendez-vous de l’année s’est déroulé dans la douceur d’une nuit d’été avec des invités célèbres, des valeurs sûres de la littérature calédonienne. Virginie Soula ne voulait pas raté cette première. Néanmoins, qu’elle drôle d’idée de tasser les enregistrements des cinq premières émissions sur deux mois pour permettre à la nouvelle animatrice de garder l’émission sur toute la saison. Madame Soula attend un heureux événement. L’actualité littéraire au fil de l’eau va en pâtir. On aura droit à du réchauffé cette année. La maison du livre ne sera pas la maison du live en 2016.

Mais il se passe beaucoup de choses à la maison Célières avec l’Association Témoignage d'Un Passé ou le SCI-Fi club qui vous donne rendez-vous samedi 02 avril de 8h00 à 19h00 pour un tournoi de figurines « Warhammer 40 000 ». Table de démonstration et initiation sur place possible. Inscription renaud.valet@gmail.com Joël PAUL

Les invités et leurs ouvrages. Kibo est une réédition, un autre livre a aussi été présenté par C. SAND

Les invités et leurs ouvrages. Kibo est une réédition, un autre livre a aussi été présenté par C. SAND

La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
La première émission de Des livres et Nous de l’année 2016
Livre Paris, mars. Intervention sur l’espace Outre-mer, avec Christophe Sand (à gauche) et Frédéric Ohlen, animée par Jean-Brice Peirano.

Livre Paris, mars. Intervention sur l’espace Outre-mer, avec Christophe Sand (à gauche) et Frédéric Ohlen, animée par Jean-Brice Peirano.

Publié dans Maison du livre NC

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James Cook et le tabou de Robert lloancy

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James Cook et le tabou de Robert lloancy

James Cook et le tabou de Robert lloancy

L'Harmattan, 2016

Sociologie, anthropologie

James Cook, en 1777, découvrit le tabou, le mot et la chose. Par lui, ce mot a pénétré nos langues européennes. Chez le Polynésien, le tabou est à l'opposé de ce qu'il signifie dans nos cultures. Pour nous, il est ce que l'on doit évincer, non ce qu'il faut respecter. On comprend mieux le tabou, s'il est joint à la notion de mana, également polynésienne et découverte cent ans après Cook. Par leur complémentarité, tabou et mana offrent une meilleure compréhension des sociétés traditionnelles.

Prix de vente public : 3 500 XPF en Nouvelle-Calédonie

Une nouvelle parution originale sur James Cook à découvrir. Ce livre est disponible en librairie et sur le net chez l'Harmattan et Book'in Pacific distributeur à Nouméa.

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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La mine d'or de Pauline de Aranda-Fouché suivi de Avec Pauline de Michel Soulard

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La mine d'or de Pauline de Aranda-Fouché suivi de Avec Pauline de Michel Soulard

Une fabuleuse mine d’or connue par les anciens de Bélep : c’est la révélation que Pauline reçoit de Meryem, sa femme de chambre Kanak, alors que l’équilibre financier de son ménage est menacé. Elle s’embarque aussitôt à bord du vapeur Mawatta en tant que prospectrice pour tenter une aventure d’une audace extraordinaire. Le récit La Mine d’or, initialement publié en 1944, raconte l’histoire vraie de son auteure, Pauline de Aranda-Fouché, Calédonienne intrépide au cœur généreux. Cette réédition est suivie d’une enquête minutieuse menée par Michel Soulard qui a retracé pas à pas l’aventure de Pauline sur l’île de Bélep.

Editions Humanis, 2016 ISBN : 979-1-02190-126-1

 Prix de vente public : 2 990 XPF voir Pacific Book'in pour l'achat internet

Pauline de Aranda-Fouché : une féministe calédonienne avant l’heure (8 mars 2016)

Extrait de l’article publié le 08/03/2016 par Karine Boppdupont sur FranceTVinfo de la NC 1er en suivant ce lien vous aurez accès au Postcard de l’émission de Christiane Terrier « Terre d’histoires et de partage »

En cette journée du 8 mars, l’émission se fixe comme objectif de rendre hommage à une femme, hélas trop méconnue dans l’archipel : Pauline de Aranda-Fouché.

Sa vie et les écrits, qui ont été soigneusement étudiés par Michel Soulard, témoignent d’une indépendance de comportement et d’esprit qui était exceptionnelle à son époque.

Photo qui a servi à illustrer l'article ci-dessus de NC 1er

Photo qui a servi à illustrer l'article ci-dessus de NC 1er

Copie de la préface numérisée
Copie de la préface numérisée

Copie de la préface numérisée

Publié dans Ecrivain calédonien

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Livre Paris avec la Nouvelle-Calédonie avec Frédéric Ohlen et Christophe Sand

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Livre Paris avec la Nouvelle-Calédonie avec Frédéric Ohlen et Christophe Sand

Créé il y a 35 ans, le Salon du livre de Paris est l'événement culturel et littéraire le plus populaire de France et l'un des plus reconnus à l'international.

Pour sa 36ème édition, le Salon change de nom et devient Livre Paris, avec une formule rénovée.

Les auteurs et éditeurs de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française seront présents sur leur stand « Océanie » J39, au sein du village Outre-mer où le Ministère des Outre-mer accueille, sur un espace commun, les éditeurs et auteurs ultramarins.

 

Frédéric Ohlen présentera son nouveau recueil de poèmes à l’occasion de salon

Les Mains d’Isis

Collection Continents Noirs, Gallimard

Parution : 03-03-2016

Tous les hommes, on le sait, sont hantés par le Temps. Odi quod facit, sed facit quod sum. «Je hais ce qu’il fait, mais il fait ce que je suis», écrivait déjà Frédéric Ohlen dans La Peau qui marche (1999).

Dans la ruée ou à mi-voix, de Vanuatu jusqu’à Rome, sur les collines de Sendai ou dans les rues de Raiatea, la Mort est là, en filigrane ou triomphante. Hymne à la vie qui va et demeure, les quarante-deux poèmes du livre se présentent comme le moyen ultime de la prédire et de la saisir, de la deviner – puis de s’en défaire.

Car le poète avance «un lotus dans les carotides». On ne naît pas, on ne s’éveille pas par accident, assure-t-il. Nos vies ont un sens, en dépit des séismes.

Écrire, donc, mais a fresco, sur le vif. Rassembler les fragments épars. Recoller au corps. Pour retrouver, loin des «pluies de colères», sang et chair sur les restes de notre humanité, «obscène dans le feu de son évidence», la beauté.

 

Rencontre-Dédicace

17 mars 2016, 14:00 - 15:30, ASSOCIATION DES EDITEURS ET DIFFUSEURS DE LA NOUVELLE CALEDONIE (1-J39). Invité OHLEN Frédéric, Auteur.

17 mars 2016, 16:00 - 18:00, ASSOCIATION DES EDITEURS ET DIFFUSEURS DE LA NOUVELLE CALEDONIE (1-J39). Invité OHLEN Frédéric, Auteur. SAND Christophe

18 mars 2016, 12:00 - 13:30, ASSOCIATION DES EDITEURS ET DIFFUSEURS DE LA NOUVELLE CALEDONIE (1-J39). Invité OHLEN Frédéric, Auteur

20 mars 2016, 16:30 - 18:00, GALLIMARD (EDITIONS) (1-P65/N65/R65)

Poésie : Les mains d'Isis. Invité OHLEN Frédéric, Auteur

NB : Sur le stand Océanie (1-J39) Les éditeurs de la délégation calédonienne sont représentés par le pôle Lire un pays... la Nouvelle-Calédonie, les maisons d’édition de Nouvelle-Calédonie sont :

ADCK-Centre culturel Tjibaou / Académie des langues kanak / Association pour la promotion de l’œuvre de Jean Mariotti / Centre de Documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie / De Bas en Haut / Éditions du Cagou /Éditions Catherine Ledru / Éditions Caouanne / Éditions de la Province Nord / Éditions de la Province des îles Loyauté / Éditions Traversées / Expressions / Footprint Pacifique / Fortunes de Mer / Grain de Sable / GRHOC /Humanis / La Brousse en Folie / L’Éclectique / L’Herbier de Feu / Le Rayon Vert / Lilia Calédonie / Madrépores /Manta Moon / Musée de la Ville de Nouméa / Photosynthèse éditions / Plume de notou / Société d’études historiques / Solaris (…)

Les distributeurs calédoniens présents à Livre Paris avec les éditions Humanis auront mes deux derniers livres à la disposition des visiteurs. J’espère qu’ils y seront ! (Une petite pub pour moi en passant sur mon blog)

Livre Paris avec la Nouvelle-Calédonie avec Frédéric Ohlen et Christophe Sand
Livre Paris avec la Nouvelle-Calédonie avec Frédéric Ohlen et Christophe Sand

Publié dans Ecrivain calédonien

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Femmes-Monde à La Coupole

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Femmes-Monde à La Coupole

Femmes-Monde à La Coupole  vous invite
à la Terrasse privatisée, de 17 h à 19h.

Notre rendez-vous québécois.
 « Une présence dramatique : femmes d’écriture et de jeu au Québec et ailleurs ».
Entretien entre la dramaturge Carole Fréchette et la comédienne Pascale Montpetit, ponctué de lectures d’extraits de pièces de Carole Fréchette.

Le petit mot de l'organisatrice :

Cette invitation de l'Association Femmes Monde à sa séance québécoise annuelle, organisée par Lise Gauvin et moi-même. Cette année la dramaturge Carole Fréchette et la comédienne Pascale Montpetit se prêteront à un entretien croisé, ponctué d'extraits de pièces de Carole Fréchette. Nous vous attendons à La Coupole le dimanche 20 mars à 17h.

Au plaisir ! Madeleine Monette

Femmes-Monde à La Coupole

Publié dans Divers

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Georges Bloy le bagnard calédonien à l’âme de Don Quichotte

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Sud indochinois (Pacification des"aborigènes") 1859-1940

Sud indochinois (Pacification des"aborigènes") 1859-1940

Excellent travail, et extraordinaire récit des Editions des Malassis qui produisent un document dont on pouvait ignorer l'existence, à moins d'avoir étudié la vie de Bloy avec grande attention : les écrits de Georges Bloy sur les Moïs et Annamites.

Ce livre dormait sous forme de manuscrit corrigé par Léon Bloy dans les archives de Joseph Bollery à La Rochelle. Ce dernier avait en effet conservé les papiers du fameux Jésus-Christ des colonies, ce Bloy prénommé Georges, frère cadet du fulminant. Et il aurait fallu plus d'un siècle pour le sursaut d'intérêt pour l'histoire coloniale le mette enfin en lumière.

Georges Bloy, le frère de l’écrivain, qui, après avoir bourlingué dans la toute jeune colonie française de Cochinchine, finit sa vie au bagne, en Nouvelle-Calédonie, où il meurt en 1908 à soixante ans.

CONTES ET RÉCITS DES PEUPLES MOÏS ET ANNAMITES de Georges Bloy

Suivis de Léon Bloy et son frère Georges, par Maurice Dubourg et Jésus-Christ aux colonies, par Léon Bloy

Editions Malassis

Contes et récits des peuples moïs et annamites  En librairie : 28 mai 2015.

« L’histoire de nos colonies, surtout dans l’Extrême-Orient, n’est que douleur, férocité sans mesure et indicible turpitude. J’ai su des histoires à faire sangloter les pierres. Mais l’exemple suffit de ce pauvre brave homme qui avait entrepris la défense de quelques villages moïs, effroyablement opprimés par les administrateurs. Son compte fut bientôt réglé. Le voyant sans appui, sans patronage d’aucune sorte, on lui tendit les simples pièges où se prennent infailliblement les généreux. On l’amena comme par la main à des violences taxées de rébellion et voilà vingt ans qu’il agonise dans un bagne, si toutefois il vit encore. Je parlerai un jour avec plus de force et de précision de ce naïf qui croyait aux lois. » (Léon Bloy, Jésus-Christ aux colonies.)

Cet homme, ce naïf, c’est Georges Bloy, le frère de l’écrivain, qui, après avoir bourlingué dans la toute jeune colonie française de Cochinchine, finit sa vie au bagne, en Nouvelle-Calédonie, où il meurt en 1908 à soixante ans. Né en 1848, il s’engage à seize ans dans la Marine et sa première croisière le conduit en Cochinchine. Il y occupe plusieurs emplois : marin, secrétaire, cantonnier, gardien de pénitencier… D’un tempérament violent, il ne tarde pas à avoir des ennuis avec la justice et connaît la prison à maintes reprises. Peu fait pour la vie citadine, il s’établit dans les pays moïs. Il est chasseur ; le gibier est alors assez abondant pour qu’il en tire des revenus. Mais son caractère emporté devait compromettre sa vie de colon. Il entre en conflit avec l’administration française et avec les autorités indigènes. Il est condamné à un an de prison pour vol et outrages. Il purge sa peine en France. Il retourne à Saigon en 1882. Aux prises avec un chef de canton qui, en son absence, s’est approprié tous ses biens, Georges Bloy n’hésite pas à mettre encore en cause les autorités annamites, dénonce toujours les exactions commises et la complicité de l’administration coloniale, prend le parti des peuples moïs. Il est condamné à six ans de travaux forcés. Envoyé en Nouvelle-Calédonie, il y demeure jusqu’à sa mort. Georges Bloy fut l’un des premiers Occidentaux à observer les peuples moïs et annamites qu’il côtoya de très près et à recueillir leurs mythes. Il rédigea des récits tirés de légendes et superstitions populaires, de scènes de chasses au tigre, à l’éléphant, au buffle sauvage ou inspirés des mœurs de ces sociétés : commerce, agriculture, accouchements, jeux, vendettas, longueur des ongles, etc. Ces écrits, corrigés par Léon Bloy, sont jusqu’à ce jour restés inédits.

Illustrations extraites de Technique du peuple annamite d’Henri Oger.

« Dans la plupart des forêts reculées les routes n’existent qu’à l’état de légendes »

Le pont des Corbeaux

Il y avait autrefois deux jeunes gens qui faisaient partie de la cour du roi du Ciel.

L’un était préposé à la garde du palais.

L’autre était une jeune fille chargée de broder les étoffes étoilées avec lesquelles on confectionnait les vêtements du roi.

Ces deux jeunes gens s’aimaient tendrement et finirent par se marier.

Quelque temps après leur mariage, la femme ayant négligé son travail, le maître du Ciel pour l’en punir, et la forcer à remplir sa tâche en empêchant son mari de la déranger, la transporta sur l’autre rive du fleuve d’Argent [1]

Depuis ce temps, le mari que retiennent à la cour les devoirs de sa charge n’obtient la permission de rendre visite à sa femme qu’une fois par an.

C’est à cet effet que chaque année, à une époque fixe, tous les corbeaux de la terre montent au ciel et construisent, sur le fleuve d’Argent, un pont qui permet aux amoureux de se rejoindre.

Ce serait inutilement que l’on chercherait, ce soir-là, un seul corbeau sur la terre car ils sont tous au rendez-vous.

Le lendemain, ceux qu’on aperçoit ont, tous, les plumes de la tête usées par le frottement des pierres qu’ils ont portées.

Pendant la nuit où ces deux habitants des cieux doivent se rencontrer, on voit les filles sortir devant la porte de leurs habitations en tenant à la main une aiguille et du fil qu’elles cherchent à enfiler dans l’obscurité.

Elles croient, en y réussissant, qu’elles deviendront adroites aux travaux de couture et de ménage.

Elles demandent également à trouver un époux de leur choix car, ce soir-là, les prières qui sont adressées à ces deux divinités sont exaucées.

Cette légende, paraît-il, se rapporterait à deux étoiles qui font leur jonction tous les ans à une époque déterminée.

 « Le pont des corbeaux », traduit de l’annamite, avait paru dans la revue Le Mercure de France en janvier 1961. Il fait partie de la centaine de textes rédigés par Georges Bloy que rassemble Contes et récits des peuples moïs et annamites qui a paru cette année aux éditions des Malassis.

Des annexes complètent l’ouvrage : deux fac-similés du manuscrit qui portent les corrections de Léon Bloy, frère aîné de Georges ;
 « Léon Bloy et son frère Georges », un article de Maurice Dubourg qui lui a consacré une monographie 
 ; « Jésus-Christ aux colonies », chapitre XII de Le Sang du pauvre, roman paru en 1909, où Léon Bloy évoque la figure de son frère.

Un résumé chronologique de la vie de Georges Bloy introduit ces textes écrits entre 1870, année où il débarque à Saïgon, et 1886, où il est condamné à six ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de résidence pour avoir, selon l’acte d’accusation, pillé en bande plusieurs villages et participé à un trafic d’armes avec des révoltés cambodgiens.

La plupart des textes sont inédits, quelques-uns ont paru dans des revues de l’époque comme Le Foyer illustré, Excursions et reconnaissances et dans le Journal officiel de la Cochinchine française.

Anecdotes personnelles, contes et légendes traduits de l’annamite et du cochinchinois, aventures « facétieuses », récits de la chasse aux singes, aux éléphants, études de mœurs, proverbes, remarques sur le commerce et l’agriculture, sur la gastronomie, la literie, les coquillages, les remèdes, les drogues, les poisons, les interdits traditionnels, les relations entre créanciers et débiteurs — l’ensemble forme un immense matériel ethnographique bien avant les travaux de Georges Condominas sur le Vietnam.

 Tour à tour secrétaire auxiliaire aux Constructions navales, cantonnier, gardien de pénitencier, Georges Bloy fréquente ceux qu’on appelle alors les « indigènes » dont il ne cesse de prendre la défense contre les représentants de l’État français. Il est un des premiers Occidentaux à pénétrer dans certaines contrées aux confins « des royaumes du Tibet, de la Birmanie, d’Annam, du Cambodge, du Laos, de Siam et de la colonie française de Cochinchine ». Il vit deux ans avec les Moïs, note ce qu’il voit, relève ce qu’il entend. Il dénonce régulièrement les abus de l’administration coloniale, se bat à coups de poings et de plaintes déposées contre les autorités. Il est emprisonné à plusieurs reprises pour outrages à magistrat, vols, trafic d’armes. De Paris son frère le soutient, entreprend des démarches auprès des ministères pour le faire libérer. Dans une lettre du 8 mars 1861 il écrit au bibliothécaire genevois Louis Montchal, grand ami et correspondant :

 « J’ai un frère qui vient d’être condamné à six ans de travaux forcés, et je suis très fier de ce frère.

Georges Bloy, un de mes cadets, habite la Cochinchine depuis vingt ans en qualité de pionnier et de chasseur. C’est une espèce de boucanier, tueur de tigres et de rhinocéros, d’une vaillance invraisemblable et d’une force musculaire terrible, mais doué pour son malheur d’une âme à la Don Quichotte ou à la Léon Bloy. Vivant au milieu de sauvages dont il parle la langue, et dont il a épousé les mœurs, il n’a pu supporter l’épouvantable système d’oppression et d’exactions pratiqué sur l’aborigène par les administrateurs français, comme il s’est toujours pratiqué dans les colonies anglaises, portugaises, hollandaises, etc. Quand on désire la femme, l’enfant ou le bétail d’un malheureux sauvage, on met le père à la torture et tout est dit. Georges s’est donc fait l’avocat de ces misérables contre quelques fonctionnaires d’abord, puis contre toute l’administration supérieure liée d’intérêt avec ces brigands subalternes qu’elle pille à son tour […]. »

Ses démarches restent vaines. Après six années passées au bagne en Nouvelle-Calédonie et six années supplémentaires de résidence forcée puisque les peines inférieures à huit ans étaient doublées, Georges Bloy meurt là-bas en 1908, à l’âge de soixante ans.

Une génération plus tard, en 1930, André Malraux publie La Voie royale où un aventurier du nom de Perken accompagne Claude Vannec, jeune archéologue et narrateur du roman, dans le but de retrouver et vendre pour leur propre compte les bas-reliefs de temples enfouis dans la jungle le long de l’ancienne « voie royale » siamoise. Le dispositif romanesque est identique à celui élaboré par Joseph Conrad dans Au cœur des ténèbres : un aventurier, Kurtz ; un narrateur : Charles Marlow. Grâce à cette édition, l’ombre de Georges Bloy, figure fantasque, brouillonne, désespérée, hantera nos relectures de ces deux grands romans.

Article de Dominique Dussidour - 19 juillet 2015 revue remue.net

Georges Bloy le bagnard calédonien à l’âme de Don QuichotteGeorges Bloy le bagnard calédonien à l’âme de Don Quichotte
Georges Bloy le bagnard calédonien à l’âme de Don Quichotte

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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