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Mots pour Maux : Joël PAUL écrivain blogueur littéraire

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Vol de nuit

(Le monologue du pétrel)

J’ai toujours été dans mon élément entre ciel et mer, porté par un courant montant d’air chaud ou en rase-mottes au-dessus des vagues, à la recherche d’un poisson imprudent flirtant avec la surface de l’eau. J’utilisais les vents déviés à la verticale par les crêtes des vagues pour m’élever passivement dans les airs et redescendre en glissant, sans qu’il fût nécessaire d’effectuer un battement d’ailes. Les reflets de la lune et des étoiles suffisaient à m’éclairer.

 

Quand je pense qu’hier encore, après avoir repéré une proie, estimant la profondeur à ma portée, j’ai peut-être effectué ma dernière plongée, un piqué parfait dans le beau lagon calédonien. Le poisson était de bonne taille, mais je l’ai happé pour le sortir de l’eau comme s’il s’agissait d’une sardine. Il avait gesticulé en vibrant frénétiquement dans mon bec, une sensation grisante. Comme je ne tenais pas à le perdre, j’avais serré pour l’occire pour de bon, car j’étais bien décidé à l’inscrire sur mon menu. J’envoyai illico un message au chef d’escadrille pour respecter le règlement en formation aérienne : « Pétrel quatre à leader, je décroche. Je rentre à la base. » (Heureusement, on communique par télépathie chez les oiseaux, car avec mon poisson dans le bec, le message aurait été inaudible.)

 

Je me souviens dans les moindres détails de ces dernières heures. J’ai pris la direction de mon minuscule îlot qui se détachait sur l’horizon comme toutes les nuits de pleine lune. Il était bien visible loin des lumières polluantes de la ville, je ne pouvais pas le rater. Quoique ! Elles m’attiraient de plus en plus ces lumières du front de mer.

 

Certain d’être trop lourd pour redécoller avec mon poiscaille pesant le poids d’un âne mort, en découvrant l’encombrement de la plage, je trompetai : « Attention en dessous ! » Tandis que le sol montait irrémédiablement, faisant fi de la casse éventuelle, les pattes en avant et en écartant mes doigts de pied palmés pour ralentir ma chute, je me posai tant bien que mal ! Néanmoins, je bousculai au passage un pétrel, une femelle. Elle me fit un esclandre en rameutant toute la colonie. Nonobstant ma culbute, je déposai mon poisson sur la plage pour aller lui clouer le bec.

Tu devrais savoir que la plage, c’est notre piste, au lieu de couiner comme une truie. Je suis un chasseur, moi !

Prétentieux, tu pourrais partager ton maquereau avec moi pour te faire pardonner, me répondit-elle.

Si tu veux du poisson, tu prends le large pour chasser, ma belle. On recrute dans ma volée de chasseurs.

Pauvre puffin égoïste ! Garde-le, ton hareng qui pue, dit-elle en s’éloignant.

 

Cet échange d’amabilités après mon atterrissage de la nuit dernière me revenait bizarrement, pourtant je ne regrettais rien de ma réaction au cours de cette altercation avec ma sœur pétrel. Trois heures de vol de nuit pour se faire engueuler en arrivant… et elle aurait voulu béqueter mon butin en plus !

 

Après cet atterrissage mouvementé, je dus batailler, avec ma prise au bec, avec ceux qui voulaient me chiper mon repas, avant de trouver un coin tranquille pour boulotter ma pêche. Mes congénères occupaient le moindre espace. En période de reproduction, les places étaient chères. Ça piaillait de partout, des criailleries du centre au pourtour de l’îlot, pour défendre son petit carré de territoire, dans un tintouin douloureux pour les tympans.

 

Il faut jouer des coudes sur les plages de nos îlots surpeuplés. De bonnes âmes ont planté des panneaux pour nous protéger, soi-disant ! Des recommandations du genre : « Réserve marine », « Attention aux oiseaux », « Chiens et chats interdits », des inscriptions destinées à rappeler aux visiteurs que nous serions en voie d’extinction ! Croyez-moi, il y a une surpopulation d’oiseaux en voie de disparition sur mon îlot. Ce n’est pas la place qui manque sur d’autres îles, mais nous, les pétrels, nous sommes un peu stupides. C’est ici que l’on veut être. Sur cet îlot-ci ! Le petit. Ce minuscule îlot perdu dans le lagon. Nous sommes tellement nombreux sur cet atoll que des campeurs excédés par nos cris nous massacrent parfois. Nos gémissements sont inhumains, paraît-il ! Ce qui me console, c’est qu’ils massacrent les cossards qui flemmardent dans le sable, comme la grosse que j’ai écrabouillée.

 

Je suis chasseur, moi ! Pétrel quatre de la compagnie C, comme corvéable à merci au dire des persifleurs, mais je ne partageais pas ce point de vue. Les corvées de poisson me permettaient de voler de nuit. J’adorais les vols de nuit au-dessus du lagon, avec la voûte céleste tachetée d’astres lumineux au-dessus de ma tête. Je me sentais libre quand je planais, porté par le doux zéphyr. L’altitude me procurait des sensations incomparables. J’étais heureux de pouvoir scruter l’horizon pour chercher la fin de l’immense océan et regarder vers la Grande Terre pour admirer les étoiles que les hommes avaient réussi à accrocher. Elles m’intriguaient ces lumières de la ville. Je voulais découvrir leur secret.

 

Après cette dernière nuit de chasse, j’avais dû creuser pour faire mon trou, et pioncer avant le lever du jour. Comme toujours, mon nid avait été squatté. Un fléau chez les pétrels. La journée annonçait le retour des motos marines, des bateaux et du soleil brûlant. Tout ce qui pouvait emmerder un pétrel se déroulait la journée.

 

Après une horrible journée à supporter la curiosité des hommes qui s’enfonçaient dans nos nids creusés dans le sable et hurlaient parfois de frayeur lorsqu’un oiseau ébouriffé s’envolait en sortant comme un diable par l’autre trou. Ils ignoraient que nos terriers avaient deux accès comme les narines pour respirer. Heureusement que la nature nous avait inculqué cette technique ! Mais ayons une petite pensée pour ceux qui étaient tombés sur les concurrents de Jusko Poto, la fameuse émission de téléréalité. Il se disait qu’ils avaient commis un vrai génocide de puffins-fouquets du Pacifique à l’île des Pins. C’est notre vrai nom fouquet, mais les habitants du Caillou nous appellent pétrel. Certains disent une pétrel. Une pétrel, pourquoi pas une pétasse !

 

Enfin, le jour déclina, ce fut l’aube d’une nouvelle nuit. Nous étions dans l’espace de temps curieusement appelé « entre chien et loup ». Drôle d’expression… J’en frémissais en attendant la nuit d’encre rassurante. Les chiens et les loups étaient des carnassiers, un oiseau salé aurait sûrement flatté le palais de ces gloutons.

 

Le voile de la nuit tomba enfin sur l’îlot de corail. Les jacassements reprirent de plus belle, les cris des pucelles qui subissaient l’assaut de nos mâles vigoureux me cassèrent très vite les oreilles. Une cacophonie insupportable recommençait. J’aurais voulu dire à ma famille de pétrels, pour être drôle, « Vos gueules les mouettes ! », mais ils n’auraient pas compris la plaisanterie. Heureusement, je vis le chef d’escadrille qui tournoyait au-dessus de ma tête. C’était le signal du départ en chasse. J’étais chasseur, moi !

 

J’ai couru, j’ai couru pour décoller mon gros cul. La même femelle que j’avais croisée au petit matin était encore sur mon chemin au crépuscule, qui nichait sur la piste. Je dus l’admonester une fois de plus pour la faire déguerpir de la plage. Je levai mon bec en battant des ailes dans le bon sens du terme. Je m’élevai, en trouvant rapidement un courant d’air ascendant, un bon gradient de vent qui m’emporta avec lui. Ayant pris suffisamment de hauteur, je me décontractai, l’alizé m’avait pris en charge.

 

De joie, de bien-être, je fis des loopings, des figures acrobatiques qui m’enivrèrent. De cercle en cercle, de proche en proche, je m’éloignai.

 

« Ô ciel ! », m’écriai-je affolé en m’apercevant que j’avais perdu l’escadrille. Faire du vol à vue les yeux fermés m’avait joué un vilain tour. J’étais bien loin de mon îlot, mais très proche de la Grande Terre, des fameuses lumières, des étoiles qui piquetaient le littoral. Comme c’était beau ! Comme cela brillait. J’approchai encore. Mon chef d’escadrille n’étant plus là pour me donner des ordres, j’en profitais. C’était la fiesta ce soir. J’allais en ville. J’allais m’éclater.

 

« Pétrel quatre à leader, je ne vous reçois plus ». Les cons, ils devaient surveiller la surface de l’eau à l’affût d’un poisson ou d’un calmar en espérant être le héros du jour au retour, mais le héros, ce sera moi. Je vais en ville !

 

Je vis plus clair en me rapprochant, Nouméa brillait de mille feux. Je ne résistai pas à la tentation, je fonçai en descendant en piqué. Sans tournoiement inutile, il n’y avait pas de requins sur terre, je n’avais pas de précautions à prendre, je voulais faire un carreau pour atterrir dans la lumière. Je voulais cueillir une étoile comme on happe un poisson. Si j’avais pu en capturer une pour la ramener sur l’îlot…

 

Patatras ! Badaboum ! Aïe ! J’ai eu très mal ! Saloperie de lampadaire. Elle était belle mon étoile, un candélabre. Je m’étais éclaté pour de bon. Je n’avais pas fait un carreau, j’étais sur le carreau. J’avais une aile pendante, l’humérus cassé. Je me traînai sur un gazon qui empestait la merde de chien. J’avais échoué sur la promenade Pierre Vernier. Groggy, je restai blotti contre le tronc d’un cocotier. Si un chien ne me bouffait pas pendant la nuit, j’avais des chances de finir au parc forestier.

 

Guillaume Apollinaire a écrit : « Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile. » À vos plumes, amis poètes ! Adieu, compagnons pétrels, puffins, frégates, sternes, tous mes potes les oiseaux de mer, pour moi les vols de nuit sont terminés. Je me suis laissé aveugler par les lumières de la ville. J’ai perdu ma liberté. Je vais sûrement perdre la vie.

 

Les heures s’écoulèrent lentement tandis qu’une douleur diffuse me harcelait, mais l’engourdissement l’étouffa. Personne ne me repéra. Il faut dire que la nuit les promeneurs étaient peu nombreux, mais il y en avait tout de même : des insomniaques, des vieux qui volontairement écourtaient leur nuit pour faire du rab sur Terre, et vivre plus longtemps en dormant moins. Il faut profiter de la vie, la belle vie. La mienne était définitivement gâchée à cause de cette pelle que je venais de me ramasser. Une chute aux conséquences dramatiques.

 

J’eus la peur de ma vie, quelques minutes après minuit, à cause d’un vigile qui promenait son chien, un pitbull. Le molosse me flaira et m’aurait bien broyé dans sa mâchoire puissante si l’homme autoritaire n’avait pas tiré violemment sur la laisse en resserrant le collier étrangleur. En voyant cet assassin de chien, à moitié étouffé, la langue pendante, j’avais failli m’étrangler de rire, mais le soubresaut de mon ricanement réveilla la douleur. Je déchantai rapidement pendant que le molosse, la tête à l’envers, tiré par l’homme aux rangers, me lorgnait méchamment en regrettant de ne pas m’avoir achevé.

 

Les étoiles s’éteignent une à une. Le bruissement du vent du large qui caresse les palmes des cocotiers et le clapotis des vagues me jouent le requiem pour oiseau de mer, un cantique funèbre pathétique. Je n’aurais jamais dû m’éloigner de mon îlot. La vie lasse de mon corps brisé me quitte, je n’ai plus de force. J’ai le bec entrouvert. Je suis déshydraté. C’est un signe qui ne trompe pas, je vais crever !

 

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir[1] ? J’ai la réponse : je suis mourant, recroquevillé contre le tronc de mon palmier et personne ne me voit.

« C’est le combat du jour et de la nuit. » Les derniers vers du grand poète, Victor Hugo, seront mes dernières paroles.

 

 

[1] Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir                        ?
Coppée (François), Promenades et Intérieurs (Lemerre).

 

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Mots pour Maux : Odile Dufant réalisatrice

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Abrutis.com, une nouvelle de Odile Dufant

 

Photo NC 1er

— Papa, Théo saigne vraiment. 

— Tu vois pas que je travaille, bordel ! 

 

Jules a refermé la porte de mon bureau. Il fallait que j’arrive à transférer le fichier vidéo compressé pour le balancer sur le serveur et le petit rectangle du chargement était bloqué sur le milieu depuis cinq minutes. Je vérifiais à nouveau mes branchements, l’export, les câbles, les entrées et les sorties des disques externes. La porte s’est ouverte à nouveau et la voix de mon fils aîné a repris sa litanie.

 

— Théo saigne beaucoup et si tu ne viens pas, Maman va piquer une crise parce qu’il saigne sur le tapis, moi je m’en fous mais c’est le tapis tout neuf.

— Mais qu’est-ce qu’il fout sur le tapis du salon ! Il peut pas aller saigner ailleurs !

 

J’ai gueulé le nez sur mon écran d’ordinateur, la main crispée sur la souris, les yeux prêts à sortir de leurs orbites, tellement la contrariété me rendait fou. Puis je me suis levé.

C’était plutôt le rapport à la couleur du tapis et aux colères de ma femme qui m'obligea à lâcher l'affaire. Théo jouait avec ses petites voitures, bien installé sur le tapis de laine vierge beige et gris. Tapis très clair, trop clair, je lui avais pourtant bien dit, à l’achat de ce foutu tapis.

 

Et il était rouge, d'un beau rouge vermillon, le sang qui tombait de l’arcade sourcilière de mon fils.

 

Cela formait plein de petits points foncés à ses pieds...

 

J’ai attrapé Théo et je me suis baladé avec lui au bout des bras, dans le grand salon. Je ne savais pas où le poser avec tout ce sang qui pissait. Je l’ai assis sur l’évier de la cuisine. Puis je me suis à frotter ces foutues traces sur le tapis comme un forcené.

 

Et je suis retourné aussi sec, voir si ce putain de curseur avait avancé. En claquant bien la porte, pour ne plus être emmerdé par ma progéniture.

 

Ouf ! le fichier était bien compressé et dans le bon format. J’allais pouvoir l’envoyer.

Je me suis assis soulagé. J’ai visionné l’ensemble du film avant l’export. On voyait Théo qui jouait à s’étourdir en tournant sur lui-même. Puis il perdait l’équilibre et s’écroulait sur la table basse dans une pirouette assez spectaculaire, le dos à angle droit.

 

Les enfants sont d’une souplesse inimaginable. On pourrait croire qu’il s’était fait très mal et même cassé quelques vertèbres. Mais non ! Il se relevait hilare. C’était une magnifique séquence et je l’envoyais illico à l’émission Vidéo-plans puis sur mes comptes MonTube, Vibéo, FaceLook, Personnal Making, Watch.Me, King of Little.

 

J’allais le poster sur Rigole.Com et Gamelles. Tubes quand ma femme a ouvert la porte en grand.

 

Derrière elle, dans le prolongement du couloir, j’ai pu voir Théo blanc comme un linge, toujours assis sur l’évier. Je me suis levé d’un bond pour aller le chercher, mais elle m’a  poussé sur mon siège méchamment.   - Tu sais que Théo s’est ouvert l’arcade ? Vu la profondeur de l’entaille, je vais devoir le conduire aux urgences et je pense qu’on va le recoudre. Je peux savoir combien de temps tu l’as laissé tout seul là-bas ? 

J’ai essayé rapidement de calculer la durée globale des différents exports. Quand j’ai réalisé que cela faisait plus de trente minutes, ma femme avait disparu avec Théo. J’ai soupiré. Heureusement qu’elle n’avait pas vu l’auréole brunâtre sur le tapis ! J’en profitais pour me remettre à mes envois.

 

 J’avoue que j’étais assez fier de mon petit film.

 

Odile Dufant en 2019 21ème festival de cinéma de La Foa

Trois prix pour « Go to Bac »

« Go to bac » d’Odile Dufant est le grand gagnant de la soirée. En plus du prix d’interprétation, le film rafle le prix de l’Agence du court-métrage et le prix NC la 1ère du meilleur court-métrage. Récompenses méritées pour ce joli film, inspiré d’une histoire vraie.

Publié dans Nouvelles

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Mots pour Maux : Claudia Rizet-Blancher, auteure calédonienne et journaliste

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Avant d’être des humains, nous sommes des êtres spirituels.

 

Nos vies, à chacun d’entre nous, ne se limitent pas à notre seule expérience humaine, ici et maintenant. Nous venons vivre cette expérience pour évoluer, vivre l’expérience d’Amour.

 

L’Université de la vie terrestre est une université difficile mais ô combien prestigieuse. La preuve : nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards à l’avoir choisie ! Il faut du courage et beaucoup de volonté pour y entrer.

 

Le pays, l’époque au travers desquels nous avons choisi d’étudier vont nous permettre de développer bien des capacités, de nourrir notre cœur, notre esprit. Tel un ouvrier artisan nous allons travailler la matière la plus noble et la plus fragile qui soit : notre âme. Tout au long de cette expérience de vie, de nombreux professeurs, comme nos parents, nos grands-parents, nos frères et sœurs nous présenteront les outils, les leçons théoriques pour nous permettre de nourrir notre pensée, d’enrichir nos connaissances, d’affiner notre Idée.

 

C’est en donnant du sens à notre quotidien, ce qui passe par les soins apportés à notre lieu de vie, l’accompagnement de nos enfants, le soutien aux parents malades, vieillissants, la valeur donnée à notre travail, que nous réussirons à accepter et faire face aux aléas de cette existence. C’est dans la recherche du bien-être, auquel nous aspirons tous d’instinct, dans tous les domaines de l’existence, que nous développerons le mieux notre capacité à aimer, nos aptitudes à la joie et au bonheur. C’est grâce à ce quotidien terrestre, qui nous paraît si peu glamour, que nous deviendrons la meilleure version de nous-mêmes. Et sincèrement, les participants à Koh Lanta font figure de piètres candidats à côté de ce que les candidats de la vie de tous les jours ont à réaliser !

 

C’est une bénédiction, à mes yeux, de savoir cela, ici et maintenant, d’avoir gardé le souvenir de la mission de vie terrestre que nous avons à réaliser. Nous devrions tous avoir cette capacité. Grâce à Dieu, il existe de nombreux outils qui peuvent nous aider, nous permettre de nous en souvenir. Il est important, primordial même, de les identifier, de les (re)connaître.

 

Lorsque l’on naît avec la mémoire de ce qu’est l’expérience humaine, il arrive parfois, souvent même, que cela ne soit pas reconnu par l’entourage, l’environnement immédiat. Ne dit-on pas que nul n’est prophète en son pays ? Confrontée à cela dès mon plus jeune âge, j’ai rapidement identifié un des outils qui permettait de vérifier ce que j’affirmais : LE LIVRE. Tout a déjà été dit, écrit. Jusque dans les histoires aussi simples et légères que celle de Mary Poppins, la Connaissance est écrite.

 

Voltaire, Platon, Socrate, Victor Hugo, Lobsang Rampa, le Dr Joseph Murphy, Martin Gray, Emmerson, André Chouraqui, Maria Montessori, John Holt, Pierre Rabhi, pour ne citer que ceux-là, ont présenté dans leurs ouvrages bien des clés, des vérités pour nous accompagner. Ils ont formé mon esprit. L’étude théologique des religions, pas seulement dans les livres mais surtout dans les échanges, les rencontres, ont nourri mon âme. Toutes ces études m’ont conduite au cours de la période adolescente au spiritisme.

 

La théorie sans pratique est vide de sens. Tester, éprouver puis approuver chacune de ces connaissances m’a menée sur le chemin de l’évolution. Il est arrivé que ma copie soit bonne du premier coup, à d’autres moments truffée d’erreurs. Comme l’enfant apprenant à marcher en trébuchant, il m’a fallu tirer des leçons, mes leçons de mes propres erreurs.

 

Et puis un jour, j’ai compris, qu’à l’instar de l’édelweiss poussant dans un environnement hostile et difficile, je réussirais à faire de mon mieux, avec courage et persévérance, dans cet environnement terrestre, ma foi, bien difficile.

 

Claudia Rizet-Blancher

 

Faites un détour par son site, elle distribue du bonheur Les Carnets de Claudia

Publié dans Essai

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Mots pour Maux : Alain Brianchon pour s’instruire avec un des meilleurs spécialistes du tapa dans le monde

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les étoffes d’écorce (nemas-itsé) du Vanuatu.

 

BRIANCHON, Alain, Galerie Art & Collection, brialain@gmail.com

 

Avant l’étude réalisée par Kirk Huffman dans Vanuatu Océanie, arts des îles de cendre et de corail (Huffman, K. 1996 :130-141), l’art du tapa semblait ne jamais avoir été étudié de manière exhaustive dans l’ancien archipel colonial des Nouvelles-Hébrides et on ne trouve que quelques notes peu détaillées dans certains ouvrages ethnographiques. Cependant, la fabrication de l’étoffe d’écorce semble avoir eu cours tout le long de ce chapelet d’îles, et ce de la plus au sud, Aneityum, à celle de Hiu dans le groupe des Torres, tout au nord. Le révérend James Hay Lawrie écrit en 1902 : « Napamas, ou l’étoffe d’écorce des habitants, était couramment fabriquée sur Aneityum et sur la plupart des autres îles avant l’arrivée du calicot ». (Lawrie, J.H. 1892 : 6). En revanche, si la fabrication a bien été connue en de nombreuses îles, seules quelques-unes – plus précisément celles qui se situent au sud et au centre, comme Erromango, Tanna ou Efaté – en conservent des traces ou bien se souviennent que les anciens savaient battre l’écorce.  La tradition orale, les écrits de quelques voyageurs et scientifiques avisés, comme le révérend Robert Codrington, le révérend James Hay Lawrie ou encore l’ethnologue allemand Félix Speiser, tendent à démontrer une influence polynésienne dans l’art de fabriquer le tapa. Les écrits d’un des compagnons de voyage de Cook, Georg Forster, à Tanna en août 1774, l’attestent : « Durant cette excursion, des naturels vinrent nous dire que l’un d’entre nous avait tué deux pigeons ; et pour nous apprendre cette nouvelle ils se servirent de la même langue que celle qu’on parle aux îles des Amis [Tonga]. Témoignant notre surprise sur la connaissance qu’ils montraient de cette langue… Ils ajoutèrent que ce langage se parlait à Irronam [très probablement l’île d’Aniwa] qui gît à sept ou huit lieues à l’est de Tanna ». (Cook, J. 1778 : 305). Dans sa thèse de doctorat, le professeur François Doumenge (1966) démontre aussi les touchers polynésiens et même plus précisément tongiens, au niveau des îles d’Aneityum, de Tanna, d’Erromango et même d’Espiritu Santo, un peu plus au nord. D’autres îles furent certainement influencées par le savoir polynésien et la petite île de Futuna, ainsi que celle de Tongoa prouvent, par leurs noms mêmes, cette présence indéniable et donc forcément une influence polynésienne sur de nombreux points de la culture autochtone. The Vikings of the sunrise, si chers à Peter Buck (1952), ne firent pas seulement une migration vers l’est, mais naviguèrent aussi vers l’Ouest. Avec l’arrivée des tissus européens, cette fabrication de l’étoffe d’écorce cessa très vite et l’on considère qu’elle disparut totalement dans le dernier quart du XIXe siècle. En 1923, lors de la rédaction de son ouvrage, le docteur Félix Speiser le précisait, en écrivant : « La fabrication du tapa a disparu à Efaté il y a très longtemps ». (Speiser F. 1996 : 240). Seule l’île d’Erromango continua encore quelques décennies avant d’arrêter totalement ses créations au début du XXe siècle. Il fallut attendre le dernier conflit mondial pour que la population de cette dernière île reprenne fébrilement le battage de l’écorce, afin de pallier au manque d’approvisionnement en tissu. Mais cette période fut de courte durée, et à peine deux ou trois ans passèrent avant que l’arrivée de l’armée américaine (1942), avec l’approvisionnement généreux qu’on lui connaît, ne fasse de nouveau tomber en désuétude cette pratique ancestrale… suite à télécharger, c’est instructif suivre le lien

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Mots pour Maux : Alain Lincker pour vous faire patienter en attendant les textes via Nicolas Kurtovitch

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Message d’Alain

 

« Bonjour,

Ici après 2 semaines et demi de confinement en Alsace, je pense à vous en NC en ce début d'épreuve.

Voici mon dernier poème qui de mon avis s'insère, sans prétention, dans vos «Mots pour Maux", afin qu'il y ait un peu de poésie aussi… La poésie peux aussi évoquer sur la pointe des "pieds", mots à mots, certains maux et guérisseurs de maux... Ici ont les honorent chaque soir à 20h. (Je sors mes tambours de PNG), mais je leur dédie ce petit texte aussi. Portez-vous bien, Alain ».

 

      Corps accord médical : soins palliatifs

 

   Malgré la fatigue vos colères

   Le mépris incompréhensible d’hier

   Nous vivions à crédit

   Et peu souvent nous ne disions merci

 

  Pour ces vies sauvées toujours

  Tous ces gestes remplis d’amour

  Pour nous vous saignant aux quatre veines

  Malgré vos chagrins et vos peines

 

  J’ose le dire aujourd’hui

Mille fois encore merci !

                @Alain Lincker

Publié dans Poésie

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Expansion de texte pour vaincre le confinement proposé par EEO

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Exercice qui rentre bien dans le cadre de l'opération Mots pour Maux qui commence

Exercice qui rentre bien dans le cadre de l'opération Mots pour Maux qui commence

Un exercice proposé par l’association Ecrire en Océanie suive le lien pour contacter EEO

Les Tapas de la colère, Nicole CHARDON-ISCH (extrait)

"Les nuages se chargèrent de pluie et le vent se leva. Sur la plage de l’Anse Vata, près des farés, les derniers vacanciers de mai plièrent leurs parasols inutiles et leurs serviettes de bain. Les jouets des enfants regagnèrent les coffres des voitures familiales.  Roger Dormeaux, treize ans, frissonnait sous son T-shirt kaneka en coton léger mais il aurait pu supporter la pire des bourrasques. Car il attendait Georges, son copain âgé de vingt-cinq ans, voleur à ses heures, bon blagueur mais sympathique, qui savait le comprendre ; il regagnait la plage en battant l’eau des mains et des pieds avec une belle énergie.

Roger le regardait se dresser, musclé. Il avait confiance en lui. Sa fugue remontait à une semaine, après l’innommable. L’étudiante qui lui servait de garde rapprochée avait invité sa mère, descendue de brousse, en l’absence de ses patrons ; celle-ci, curieuse, après avoir visité la maison du Faubourg Blanchot de fond en comble, s’extasiait devant une commode Boulle rapportée à grands frais de France ; elle en admirait les poignées dorées, passait le doigt sur les bords chantournés, ouvrait  les tiroirs, malgré les avertissements prudents de sa fille. Attiré par le remue-ménage, Roger regardait du seuil de sa chambre. Une fois descendues elles papotèrent dans la cuisine tandis que Roger, intrigué par cette commode qu’il voyait tous les jours, s’approcha à son tour et ouvrit chaque tiroir. La commode devenait soudain digne d’intérêt. Ce qu’il vit le terrifia, l’horrifia et le bouleversa.

Ses larmes jaillirent. Il s’enfuit, courut. Courut dans le couloir, dévala l’escalier, courut dans la rue, longtemps. Il ne rentra que tard le soir et inventa je ne sais quoi ; la jeune fille fut grondée et renvoyée.

Quand il put se coucher, il ne pleurait plus. La haine avait remplacé la passivité."

Qu'a découvert Roger dans le tiroir de la commode ? Racontez sa trouvaille et ses conséquences (une demi-page à une page

Publié dans Ecrivain calédonien

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Petit poème d'Imasango en attendant le lancement de Mots pour Maux avec la collaboration de Nicolas Kurtovich

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

                       LE POÈME EST NOMADE
                       Voyage immobile et confinement.
                       Poésie et quotidien.
                       Encre/Ancre
                       Aimer

 

Publié dans Poésie

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Des sourires d'ecrivainducaillou, blog littéraire, pour ceux qui souffrent

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Des sourires d'ecrivainducaillou, blog littéraire, pour ceux qui souffrent

Publié dans Ecrivain calédonien

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La dictée du Pacifique 2020 a eu lieu dans la chaleur et la bonne humeur

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Daniel Miroux, Frédéric Ohlen les lauréates et les bénévoles de l'associationDaniel Miroux, Frédéric Ohlen les lauréates et les bénévoles de l'association
Daniel Miroux, Frédéric Ohlen les lauréates et les bénévoles de l'association

Daniel Miroux, Frédéric Ohlen les lauréates et les bénévoles de l'association

Après une nuit étouffante à cause de la dépression tropicale 96P qui s’approche de la Nouvelle-Calédonie en se renforçant pour venir nous faire coucou demain au stade de dépression tropicale forte ou de cyclone tropical. 

Les aficionados de la dictée du Pacifique étaient bien présents, entassés dans la moiteur de la salle Eiffel à la bibliothèque Bernheim, sans aucune précaution pour éviter de se faire contaminer par le Covid-19, terreur des virus, qui se prépare à envahir nos organismes de Calédoniens amateurs de roussette. Mais comment résister à l’appel de la dictée quand on sait que le texte était « dicté » par Frédéric Ohlen, l’incontournable écrivain, primé par de nombreuses récompenses, dont le prix Popaï du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, obtenu à deux reprises. De plus, l’Officier des Arts et des Lettres et des Palmes académiques, possède un bel organe parfaitement adapté à l’exercice. Ce qui a provoqué des réflexions amusantes dès le départ de la lecture : « Peut-on ajouter des aigus avec la sono ? », la voix de Frédéric résonnait dans cette salle au plafond très haut, au point de gêner sa compréhension. Autre attrait de cette dictée, le texte, un extrait d’une nouvelle du recueil Les Fleurs de Potr de Léopold Hnacipan, un de nos meilleurs écrivains kanak, qui a compris depuis longtemps que le temps de l’oralité était terminé. Le texte était original et ponctué de noms propres en drehu qui avaient été heureusement répertoriés et inscrits sur un tableau.

Avec la chaleur, le vieux bâtiment et l’atmosphère angoissante de l’attente d’être touché par la pandémie dans les prochains jours pouvaient faire penser à la période de la guerre du Pacifique. La Nouvelle-Calédonie faisait barrage à l’envahisseur coronavirus. Les américains auraient pu débarquer massivement ce samedi à Nouméa, ils auraient trouvé les Calédoniens et la bibliothèque tels que le général Patch les avaient vus après son débarquement. Même dans ce climat de crise, déterminés, les Nouméens ont fait leur épreuve annuelle de français. Les participants ont été héroïques en bravant les éléments. Les meilleurs dans la catégorie adulte ont été :

Sandrine Teysonneyre

Christine Bourrelly

Yvette Thoreau

Chez les jeunes de plus de treize ans, qui ont passé la même épreuve, les lauréats sont :

Sarra Joumdy

Martin Tantot

Fanny Le Talec

 

Cette dictée du Pacifique a été une réussite, les corrections et le dépouillement ont donné lieu, comme d’habitude, à quelques empoignades car on ne rigole pas avec l’orthographe et la grammaire chez les amoureux du français. Par contre, on se quitte toujours heureux d’avoir retrouvé pour un moment le bonheur de redevenir élève pendant une heure ou deux. JP

La dictée du Pacifique 2020 a eu lieu dans la chaleur et la bonne humeur
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Publié dans Evénement culturel

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Nouveauté littéraire ! Vient de paraître Les amours du Sieur de Bougainville de Philippe Prudhomme

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nouveauté littéraire ! Vient de paraître Les amours du Sieur de Bougainville de Philippe Prudhomme

Le Siècle des Lumières occupe une place essentielle dans l’histoire de France. Ce que l’on n’en retient n’est qu’une version expurgée de notre passé. Or le dessous des cartes est particulièrement riche. Cet essai lève le voile sur les Amours du Chevalier de Bougainville et la nouvelle conception du bonheur que notre voyageur philosophe a engendrée.

Chez bookin édition bientôt à Nouméa

 

Philippe Prudhomme, ici (plage Lafayette) non loin des lieux où arriva Wallis, en 1767. (Photo : Claude Jacques/LDT)

Video de 2016 pour le bicentenaire de la mort de Bougainville

Publié dans Histoire

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