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La vie et l'œuvre d'Hélène Bessette - Bibliothèque nationale de France du 15 avr. En ligne avec Facebook Live

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La vie et l'œuvre d'Hélène Bessette - Bibliothèque nationale de France du 15 avr. En ligne avec Facebook Live

Prix : Gratuit · Durée : 1 h 30 min Une conférence en ligne et qui sera disponible sur YouTube suivre ce lien pour en savoir plus

Une institutrice ? Une femme de pasteur ? Une jeune divorcée ? Une femme de ménage ? Une écrivaine de génie. Une inconnue. La vie d’Hélène Bessette (1918-2000), autrice de treize romans et d’une pièce de théâtre, tous parus chez Gallimard en seulement vingt ans, de 1953 à 1973 (et tous épuisés), semble avoir été faite de rendez-vous manqués et d’incompréhensions.

La vie et l'œuvre d'Hélène Bessette seront au cœur de la prochaine conférence du cycle consacré aux autrices oubliées de l'histoire littéraire, initié il y a quelques mois par la BnF.

Conférence de Laure Limongi, autrice et éditrice, enseignante en création littéraire à l’École nationale supérieure d’arts de Paris Cergy.

Lecture par Anaïs de Courson, comédienne.

Photo : Hélène Bessette recevant le prix de la brasserie Lipp pour son livre “Lili Pleure”, le 18 mars 1954 © AGIP / Bridgeman Images

Hélène Bessette, née le 31 août 1918 à Levallois-Perret et morte le 10 octobre 2000 au Mans, est une romancière et dramaturge française.

Biographie

Elle est institutrice, à Roubaix, à Saint-Prest et à Saint-Georges-sur-Eure, mais démissionne en 1962 pour se consacrer entièrement à l’écriture, après un séjour en Nouvelle-Calédonie, où elle est partie trois ans avec son mari pasteur.

Raymond Queneau lui fait signer un contrat le 4 décembre 1952 chez Gallimard, pour dix livres à venir.

Hélène Bessette publie treize romans, et en écrit d'autres restés non-publiés. Elle obtient le prix Cazes de la brasserie Lipp pour son premier roman, Lili pleure, en 1954, et ses autres romans sont régulièrement retenus sur les listes du prix Goncourt. L'un des romans publiés, Les Petites Lilshart, est une version remaniée des Petites Lecocq qui a été retiré des ventes en 1956 après un procès pour outrage aux bonnes mœurs et diffamation. Elle publie également une pièce de théâtre au Manteau d'Arlequin.

Elle peut être considérée comme l’une des pionnières du roman poétique1.

Elle est soutenue et admirée par des écrivains comme Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir ou Dominique Aury, et par les critiques Alain Bosquet et Claude Mauriac, mais reste cependant méconnue. Son dernier roman, Ida ou le délire, est publié en 1973.

En 2006, la collection Laureli (dirigée par Laure Limongi), aux Éditions Léo Scheer, réédite ses livres (Source Wikipédia)

Œuvres Romans

  • Lili pleure, Gallimard, 1953
  • maternA, Gallimard, 1954 ; rééd., Éditions Léo Scheer, coll. « Laureli », 20077
  • Vingt minutes de silence, Gallimard, 1955 ; rééd. Le Nouvel Attila, coll. « Othello », 2017
  • Les Petites Lecocq, Gallimard, 1955.
  • La Tour, Gallimard, 1959 ; rééd. avec une postface de Noëlle Renaude, Éditions Léo Scheer, coll. « Laureli », 2010
  • La Route bleue, Gallimard, 1960
  • La Grande Balade, Gallimard, 1961
  • N'avez-vous pas froid, Gallimard, 1963. Réed, Editions Léo Scheer, coll. « Laureli », 2011
  • Si, Gallimard, 1964 ; réédition, Léo Scheer, coll. « Laureli », 2012
  • Suite suisse, Gallimard, 1965 ; rééd. avec une postface de Florence Giorgetti et Robert Cantarella, Éditions Léo Scheer, coll. « Laureli », 20088
  • Garance Rose, Gallimard, 1965 ; rééd. Le Nouvel Attila, coll. «Othello», 2017
  • Les Petites Lilshart, Gallimard, 1967
  • Ida ou le Délire, Gallimard, 1973 ; rééd. suivie de Le Résumé, Éditions Léo Scheer, coll. « Laureli », 20099
  • Le Bonheur de la nuit, avec une postface de Bernard Noël, Éditions Léo Scheer, coll. « Laureli », 200610
  • On ne vit que deux fois, Le Nouvel Attila, coll. « Othello », 2018

Publié dans Roman

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À paraitre un recueil de poèmes de Sylvie Coquillard Ancrages et Clairs Envols

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À paraitre un recueil de poèmes de Sylvie Coquillard Ancrages et Clairs Envols
À paraitre un recueil de poèmes de Sylvie Coquillard Ancrages et Clairs Envols

ANCRAGES ET CLAIRS ENVOLS www.editions-spinelle.com

Le recueil Ancrages et clairs envols ouvre à une poésie tantôt intimiste où miroitent des touches quasi impressionnistes, tantôt flamboyante dans une célébration du monde.

Moins leçon à donner que paroles qui offrent, les textes de Sylvie Coquillard se déclinent dans un croisement de voix où le « Je » singulier fait écho à ce Nous plus universel dans un fonds commun d'émotions et de ressentis.

Au-delà, Ancrages et clairs envols est chant de réconciliation ; réconciliation avec soi-même, avec l'Autre, avec le monde et si la gravité des ancrages se raconte dans la glaise des doutes et des interrogations, c'est pour mieux célébrer une envolée lumineuse et libératrice.

« Ils avançaient les mains en avant »

Michel MAULPOIX

 

« Et quand je parle de moi, je vous parle de vous »

Victor HUGO

Petit avant-goût : pages 15 et 16

         C’était comme une chose

C’était comme une chose

Sans nom

Une langueur refusée au Temps

Cette ombre à cueillir

Sur les bords de l’Été.

Mélancolie affleurée

Du cœur de la pierre

Entre silence et murmures

Confus

Le poids d’une vie déjà enfuie…

Et puis le chagrin

Détrousseur d’âme

Est venu en force

A tout dévasté

Fait monter

Un long sanglot

Effaré….

Quelque part, une petite étoile

Se mourait

Dans le feu de l’Été

Clignotement fragile

En vagues pointillés

Comme un signe

Comme un tendre au-revoir

Une promesse

À faire reculer l’oubli !

Publié dans Poésie

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Nuelasin numéro 46, le petit de journal de Tieta est disponible

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Nuelasin numéro 46, le petit de journal de Tieta est disponible

Téléchargez le numéro 46 en suivant ce lien Ci-dessous Supplément du rédacteur en chef :

Bonjour,

Mardi soir, je reçois un SMS de Pyks. Hier, c’était le coup de fil de Wetris. On avait fait les études ensemble à Grenoble à la même époque. Ils me rappelaient que le corps de Jeanjean allait partir par le Bético du vendredi. C’était triste. Et je me mis à penser à un autre grand frère. Une partie de ma vie avait coulé avec lui. On revenait de Châtillon-sur-Seine dans nos années de vacances d’été. Nous étions allés pour les vendanges dans la région de la Côte d’or. Oui je me souviens comme si c’était hier. Jacques Hnau. On était dans le même compartiment du train qui nous ramenait à Lyon. Plusieurs autres vendangeurs se mélangeaient à nous. Jacques jouait de la guitare. On chantait ; des chants de chez nous. Un moment, je sortis pour prendre l’air. Je ne supportais plus la fumée de cigarette et la buée sur les vitres. Il me rejoignit quelques temps après. Lui non plus, ne supportait pas la fumée et les bavardages des gens plus saouls que nous. Je lui demandai de m’apprendre une chanson en Maré. Il sortit un carnet de notes de sa parka et copia Nengone ne guhna en chantonnant machinalement. Il enjoignit la traduction avant de déchirer la page qu’il me remit. J’étais heureux. Il parlait d’un vieux de Nengone qui est allé en France pendant la guerre et qui a voulu manger une orange. Il voulait la manger cette orange mais il ne pouvait pas parce qu’elle était à vendre et qu’il n’avait pas le sou. Il resta debout avec la pensée qui allait chez lui là-bas à Nodei Nengone où il pouvait manger des oranges à volonté. Elles sont sûrement plus sucrées que celles exposées sur l’étal. C’était la traduction disait-il. Nous restâmes quelques temps entre les deux wagons pour l’apprendre. Chose difficile à cause du bruit des roues de la machine sur les rails. On revint alors dans le compartiment et avec les autres étudiants vendangeurs on se mit à chanter Nengone sur un air de ukulélé. C’étaient Wetris et Kiki qui jouaient l’instrument pendant que d’autres voyageurs arrivaient pour partager ce moment de communion entre nous. On s’entassait à plusieurs dans le même compartiment. Après le contrôle de nos tickets l’ambiance descendit d’un cran. Les autres voyageurs regagnèrent leurs places. Le calme vint avec le sommeil. On s’endormit jusqu’au terminus. C’était le lendemain qu’on arriva à Grenoble. Jacques et les autres étudiants étaient descendus à la Pardieu. Nous ne nous sommes même pas dits au revoir. On se perdit de vue. 

Combien de temps après, j’appris que le grand frère était parti dans un accident de la route entre Hunöj et le col Boula. Max N. était mort le soir de son mariage, là-bas à Poindi-Wimia. Je ne savais même pas qu’ils étaient déjà rentrés au pays. Depuis, leurs souvenirs luisent toujours en moi. Jeanjean, Jacques et Max sont des frères de ces années où les études universitaires étaient vraiment difficiles. Pas tant les études mais surtout nos conditions de vie. Nous n’avions pas les moyens de la génération d’aujourd’hui. Souvenir quand même. 

Je vous livre à tous le récit ci-après d’un autre vieux (au sens local) de chez nous et d’une autre époque.  

A ma mère

J’entends encore son rire sec et étouffé, comme si elle allait suffoquer. Un sanglot d’enfant empreint de retenu comme si rire était un manque de respect. Elle était comme ça maman. Très discrète et même qu’elle nous disait sans arrêt de ne jamais rien demander à personne. Sauf que de l’autre côté, elle nous conseillait de donner, au sens d’être toujours au service des plus nécessiteux. Avec le recul, je me rends compte de cette dimension du cœur qu’elle a en elle. L’amour.  

Un jour, elle s’est ouverte à moi en levant un voile d’une partie de sa vie. On l’a mariée à 16 ans. Sûrement un mariage arrangé comme pour beaucoup de couples à cette époque-là. Elle était très jeune et les vieux en avaient conscience. Mon grand-père et les autres hommes du clan tinrent conseil. Ils dirent à papa de partir pour laisser maman toute seule à la maison. Le temps qu’elle grandisse, pensaient-ils. Un an après son retour au foyer ; mon grand frère naquit. Maman avait tout juste 18 ans.

On vivait de produits de la terre et de quelques cochons qu’elle élevait. Je me souviens encore de certains jours de marché à la tribu, maman se réveillait de bonne heure pour faire des crêpes, dont elle seule connaissait les ingrédients et de comment aguicher sa clientèle. Elle nettoyait ensuite quelques tubercules d’ignames, de patates douces et des légumes. C’était surtout des choux et des tu[1] (prononcé tout.)

Moi, je préparais mon attirail pour la pêche. J’attachais un hameçon et un plomb à ma ligne que je fixais après au hajujuny en sö [2]ou hnë [3], deux bois très flexibles que j’ai pris soins de couper dans la petite forêt non loin de la maison. Alors que je préparais ma canne à pêche, que déjà mon esprit esquissait le sentier et surtout l’endroit où je devais m’accrocher au bout des racines de banian suspendues dans le vide. C’était aussi excitant que tout mon être vibrait. J’étais déjà le grand pêcheur de la tribu comme ceux de la génération du dessus. Je m’autorisais toutes ces pensées. Maman me supplierait d’arrêter de pêcher parce qu’il y avait trop de poissons à la maison. J’en riais. Tout seul. J’avais mes petits coins secrets que je gardais jalousement. J’en avais une dizaine aussi poissonneux les uns que les autres. 

Aussitôt arrivé, je lançai ma ligne. Les appâts étaient des petits crabes violets. Je ne mettais pas beaucoup de temps à attendre. La ligne raidissait et faisait éclater la ligne d’eau des têtes des poissons que je levais avec force. Jubilatoire ! J’étais transporté. Une joie débordante que je devais contenir pour ne pas effrayer les esprits qui gardaient l’endroit. Si les prises étaient nombreuses, je ne changeais pas d’endroit. Je restais là jusqu’à midi ou bien vers la fin de la journée. Je ne rentrais jamais le soir pour ne pas inquiéter maman. Et elle souriait tout le temps en me voyant arriver avec ma gibecière accrochée sur l’épaule. C’était ma part pour le dîner. Je l’aidais à amener la pitance. J’étais fier mais maman aussi était fière de moi. Je le voyais bien dans ses yeux lorsqu’elle me parlait ou lorsqu’elle me regardait. Elle était soulagée. Non moins de ma contribution mais surtout que je sois rentré de ma partie de pêche. D’autres enfants de mon âge tombaient dans des crevasses ou disparaissaient. C’était angoissant. 

Mais cette inquiétude parentale, je l’aurais dans la conscience bien plus tard.

Pour la génération, vu notre jeune âge les produits de la pêche étaient considérés comme des prises de guerre. Même si nous n’avions aucune idée de ce que cela représentait. La guerre, c’était grand-père Atrea-qatr qui nous racontait. Il était un ancien combattant de la guerre de 14/18. Et ramener du poisson à la maison suscitait des réactions dans toute la tribu. Il y avait de l’estime à celui qui en pêchait le plus. Son nom passait de bouche à oreille et de famille en famille. C’était énorme. Nous étions devenus des demis adultes pour notre âge. Pour ma part, le sourire de maman me suffisait. Amplement.

Une fois Hminyiajë me fit une confidence : « Quand je te vois ramener du poisson à la maison je revois ton père le soir à son retour de la pêche. Parfois, je me levais à des heures indues pour lui préparer un bol de thé chaud ensuite je vidais tout le poisson qui devait rapidement être placé sur le fumoir au-dessus du feu dans la case. » Le fumoir était une roue de bicyclette raccommodée qui servait de support pour enfumer les aliments. C’était notre seul moyen de conserver et d’être sûr d’avoir tout le temps du poisson. En ce temps-là aucun foyer n’était équipé d’un appareil de conservation. Ni réfrigérateur, ni congélo. 

La première prise fut fêtée avec enthousiasme. C’était un samedi après le marché. Maman était revenue sans rien. Le poissonnier était absent pour cause du mauvais temps de la veille. Ma mère avait tout vendu de sa cargaison de crêpes et de patates douces. Au retour, elle était taraudée par l’idée qu’on n’aurait pas de poisson pour mettre dans la marmite du soir mais aussi du lendemain. Et je voyais la désolation en elle. Elle peinait de me dire qu’on n’aurait rien pour dimanche. Ma réaction ne se fit pas attendre. Je pris la ligne qui traînait, suspendue sur la tonnelle et avec le couteau rouillé de grand-mère, je partis. C’était la marée basse des longs mois de juillet. J’avais idée de ramener des bigorneaux, des trocas et des bénitiers. Surprise ! Dans un trou d’eau, je vis un sisa, une bande de perroquets bleus surpris par le retrait de la marée. J’en tuais huit avec le vieux couteau. Je sabrais le tout venant. En remontant, je laissais mes prises à l’abri sous un cica[4], et je partis prévenir maman pour m’aider à rapporter la cueillette. Maman. Elle avait l’œil pétillant qui brillait. Des coquillages oui, mais du poisson comme c’était le cas, relevait d’une part de mystère : « Oui, mon fils. Les esprits des vieux du rocher étaient avec toi. Que le très Haut soit loué. Nous avons de quoi mettre dans la marmite ce soir mais aussi demain. Tout à l’heure, tu iras chercher la bénédiction chez grand-mère Wawatra en lui offrant deux iebuluu. Tu verras mon fils que tu ne rentreras jamais bredouille de tes parties de pêche. C’est maman qui te le dis. » Maman me parlait ainsi dans la voix d’une diseuse de bonne aventure. L’Infatigable maman. En veillant sur nous, elle gardait l’œil et la pensée sur tout. On n’avait pas grand-chose à la maison mais on ne manquait de rien. Hminyiajë était une femme, tout simplement elle-même, une maman aux ressources insoupçonnées avec un cœur et une âme dans un corps frêle. Et dans mes questionnements à son sujet, je fus toujours amenée à me demander comment un bout de femme ait pu porter toute la fratrie de huit enfants que nous étions. Deux des nôtres n’étant plus de ce monde.  Grands Dieux !

Mon père nous a quittés en 1965 quand j’avais 8 ans. Et de 1965 à 2003 date de la mort de maman, elle nous a assumés toute seule. Quelque fois comme un fardeau, me disais-je, mais elle ne s’est jamais plainte. Elle nous couvrait seulement par devoir et toujours avec amour. Jamais femme ne fut plus occupée que ma mère.

C’était comme cela que je la voyais.

Du repos, jamais et les journées étaient très longues. Elles s’ouvraient par une méditation, profonde, au premier chant du coq pendant que toute la maisonnée encore dormait. Moi, je la regardais au travers de la paupière de mes yeux englués. Je l’entendais murmurer une prière. Après les paroles d’exhortation, elle sortait en nous laissant dans la case. J’ai toujours dormi dans une case jusqu’à l’âge de 8 ans. 

En Drehu (Lifou, Île Loyauté, NC) Uma ne Meköl… La maison du « dormir ». L’habitat traditionnel. Notre foyer était constitué d’une case, une cuisine et une petite maison en torchis pour manger. Dès 7 heures, le monde était déjà debout pour partir aux champs. Pendant les vacances scolaires, on assistait maman dans toutes ses pérégrinations. Les champs, quel grand mot ! Le plus proche se trouvait à 2 ou 3 km. Le sentier rentrait dans la forêt dans laquelle maman donnait à manger aux cochons dans leurs parcs. Il y en avait bien une bonne dizaine et c’était beaucoup à nourrir pour une femme comme maman. Elle tenait bon. C’était aussi une source de revenus pour payer nos fournitures scolaires. 

La petite forêt donnait accès au deuxième champ après une marche d’une bonne heure. Un bonheur pour moi de marcher devant les autres. Je jouais ainsi le rôle de l’homme de la maison. Cela poussait maman à dire qu’après le départ de papa, c’était à moi qu’incombaient toutes les responsabilités. L’homme en question n’avait qu’entre 12 et 13 ans. J’étais fier.

Aux champs, ma mère s’affairait dans toutes les tranches parcellaires. Quelque fois j’ai dû penser qu’elle était déjà rentrée à la maison alors qu’elle était encore en train de soigner un pied de salade, cueillir des tomates ou couper de la canne à sucre pour mes 2 sœurs et moi … elle était à l’autre bout de son lopin. 

Nos repas en ces temps-là, parfois, étaient constitués de la salade de laitue sauvage baignée dans du jus de coco et de petites tomates écrasées, ramassées sur le bord des chemins en revenant des champs. Une boîte de sardines « Pilchard » accompagnait le tout. C’était le bon repas pour la maison, avions-nous tant aimé. Plus tard je saurais que nos repas habituels de poissons frais étaient meilleurs.

Hminyiajë était ma mère et mon père à la fois… elle s’est dévouée corps et âme à l’éducation des enfants de la maison que nous étions. Je lui suis très reconnaissant. Je ne l’oublierai jamais. 

Hminyiajë comme je l’aimais, ma mère.            Hmihmi Kaudre 

Bonne lecture de la vallée et bonne deuxième rentrée scolaire.              Wws


[1] Solanum nigrum L. Solanacées, brède-morelle, morelle noire.

[2] Allophullus ternatus Radlk (A. timorensis (DC.) Blume, = A. cobbe Bl.). Sapindacées, faux kohu.

[3] Podonephelium Homei Radl (= P. Leplanchi Baill. = P. stipitatum Baill. = Cupania stipitata Pauch et Seb, = C. erioglossoides Panch = Ratonia Homei Seem). Sapindacéés, faux chêne tigré ou pommaderis-ail.

[4] Excoecaria agallocha L. Euphorbiacées, palétuvier blanc.

Publié dans Culture Kanak

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Tout chaud ! Le temps passe, l’igname pousse de Julie Dupré Collection : Petit etë aux éditions Plume de Notou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Tout chaud ! Le temps passe, l’igname pousse de Julie Dupré Collection : Petit etë aux éditions Plume de Notou
Tout chaud ! Le temps passe, l’igname pousse de Julie Dupré Collection : Petit etë aux éditions Plume de Notou

Après un an de recherche, de création, d'édition, LE TEMPS PASSE, L'IGNAME POUSSE sera disponible dès la semaine prochaine ! En petit format pour les enfants de 0 à 6 ans, et en grand format pour les classes et les crèches.

L’histoire

Le temps passe, la nature change de couleurs selon les saisons. Les animaux s’affairent, se déplacent ou font des petits. Et le petit homme apprend à observer la nature et à prendre soin de son champ d’igname.

Les illustrations

 Les illustrations allient  gouache,  aquarelle,  collage  de papiers  variés,  de tissus et d’éléments naturels (feuilles séchées, algues, écorces…). Ces techniques mixtes apportent du volume aux images de l’album et évoquent la nature calédonienne.

Le bonus documentaire

Un important travail de recherche a été mené puis synthétisé en fin d’ouvrage. La culture de l’igname n’aura (presque) plus de secret pour les lecteurs de ce petit livre grâce à sa page documentaire et à ses références bibliographiques.

 Les pistes pédagogiques

Le temps passe, l’igname pousse a été imprimé en GRAND FORMAT spécialement pour une lecture en classe. Caractéristiques : 32 x 32 cm, broché, 28 pages ISBN : 979-10-90614-20-8 Prix public : 2000 F / 17 euros •Le calendrier de l’igname et les signes dans l’environnement qui rythment ce calendrier agricole.

La culture kanak : le taro et l’igname (coutume et symboles) •Le temps, les saisons et les douze mois de l’année.

Les autres titres de la collection petit etë peuvent être exploités parallèlement, et notamment  Le Gros taro.

Techniques en arts plastiques : collages avec des matériaux naturels.

L’autrice / illustratrice

Après avoir grandi en Polynésie, Julie Dupré étudie à l’université d’Arts plastiques à Paris. Riche de nombreux voyages à travers le monde, elle revient à ses premières amours : la mer et les îles océaniennes qui ont bercé son enfance.  Elle enseigne et expose à Tahiti, puis met sur pied des ateliers d’art au Vanuatu, avant de s’installer en Nouvelle-Calédonie où elle devient infographiste et illustratrice.

Elle a notamment illustré Scènes de vie polynésienne, recueil écrit par Isabelle Lurton aux éditions Haere Po, et Aji et le soleil, un conte d’Ykson, aux éditions Plume de Notou, Mes animaux en mots animés, de Louna Tcherko, édition AMVIE.

En 2018, elle signe et illustre Le gros taro aux éditions Plume de Notou.

Également conteuse, elle a créé plusieurs spectacles, dont :

- un spectacle de contes-randonnées pour la petite enfance, « Le gros taro », qui a reçu une aide de la Mission aux affaires culturelles début 2018,

- un spectacle créé avec Véronique Nave en 2020, mêlant conte, danse et marionnettes, « En faim de contes ».

Photo de Julie dossier de presse SEMAINE DE LA LANGUE FRANÇAISE ET DE LA FRANCOPHONIE au Ceïpac

Lancement - dédicaces

Mardi 13 avril 8h30 au Centre culturel Jean-Marie Tjibaou : Coutume.

Mardi 13 avril au dimanche 16 mai au Centre culturel Jean-Marie Tjibaou : Exposition des illustrations originales dans l’espace jeunesse de la médiathèque.

Samedi 24 avril au marché de Lucien : Dédicaces dans les jardins de la bibliothèque Bernheim de 9h à 15h.

Dimanche 25 avril au Centre culturel Jean-Marie Tjibaou au Marché des femmes rurales. Contes, lecture et Dédicaces.

5 mai à 18h : Causerie chez Calédo Livres.

Les éditions Plume de notou

Parce que la Nouvelle-Calédonie est  un  archipel  immense de  cultures, de nature, de langues et autres merveilles, les éditions Plume de notou la font découvrir avec une attention particulière pour les plus jeunes.

En 2011, une première collection d’albums pour les tout-petits est lancée,  la collection  Petit etë  (Petits cailloux en langue drehu de Nouvelle-Calédonie). Ces albums en français au format carré étaient accompagnés de DVD en français et dans plusieurs langues kanak : iaai, fagauvea, drehu, nengone. La collection était coproduite par la Province des Îles Loyauté.  Prix Popaï 2013.

 Dans cette collection  : Qui a mangé… écrit par Liliane Tauru et illustré par Isabelle Ritzenthaler Cagou  écrit par Liliane Tauru et illustré par Isabelle Ritzenthaler La chanson des poissons  écrit et illustré par Papou Mon bougna  écrit par Liliane Tauru et illustré par Isabelle Ritzenthaler Aujourd’hui  toute  la  collection  est  (ré)imprimée  en  français  sans  le  DVD,  et augmentée des deux titres écrits et illustrés par Julie Dupré :  Le Gros taro  et  Le temps passe, l’igname pousse.

Aussi par Julie Dupré au Mont-Dore

De la compagnie "Troc en Jambes"

EN FAIM DE CONTE - À PARTIR DE 0 ANS

Du 30.04.21 au 01.05.21

Création et interprétation : Julie Dupré (conte) et Véronique Nave (danse).

Décors et accessoires : Julie Dupré et Terence Barnes (structure)

Publié dans Livre jeunesse

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La Promesse de l'Archipel par Florence Tassoni, c’est nouveau et disponible en librairie.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La Promesse de l'Archipel par Florence Tassoni, c’est nouveau et disponible en librairie.

Une carrière fulgurante dans la finance à Paris, une femme et deux enfants, pourtant Fred disparaît subitement sans laisser de trace hormis une lettre énigmatique.

Expatrié en secret dans un archipel lointain, il fuit à la fois sa vérité et la relation humaine, convaincu de ne pas être candidat au bonheur et cherche ailleurs une utilité et un sens à son existence. Ses fantômes sont dissimulés sous des abords trompeurs, enterrés sous les gravats de sa vie précédente. Du moins le croit-il, car la tempête intérieure gronde, sourde d’abord, jusqu’à ce que les éléments se déchainent et s’entrechoquent, faisant basculer sa vie et tomber les masques.

La spirituelle Bali, île des Dieux, tiendra-t-elle sa promesse de refuge de Fred, ou au contraire facilitera-t-elle la révélation de son être ?

Lire un extrait Ce livre est disponible à Nouméa à la FNAC et dans les bonnes librairies

À propos de Florence Tassoni

Florence Tassoni a passé sa jeunesse en Nouvelle-Calédonie, sa terre de cœur. Diplômée en Droit des Affaires Internationales, elle obtient ensuite un Master of Business Administration en Australie. Après quelques années passées en France, elle s'expatrie pour suivre la carrière de son mari. De l'Indonésie aux États-Unis, en passant par le Vietnam et l'Inde, sa famille se sédentarise à Bali en 2014 où elle réside depuis.

Publié dans Vie Pratique

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Jean-Victor Colombani-Jaffré dévoreur de livre fait le buzz

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La croisée des livres, c’est sa chaîne Youtube à 11 ans, Jean-Victor est un surdoué, un extra-terrestre dans le monde des jeunes lecteurs capable de lire un livre par jour.

Notre quotidien Les Nouvelles-Calédoniennes a fait un bel article sur ce jeune lecteur qui vit sur un bateau. La chaîne de télévision Calédonia l’avait déjà repéré et présenté dans une émission de Livre ensemble. Ci-joint, trois vidéos, la présentation de sa chaîne, sa vidéo avant son passage sur LIVRES ENSEMBLE - Destination les îles du Pacifique et la vidéo de Calédonia. Il est super ce garçon !

Publié dans video

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Daniel Pardon 3ème tome des Aventuriers du Pacifique et deux autres sont en préparation

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Illustration du site de l'éditeur

Illustration du site de l'éditeur

Daniel Pardon s’est donné pour mission de sortir de l’oubli les nombreux aventuriers qui ont sillonné le Pacifique depuis le XVIe siècle et, pour beaucoup, sombré dans l’oubli. Le troisième tome d’une série de 5 livres, avec à nouveau 20 personnages hauts en couleur. Voir son interview ci-dessous, Daniel pardon est un passionné, passionnant. Il est devenu un historien incontournable après une riche carrière de journaliste.

Parmi ces 20 portraits, l’auteur en cite deux qu’il trouve particulièrement intéressants : John Bates Thurston qui a débarrassé Fidji d’une émanation du Ku Klux Klan, et James O’Connell, qui découvrit la cité de Nan Madol en Micronésie, vestiges monumentaux d’une civilisation disparue.

Plus avec Article sur cet auteur rencontré à Papeete sur ce blog.

Daniel Pardon a fait ses études à St Thomas d'Aquin, puis à l'EFAP Lyon, fin d'études à Boston. Il débute dans le journalisme au Progrès de Lyon, à vingt ans.

Il travaille neuf ans en région Rhône-Alpes dans la presse magazine, quotidienne (Dauphiné Libéré), radio et télé (FR3 Rhône-Alpes)

Il s'installe début 1984 à Tahiti où il devient secrétaire général de la rédaction de La Dépêche de Tahiti, avant d'en devenir rédacteur en chef en 1988. Se spécialise dans la photo sous-marine (moniteur de plongée CMAS 1 étoile). En 2002, il devient rédacteur en chef du pôle magazines du Groupe Hersant Media en Polynésie française (entre autres, Tiki Mag, hebdo télé, Fenua'Orama, mensuel féminin, Maisons du Fenua, trimestriel déco, Fenua Économie, annuel éco, Trouvtou…). Depuis 1987, il est correspondant permanent de l'agence de presse Reuters en Polynésie française. Correspondant pendant de longues années de la revue mexicaine GeoMundo, des revues Apnéa, Minéraux et Fossiles, Océans…

Source biographie : http://www.auventdesiles.pf

Cet ouvrage est publié par Api Tahiti Editions.

Née à Tahiti en 2015, 'API TAHITI est une jeune maison d'édition désireuse de faire connaitre à un public le plus large possible la culture et les spécificités de la Polynésie Française et ses nombreuses îles. 'Api en langue tahitienne signifie "page de livre" mais aussi 'jeune , nouveau", c'est le mode de fonctionnement choisi qui donne une belle part aux jeunes auteurs et créateurs, mais également avec de nouvelles méthodes de diffusion notamment avec les nouveaux moyens de diffusion numériques. Notre ligne éditoriale éclectique est en accord avec ce paysage multiculturel que représente la Polynésie. Nos choix de titres veut être une fenêtre ouverte sur toutes ces diversités. Nous souhaitons construire au fil des années un réseau convivial qui nous permet d’envisager avec confiance une riche ligne éditoriale : Tourisme, Histoire et Documents, Littérature, Cuisine, Nature, Bande Dessinée, Livres Jeunesse, etc. Notre volonté, est d’offrir un espace éditorial à des auteurs polynésiens, confirmés, mais aussi de donner une belle place à des jeunes créateurs - et leur faciliter une large audience à l’aide des différents réseaux de diffusion. Nous servons de relais aussi à des auteurs amoureux de la Polynésie qui par leurs recherches ou leur vision sauront apporter une présentation variée de notre région. Nous œuvrons à découvrir les talents de demain et à les faire connaître au plus grand nombre. Un travail de promotion personnalisé est effectué afin de donner les meilleures chances de réussite à chaque ouvrage.

Vidéo de l'auteur par Atout Lire

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Al Dorsey. Lot de 4 tomes Les aventures d'Al Dorsey, détective à Tahiti de Patrice Guirao

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Al Dorsey. Lot de 4 tomes Les aventures d'Al Dorsey, détective à Tahiti de Patrice Guirao

Retrouvez en un seul lot, les quatre livres de la saga « Al Dorsey, le détective de Tahiti » :

« Crois-le ! »,

« Lyao-ly »,

« Si tu nous regardes »,

« Tu vois ».

Editeur : Au vent des îles - Genre         Romans policiers, noirs pour 4 900 XCP chez Calédo Livres

Patrice Guirao est installé à Tahiti depuis 1968. C’est sur cette île lointaine qu’il écrit ses romans : dont la saga Al Dorsey « Crois-le ! » ; « Lyao-ly » ; « Si tu nous regardes » ; « Tu vois » ; « Rien n’est perdu » (parus aux éditions Au vent des îles et  Portée à l’écran par France Télévisions en 2017).

La série des enquêtes de Lilith Tereïa : « Le bûcher de Moorea » et « Les disparus de Pukatapu » (parus aux éditions Laffont - La Bête Noire) lui permet d’accéder à la sélection « Les Nouvelles Voix du Polar 2020 ».

Parallèlement à son travail sur le roman « Noir Azur » dont les intrigues se situent en Polynésie, il s’inscrit également dans la grande famille des auteurs de thrillers. Avec des ouvrages comme « À la lueur du sang », « #Mains de glace », ses personnages évoluent au cœur d’une Amérique qu’il connaît bien pour y avoir séjourné et travaillé avec des amis musiciens à partir des années 1980.

Lien vers un article réalisé à Papeete.

Ci-dessous une vidéo récente pour faire connaissance avec cet auteur du Pacifique de renommée mondiale.

Publié dans Roman

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Nuelasin numéro 45, le petit de journal de Tieta est disponible

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Nuelasin numéro 45, le petit de journal de Tieta est disponible

Fêtons le premier avril et son poisson même si la covid n’en était pas un. Sinon quoi ? Se morfondre ? Grands Dieux !

Téléchargez le journal en suivant ce lien ç 

Ci-dessous un petit texte en supplément du rédacteur en chef :

On était à Havila. Je devais être au collège. À midi d’un jour, deux garçons furent appelés au réfectoire devant le monde pour être ‘jugés’ et après recevoir des coups de trique. Tous furent surpris que le surveillant disparaisse un moment pour reparaître peu de temps après. Il avait été appelé par un prof qui cherchait à s’excuser (on le saurait bien après.) « Voilà, Qahe* et Giin*, vous êtes sauvés. » Ils pleuraient. Les deux élèves étaient allés informer leur prof de leur sort. L’enseignant leur avait donné l’idée de raconter des bobards le 1er avril (poisson d’avril.) C’est la mode de chez les blancs disions-nous. Effectivement qu’ils avaient voulu mettre en pratique ce qu’ils avaient reçu de la culture de l’autre. Les deux hurluberlus ont alors écrit une petite lettre qu’ils ont faite parvenir astucieusement à une demoiselle: « Iengenë* ton grand frère est décédé dans la nuit dans un accident de voiture. Nous allons venir vous chercher ton frère et toi pour l’enterrement en fin de semaine. » Mot signé des parents. La rose ne se rendit pas en cours. Qu’elle pleurait ! Elle a ensuite cherché à joindre sa famille en allant voir le vieux cuisinier qui s’était mis à contacter les parents. Imaginez le branle-bas de combat. Il était surtout très en colère parce qu’on ne plaisante pas sur ce sujet. Cela nous a ouvert une brèche vers la culture des blancs des années après. Mais on n’oublie plus de dessiner un poisson.

(*) Prénoms d’emprunt.

Pour compléter votre lecture, je vous dédie cet écrit que j’ai envoyé à Madue quelques années auparavant. Wws

 

Publié dans Culture Kanak

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Tout savoir sur la culture Kanak, en Nouvelle-Calédonie, une courte vidéo et une conférence

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