Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rencontre au Musée Maritime avec Alain Le Breüs pour deux siècles de cartographie calédonienne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Rencontre au Musée Maritime avec Alain Le Breüs pour deux siècles de cartographie calédonienne

Deux siècles de cartographie calédonienne, un ouvrage d’Alain Le Breüs et Pascal Rota vient d’être édité par le Musée Maritime de Nouméa.

Alain Le Breüs, secrétaire du musée maritime, conférencier et ancien géomètre m’a accordé un petit entretien et une visite guidée du Musée Maritime pour l’occasion. Je lui avais donné rendez-vous pour une dédicace. J’en ai fait un petit reportage. JP

Alain est passionnant et passionné comme souvent, le sont les amoureux de la mer et des marins. J’ai eu droit une interview, (voir la vidéo ci-dessus) et à des confidences. Alain, 80 ans, a tellement de souvenirs. Géomètre, plongeur, explorateur, conférencier. Il m’a guidé dans les salles d’exposition du musée avec un long arrêt devant sa médaille, sa découverte, une pièce de 1774, preuve du passage de Cook qu’il a récupéré en brousse*. Un trésor, pour lui, et les amateurs australiens et Néo-zélandais en particulier qui auraient voulu la posséder, mais c’est au Musée Maritime de Nouméa que la pièce est exposée.  Les débuts de l'hydrographie et de la cartographie en Nouvelle-Calédonie.

*la médaille de Cook a été donnée au musée maritime et, par voie de conséquence à la Nouvelle-Calédonie, par la famille Jacques. Merci à ces généreux donateurs. 

Louis XVI était comme Alain Le Breüs, il aimait la cartographie

NB : Le Passage de la ligne !

Du 28 décembre 2021 au 10 février 2022, tous les mardis et jeudis à 10h et 13h30

Dès 1774, les côtes de Nouvelle-Calédonie furent levées par de célèbres navigateurs et les hydrographes, Beautemps-Beaupré, Bouquet de la Grye, Chambeyron, Banaré, Napias…A la fin du 19ème siècle, la mission topographique militaire s’appuie sur leurs travaux pour réaliser la première carte de la Grande Terre. Après leur débarquement en Nouvelle-Calédonie, en 1942, les troupes alliées se sont très vite rendues compte de l’indigence des cartes calédoniennes et ont essayé d’y remédier. Il faut attendre les années 1960 pour que l’Institut géographique national (IGN) publie une carte terrestre fidèle et exhaustive. Côté mer, dès 1976, la mission océanographique du Pacifique (MOP-SHOM) effectue de nombreux travaux pour remplacer les cartes hydrographiques relevées par les disciples de Beautemps-Beaupré, complétées et corrigées ensuite par la Marine nationale.

Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.
Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.

Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.

Des ouvrages disponibles à la boutique du musée

Des ouvrages disponibles à la boutique du musée

Publié dans Histoire, vidéo

Partager cet article
Repost0

Le grand livre de l'intelligence animale de Jessica Serra

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le grand livre de l'intelligence animale de Jessica Serra

Une nouveauté d’au-delà du récif pour changer un peu des livres calédoniens.

Larousse, 24 nov. 2021 - 144 pages

Un livre passionnant conçu par Jessica Serra, éthologue reconnue, notamment grâce à sa participation au programme télévisé La vie secrète des chats. Alors que la plupart des encyclopédies consacrées au monde animal traitent essentiellement de l'anatomie, cet ouvrage répond, en s'appuyant sur des découvertes scientifiques récentes, à des questions passionnantes comme : Les animaux peuvent-ils tomber amoureux ? ou Quelle communication existe entre les espèces ?

Jessica Serra, née le 3 mars 1982 à Longeville-les-Metz est une chercheuse éthologue, écrivaine, directrice de collection pour la maison d'éditions Humensciences (groupe Humensis) et animatrice de télévision française.

PS : Son CV est long comme le bras. JP

 

 

Personnellement,  j'aime bien ça à propos de l'intelligence. Sur le Caillou, il y a des clients. JP

 

Publié dans Vie Pratique

Partager cet article
Repost0

Nouveauté à Calédo Livres : Deux siècles de cartographie calédonienne par Alain Le Breüs et Pascal Rota

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nouveauté à Calédo Livres : Deux siècles de cartographie calédonienne par Alain Le Breüs et Pascal Rota

Un beau cadeau de fin d’année, c’est le moment !

Deux siècles de cartographie calédonienne (1774-1979).

Un nouveau livre édité par le musée et écrit par Alain Le Bréüs et Pascal Rota, anciens géomètres. Pour que ces deux siècles d'histoire des représentations graphiques de notre archipel ne restent pas méconnus !

En vente à la boutique du musée maritime au prix de 2900F  et chez les bonnes librairies information ci-dessous Calédo Livres

James Cook, premier Européen à avoir découvert la Nouvelle-Calédonie cartographie la côte est de la Grande Terre en 1774. Quelques années plus tard, D’Entrecastaux et Dumont d’Urville, tous deux partis à la recherche de La Pérouse, lèvent la cote ouest et les îles Loyauté.

Ce sera la base d’un travail de longue haleine entrepris en mer par les hydrographes, peu avant la prise de possession de l’archipel par la France en 1853 puis, sur terre par les différentes missions cartographiques qui se sont succédé pour répondre aux besoins stratégiques de la colonie naissante.

L’exemple le plus probant est sans doute celui d’un plan en relief monumental de la Grande Terre réalisé suite à l’insurrection kanak de 1878. Présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900, celui-ci aura pour but de promouvoir la politique de colonisation libre du gouverneur Feillet.

Dans cet ouvrage, Alain Le Breüs, secrétaire du musée maritime de Nouvelle-Calédonie, et Pascal Rota, tous deux anciens géomètres, déroulent pas à pas l’histoire cartographique de la Nouvelle-Calédonie précédant l’ère de la numérisation. Deux siècles pendant lesquels les cartes marines et terrestres calédoniennes ont été élaborées selon les besoins militaires, politiques et économiques de l’archipel.

Alain Le Breüs est le secrétaire de l’association du musée maritime de Nouvelle-Calédonie depuis son départ à la retraite en 1998. Ingénieur géomètre, il a mis en place le réseau géodésique de détail sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, bien avant l’arrivée du GPS. La passion des cartes marines et terrestres ne l’a jamais quitté. Il aurait aimé être hydrographe… mais ne renie pas sa profession de géomètre qui lui a fait découvrir les plus hauts sommets de la Grande Terre et des îles. Il est l’auteur de deux ouvrages sur l’histoire maritime de la Nouvelle-Calédonie : « Le destin tragique de la Monique » et « Les vieux voisins de l’anse Uaré ».

Pascal Rota est ingénieur géomètre. Il connaît bien la brousse calédonienne pour y avoir travaillé plusieurs années. Revenu au chef-lieu en 1985, il assure la collecte des toponymes lors de tournées dans les communes de l’intérieur, puis effectue la révision de la 1ère édition des cartes IGN au 1 : 50 000ème. Nommé responsable de la cartographie en 1991, il initie la cartographie numérique jusqu’à son départ à la retraite en 2009. Sa connaissance du portefeuille cartographique calédonien attire l’attention des historiens et universitaires qui le sollicitent régulièrement pour des recherches de tous ordres.

 En savoir plus

Après avoir découvert la Nouvelle-Calédonie en 1774, James Cook effectue le relevé de la côte est de la Grande Terre. La côte ouest et les îles Loyauté seront cartographiées quelques années plus tard par d’Entrecasteaux et Dumont d’Urville, tous deux partis à la recherche de l’expédition Lapérouse.

Commence ensuite un travail de longue haleine entrepris en mer par les hydrographes, peu avant la prise de possession de l’archipel par la France en 1853. Sur terre, l’insurrection kanak de 1878 est à l’origine de la création d’une mission topographique militaire qui aboutit à la réalisation d’un plan en relief monumental de la Grande Terre. Présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900, celui-ci aura pour but de promouvoir la politique de colonisation du gouverneur Feillet.

En 1943, face au déficit de cartes calédoniennes, l’U.S. Army réalise une couverture aérienne générale de la Grande Terre et des îles. Dans les années 1960, l’Institut Géographique National publiera une cartographie de base au 1 :50 000ème.

Les cartes marines et terrestres calédoniennes ont été réalisées en fonction des besoins militaires, politiques et économiques de la Colonie.

Ce livre est destiné aux archivistes, enseignants, étudiants et passionnés pour que « Deux siècles de cartographie calédonienne » ne restent pas méconnus.

Publié dans Histoire

Partager cet article
Repost0

1771. Histoire d'une rencontre, un nouvel essai de Philippe Prudhomme (mise à jour du 20-12-21)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

1771. Histoire d'une rencontre, un nouvel essai de Philippe Prudhomme (mise à jour du 20-12-21)

Mise à jour le 20 décembre 2021 un article sur Tahiti infos évoque cette parution

1771. Histoire d'une rencontre

Tahiti, le 20 décembre 2021 - Philippe Prudhomme signe 1771. Histoire d'une rencontre, un ouvrage qui revient sur la rencontre entre Louis-Antoine de Bougainville et Ahutoru, et qui livre le premier dictionnaire de la langue tahitienne selon l'auteur. Un dictionnaire reproduit dans sa graphie d'origine. L’article complet sur Tahiti infos

Photo Tahiti Info du 20 décembre 2021. En pleine forme mon copain.

Pratique

L'ouvrage est disponible chez Odyssey, en ligne ou directement auprès de l'auteur : philprud6@gmai.,com

Message de Philipe Prudhomme aux amateurs d’histoire.

Bonjour à tous,

        Je viens de consacrer un nouvel  essai  historique à Bougainville , cet explorateur philanthrope , grand savant et polyglotte, qui fut le premier inventeur d'un dictionnaire franco-tahitien. L'ouvrage intitulé "1771. Histoire d'une rencontre " qui comporte cinq documents authentiques méconnus est en VPC chez mon remarquable imprimeur lillois thebookedition.com. . J'espère que vous trouverez autant de plaisir à le découvrir que celui que j'ai eu à l'écrire et vous souhaite à tous un bel été, un bon moral et la santé qui l'accompagne.

Bien cordialement

Philippe

Il y a 250 ans Louis Antoine de Bougainville publiait à Paris, après autorisation royale, le récit de son Voyage autour du monde effectué entre 1766 et 1769. Ce véritable et grand reportage sur l’Océanie sacralisait l’Ile de Tahiti et la rencontre de deux peuples. Surtout, l’auteur offrait au monde un somptueux cadeau : le premier « dictionnaire franco-tahitien.» Cette célèbre épopée, rédigée lors du trajet vers l’Europe, n’aurait jamais existé sans l’amitié de l’auteur avec le valeureux Ahutoru qui avait tenu à l’escorter et qui fut heureux de collaborer à cette intéressante traduction !

Publié dans Essai, Histoire

Partager cet article
Repost0

Noël avec les lumières de Nouméa en famille

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo de mon fils Didier (c'est le bonnet de Léïa 7ans le sapin)

Photo de mon fils Didier (c'est le bonnet de Léïa 7ans le sapin)

à écouter sans modération

Joël PAUL avec "le vrai père Noël"

Joël PAUL avec "le vrai père Noël"

 

Bonne fête à tous les enfants du monde.

Merci aux visiteurs de mon blog

et bon réveillon de Noël.

Le père Joël

Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier
Des photos de Didier

Des photos de Didier

Partager cet article
Repost0

Les repas de fin d’année des auteurs et amateurs de littérature se succèdent.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un tableau en forme de calligramme avec des extraits de textes !!!!

Un tableau en forme de calligramme avec des extraits de textes !!!!

Un repas de fin d’année et des textes des participants de l’Atelier de Fabienne Fabre à découvrir. Fabienne est une belle personne au service de la littérature. EcrivainduCaillou lui souhaite ce qu’il y a de meilleur. Ça vient du cœur ! Bisous Joël

Suivre ce lien pour retrouver les souvenirs de cette soirée.

Un extrait de son message reçu pour remercier les participants, c’est une sainte Fabienne ! :

« … Je reprendrai l’atelier en début d’année, à la salle Eiffel. En attendant, je vous souhaite de très bonnes et joyeuses fêtes de fin d’année.

Si jamais il y en avait parmi vous des personnes qui se retrouvent seul le soir de Noël, ils peuvent toujours venir à la maison. C’est ce que je faisais toujours quand nous étions au Vanuatu et que certains de nos amis se retrouvaient seuls.

Je vous fais plein de gros bisous et encore merci !!!

Fabienne Fabre
http://atelierdcrituredelamaisondulivre2.unblog.fr/

http://atelierdecritureeiffel.unblog.fr/

Publié dans Evénement culturel

Partager cet article
Repost0

Vœux cycloniques d’écrivainducaillou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Bonne fin d'année à tous et faites de bons repas entre amis. Amicalement Joël

PS : Petite pensée à nos proches disparus et à nos étudiants ou famille en Europe. Bon courage à tous. Ne restez pas seul pour les fêtes. C'est mauvais pour le moral. 

Partager cet article
Repost0

EEO a fait son marché de noël à Boulouparis

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le maire de Boulouparis, Pascal Vittori, Nicole Irsh et Mireille Rolly

Le maire de Boulouparis, Pascal Vittori, Nicole Irsh et Mireille Rolly

Le maire de Boulouparis, Pascal Vittori, une commune agricole proche de la capitale Nouméa, est aussi très ouvert à la culture différente de la nature. Il a beaucoup de projets dans ce sens. L’association EEO a compris le message. Elle était présente aux côtés de ce maire dynamique hier soir. JP

« Ecrire en Océanie a participé hier de 17h00 à 21h00 au Marché de Noël de Boulouparis avec des rencontres, la présentation des activités de l'association, entourée du stand antillais d'Angèle et des productions artistiques de Mireille Rolly. Le Maire a été félicité par tous pour le décor, l'animation et l'organisation de l'événement ! Un bon moment  social et culturel, la magie de Noël a opéré ! Belle journée ! » Nicole Irsh présidente d’EEO

 NB : Photos aimablement fournies par Cannelle

 

Publié dans Evénement culturel

Partager cet article
Repost0

Café littéraire avec Leslie Gobille pour son roman Les Vertiges de l’orée. Au Médipôle !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le groupe et Leslie devant les barreaux (une passion chez elle)
Le groupe et Leslie devant les barreaux (une passion chez elle)

Le groupe et Leslie devant les barreaux (une passion chez elle)

Café littéraire avec Leslie Gobille pour son roman Les Vertiges de l’orée. Au Médipôle !

Thérésa Také, bibliothécaire, accueille tous les jours de la semaine les lecteurs du Médipôle dans sa médiathèque de 50 m2 au 1er étage du Médipôle, un lieu culturel peu connu, qui existe et fonctionne depuis l’ouverture de l’établissement. Une occasion pour le public venu assister au café littéraire de Leslie Gobille pour le lancement de son roman « Les Vertiges de l’orée », un premier roman, d’une nouvelle plume prometteuse, lauréate de la résidence d’’écriture de la Province Sud en 2019 et sélectionnée pour le Popaï littérature 2021 de découvrir la culture autrement.

Ce café, dans la torpeur méridienne en pleine pandémie n’a pas attiré la foule, mais une poignée de femmes. Certaines sont des collègues de Leslie qui est psychologue, donc de la maison. Leslie a pu révéler des secrets de fabrication dans cette ambiance intimiste et conviviale, car une fois sur la terrasse de la bibliothèque, les blocs techniques sont vite oubliés. De l’avis de tous, les présents et ceux qui ont lu ce roman. C’est un petit bijou, mais une victime collatérale du virus. Il va rebondir, une fois que nos tracas du quotidien seront passés. J’y crois tellement que j’ai fait quelques images vidéo que je garde pour une prochaine fois. Leslie Gobille, c’est du tout bon. On en reparlera ! JP

PS : C’était la sainte Alice, c’est important de le souligner ( :

Des renseignements sur ce lieu méconnu

L’ESPACE CULTURE

Lors de l’élaboration du Médipôle, l’architecte Michel Beauvais a proposé que 1 % du budget total de l’hôpital soit consacré à l’élaboration d’un projet culturel dans le but de sensibiliser les patients et le personnel à la création artistique. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a donc choisi de son plein gré de faire une place à l’art et à la culture dans et autour de l’établissement. Ouvert à un large éventail de disciplines, le projet culturel est articulé autour de deux grands axes : la commande et l’installation d’œuvres d’art, ainsi que la mise place d’outils de gestion pour mener à bien la politique culturelle.

S’en est suivie la mise en place d’une politique culturelle au sein du Médipôle qui se manifeste de différentes manières :

  • Mise en place d’une signalétique en référence à la tradition océanienne,
  • Expositions permanentes ou ponctuelles de sculptures, peintures et photographies d’artistes calédoniens dans le bâtiment, les patios, les jardins et les parkings,
  • Réalisation d’ouvrages papier et numériques destinés aux enfants hospitalisés,
  • Projection de documentaires et courts métrages locaux ou de films d’animation,
  • Installation d’une médiathèque en partenariat avec la bibliothèque Bernheim,
  • Représentation de concert ou de spectacle sur l’Agora, scène située en plein air à l’entrée du grand hall d’accueil du Médipôle…

Gilbert Bladinières, spécialiste de la culture calédonienne et des milieux artistiques, a été mandaté par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour la conception du projet. Une belle occasion de mettre l’art à la portée d’un public qui n’a pas toujours accès aux structures culturelles.

NB : Gilbert des éditions Madrépores est aussi l’éditeur de cet ouvrage.

Café littéraire avec Leslie Gobille pour son roman Les Vertiges de l’orée. Au Médipôle !Café littéraire avec Leslie Gobille pour son roman Les Vertiges de l’orée. Au Médipôle !
Café littéraire avec Leslie Gobille pour son roman Les Vertiges de l’orée. Au Médipôle !

Publié dans roman, Evénement culturel

Partager cet article
Repost0

Le mémorial du bagne calédonien : entre les chaînes et la terre Prix Auguste PAVIE 2021

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photo Christian Robert Radio Tahiti
Photo Christian Robert Radio Tahiti

Photo Christian Robert Radio Tahiti

Le prix Auguste-Pavie est un prix littéraire français annuel de l’Académie des sciences d’outre-mer, créé en 1983 et « destiné à récompenser un auteur ayant traité de l’Asie, de l’Indochine ou du Pacifique ».

Auguste Pavie, né à Dinan le 31 mai 1847 et mort le 7 juin 1925 à Thourie, en Ille-et-Vilaine, est un explorateur, diplomate et haut fonctionnaire français.

Recension rédigée par Emmanuel Desclèves (Source Académie d’outremer)

 L’imposant ouvrage de Louis-José Barbançon constitue une somme dédiée à l’histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie, consécration de plusieurs décennies de recherches conduites par l’auteur sur ce sujet, ponctuées par une thèse de doctorat soutenue en 2000 et publiée sous le titre L’archipel des forçats. Histoire de la Nouvelle-Calédonie 1863-1931 (Presses universitaires du Septentrion, 2003). Cette thèseest un jalon incontournable de l’historiographie de la colonisation pénitentiaire et la première marche d’un long et méthodique travail de recherche que ce Mémorial du bagne calédonien vient consacrer avec brio.

Cette remarquable monographie à vocation patrimonialeimpressionne tant par l’ampleur du sujet traité de façon exhaustive que par ses dimensions physiques : deux volumes de plus de 1 000 pages au total, près de 7,5 kg., une iconographie extrêmement riche et une histoire qui brasse tous les aspects de la mise en œuvre de la politique de colonisation pénitentiaire conduite par la France en Nouvelle-Calédonie de 1863 à 1931.

L’auteur a questionné de nombreux centres d’archives et institutions culturelles (Archives de la Nouvelle-Calédonie, Archives nationales d’outre-mer, musée de la ville de Nouméa, centre culturel Tjibaou, archives Padre Maristi à Rome, musée maritime de Nouvelle-Calédonie, etc.) et s’est assuré le concours de spécialistes et d’un comité de rédaction. Le résultat obtenu donne un ouvrage particulièrement réussi, tant du point de vue du fond que de la forme. Il s’agit indéniablement d’un « beau livre » qui offre à ses lecteurs un ensemble documentaire notamment iconographique exceptionnel par sa richesse et sa diversité. Le premier chapitre traite justement de l’illustration et donne de précieuses indications biographiques sur les photographes et les dessinateurs sur lesquels s’appuie l’iconographie. Il faut également souligner le remarquable travail éditorial conduit par l’éditeur polynésien Au vent des îles, couronné par le Trophée de la fabrication du livre 2020 par la revue Livres Hebdo et le prix Popaï du Salon du livre océanien de Nouméa.

De 1863 à 1931, la Nouvelle-Calédonie est connue sous le nom de « la Nouvelle ». Vingt-deux mille transportés des travaux forcés, plus de 4 000 déportés politiques issus essentiellement de la Commune de Paris, près de 4 000 relégués en majorité récidivistes de délits mineurs, auxquels il faut ajouter plus de 1 000 femmes, débarquent à Nouméa, faisant de cette terre kanake du Pacifique Sud, l'archipel des forçats. Ces marginaux de la société française vont devenir le noyau de la société coloniale calédonienne. Largement majoritaire face aux colons « libres », la plupart des anciens forçats ou déportés politiques vont en effet rester dans la colonie et y fonder leur famille. Une particularité propre à la Nouvelle-Calédonie qui la rapproche plus de l’Australie et la Nouvelle-Zélande en terme d’immigration européenne, que des autres îles du Pacifique.

Louis-José Barbançon retrace l'histoire de la Transportation des forçats à « la Nouvelle ». Une histoire vécue à travers l'exemple du premier convoi de 250 forçats de l'Iphigénie, arrivés dès 1864. Le dernier convoi de bagnards est arrivé en 1897 à Nouméa, mais la fin officielle du bagne n’est prononcée qu’en 1931. Comme l'écrit l'auteur : « dans un pays d'immigration, l'importance dévolue aux premiers arrivés, pionniers volontaires ou malgré eux, reste une dominante de la conscience collective. On a les Mayflower qu'on peut ». « La colonisation pénale a été une forme de colonisation d’État, qui a permis le peuplement. C’est cela qui rend le bagne spécifique car il est, avec la colonisation libre, une des matrices de la société calédonienne », insiste M. Barbançon, lui-même héritier des deux types de colonisation.

L’auteur suit ces premiers transportés dans une étude exhaustive de leurs dossiers individuels, de leurs origines et de leur devenir personnel sur près de six décennies. Ce ne sont donc pas des forçats virtuels qui sont mis en scène, mais bien des hommes de chair et de sang replacés dans le contexte historique d'une terre de bagne, face à la répression ou à la réhabilitation. L'originalité de ce travail de mémoire tient avant tout dans le fait qu'au-delà des lois, des statistiques, de la chronologie, l'auteur tente de donner la parole à des femmes et à des hommes de rien dont il est lui-même originaire, faisant accéder ces oubliés de toujours, comme l'écrit en préface Michelle Perrot « à la dignité de l'Histoire ».

« Ce n’est pas une histoire du bagne », tient à préciser Louis-José Barbançon. « C’est un ouvrage que l’on peut ouvrir sans commencer par le début », puisque cette œuvre se veut thématique. Le livre est parsemé d’un bon millier d’illustrations. « Ce sont des illustrations avec des témoignages des anciens condamnés » a précisé l’auteur. « J’ai redonné la parole à ceux qui ne l’ont pas eue, une façon de redonner vie aux bagnards ». Et « ce n’est pas qu’une histoire de blancs non plus ». 115 Kanak ont été prisonniers, mais aussi plus de 500 Italiens, des Belges, des Suisses, tout comme des Algériens et d’autres peuples des colonies françaises.

« De ce bagne est issu une société » avoue l’auteur, qui « est sorti de la vision importée ». En tant que descendant de bagnard, Louis-José Barbançon estime avoir « une légitimité à parler ». « On n’a pas le même regard quand on est impliqué, il faut s’en méfier mais cela est un carburant », reconnaît l’historien.

Le premier volume traite du « Malheur », terme par lequel les condamnés désignaient leur condition de forçats. Un « malheur » qui débute en général à Toulon puis Saint-Martin-de-Ré et se poursuit sur les convois maritimes jusqu’à l’île Nou, où ils deviennent les « gens d’en face » aux yeux de la société de Nouméa. Autant de phases successives présentées en plusieurs chapitres qui présentent également l’activité et la vie du personnel de l’Administration pénitentiaire - qu’il soit militaire, civil, médical religieux ou encore kanak. À l’ombre du « malheur », d’autres facettes du bagne sont explorées : l’île des Pins, les minorités étrangères, arabes, asiatiques, kanak ou encore la fanfare et les artistes du bagne. Enfin, vient le sombre chapitre des punitions, des chaînes, des bastonnades, des instruments de torture, du quartier cellulaire de l’île Nou, du camp Brun, le camp de l’horreur et des exécutions à la guillotine.

Le second volume aborde le thème du travail forcé qui se décline en de multiples activités : corvées sur et en dehors de l’île Nou, travail dans les carrières ou au four à chaux, affectation dans les fermes pénitentiaires ou dans les établissements agricoles ou forestiers de l’AP, Bacouya, Prony, engagements chez les colons ou au profit des sociétés minières par les « contrats de chair humaine ». Le bagne devient bâtisseur, entrepreneur de travaux publics et l’abondance de sa main-d’œuvre en fait le principal consommateur de la colonie.

Suivent enfin les chapitres consacrés à la réhabilitation avec la présentation des centres de concessionnaires, Bourail, La Foa-Fonwhari, le Diahot et Pouembout-Koniambo. La formation ou la reconstitution de familles étant au cœur de la politique de colonisation pénale, les femmes au bagne, le devenir des enfants, les internats de l’AP sont tout autant de sujets qui, avec la libération et la condition des libérés, précèdent la longue agonie du bagne calédonien.

Cette exceptionnelle monographie s’offre comme un mémorial destiné à tous les descendants, acteurs et victimes de cette histoire, de façon qu’ils puissent mieux la connaître et la comprendre dans la perspective de cette « communauté de destin » que l’auteur appelle de ses vœux, avec le peuple kanak auquel ce passé colonial les a indéfectiblement liés.

NB : Nombreux articles sur ecrivainducaillou pour cet ouvrage à retrouver.

Publié dans Colonisation, Histoire

Partager cet article
Repost0

1 2 > >>