Dégrisements d'Alain Camus

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

 

Compil lecture du 02 avril

Ce samedi 02 avril 2011 je suis allé faire un tour aux « Lectures vagabondes » qui se tenaient à la maison du livre à Nouméa. N’ayant pas la possibilité de rester, j’ai assisté à l’ouverture des festivités orchestrées par Frédéric Ohlen en l’absence du directeur de MLC Jean-Brice Peirano et de sa collaboratrice Fanny Torre.

Frédéric a les clefs de la maison, il est chez lui dans la maison Célières. C’est avec son brio habituel qu’il a lancé la journée.

Je n’ai passé qu’une petite heure pour écouter la lecture de dégrisements d’Alain Camus. Je n’ai pas été déçu. Un texte fort comme je les aime, un texte vrai qui parle des sans-grades, de la Calédonie profonde et authentique. Un texte qui interpelle de suite lorsque l’on connaît bien le pays, un texte bien loin des exercices de style complètement inaudibles que l’on peut parfois entendre dans les salons des intellectuels calédoniens. L’écrivain ouvrier, le béotien que je suis est sorti bouleversé de cette lecture. Une heure de presque monologue pour parler du mal vivre du métis, des problèmes d’identité, d’intégration, de la brousse, de la ville, de la violence, de la prison. Eblouissante performance d’Alain Camus que je ne connaissais pas. Je vais vous raconter un passage car je n’ai pas eu une copie du récit. Le héros de « dégrisements » est le narrateur. Il est en cellule de dégrisement. Il s’interroge sur sa vie et sa situation de métis ; trop blanc pour certains, trop noir pour les autres. Dans ce passage, il dit « de mémoire » : «  Ce n’est quand même pas de ma faute si je suis né d’une mère descendante des kanak présentés à l’exposition coloniale pour montrer des cannibales et d’un père qui avait ses ancêtres parmi les visiteurs de l’exposition ». Ce ne sont pas les paroles exactes mais tout le récit est dans cette veine. Bravo monsieur Camus. JP

Publié dans Ecrivain calédonien

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