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47 résultats pour “Christine Bourrelly

Causerie autour de Paysage

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Hier soir mercredi 09 avril un plumeau d’auteurs calédoniens étaient réunis pour épousseter le paysage littéraire en présentant les textes d’un ouvrage collectif Paysage, une édition de l’association Ecrire en Océanie.

Ce recueil rassemble les textes de formes variées. Un échantillon des différentes formes littéraires (fragments, poèmes, théâtre, nouvelles...) de douze auteurs.

Cyril Pigeau (prix Ecrire en Océanie)

Mireille Rolly (prix Médiathèque Ouest)

Alain Lincker (prix Association des bibliothécaires du Nord)

Christine Cho (lauréate 2012) Frédérique Viole (lauréate 2011) Léopold Hnacipan (lauréat 2010) et des auteurs membres du jury :

Michel Chevrier, Claudine Jacques, Firmin Mussard, Frédéric Ohlen, Nicole Perrier et Roland Rossero.

Une belle soirée organisée par Dominique Buzance qui a de plus en plus de succès avec ses causeries. La littérature calédonienne est en plein essor. Nos locomotives comme Frédéric Ohlen, Dewé Gorodé et Nicolas Kurtovitch absents pour cause de divers salons en métropole pourrons surement en témoigner lors des manifestations à venir. L’émission NC 1er Itinéraires filmé de main de maître par Alan Nogues a montré de beaux portraits d’écrivains de Nouvelle-Calédonie hier mardi 08 avril. Certains d’entre eux sont coauteurs de l’ouvrage Paysage.

À noter la belle illustration de couverture de Bernard Billot

La production d’ouvrages en Nouvelle-Calédonie n’est pas peut-être pas proportionnelle aux nombres de lecteurs. On est encore loin d’approcher la ferveur des Islandais. Voir ci-dessous cet extrait d’un article de libération :

Islande Le givre et les lettres en 2012

…Peu d’Européens du continent connaissent l’existence de ce mystère, qui n’a rien, ou trop peu, à voir avec le roman noir dont on estampille souvent l’ensemble de la production scandinave. L’incroyable tient en une phrase, formulée par le poète : «Le texte occupe une place spéciale dans la société islandaise.» Autrement dit : sur cette île peuplée de 320 000 âmes dont les deux tiers vivent à Reykjavik, les gens lisent et écrivent comme nulle part ailleurs.

Difficile de faire l’impasse sur les chiffres tant ils sont étourdissants : en 2010 et 2011, 70 % des habitants de la capitale ont emprunté un livre à la bibliothèque municipale. L’an dernier, 1,1 million d’ouvrages en sont sortis. En 2009, 64,5 % des Islandais se sont acheté au moins un livre et 82 % ont dit en avoir lu un par plaisir. L’Islande est le pays qui compte le plus grand nombre de livres publiés par tête au monde : 5 pour 1 000 habitants (contre 2 à 2,5 dans les autres pays scandinaves). Le tirage moyen d’un ouvrage y est de 1 000 exemplaires - ce qui aux Etats-Unis équivaudrait à un million ! La fièvre littéraire atteint son climax à la fin de l’année, le livre étant le cadeau de Noël le plus répandu…

Causerie autour de Paysage

Petit aparté sur fond de Paysage
J’aurais pu et j’aurais aimé être l’un des élus de l’association Ecrire en Océanie pour figurer dans le casting. J’ai été lauréat avec ma nouvelle Che si ascuiga le castagne ora (Qui va sécher les châtaignes maintenant) en 2011 du prix Association des bibliothécaires du Nord ainsi que pour C’est ça le destin commun un concours organisé par la bibliothèque Bernheim la même année mais j’aurais fait le treizième homme.
Le chiffre 13 est sans aucun doute le plus significatif des nombres d'un point de vue superstitieux. Je ne m’élèverai pas contre les triskaidékaphobes qui usent de pratiques discriminatoires à l’égard du chiffre 13 étant moi-même superstitieux. Je pense avoir échappé à la malédiction. A noter que les trois lauréats 2013 sans date mentionnée au début de la liste des auteurs est un signe révélateur de cette phobie du 13. Joël Paul

Mon article du CaledonianPost

Publié dans Ecrivain calédonien

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Benoît Saudeau, écrivain, a attiré du monde au Boop’s Café à la dédicace de deux de ses ouvrages.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Benoît Saudeau, écrivain, a attiré du monde au Boop’s Café à la dédicace de deux de ses ouvrages.

Benoît Saudeau, malgré le temps qui passe, est resté le même homme, celui du petit écran que l’on attendait à l’heure du journal en Nouvelle-Calédonie. Les Calédoniens venus le saluer avaient l’impression de revoir le journaliste comme s’il avait présenté le journal télé de la veille. Les journalistes et animateurs deviennent au fil du temps des familiers, des membres de la famille. Le temps n’a pas de prise sur eux. Ils deviennent intemporels comme les acteurs de nos films favoris. Pourtant son dernier journal télévisé date de 1995 !

Benoît vit en Bretagne, c’est un écrivain à plein temps maintenant mais pour les habitants du Caillou, il restera toujours un peu le journaliste RFO. C’est pourtant bien pour parler de sa nouvelle vie de son travail d’écrivain qu’il était là. Il a dédicacé et s’est entretenu avec la gentillesse qu’on lui connait, une noblesse de l'âme naturelle chez lui pour chaque personne présente. Il a évoqué ses projets littéraires qui seront plus ancrés sur la Bretagne à l’avenir mais notre île de la France australe aura toujours droit à une petite place car il se sent îlien. Ses séjours en Nouvelle-Calédonie lui ont laissé des stigmates indélébiles. Vous trouverez ci-dessous l’extrait d’un article des Nouvelles Calédoniennes sur l’auteur Benoît Saudeau. Cathie Manné, présente à cette dédicace hors les murs, est à votre disposition dans sa librairie place « des lumières de Noël », anciennement des Cocotiers avec les ouvrages de Benoit Saudeau pour ceux qui ont raté le rendez-vous de ce matin.

Plus sur Benoît Saudeau sur ce blog (sur son ouvrage Ulysse Cadenas)

Ou sur Presqu’îlien

Vidéo de présentation d'Ulysse Cadenas, un régal de lecture

Quelques photos de cette sympathique dédicace
Quelques photos de cette sympathique dédicace
Quelques photos de cette sympathique dédicace
Quelques photos de cette sympathique dédicace
Quelques photos de cette sympathique dédicace
Quelques photos de cette sympathique dédicace

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Une suggestion de livres récents de son éditeur Humanis que je lis en ce moment

Une suggestion de livres récents de son éditeur Humanis que je lis en ce moment

ENTRETIEN AVEC Benoît Saudeau, journaliste et écrivain

 

« L’identité, c’est une histoire universelle, ça fait partie des grands mythes… »

 

Propos recueillis par Christine Lalande | Crée le 07.12.2019 à 04h25 | Mis à jour le 07.12.2019 à 04h25 (court extrait)

 

Benoît Saudeau, visage des journaux télévisés calédoniens dans les années quatre-vingt puis directeur régional de RFO dans les années 2000, partage aujourd'hui sa vie entre Paris et la Bretagne. A la faveur d'une visite, il propose une causerie ce samedi autour de ses romans.

Les Nouvelles calédoniennes : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

 

J’ai écrit pendant des années et des années les histoires des autres. Et au bout de quasiment quarante ans de carrière, au moment où je me suis retiré, j’ai ressenti le besoin de me libérer des contraintes éditoriales que j’avais connues et de changer de temporalité. M’affranchir des contraintes déontologiques, professionnelles, et me faire plaisir. Et quand on a 68 ans et qu’on a un petit peu roulé sa bosse, on a deux trois choses à raconter. J’ai voulu faire de la fiction, non pas que j’aie honte de quoi que ce soit dans ma vie, mais mes mémoires n’auraient aucun intérêt et je ne suis pas assez vieux pour les écrire. Je pense que les situations et les gens que j’ai pu rencontrer, notamment ici en Nouvelle-Calédonie, méritent largement qu’on parle bien d’eux. Et je ne suis pas sûr qu’en 1 minute trente d’antenne ou en trois feuillets, on puisse toujours bien parler des choses.

 

Vous l’avez même écrit dans Presque Ilien :

« A la télé on n’entend jamais la clameur des tempêtes.

Il y a toujours un journaliste émotif pour en faire des phrases à rallonges »

dites-vous… C’est ce que l’écriture vous permet ?

Là en l’occurrence c’est un coup de pied que je me donne à moi-même (rires) puisque ça fait référence au cyclone Jiane. J’avais été envoyé à Koumac, c’était mon premier cyclone. Et les Calédoniens qui me faisaient le bonheur de me suivre à l’époque m’avaient alors dit : « mais arrête de parler et fais-nous écouter le cyclone ! » C’est effectivement une autocritique. Suite à lire sur votre quotidien Les Nouvelles Calédoniennes

Publié dans Roman

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Titaua Peu acclamée par les journalistes littéraires de métropole pour son roman Pina

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

“Ecrire est indissociable pour moi du souhait de voir émerger une société plus juste”,

Titaua Peu

Photo de Titaua Peu à Paris, peu après la remise du prix Eugène Dabit du roman populiste, présidé cette année par Michel Quint. © Maurice ROUGEMONT/Opale/Leemage

Photo de Titaua Peu à Paris, peu après la remise du prix Eugène Dabit du roman populiste, présidé cette année par Michel Quint. © Maurice ROUGEMONT/Opale/Leemage

Extrait d'un article de Christine Chaumeau Publié le 30/12/2017 dans Télérama

Récompensée il y a peu par le prix Eugène Dabit, l’auteure polynésienne fait valser les clichés de ces îles, petits paradis du Pacifique. Dans “Pina”, roman noir aux accents de Toni Morrison, la violence est omniprésente, jusque dans le style fougueux, sans concessions, qui a tant séduit le jury. 

Un bonnet vissé sur la tête pour se protéger du froid parisien, Titaua Peu s’installe à une terrasse de café, place Daumesnil. L’entretien est parfois interrompu par les conversations sur Messenger avec sa fille adolescente, restée à Tahiti. Dans quelques heures, l’auteure, âgée d’une petite quarantaine d’années, repartira vers Papeete, couronnée par le prix Eugène Dabit du roman populiste qui lui a été remis début décembre, à l'Hôtel du Nord. Son livre Pina a séduit le jury, qui l'a élue au second tour, face au Jour d’avant de Sorj Chalandon. « J’ai été emballée par Pina, explique ainsi l’écrivaine Valentine Goby, membre du jury. Titaua Peu a un style musclé, nerveux, qui emporte. »

Un récit tourbillon

La romancière happe le lecteur d’une plume pleine de fougue, au service d’un récit tourbillon où se croisent de nombreux personnages. On est, un temps, un peu perdu dans ces destins multiples, mais tous, de Hannah, la fille réfugiée en France pour fuir la violence intrafamiliale, à Ma, sa mère, à la fois madone et putain, nous émeuvent. Ils sont fracassés par la vie. Car, sous les cieux tahitiens, la violence n’épargne personne – « La vie n’est-elle pas violente ? », remarque Titaua Peu.

Ainsi de cette mère qui tua son enfant en 2002, dans un quartier de Pirae, la banlieue de Papeete. Un fait divers à partir duquel Titaua Peu a construit le personnage de Pina, une fillette de 8 ans, délaissée par sa mère à cause de sa peau trop noire, et violée par Auguste, son père. « J’avais aussi en tête le personnage de Pecola Breedlove de Toni Morrison »,explique Titaua Peu. Dans son premier roman, L’Œil le plus bleu, la prix Nobel de littérature imagine une fillette noire dont le rêve est d’avoir des yeux bleus, pour être aimée et échapper aux coups.

“Titaua Peu ose tout. Elle emploie un style mal élevé pour défaire les tabous”, Michel Quint, président du jury

Pina, elle, pose un regard tendre sur sa famille disloquée. Les aînés ont fuit un père alcoolique et brutal. Celui-ci, revenu à la vie après un accident, se voit en rédempteur d’un Tahiti abîmé, cabossé, corrompu. « On est parfaitement dans les critères du prix. Un style affirmé et une thématique qui met en lumière les invisibles », précise Valentine Goby. « Ce livre nous parle du peuple simple, du quotidien. Titaua Peu ose tout. Elle emploie un style mal élevé pour défaire les tabous. Et son texte va au delà du rêve tahitien que nous entretenons tous », détaille l’écrivain Michel Quint, le président du jury.

Aucune place pour les clichés polynésiens

Titaua Peu démolit l’image de Tahiti. On est loin de la voluptueuse douceur de vivre associée à ces îles tropicales. Aucune place pour les clichés polynésiens. Son roman est noir, comme les rues pouilleuses, à deux pas du marché et de la mairie de Papeete, théâtre de rencontres nocturnes interlopes et sinistres, où la misère ne se cache plus. Une giffle à la face des Polynésiens qui s’appliquent à ressembler aux mythes toujours véhiculés. « On a tendance à vouloir se conformer au regard que les autres portent sur nous », s’énerve Titaua Peu.

“J’ai de la compassion pour mes ancêtres qui ont subi la colonisation, mais je n’adhère pas à la posture victimaire”, Titaua Peu

« Ecrire est indissociable pour moi du souhait de voir émerger une société plus juste. Et passer un message d’amour au peuple », ajoute-t-elle – à ce « petit peuple » au sein duquel elle a grandi. Longtemps, elle se demandait comme vivre avec son nom de famille. Il posait d’emblée des origines plus autochtones qu’européennes. Une tare dans un monde métissé mais très hiérarchisé. « C’est ma richesse », sourit-elle, aujourd'hui débarrassée des complexes d’autrefois. Le peuple de Pina raconte les blessures à l’âme laissées par la colonisation et par l’évangélisation. Comment s’aimer, se tenir droit sur ses deux pieds, quand la part autochtone de l’héritage a été niée, dénigrée ? Comment être fier et sûr de soi ?

Pour évoquer les métastases d’un passé mal digéré, elle se retrouve dans le regard de Toni Morrison : « J’ai de la compassion pour mes ancêtres qui ont subi la colonisation, mais je n’adhère pas à la posture victimaire. » A ses yeux, l’écrivain est avant tout celui qui fait voyager, rire et pleurer, celui qui donne du plaisir...

Suite à lire absolument sur le site de Télérama en suivant ce lien

Pina, de Titaua Peu, éd. Au vent des îles, 372 p., 21 €. Lire un extrait sur le site éditeur.

Voir aussi sur le blog de ecrivainducaillou

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Un bar en Tropikie de Gilles Méline, un livre à redécouvrir

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un bar en Tropikie de Gilles Méline, un livre à redécouvrir
Un bar en Tropikie de Gilles Méline, un livre à redécouvrir

Editeur Gilles Méline (1er édition en 2009) et Lulu.com (22 septembre 2011)

Disponible chez Calédo Livres et sur Amazon

Un livre à redécouvrir pour ceux qui sont passés à côté lors de sa sortie. Ce n’est pas mon cas mais les commentaires de Bernard Pivot et de Paul Auster auteur américain francophile que Gilles Méline a rapporté sur son mur Face Book, m’incitent à parler d’Un Bar en tropikie d’autant qu’un précédent papier sur ce livre a disparu avec la perte de mon ancien blog. Je pense qu’après cet adoubement Gilles va être enfin élevé au rang de chevalier des Lettres de Tropikie. Il le mérite. Il m’avait fait un beau papier à la sortie de mon roman Le Calédonien à lire ci-dessous à une époque où la critique pour ne pas dire le critique faisait une démolition systématique des écrivains émergents. Même pas peur ! Bravo Gilles. JP

Résumé :

Dans un bar plutôt glauque de Kalala, la capitale de la Tropikie (pays du Pacifique Sud), une série de mini-bouleversements va changer la vie dissolue des habitués des lieux. Ces derniers : Blancs, Noirs ou Métis, issus de différents horizons sociaux, côtoient régulièrement « Prof », un savant septuagénaire qui enseigne à l'université de la ville. Il aime venir s'encanailler dans cet endroit qui est la vitrine de la société locale. Au fil des jours, une mutation va s'effectuer au sein de l'établissement. Le sordide débit de boissons va susciter la curiosité de toute la population. Cette notoriété va aller crescendo et traverser les frontières. Que se passe-t-il donc dans ce café qui arbore l'enseigne « Aux States » ?

Ce qu’en disent les lecteurs :

« Un excellent ouvrage, que l'on lit avec passion du début à la fin. Des figures attachantes décrites avec talent, et une écriture agréable et fluide. Un excellent livre à recommander ». Anonyme

« C'est un chef d'œuvre » Bernard Pivot

 « Fowmidaableuuu » Paul Auster

« Je dis comme Bernard Pivot » Joël PAUL ( :

 

Édition : Le Calédonien de Joël Paul

Hallucinante traversée

Dans son premier roman publié aux éditions L'Harmattan, Joël Paul nous invite à bord du paquebot mixte Le Calédonien pour un voyage au long cours qui va mener son héros, Robert, de Paris jusqu’à Nouméa. Un périple à travers les océans, mais aussi un flash-back sur l'histoire récente de la Nouvelle-Calédonie à travers quatre décennies.

Après Coup de soleil sur le Caillou, recueil de nouvelles truculentes et poétiques, Joël Paul nous narre «sa» Nouvelle-Calédonie. Le Calédonien est un roman, certes, mais son contenu est lacement inspiré par les souvenirs de l'auteur. Ce dernier excelle dans un genre qu'il aborde pour la première fois : le récit d'une vie. Aîné d'une fratrie de quatre gamins, son personnage, Robert, aide ses parents à tenir la boulangerie familiale. La petite existence bourgeoise du jeune «parigot» (qui n'est pas sans évoquer l'univers d'Amélie Poulain) va tourner à l'épopée. Robert (malgré lui, mais pour son plus grand bonheur) embarque avec les siens sur le navire des Messageries Maritimes pour rejoindre son père, venu s'installer dans «les colonies» un an plus tôt. Alors que le bateau fait route vers Nouméa (quarante-cinq jours de mer), l'adolescent va découvrir la vie. Une vie racontée, entre autres, par quelques passagers bourlingueurs et cabots, jamais avares d'histoires exotiques. La traversée est passionnante, et le lecteur ne peut que partager, d'escale en escale, les sensations du jeune homme.

UNE VRAIE HISTOIRE D'AMOUR

La nouvelle existence de Robert, aux antipodes de la Métropole, est tout aussi exaltante. Les Calédoniens reviendront avec nostalgie au temps du «boom» du nickel, lorsque la vie était facile. Au fil des pages, le Caillou évolue, chargeant le sac à dos imaginaire de Robert d'un lest qui se fait de plus en plus pesant. Après les beaux jours viennent les «Evénements», le quotidien qui s'assombrit, non sans laisser la place à de belles éclaircies... Joël Paul décrit à merveille les soubresauts de son cheminement qui sont intimement liés à ceux du pays. Cette aventure est une véritable histoire d'amour racontée avec maestria par un «jeune auteur» qui possède déjà les qualités d'un narrateur de grand talent. Gilles Méline

En vente en librairie au prix de 4 200 F.

NB : Christine Allix le 25 mars 2009 avait fait un bon papier également sur Le Calédonien

Gilles MELINE

Néo-calédonien (enfin presque, puisqu’il est arrivé à Nouméa en 1971, alors qu’il avait onze ans), c’est un passionné de trains et d’épopées ferroviaires. Pourtant, en Nouvelle-Calédonie, il n’a existé qu’une seule ligne (au début du XXème siècle), tombée dans l’oubli depuis longtemps.

Ses souvenirs remontent à mon enfance, lorsqu’en Métropole, il prenait le train avec sa famille (micheline, pour les proches destinations, puis, loco à vapeur, pour aller « à la montagne »).

Après le baccalauréat, il effectue divers petits boulots à Nouméa entrecoupés de nombreux séjours en Australie. Il a ensuite officié dans le domaine de la recherche vétérinaire, avant de devenir journaliste, métier qu’il a exercé une vingtaine d’années à Nouméa. Journaliste pilote du magazine COCO TV et Les Nouvelles calédoniennes

Il a écrit un roman intitulé « Un bar en Tropikie », dont un chapitre voit son héro s’adonner au modélisme ferroviaire…

Il écrit également des nouvelles, des histoires d’aventures (dont une, vécue à Cuba, a été lue sur France Inter lors de l’émission « Les carnets de l’aube »).

Enfin, la poésie tient une part importante dans sa vie puisque il a consacré une grande partie de son temps à ce genre littéraire…

Principale source Des Rails La revue de l'imaginaire ferroviaire

Publié dans Roman

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Chân Dang en BD, un beau projet est en train de naître

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les auteurs et acteurs de ce projet avec Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie

Les auteurs et acteurs de ce projet avec Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie

Chân Dang en BD, un beau projet est en train de naître

 

 

Le docteur Do Tess de l’université de Melbourne actuelle directrice du projet de traduction Chân Dang en anglais travaille depuis 2008 sur les Chân Dang. Elle a publié aux USA aux éditions Ropodi de New York un ouvrage collectif intitulé «Exile Cultures Misplaced Identities ».

Elle était de passage à Nouméa accompagnée de Clément Baloup, auteur et dessinateur BD, qui s’intéresse aux diasporas vietnamiennes. Celui-ci a notamment publié en France "Little Saïgon", "Quitter Saïgon" et "Un automne à Hà Nôi". 

Madame Do Tess lui avait proposé de venir avec elle afin de découvrir la population vietnamienne du Caillou pour la réalisation d'une BD. Une Bd sur nos Chân Dang devrait permettre de mieux faire connaître l’histoire de ces travailleurs tonkinois engagés dont beaucoup de descendants sont restés sur le Caillou en choisissant de devenir Calédonien.

 

Biographie

Clément Baloup est né d'une mère française et d'un père vietnamien installé en France. Il fait ses études à Marseille au lycée Denis Diderot en arts appliqués, à l'EESI (École européenne supérieure de l'image), ainsi qu'au sein de la Vietnam University of Fine Arts. Il travaille régulièrement pour la presse nationale ou internationale et est également membre du Zarmatelier, un atelier de bandes dessinées. Influencé par le genre des romans policiers (comme Le chien des Baskerville), l'Asie représente un thème majeur dans ses œuvres et il a réalisé plusieurs récits sur les migrants issus de ce continent, comme Mémoires de Viet Kieu. Le premier volume, Quitter Saïgon, portant sur « l'exil des Vietnamiens de France », a reçu plusieurs distinctions. Pour le second volume, Little Saigon, il a reçu le soutien de l'association Cultures France pour mener un reportage aux États-Unis et recueillir des témoignages d'exilés. Toujours sur ce thème, il publie en 2012 avec Mathieu Jiro La concubine rouge, une fiction d'après une trame historique et dont l'action se déroule en Indochine française.

 

En 2014 paraissent deux ouvrages aux styles très différents : d'une part, Le Vaurien, « une épopée complètement loufoque » et d'autre part, Le ventre de la hyène, qui se déroule en Afrique subsaharienne et à Marseille et aborde le thème des enfants-soldats, récit scénarisé par Clément Baloup et dessiné par Christophe Alliel.

 

 

Œuvres

Illustrations

Michael Jackson en bandes dessinées, Céka (Éditeur Petit à Petit) 10.

Carnet d'Indonésie, avec Joël Alessandra, Simon Hureau, Sylvain-Moizie, Éditeur La Boîte à bulles.

 

Bandes dessinées et romans graphiques

Un automne à Hanoi (Éditeur. La Boîte à bulles)

Quitter Saigon, mémoires de Viet Kieu tome 1 (Éditeur. La Boîte à bulles)

Little Saigon, mémoires de Viet Kieu tome 2 (Éditeur. La Boîte à bulles)

La vie en rouge (avec Domas ; Éditeur. La Boîte à bulles)

Le chemin de Tuan (avec Mathieu Jiro ; Éditions du Seuil)

Le choix de Hai (avec Mathieu Jiro ; Éditions du Seuil)

Diables sucrés (avec Mathieu Jiro ; Éditeur. Gallimard)

La concubine rouge (avec Mathieu Jiro ; Éditeur. Gallimard)

Le club du suicide, d'après R.L.Stevenson (avec Eddy Vaccaro ; Éditeur. Soleil Productions)

Le vaurien (Éditeur. La Boîte à bulles)

Le ventre de la hyène (avec Christophe Alliel ; Éditeur. Le Lombard)

Les mariées de Taïwan, mémoires de Viêt Kieu tome 3 (Éditeur. La boîte à bulles)

 

Récompenses

2011 : Prix du jury œcuménique de la bande dessinée pour Quitter Saïgon;

2011 : Prix Melouah Moliterni pour Quitter Saïgon ;

2011 : Prix Coup de cœur de Médecins Sans Frontière pour Quitter Saïgon ;

2012 : Prix coup de cœur Michelin pour Little Saigon ;

2012 : Prix Nouveau Mangaka pour Little Saigon ;

2014 : Prix du meilleur album au festival BD de Moulins pour La concubine rouge1.

Photo Joël Paul 2013 inauguration du quartier asiatique

 

Le président de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie Jean Vanmai est un ami, je l’ai rencontré sur ce sujet du devoir de mémoire des Chân Dang :

 

— "Oh ! La... jupe ?..." a été l'étonnement de l'artiste BD visiblement surpris pour ne pas dire désappointé en découvrant le monument.

 

Interrogé un peu plus tard par mes soins, Jean Vanmai après une certaine hésitation m'apporte son point de vue sur ce sujet :

« Clément a vu juste. Car moi-même sans doute avec d'autres descendants de Chân Dang, tout comme les Calédoniens de ma génération, sommes mal à l'aise devant ce "monument", que certains considèrent d'ailleurs comme de "style soviétique", et qui ne représente absolument pas l'image que nous avons de nos parents les Chân Dang. En effet, l'homme avec ses pectoraux saillants alors qu'il était mal nourri et de plus forçat du travail n'est pas représentatif d'un engagé tonkinois de cette époque. Tandis que la belle et svelte jeune femme en jupe ne passe absolument pas. Puisque nos mamans Nhà Quê ne portaient pas de jupe en ces temps-là. Et c'est la raison pour laquelle moi comme mes amis descendants des Chân Dang, n'avons pas réussi à nous approprier ce monument en venant par exemple le fleurir de temps en temps ou en s'inclinant avec respect pour rendre hommage à une... véritable maman.

— C'est raté, alors ?

— Non ! Ce n'est pas raté. Mais il faudrait le changer d'endroit. Par exemple l'entrée principale de l'AVNC à Magenta conviendrait parfaitement. Car compte tenu de leur aspect "jeunesse", les personnages seraient très accueillants et pourraient même à la limite représenter la seconde génération, c'est-à-dire la nôtre.

— Mais alors pourquoi ce choix actuel ?

— Simplement parce que le comité organisateur de l'époque n'avait pas pris sérieusement en compte le fait qu'il s'agissait-là d'un monument à caractère "historique". Malgré mes interventions nombreuses, ils avaient préféré ériger un "beau monument" à la place, en prenant pour modèle une jeune femme en jupe, s'inspirant d'une photo qu'ils auraient trouvée dans un livre !        

— Avec quoi le remplacerez-vous ?

— Depuis quelque temps, un certains nombre d'entre nous, ceux de ma génération, pensons que nous devrions le remplacer par un monument un peu plus grand avec des personnages aux physiques et habillements proches de la réalité de cette époque. Et nous pensons qu'avec un accord consensuel entre nous à trouver, nous allons devoir agir très rapidement. Du moins avant que ceux et celles de ma génération ne disparaisse simplement à cause de notre âge avancé.

— Un autre monument coûtera de l'argent.

— Bien entendu, pour cela il nous faudra organiser des collectes non seulement auprès de la population vietnamienne locale, mais également auprès de la population calédonienne, tout comme auprès des institutions territoriales. Je suis certain que nos compatriotes de toutes origines répondront favorablement à notre sollicitation.      JP

Autour du monument qui effectivement interroge 2013 JP

Deux articles sur ecrivainducaillou évique cet illustrateur :

Article 1   Article 2 suivre les liens SVP

 

Voir aussi sur LNC

Simone Bui Thi Nhon, une histoire dans l’histoire

L’art au chevet de la mémoire. Pendant que l’histoire se partage, Clément Baloup croque. Photos CL

 

MEMOIRE. La vie de Simone, dernière Chân Dang, passionne les spécialistes de cette période. Début octobre, un auteur de BD et une enseignante australienne sont venus à sa rencontre.

« C’est une course contre la montre pour garder trace de cette mémoire ». Clément Baloup, auteur et dessinateur de bandes dessinées consacrées aux diasporas vietnamiennes, croque dans un petit carnet la rencontre unique à laquelle il est en train d’assister. Aux côtés de Jean Vanmai, auteur calédonien d’ouvrages sur les Chân Dang - les Vietnamiens engagés sous contrat dans les mines de nickel calédoniennes au XIXe siècle - il garde trace de sa visite à Simone Bui Thi Nhon, âgée de 103 ans désormais, la dernière Chân Dang de Nouvelle-Calédonie Suite de cet article réservé aux abonnés et sur la version papier des Nouvelles. Article de Christine Lalande | Crée le 19.10.2019 à 04h25

 

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La fille qui court comme le vent en dédicace ce samedi 03 novembre à Calédo Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Photos de Joël PAUL Copyright © 2018
Photos de Joël PAUL Copyright © 2018 Photos de Joël PAUL Copyright © 2018

Photos de Joël PAUL Copyright © 2018

La fille qui court comme le vent de Marie Murtini, du théâtre publié avec l'aide à l'édition de la province Sud Diffusion distribution : Book’In

 

L’ouvrage

En proie à ses doutes, Gabrielle, une jeune botaniste passionnée, se réfugie dans le maquis minier du grand Sud de la Nouvelle-Calédonie pour s’y ressourcer. Elle y fait une curieuse découverte : une feuille géante qui reprend vie à force de soins.

Comme envoûtée, Gabrielle est propulsée au Japon, le matin du 25 octobre 1955. Elle y rencontre Sadako Sasaki, une jeune fille de douze ans, irradiée lors du bombardement d’Hiroshima. Cette joyeuse amie, pleine de courage et de détermination, va transformer la vie de Gabrielle.

Marie Murtini (Marie M), comédienne et plasticienne, a écrit, interprété et mis en scène plusieurs spectacles pour le jeune public.

La fille qui court comme le vent est sa première pièce publiée. Elle s’inspire de la vie de Sadako Sasaki, « la fille aux mille grues », devenue, avec ses oiseaux de papier, une icône de la paix à travers le monde.

Une première version de cette pièce a été créée à la médiathèque municipale de Rivière-Salée, au centre culturel du Mont-Dore, en septembre 2016, avec son auteure pour interprète.

« Lors d’une visite à mon amie Noriko, à Tokyo, j’ai remarqué à l’entrée d’une gare un bas-relief représentant une jeune fille devant un envol de grues en origami. Noriko m’a alors raconté l’histoire de Sadako Sasaki et m’a appris à faire ma première grue en papier. L’histoire touchante de Sadako et la pratique de l’origami m’ont donné envie de créer cet objet théâtral évoquant un dialogue entre le passé et le présent, le Japon et la Nouvelle-Calédonie. C’est ma modeste contribution en faveur de la paix… »

 

L’auteure Marie Murtini

Marie Murtini, dite Marie M (Marie-Christine Mathieu) est une artiste pluridisciplinaire, s’exprimant aussi bien dans l’art dramatique que dans les arts plastiques. Après avoir œuvré pendant vingt ans en tant qu’institutrice, elle quitte l’enseignement et choisit en 2007 de se consacrer entièrement à ses activités artistiques.

Peintre autodidacte, son médium de prédilection est l’acrylique qu’elle associe parfois à des collages. Son expression est joyeuse et très colorée. On peut notamment retrouver ses peintures réalisées en 2016 et 2017, dans quelques salles d’attente ou de soins du pôle Mère-Enfant du Médipôle de Koutio.

Depuis 2002, elle expose régulièrement en Nouvelle-Calédonie et en Métropole. En septembre 2008, elle remporte le premier prix de la catégorie Techniques mixtes lors du 11e concours Phocé’art, à Marseille. En décembre, la Province Sud lui décerne le prix du talent.

En Septembre 2017, lors de sa dernière exposition personnelle soutenue par la Province Sud De Marie à Murtini, Marie M rend un hommage à sa mère, dont elle s’approprie le nom de jeune fille, Murtini.

Son autre passion est le théâtre : elle se forme aux arts de la scène aux Ateliers théâtre de Nouméa de 1993 à 1996. Elle complète cette formation en suivant régulièrement des stages destinés aux professionnels du pays. Notamment au théâtre de l’Île, où des troupes métropolitaines proposent des ateliers dans différentes spécialités (jeu, texte, training, art du clown…). Marie M s’initie également à l’art du conte auprès des invités extérieurs lors des festivals de contes organisés, entre autres, par la Ville de Nouméa.

Elle participe en tant que comédienne aux pièces Candide de Voltaire, Le roi se meurt d’Eugène Ionesco, Monsieur Barnet de Jean Anouilh, Les Bonnes de Jean Genet, Sauve-toi Pinocchio d’Olivia Duchesne, et contribue en tant qu’auteure et comédienne à la création de la trilogie des D’zirs de femmes (trois spectacles présentés au théâtre de Poche de 2004 à 2006). Elle écrit et met en scène des spectacles destinés au jeune public, comme Marie Tambouille - La marchande d’histoires, Sakamo, Ronde est la Lune. En 2017, elle crée avec Liliane Tauru un spectacle familial en faveur de la lecture : Au secours mon enfant n’aime pas lire, présenté en septembre 2018 au centre culturel Tjibaou dans le cadre du SILO.

Elle s’exprime également à travers le conte indonésien, un clin d’œil à ses origines : elle a notamment créé et interprété Le Voyage de Setiawati, ou encore Les Aventures de Kancil.

Elle explore l’écriture dramatique grâce aux stages proposés par le théâtre de l’Île. En 2008, elle travaille sur le thème de l’autobiographie avec Sylvie Mongin-Algan. De 2009 à 2011, elle suit les ateliers de Roland Fichet et s’engage dans son projet « Portrait avec paysage ». Ce travail s’achève par une résidence dans la compagnie Folle Pensée, à Saint-Brieuc et aboutit à l’écriture d’un monologue : Je suis la musique, c’est tout, présenté en lecture à Saint-Brieuc et à la Maison du Livre à Nouméa.

En 2016, Marie Murtini engage l’écriture de La fille qui court comme le vent. Une première version est présentée à la médiathèque municipale de Rivière-Salée en septembre. Le texte évoluera pendant deux ans entre le travail sur table et sa mise à l’épreuve sur le plateau. L’élaboration de cette pièce est le fruit d’un travail d’équipe avec Marcela Pizarro pour l’aide à l’écriture et à la mise en scène, Émilie Féron pour l’initiation au théâtre d’objet et à l’art de la marionnette, et Marie Lee pour la création lumière et l’assistance technique.

En 2017, La fille qui court comme le vent, obtient une résidence au Théâtre de poche et au centre culturel du Mont-Dore. Une première version en extérieur est présentée au château Hagen. En mars 2018, lors d’une résidence au dock sociaux-culturel de Païta, la pièce aboutit à sa forme actuelle. Elle continue d’être diffusée sur l’ensemble du pays avec l’aide de la province Sud et de la Mission aux Affaires culturelles.

La fille qui court comme le vent est sa première pièce publiée, mais Marie M a déjà collaboré en tant que plasticienne à divers ouvrages : Le Destin commun, livre d’art édité à Nouméa en novembre 2009, Super Lunette au bord de la mer, un cahier d’activités paru aux éditions Grain de sable, en octobre 2007. Elle a, en outre, illustré la couverture et quelques pages d’un livre-CD de comptines calédoniennes intitulé Toutoute, aux éditions Grain de Sable, en mars 2007.

Elle travaille actuellement sur un nouveau texte destiné aux adolescents, mis en chantier lors de l’atelier donné par Suzanne Lebeau, une dramaturge québécoise invitée sur le territoire en août 2018.

 

La pièce

Mise en scène : Marie Murtini, assistée de Marcela Pizarro.

Création lumière, régie son et lumière : Marie Lee. Montage voix off : Pierre Hoarau. Costumes, marionnettes et accessoires : Marie Murtini, avec le concours d’Émilie Féron, de Romain Mathieu, de Pierre Troquereau et d’Isabelle Perrey. (Source Madrépores)

 

N’oubliez pas "Elle voit des nids partout", à la galerie du centre d'art. Exposition en duo avec Dominique Berton: Symboliques du piaf jusqu'au 30 novembre. A voir du mardi au vendredi de 8h30 à 16h30 et une heure avant chaque représentation.

Photos de Joël PAUL Copyright © 2018
Photos de Joël PAUL Copyright © 2018Photos de Joël PAUL Copyright © 2018

Photos de Joël PAUL Copyright © 2018

La fille qui court comme le vent en dédicace ce samedi 03 novembre à Calédo Livres

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Avant-propos et mise en garde :

Ci-dessous un article pour vous donner envie de découvrir nos plantes du Caillou. Je n'ai pas les compétences pour confirmer que toutes les vertus ou utilisations de ces plantes sont réelles et applicables. Je vous invite à consulter les nombreux ouvrages ou de consulter les sites des scientifiques dans ce domaine pour en savoir plus avant d'appliquer des recettes pour vous soigner par exemple. Nous savons en Nouvelle-Calédonie que certaines plantes sont nocives pour la santé.

Préambule :

Le Dr Paul Quaeze est décédé en octobre 2015 suite à un malaise, toute la classe politique et le monde du sport avait rendu un hommage à un homme apprécié de tous. Son article du 11 août 2012 est aussi une manière de lui rendre hommage. JP

Médecin de brousse en Kanaky

La vie quotidienne d'un médecin de brousse en Nouvelle Calédonie. La connaissance historique, géographique, ethnique, culturelle et artistique de la Nouvelle Calédonie La connaissance du peuple Kanak

Article élaboré à partir d’extraits d'un article du Dr Paul QAEZE et d'une interview de Patrice GODIN pour la médecine kanak http://jpcaillon.canalblog.com/ et de Wikipédia pour les images de plantes ou d’arbres.

Généralités :

La médecine occidentale peut apprendre de la traditionnelle.

Elle a voulu longtemps couper le malade de son environnement personnel. Par souci de simplification. C'était l'un des rôles essentiels de l'hôpital. Elle a fait reculer les maladies physiques, mais a aggravé le mal-être. La médecine libérale a eu des velléités de corriger ce travers. Mais les cadences et l'afflux des patients ont anéanti ses efforts. Les psys affichent complets. Manquent de temps face à la variété des intellects et des situations personnelles. Le devin du village se débrouille mieux, avec des contextes plus uniformes et des procédures mieux codifiées.

Tout semble opposer les conceptions de la santé chez le mélanésien et l'occidental : pour le premier, c'est l'équilibre entre l'homme, ses proches, sa terre, ses ancêtres. Pour le second, c'est un examen clinique normal, une tension dans la norme, un bilan biologique sans astérisque, un forum internet qui confirme que l'on est toujours en vie...

Les kanaks ont vu bien des leurs rejoindre prématurément les esprits, malgré les guérisseurs. Ils ont acquis du pragmatisme. Ils classent les maladies en 4 catégories :

1) Les maladies "normales", de cause évidente :

Intoxication alimentaire (ciguatera), maladies sexuelles, coup de chaleur, plaies.... Traitement par les plantes, connus du plus grand nombre : ça reste dans le cadre familial. Equivalent de la mère occidentale qui désinfecte elle-même les bobos de sa progéniture.

2) Les maladies du Docteur Blanc :

Imprécises avant son arrivée. Classées par défaut dans les 2 dernières catégories. Pour le kanak, ce qui ne se voit pas est plus grave. Un mal de tête, une sciatique, est plus inquiétant qu'une plaie purulente. Le Blanc est assez doué pour ce qui ne se voit pas. Il a des médicaments pour tout. Oui, mais il ne connaît pas les maladies liées aux esprits. Alors il est prudent de voir le guérisseur et de prendre une potion traditionnelle, tout en allant voir le docteur.

3) Les malheurs liés à des fautes commises :

Ce sont aussi bien des maladies que des drames personnels : échec professionnel, affectif, disparition de personne, perte d'une récolte.

Les fautes résultent souvent d'inadvertance : oubli de rituel, de coutume, irrespect, transgression involontaire. Les esprits des ancêtres sanctionnent. De façon très imaginative. Parfois, aucune relation apparente entre le trouble manifesté et la faute. Une enquête est nécessaire. C'est plus simple quand il y a eu contact direct avec un objet interdit / sacré pour lequel les symptômes sont évidents : lésions cutanées à l'endroit du contact...

4) Les agressions par sorcellerie :

"Boucans" envoyés par un ennemi. Agression par esprit malveillant. Les grands chefs ont des gardes du corps spécialistes des questions mystiques.

Les catégories 3 et 4 sont soignées par les guérisseurs/voyants. Héritier d'une tradition transmise oralement et par quelques carnets de notes. Leurs méthodes sont secrètes ; ils connaissent la procédure par vision.

En fait, l'opposition entre médecine traditionnelle et allopathique n'est pas spécifique au monde kanak. Les occidentaux recourent autant à leurs guérisseurs et spécialistes de l'âme, bardés de titres plus modernes. Homéopathes, magnétiseurs, ostéopathes, patamédecines diverses, s'offrent à traiter au-delà du problème physique. Points communs : secret des techniques, croyances intégristes, influence sur le patient, importance du temps passé à la relation. Une différence, avouons notre cynisme : le guérisseur kanak travaille encore pour le statut, pas pour l'argent. Les contraintes matérielles des deux sociétés ne sont pas les mêmes. Mais le guérisseur kanak est le plus content de rendre service. Il ne lui viendrait pas à l'idée de refuser un patient. Ou de lui fermer sa porte la nuit.

Qui se fait le plus plaisir au bout du compte ? Le kanak récompensé à 80% de reconnaissance ? Ou le doc blanc vu comme un fonctionnaire surpayé de la CAFAT (Sécurité Sociale Calédonienne) ? Question de personnalité. Ceux qui vivent par les autres sont à la recherche de reconnaissance. Peut-être ne sont-ils pas assez guérisseurs ? Les patamédecines les en rapprochent.

En pratique, voici les écueils pour le médecin occidental en terre kanak :

Si la maladie traîne malgré le traitement, le kanak est vite convaincu que le retard vient des esprits. -Aucune notion d'évaluation chez le kanak : Quand le traitement traditionnel est pris simultanément avec celui du docteur, la guérison est attribuée préférentiellement au premier. (C'est aussi vrai pour beaucoup de blancs adeptes des médecines alternatives.)

Le docteur ne connaissant rien à l'histoire du clan et des ancêtres, il est incompétent dans certain domaine. Il n'est pas "généraliste".

Les facteurs de risque ne représentent rien pour le kanak. Les maladies insidieuses telles que diabète, hypertension, insuffisance rénale, ne sont pas considérées comme importantes. Souvent seule la prise en charge à 100% assure le suivi. Prendre sa pilule, faire sa prise de sang, permet de voir régulièrement le docteur et de lui parler d'autres problèmes gratuitement.

Solution : intégrer le guérisseur dans le réseau médical classique. Reconnaître l'approche différente, souvent complémentaire. En opposant les deux médecines, on prive souvent le patient des bénéfices de l'une.

Le blanc caustique dira que le guérisseur entretient des croyances fausses chez les kanaks et l'obligation de recourir à ses soins. Vrai. Vrai, de même, pour les patamédecines que les occidentaux continuent à consulter après un siècle de progrès scientifique rapide. Le rôle du médecin n'est pas d'extirper une partie de l'inconscient de son patient, tout au plus de l'aider à la reconnaître... s'il en est capable.

Au philosophe de faire évoluer la culture. Maître Profit est la philosophie conquérante de l'Occident. Il envahira tôt ou tard le monde kanak. Ne lui facilitons pas la tâche en détruisant les piliers de la culture traditionnelle, comme le monde des Esprits, juste pour prouver que nous sommes les plus savants.

La médecine traditionnelle :

Dr Paul QAEZE

La conception de la santé chez le mélanésien (*) repose sur des notions différentes de la compréhension occidentale. La Maladie correspond à la manifestation d'un déséquilibre d'un ordre établi. Elle va faire intervenir les fondamentaux de la société kanak, qui englobe l'homme dans sa dimension physique, sociale et mystique. D'un côté on a la parole, les plantes et les forces ancestrales et de l'autre, le stéthoscope, les molécules actives et les microbes. Alors que l'étiologie occidentale repose sur des relations entre un agent pathogène et une maladie ; dans la société kanak, la maladie résulte d'interactions entre l'homme, son environnement naturel et social, et le monde mystique représenté par les ancêtres.

Dans le milieu mélanésien ; on peut considérer qu'il existe trois sortes de maladies.

Les maladies dites naturelles...

...dues à un déséquilibre de la personne à elle-même (maladies du chaud /froid, du sec/humide, de l'excès et du manque). Le traitement se fera par la pharmacopée familiale.

Face à une plaie surinfectée, avec des lésions de grattage, le médecin occidental attribuera cela à un manque d'hygiène. Cette interprétation résulte de l'incompréhension entre le discours médical kanak et occidental. Dans l'échelle de gravité des ces maladies naturelles, celles qui ne se voient pas sont plus délétères que celles qui s'extériorisent. Donc une mère kanak s'inquiétera plus si son enfant se plaint d'un mal de tête ou de ventre que d'une plaie qui suinte.

Les maladies liées aux ancêtres

C'est quand une pathologie perdure, ne guérit pas assez vite. C'est  la  maladie des  fautes commises, c'est la transgression d'un tabou, d'une règle clanique.

Le traitement sera le recours à un guérisseur. Ainsi les forces ancestrales sont en particulier capables de punir les actes ou les attitudes répréhensibles commis par leurs descendants. La consultation par le guérisseur cherchera à déterminer l'origine exacte du mal. L'entreprise du diagnostique mobilise tous les proches, car la maladie peut s'abattre sur le groupe entier si la faute commise n'est pas réparée.

S'il y a eu transgression d'une règle sociale ou offense d'un parent, le malade fautif doit reconnaître son délit et entreprendre un geste symbolique de réparation. Ce n'est qu'à cette condition que le traitement appliqué sera efficace.

L'offense étant pardonnée, le risque de conflits au sein du clan est écarté. Les ancêtres libèrent alors leurs pouvoirs protecteurs. Ils rendront les médications efficaces ou désigneront les plantes médicinales appropriées, notamment par l'intermédiaire des rêves. Ces solutions thérapeutiques n'apparaissent pas seulement aux guérisseurs mais au patient lui-même qui peut trouver son traitement en rêve. Il arrive aussi qu'un proche du malade se réveille nanti du savoir thérapeutique.

Les maladies dites provoquées

En effet, ce sont des maladies engendrées par des maléfices (boucans) lancés par un sorcier ; ou par des conflits entre individus suscités parfois par la jalousie. Si l'on conçoit que les forces ancestrales sont en contact permanent avec le monde des vivants, on peut envisager qu'elles interviennent à la demande de leurs descendants.

Les symptômes de ces maladies dites magiques sont comme une maladie normale, à savoir fatigue, diarrhée, ou maux de tête, mais la survenue est aiguë et brutale. Le remède passe obligatoirement par un spécialiste de la voyance.

La médecine traditionnelle offre ainsi aux malades des solutions thérapeutiques qui englobent leur bien-être social et spirituel, valeurs que les mélanésiens ne retrouvent pas dans la médecine occidentale. Cependant, en évitant les ruptures brutales qui pourraient empêcher le passage d'un système à l'autre, en respectant l'essentiel des conceptions tout en y intégrant des éléments nouveaux, la tradition peut s'ouvrir à la modernité.

C'est le processus qui semble guider aujourd'hui le développement du pluralisme médical en Nouvelle-Calédonie.

(*) A lire : Chroniques du pays kanak. Gestes "Tome 2 : La Santé, p 129-191. Editions Planète Mémo)

Une interview de Patrice GODIN, anthropologue, par JY LANGLET :

JYL : Monsieur Godin, vous êtes anthropologue et vos travaux portent sur les rapports entre organisation sociale, cosmologie et rituels dans les communautés kanak de la région de Hienghène. A ce titre vous vous êtes intéressé à la médecine kanak traditionnelle. Pourriez-vous nous dire quelle est aujourd'hui la place de cette médecine ?

PG : "Elle est toujours extrêmement pratiquée, même si on constate dans les représentations comme dans les pratiques de nombreux changements depuis cent cinquante ans de présence française. L'un des traits caractéristiques de cette médecine est qu'elle est partie intégrante de l'organisation sociale kanak. Ce n'est pas une institution indépendante, séparée des autres composantes de la société, mais l'un des rouages essentiels de son fonctionnement. Pour faire bref, on peut dire que la société kanak est toute entière organisée autour de deux axes : ses chefferies et ses rituels. Ces rituels sont eux-mêmes de deux sortes :

-  des cérémonies d'échanges, qui jalonnent les grandes translations de   l'existence   (mort,   mariage, naissance),

-  et les rituels thérapeutiques qui constituent le noyau de ce qu'on appelle communément la médecine kanak "

JYL : Un exemple ?

PG : "La toute première histoire qu'on m'ait raconté sur ces pratiques. Un matin, un homme âgé se renverse le contenu d'une bouilloire d'eau bouillante sur les genoux. Le médecin qui le reçoit au dispensaire l'évacué sur Nouméa. Sur place, complication infectieuse. Au bout de quelques jours, et surtout après plusieurs visites de parents, il s'inquiète de toujours souffrir énormément. Un soir, profitant de la rotation du personnel infirmier, il s'échappe du CHT (Centre Hospitalier Territorial, à Nouméa) et prend le car du soir pour revenir à Hienghène. Le lendemain, avec un de ses fils, il consulte un devin. Le surlendemain, il obtient la réponse à ses inquiétudes. S'il ne guérit pas, c'est que lui ou quelqu'un de son entourage a commis une faute vis-à-vis de sa famille maternelle. Le diagnostic du devin est très exactement : "malédiction des utérins" (hwanyen le hwan-hiri en langue némij). Une discussion s'engage entre le vieux, son fils et le devin qui vise à éclaircir la raison de cette malédiction. Et au bout d'une heure, elle débouche sur une hypothèse qui est agréée par le devin. Il y a quelques mois, le vieux et son clan ont récupéré une terre ancestrale dans le cadre d'une revendication foncière. Mais lorsque ceux-ci l'ont remise en culture, ils ont oublié de faire un geste coutumier à l'oncle maternel du vieux. Les ancêtres du clan utérin ont envoyé la malédiction en retour. Le devin préconise d'aller demander pardon à l'oncle pour cet oubli. Le geste est accompli. Ensuite, l'oncle propose que le guérisseur et prêtre de son clan traite les brûlures. La conjugaison des deux traitements, kanak et européen, conduira à la guérison ".

JYL : Toutes les maladies rentrent-elles dans le même schéma ?

PG : "Non. Grosso modo, on peut dire qu'il existe quatre grandes classes de maladies pour la pensée kanak traditionnelle. D'abord, les maladies ordinaires, bénignes que les gens de Hienghène appellent simplement " maladies " (folie) et que les gens de l'aire linguistique paicî, plus au sud, appellent "vraies maladies ". Ce sont des troubles entraînés par des déséquilibres de l'hygiène quotidienne de vie. On range dans cette catégorie les troubles de l'alimentation, les accidents climatiques (refroidissement, exposition au soleil...), la ciguatera ou encore les maladies sexuellement transmissibles. Ces maladies se soignent dans le cadre familial, où l'on recourt à une pharmacopée principalement végétale, connue sinon de tous du moins du plus grand nombre. Il y a ensuite les maladies qui sont dites "maladies des Blancs" ou "maladies du docteur". Elles n'étaient pas connues avant l'arrivée des premiers colons européens et de ce fait elles n'ont pas de noms dans les langues locales. Les seules exceptions sont dans le centre et le nord de la Grande Terre le pian et la lèpre. Le premier a été assimilé à une maladie de peau, la seconde à une forme ancienne de mycose rongeante. Les maladies du docteur sont comme leur nom l'indique du seul ressort de la médecine européenne dont on attend qu'elles les guérissent dans des délais relativement brefs. Les deux autres catégories de maladies nous font passer dans un tout autre registre des représentations. A leur propos, il faudrait d'ailleurs plutôt parler de "malheurs" que de maladies, dans le sens où ces catégories englobent non seulement des pathologies, mais aussi des événements dramatiques frappant les personnes, les familles, voire la communauté dans son ensemble (disparition inexpliquée de personne, échec professionnel, accidents...). Parmi les malheurs, il y a en premier lieu ceux qui résultent de fautes commises. Et parmi ces fautes, on distingue souvent entre, d'une part les transgressions, l'oubli ou l'accomplissement défaillant de gestes rituels, les comportements irrespectueux, etc. qui appellent une sanction de la part des ancêtres, et d'autre part le contact involontaire avec des lieux ou des objets "interdits", "sacrés" parce que chargés de présence ancestrale. Leurs conséquences ne sont pas les mêmes. Dans le cas des secondes, il existe un lien évident entre symptômes et nature de la maladie. Le contact avec une présence ancestrale débouche sur des altérations ou des lésions de la peau qu'on explique par une sorte de possession, l'ancêtre a envahi le corps du malade. Si on ne soigne pas cette possession à temps, le malade est dit sombrer progressivement dans la folie et peut même mourir. Pour les malédictions, qui relèvent de fautes de comportement, il n'y a pas lien de cause à effet, ainsi que l'a bien montré Christine Salomon pour le Centre-Nord de la Grande Terre. Un même symptôme peut être référé à des raisons différentes et une même raison aboutir à des malheurs complètement différents. La sanction envoyée par les ancêtres est par définition polymorphe. La dernière catégorie de malheurs relève de l'agression, de ce que nous appelons en Occident la sorcellerie. Il en existe de multiples formes, officielles ou clandestines, individuelles ou collectives, intrafamiliales ou guerrières".

JYL : Officielles

PG : "Oui. Dans le cadre des chefferies, dans le nord de la Grande-Terre et aux îles Loyauté où les grands chefs ont souvent une garde chargée de leur protection et parmi elle des spécialistes de la guerre rituelle qui doivent punir tous ceux qui menacent la chefferie ou manquent de respect au chef. Maladies des fautes commises et agressions sorcières ne se soignent pas de la même façon que les maladies ordinaires, car des puissances invisibles sont impliquées, ancêtres ou esprits malveillants. Le diagnostic est fait par un spécialiste, devin ou voyant. Le devin est un praticien d'une technique divinatoire plus ou moins élaborée, mais qui suppose une initiation. Il est l'héritier d'une tradition qui se transmet à l'intérieur de son clan et travaille en relation avec les ancêtres par le biais de tout un matériel liturgique contenu dans un panier. Il est aussi généralement prêtre et guérisseur de son groupe. C'est toujours un homme. Au contraire, le voyant est une personne qui a un don, très souvent contracté à la suite d'une maladie. C'est aussi bien un homme qu'une femme. Il n'utilise pas de technique divinatoire. Il "voit" la maladie en palpant le corps du malade. Il peut aussi avoir la révélation de traitements. Pour devenir guérisseur, le voyant s'associe souvent au prêtre et guérisseur de son groupe qui l'autorise à utiliser les "médicaments" de son panier. En retour, le voyant peut nourrir le panier de "médicaments nouveaux" dont il a reçu la vision. Par ailleurs, il faut savoir qu'il y a toujours de nouvelles plantes et de nouveaux traitements qui apparaissent, notamment du fait que le rêve joue un rôle important pour enrichir la pharmacopée. C'est le signe tangible que le lien avec les ancêtres n'est pas coupé, que la communication entre eux et les hommes se poursuit ".

JYL : Pouvez-vous nous donner un exemple de traitement ?

PG : "Tous ces traitements comportent des aspects secrets et sont d'autant plus difficiles à étudier que le secret est une des conditions majeures de leur réussite. Dans le cas d'une attaque de sorcellerie, on essaiera d'abord de protéger le patient de son agresseur en créant autour de lui, de sa famille, des choses qui lui appartiennent (maison, champs, voiture...) une barrière rituelle dissuasive ; on le fera en lui fournissant des paquets de " feuilles " qu'il portera sur lui et en "lavant" les lieux où il vit, avec une "eau" où baignent des plantes médicinales. On soignera aussi la personne, des éventuelles atteintes corporelles qu'elle a subies. Dans le cas d'une maladie pour faute, on doit d'abord réparer la faute, obtenir le pardon du groupe lésé, des vivants comme des morts, ensuite seulement un traitement est possible. D'un clan à un autre, d'une région à l'autre, il existe d'importantes variations autour du schéma qui vient d'être tracé à gros traits. Chaque clan a son guérisseur qui utilise les sacrements du groupe. Beaucoup de thérapeutes traditionnels ouvrent aujourd'hui "leur panier" aux personnes de l'extérieur et il y en a qui ont acquis une réputation qui va bien au-delà de leur chefferie d'origine. En principe, le guérisseur ne se fait pas payer. On fait un geste pour lui demander son aide et celle de ses ancêtres, puis on peut le remercier. C'est pour lui un engagement très fort et il tomberait lui-même malade s'il refusait d'assumer ce rôle".

JYL : Et comment se transmet son savoir ?

Médecine traditionnelle

PG : "À Hienghène, c'est le nom reçu à la naissance qui détermine la fonction exercée dans la société. Mais parmi tous les enfants porteurs d'un nom, le guérisseur choisit généralement celui qui présente les meilleures aptitudes. Il se fie à son intuition et fait des tests pour savoir qui peut le mieux assurer sa succession. L'observation lui permet également de voir qui est le plus inspiré par les ancêtres, et donc le plus apte à hériter du panier".

JYL : Revenons au traitement. Il existe des constantes !

PG : "Deux aspects du traitement des malheurs doivent être notés. En premier lieu, le "médicament" (terme employé en français local) préparé par le prêtre et guérisseur est beaucoup plus qu'une substance doté de propriétés thérapeutiques. Il est composé d'une association de plantes, sa préparation comme son administration sont accompagnés de gestes rituels, de prières, d'interdits qui en font un véritable sacrement. Et de fait, il s'agit d'une des formes de l'ancêtre, d'une transformation de son corps. On peut parler ici de transsubstantiation. Ensuite, l'ensemble des rituels thérapeutiques ne se comprend bien que rapporté à toute une cosmologie dans laquelle on retrouve les quatre éléments communs à beaucoup de pensées traditionnelles de par le monde : l'eau, le feu, la terre et le souffle. La conception kanak de la maladie et du malheur ne se comprend elle-même qu'en relation avec cette cosmologie. Dans la conception de la personne, il existe des composantes - le sang et le souffle - qui sont aussi des composantes de l'univers et qui sont menacées par la maladie et le malheur. Le traitement vise à redonner de la vie à ces composantes par le truchement d'éléments pris dans la nature. Alors que la maladie et le malheur sont dits "assécher" la personne, que les sorcelleries de guerre sont assimilées à des feux", les "médicaments" dans leur ensemble sont appelés "eaux" et renouvellent les fluides vitaux du patient".

JYL : Comment s'articulent concrètement les deux médecines kanak et occidentale sur le terrain ? Y a-t-il un lien possible entre médecine traditionnelle et médecine moderne ?

PG : "Le principal problème que rencontrent les médecins européens est que si le patient pense que son mal relève de ce qu'on a appelé le malheur (agression sorcière, conséquence d'une faute), il aura souvent tendance à se détourner de la médecine occidentale et n'y reviendra qu'en dernière extrémité - souvent trop tard pour le médecin. Il faut donc trouver un moyen de développer un véritable pluralisme médical. Celui-ci existe déjà pour les maladies ordinaires, les gens combinant souvent recours à la pharmacopée traditionnelle et consultation au dispensaire. Pour les maladies graves, la complémentarité entre les deux pratiques reste à inventer. J'ai le sentiment que les deux médecines n'abordent pas la souffrance humaine sous le même angle et qu'il y a beaucoup moins d'incompatibilités qu'on l'imagine des deux côtés. Ce n'est pas facile de réduire la méfiance réciproque. La conception occidentale est fondamentalement biologique, organiciste ou mécanique, parfois psychologique. Au contraire, dans le monde kanak, la maladie est perçue comme le résultat d'un déséquilibre ou d'une rupture dans le tissu des relations, interpersonnelles pour les maladies graves, entre les hommes et leur milieu pour les maladies ordinaires. Par ailleurs, les morts, les esprits sont dans la culture kanak des membres à part entière de la société. Ils sanctionnent les fautes, mais guérissent les malheurs et apportent leur soutien aux hommes dans leur vie. On trouve dans tous ces aspects bien des analogies avec certaines psychothérapies contemporaines, je pense notamment aux thérapies familiales ou à la prise en compte de l'impensé généalogique dans certaines psychanalyses. Pour une meilleure articulation des pratiques, il faudrait que se développe la reconnaissance des savoirs traditionnels, comme c'est le cas dans d'autres pays du Pacifique. Les coutumiers sont à l'évidence, favorables à ce qu'un statut soit donné aux guérisseurs. Il est temps de commencer à y réfléchir. Cela permettrait une meilleure confrontation des deux médecines et la création de passerelles.

Les plantes médicinales :

La Nouvelle-Calédonie fait partie des 4 premiers territoires du monde en terme de biodiversité. En présence de roches particulières ; les péridotites ; qui ont recouvert une partie de l’île il y a 37 millions d’années, la flore a évolué en état d’isolement, formant un patrimoine riche et unique. La flore calédonienne compte 3.926 espèces décrites dont 75% endémiques. En Nouvelle-Calédonie, les plantes sont utilisées dans la médecine traditionnelle et font l’objet de recherches scientifiques qui pourraient servir à des fins médicales pour les grands laboratoires français notamment contre des maladies redoutées.

Les plantes qui guérissent les maladies traditionnelles

L’aloès : plante grasse dont les feuilles sont charnues et cassantes. Elles contiennent dans leur épaisseur une sorte de tissu cellulaire spongieux qui stocke l’eau. Par alchimie, cette eau se transforme en un gel amer et translucide très recherché pour ses propriétés médicinales.

En Nouvelle-Calédonie, l’aloès est surnommé "plante à brûlures" mais c’est aussi un cicatrisant, il soulage les piqûres d’insectes, l’eczéma… C’est la plante des premiers soins et ses vertus sont connues depuis toujours par des peuples très différents.

Des chercheurs l’étudient pour des essais cliniques sur des malades atteints du Sida et du cancer du poumon. Il semblerait que ces expériences soient positives.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

La fougère arborescente (Cyathea intermedia) : C’est une gigantesque fougère endémique qui pousse dans les forêts humides. Elle peut dépasser les 35 mètres de hauteur. Dans certaines régions, elle représente "le commencement du pays des hommes" pour les Kanak. En médecine traditionnelle, ses bourgeons sont consommés comme contraceptifs.

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Le Méamoru (Plectranthus Parviflorus) : Plante à petites feuilles qui pousse au ras du sol et fait de minuscules fleurs bleues. Pour les Kanak, c’est le symbole de la vie. Dans la région du centre de la Grande Terre, les femmes soignent les maladies des yeux et purgent les bébés après décoction de ses feuilles et de sa tige.

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Le pommier kanak (Syzygium Malaccense) : Arbre à feuilles luisantes, pointues et très serrées. Une décoction de son écorce soigne les intoxications alimentaires. Le bouillon de ses feuilles calme les diarrhées et les feuilles chauffées et posées sur les furoncles les font disparaître.

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Le bancoulier (Aleurites moluccana) : Ils parsèment en septembre les pentes néo-calédoniennes. Les noix ont des propriétés purgatives et l’écorce râpée appliquée sur la plaie est utilisée pour soigner les blessures dues au corail.

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Le faux tabac (Argusia argentea) : C’est la plante la plus utilisée en Nouvelle-Calédonie dans les remèdes traditionnels contre "la gratte" (ciguatera) qui s’attrape en mangeant certains poissons du lagon pendant l’été. Il n’élimine pas les toxines mais aide à mieux supporter la crise.

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Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : La savane à niaoulis est le type même du paysage calédonien de la côte ouest. Une décoction de l’écorce soulagera les rhumatismes et les courbatures. L’huile essentielle de niaouli est utilisée pour purifier l’air et en cas de rhume.

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Le bourao (Hibiscus tiliaceus) : Petit arbre dont il existe 3 variétés : le bourao rouge, le bourao blanc des bords de mer et le bourao blanc de l’intérieur des terres. La sève de ses feuilles est utilisée comme cicatrisant des plaies. Les feuilles sont souvent bouillies en décoction pour soigner le foie ou se relaxer.

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Le cocotier (Cocos nucifera) : Arbre très répandu dans les zones tropicales du monde entier, il peut mesurer jusqu’à 25 mètres. Dans la région de Hienghène, le bouillon de ses racines est un médicament contre la diarrhée. Posé sur les abcès, il aide à les faire évoluer. Contre les coups de soleil, il faut retirer la pulpe d’un coco vert et faire des cataplasmes sur les brûlures. Les racines frottées sur les dents rendent ces dernières blanches et saines.

Cocotier en bord de mer

Cocotier en bord de mer

Le corossol (Annoma Muricata) : Arbre tropical qui produit de gros fruits à l’enveloppe hérissée de pointes. Lorsqu’un enfant à la varicelle, il faut faire bouillir ses feuilles et le baigner dans cette décoction de couleur rouge. Les pustules sécheront sans cicatrice. C’est aussi un très bon remède pour détendre les bébés nerveux. L’inhalation de la vapeur qui se dégage des feuilles chauffées au feu apaise les crispations stomacales dues aux contrariétés.

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La canne à sucre (Saccharum officinarum) : La fibre mâchée est utilisée comme émollient. En faire des compresses.

Le citronnier (Citrus limon Burmann) : C’est un petit arbuste. Les fleurs et les feuilles en infusion calment les spasmes d’estomac et les nausées.

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Le goyavier (Psidium guajava L) : Arbre répandu en Nouvelle-Calédonie qui atteint 2 à 3 mètres. Le tronc est mince et rameux. Faire bouillir les feuilles et tamponner les brûlures, les ampoules et autres irritations cutanées. En cas de piqûres d’insectes, mâcher les feuilles et appliquer la pulpe recracher sur la zone douloureuse.

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Le Cycas (cycas circinalis) : Il ressemble à un palmier. Le tronc est généralement unique, cylindrique et écailleux. En cas de piqûres par un poisson venimeux de type rascasse, il faut faire brûler une palme de cycas et poser le pied au dessus des vapeurs.

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L’hibiscus (Hibiscus Rosa sinensi L) : C’est un arbuste ornemental des pays tropicaux. Il est très souvent taillé en haie. Une décoction de ses fleurs soigne la toux et soulage les jambes lourdes.

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Le santal (Santalum austrocaledonicum) : Arbre parasite qui pousse particulièrement sur la partie sud de la Grande Terre, à l’Ile des Pins et dans les Iles Loyauté. Il a un tronc de petite taille, court et droit avec une écorce rugueuse, grise et fendillée. Son feuillage est arrondi, touffu, d’un vert clair et brillant. Le jus de ses feuilles écrasées sera appliqué sur les hématomes pour les soulager.

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Le noni (Morinda citrifolia) : Le fruit du noni a une apparence bosselée allant du vert au gris. Les mélanésiens et les polynésiens utilisent depuis des milliers d’années chaque partie de la plante pour se soigner. En Nouvelle-Calédonie, le fruit pousse à l’état sauvage sur toute la côte et aux Loyauté. Il faut noter que certains usages de la médecine traditionnelle peuvent se révéler nocifs. Il convient donc d’être prudent dans l’utilisation et la préparation de ces recettes à base de plantes. Les plantes qui guérissent les maladies liées à la transgression des interdits.

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La canne à sucre (Saccharum officinarum) : Elle est cultivée dans les champs. Dans certaines régions, elle est utilisée pour soigner les malaises provoqués par le totem qui n’a pas été respecté.

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Le coleus (Solenostemon scutellarioides) : C’est une herbe larges aux couleurs variées qui est très commune dans les zones habitées. C’est le symbole de vie. Il protège les habitants de la mort. Si l’on tombe malade parce que le rite lié aux cultures n’a pas été accomplis correctement, il faut se badigeonner le corps avec sa sève.

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Le kaori (Agathis) : Il symbolise la hiérarchie. Son écorce et ses feuilles entrent dans la confection de décoctions qui soignent les maladies que provoque la violation des interdits.

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Le faux manguier (Cerbera Manghas) : Petit arbre aux feuilles luisantes ne dépasse pas 15 mètres et pousse sur presque toutes les rives du Pacifique et de l’Océan Indien. Le noyau de son fruit est très toxique. Pour guérir les maladies liées par la transgression des interdits, il faut boire l’eau qui a été filtrée par des feuilles du faux manguier.

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L’oranger sauvage (Citrus macroptera) : Arbre grand comme un oranger dont les fruits qui ressemblent à des oranges ne sont pas comestibles. De Touho aux îles Bélep, on raconte qu’au pays des morts, le fruit de cet arbre permet, au cours d’un jeu, de distinguer l’esprit d’un vivant à celui d’un défunt. Boire une décoction de son écorce guérirait des maux contractés lors d’un voyage au pays des morts.

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Les plantes qui protègent

Le bancoulier (Aleurites Moluccana) : Cet arbre peut mesurer 30 à 40 mètres. Il pousse en colonies. Les guerriers et les danseurs s’enduisent le corps du noir de sa noix afin de s’assurer la protection des ancêtres. Il est considéré comme un arbre qui abrite les esprits.

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : Lors des naissances, il était d’usage d’envelopper les nourrissons dans son écorce afin de les protéger et leur donner de la force.

L’arbre à tapa (Broussonetia papyrifera) : Arbuste aux feuilles en forme de coeur, il sert à fabriquer les bandes de tissus appelées tapa. Il est offert au guérisseur pour lui permettre de communiquer avec les esprits au moment de ses invocations.

Le croton (Codiaeum variegatum) : C’est un arbre décoratif aux feuilles panachées de vert, jaune et rouge. Ses feuilles portées sur l’oreille ou en bouquet serré sur le bras sont considérées comme des protections contre les agressions magiques. Elles assurent la présence bénéfique des ancêtres.

Croton et bancoulier
Croton et bancoulier

Croton et bancoulier

Les plantes et la recherche scientifique

A Nouméa, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) travaille sur un programme qui a pour but d'isoler de la biodiversité de Nouvelle-Calédonie, des molécules agissant contre les grandes maladies des pays industrialisés (cancer, sida, affections bactériennes) mais aussi contre des pathologies plus tropicales, maladies à vecteurs transmises par des moustiques comme la dengue ou le paludisme.

Le Laboratoire des Plantes Médicinales du CNRS (annexe de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (ICSN)) a pour objectif la recherche de substances naturelles bioactives dans la flore de la Nouvelle-Calédonie et des archipels adjacents.

Environ 250 plantes sont collectées par an. A Nouméa, des tests de cytotoxité sont réalisés et une chimiothèque est constituées par plus de 800 extraits organiques réalisés par an (feuilles, écorce, fruits, fleurs…). Elle est ensuite envoyée en Métropole afin que des essais biologiques soient réalisés en collaboration avec des firmes industrielles (L’Oréal) et pharmaceutiques dans le but de trouver des antiparasites, des anti-HIV, des anti tumoraux.

L'ethnopharmacologie est une approche de choix pour présélectionner des espèces connues des savoirs locaux ou réputées actives en médecine traditionnelle en Nouvelle-Calédonie. Certaines plantes étant depuis longtemps utilisées dans des buts bien particuliers (maladies de peau, infections, fièvres prolongées, etc.), de manière curative ou préventive (alimentation du patient), la connaissance de la pharmacopée est utile pour présélectionner ces espèces avant étude en laboratoire. Par exemple, en ce qui concerne la ciguatera ou "gratte" - intoxication par des poissons tropicaux, les remèdes traditionnels utilisés dans le Pacifique sud ont été inventoriés et leur efficacité étudiée. Des échantillons de plantes ont été envoyés dans des universités et facultés en Métropole pour études. Cette démarche devrait permettre de découvrir des substances actives.

Dans la commune du Mont Dore (proche de Nouméa), le laboratoire Cosmécal cultive des plantes médicinales telles que l’hibiscus, le niaouli, l’Aloé Véra, le goyavier, le noni et le niaouli. Ces matières premières entrent ensuite dans la fabrication des produits Cosmécal qui a développé sa propre gamme fabriquée exclusivement avec des plantes de Nouvelle-Calédonie (gélules, jus de noni, lotions et gels à base d’aloès, sirop, bonbons et baume au niaouli…). Ce laboratoire fait partie d’une Groupement d’Intérêt Scientifiques (GIS) en collaboration avec l’Université Française du Pacifique, l’IAC, l’IRD, le CNRS, la Province Sud et l’Institut Pasteur. Ce groupement a pour but la concertation dans l’organisation des recherches sur les substances naturelles, les synergies dans la réalisation des programmes scientifiques et la formation des étudiants.

Publié dans Culture Kanak

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