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26 résultats pour “Thanh-Van Tran-Nhut

Madame Thanh-Van TRAN-NHUT à la maison du livre à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un lettré désigne une personne qui a une solide culture littéraire ; cultivé, érudit. Hier soir la maison du livre a eu le privilège de recevoir une lettrée en la personne de madame Thanh-Van TRAN-NHUT romancière spécialisée dans le polar au travers des enquêtes menées par le mandarin Tân dans le Vietnam du XVIIe siècle. Le choix de l’époque ainsi celui du personnage principal, un mandarin expert en arts martiaux, n’est pas banal.

Madame Tran-Nhut de formation scientifique écrit avec la précision d’une montre suisse. Une horlogerie parfaitement scénarisée avec une documentation et un travail de recherche qui laissent pantois. Elle a expliqué tout cela au public fasciné dès le début de son intervention par son aisance et sa connaissance de l’époque et du pays qui lui sert de décor pour sa série des mandarins Tân mais elle écrit aussi des histoires contemporaines avec le même talent.

Ce serait trop long de résumer ces deux heures d’un feu d’artifice de révélations sur la culture vietnamienne. Thanh-Van comme elle le fait dans ses livres peut en racontant faire passer les odeurs, les saveurs l’exotisme de son pays natal. Elle a su nous expliquer le mélange des religions et de philosophies pratiqué par les Vietnamiens en développant avec subtilité les différences entre le taoïsme et le confucianisme qui sont originaires de Chine, en rappelant au passage que la colonisation chinoise avait duré 1000 ans, ainsi que le bouddhisme en évoquant les rapports peu connus et anciens du Vietnam avec le Japon. Le choix du XVIIe siècle qu’elle affectionne n’est pas un hasard. C’est une époque charnière pour le Vietnam en rupture de leader ce qui faisait le jeu des seigneurs de la guerre, une phase de rivalité entre le Nord et Sud. Les seigneurs de la famille Trịnh dominent le Nord et ceux de la famille Nguyễn le Sud, tandis que les souverains Lê ne règnent plus que symboliquement. De plus, c'est de cette époque que date l’origine de la colonisation française.

Fille d’un professeur d’université et descendante de mandarin par sa mère madame Thanh-Van TRAN-NHUT n’est pas pour autant coupée du peuple. Elle sait reproduire l’humour des Vietnamiens que j’ai pu moi-même constaté à Hanoï pays d’origine de mon épouse. Quand son héros Tân sort de son palais pour s’encanailler ou faire ripaille incognito avec de petites gens cela peut conduire à des scènes très comiques que l’on a pu vérifier avec la lecture de passages par Pierre Faessel. Les scènes de combats entre Tân et des bandits de grands chemins sont très drôles, le Kung Fu à la mode Tân est à mourir de rire. Les titres ou sous titres de ses histoires donnent déjà envie de sourire comme Les travers du docteur Porc. Tran-Nhut parle véritablement de médecine dans ses livres et de beaucoup d’autres sujets qu’elle étudie dans des ouvrages d’historiens ou de chercheurs. Souvent le plus inattendu ou la révélation étonnante n’est pas dans la fiction mais dans de vrais pratiques ou des coutumes oubliées.

C’est une grande chance que cette convention qui permet à la maison du livre et la Nouvelle-Calédonie avec le Randell Cottage à Wellington en Nouvelle-Zélande de pouvoir recevoir les lauréats de la résidence d’écrivain. L’auteure interviendra chez Caledo Livres ce soir et à Koné pour la semaine du livre en province Nord. J’invite les amateurs qui veulent se régaler et s’enrichir de littérature de haut niveau à aller à la rencontre de  madame Thanh-Van TRAN-NHUT.

Couverture d'un de ses livres

Couverture d'un de ses livres

Tran-Nhut et Pierre Faessel dans le salon de la maison Célières

Tran-Nhut et Pierre Faessel dans le salon de la maison Célières

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Un vent d'Océanie au salon Livre Paris ! Kawekaweau - Thanh-Van TRAN-NHUT

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un vent d'Océanie au salon Livre Paris ! Kawekaweau - Thanh-Van TRAN-NHUT
Un vent d'Océanie au salon Livre Paris !

 

Du 16 au 19 mars, venez rencontrer nos auteurs, découvrir nos nouveautés !
L'équipe des éditions Au vent des îles sera ravie de vous accueillir
au stand P14 du salon Livre Paris, de vous guider et de vous conseiller.
Porte de Versailles, Hall 1

 

Kawekaweau - Thanh-Van TRAN-NHUT

 

 

Au vent des îles - Stand P14
Dédicaces samedi 17 et dimanche 18 de 16 h à 18 h.

Kawekaweau, nom maori du Hoplodactylus delcourti, gecko géant de Delcourt, espèce éteinte de la famille des Diplodactylidae, endémique de Nouvelle-Zélande.

Dans ce roman, l’auteur sublime et ramène à la vie les voyages de ces explorateurs du XIXe siècle, jusque dans les moindres détails. Un énorme travail de documentation, afin de coller au plus près du quotidien de ces goélettes en convoquant les mille et un détails d’un passé révolu et de ses légendes, avec un évident plaisir d’écriture pleine de saveur et très imagée. À l’image de ces recherches, ce roman est méticuleux, appliqué, soigné : une précision d’horloger.

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Thanh-Van TRAN-NHUT romancière invitée du salon de Polynésie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP
Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP

Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP

Lire en Polynésie tiendra sa 17e édition à la Maison de la culture de Tahiti (Papeete), du 16 au 19 novembre 2017.

Thanh-Van TRAN-NHUT est romancière, spécialisée dans le polar au travers des enquêtes menées par le mandarin Tân dans le Vietnam du XVIIe siècle.

Cette ancienne élève du lycée Cournot de Gray et lauréate en 2014 de la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington, présentera « Les enquêtes du mandarin Tân », sa série de romans policiers situés dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle ainsi que son dernier livre dont on sait peu de chose puisqu’il sera lancé pour l’occasion.

Kawekaweau

Éditeur : Au vent des îles

Résumé : Vicktor reçoit un colis de son amour de jeunesse, récemment décédée, accompagné de son ultime défi : résoudre l'énigme liée au lézard rapporté de Nouvelle-Zélande par un équipage au XIXe siècle, le mythique kawekaweau marqué d'une malédiction. En décryptant les indices trouvés dans le colis et en lisant le journal d’un célèbre amiral, Vicktor découvre un drame ignoré de tous.

 

Thanh-Van Tran-Nhut, née le 1er janvier 1962 à Hué au Viêt Nam et Kim Tran-Nhut, sa sœur, est née le 24 octobre 1963 dans la même ville, sont deux écrivains vietnamiennes, auteures, ensemble, au début, pour la série d'enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh.

La maison du livre de Nouvelle-Calédonie a eu le privilège de recevoir cette lettrée. Elle a laissé sur le Caillou un souvenir impérissable. Ses liens avec la Nouvelle-Calédonie viennent de sa scolarité au lycée Cournot de Gray.  Elle participe activement à diverses manifestations autour de l'écrivain Francis Carco et de Katherine Mansfield organisées par l'Office du tourisme de Val de Gray. Le 19 février 1915, après un long voyage en train de Paris, K. Mansfield arrive dans une petite ville dans l'est de la France. Elle tente d'entrer dans la zone des armées avec une fausse invitation d'une de ses "tantes" et est accueillie par un caporal qui lui intime de le suivre.

Le militaire est Francis Carco, mobilisé depuis novembre 1914. Ils passeront quatre nuits ensemble, avant que K. Mansfield ne reparte en Angleterre. Cette rencontre est racontée dans "An Indiscreet Journey", mais le nom de la ville est omis. Il faut regarder dans les carnets de Mansfield pour savoir que les amants se sont retrouvés à Gray, une ville au bord de la Saône.

Seuls les spécialistes de Mansfield savaient où cette brève histoire d'amour avait eu lieu. Thanh-Van Tran-Nhut est de ceux-là, une vraie révélation à l’époque que cette aventure entre ce Calédonien célèbre et une Néozélandaise tout aussi célèbre.

Dans un article écrit en 2014, je ne tarissais pas déloges sur cette romancière qui a su nous expliquer le mélange des religions et de philosophies pratiqué par les Vietnamiens en développant avec subtilité les différences entre le taoïsme et le confucianisme qui sont originaires de Chine, en rappelant au passage que la colonisation chinoise avait duré 1000 ans, ainsi que le bouddhisme en évoquant les rapports peu connus et anciens du Vietnam avec le Japon. Le choix du XVIIe siècle qu’elle affectionne n’est pas un hasard. C’est une époque charnière pour le Vietnam en rupture de leader ce qui faisait le jeu des seigneurs de la guerre, une phase de rivalité entre le Nord et Sud. Les seigneurs de la famille Trịnh dominent le Nord et ceux de la famille Nguyễn le Sud, tandis que les souverains Lê ne règnent plus que symboliquement. De plus, c'est de cette époque que date l’origine de la colonisation française.

 Pour sûr qu’elle va séduire et plaire au public au Fenua, c’est une lettrée, une vraie pas d’autres qualificatifs me viennent à l’esprit. JP

Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano
Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano

Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco
Un solide fil d’Ariane est tissé entre une auteure récemment en résidence au Randell Cottage de Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie et l’auteur calédonien Francis Carcopino.
Thanh-Van TRAN-NHUT, c’est le nom de cet écrivain remarquable qui n’a pas oublié le Caillou et continue sa quête. Elle participe activement à diverses manifestations autour de l'écrivain Francis Carco et de Katherine Mansfield organisées par l'Office du tourisme de Val de Gray et la ville qui sont à l'origine de la commération. Elle nous communique également son actualité littéraire. JP
Le voyage indiscret
Katherine Mansfield rejoint Francis Carco à Gray le 19 février 1915
Vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 février 2015 au Théâtre de Gray

Conférence, exposition, lecture, spectacle dans le cadre des commémorations du centenaire de la guerre 14-18, autour de l'écrivain Francis Carco mobilisé à Gray en février 1915, et de l'auteure néo-zélandaise Katherine Mansfield - rendez-vous au théâtre les 20 21 et 22 février !

En parallèle des manifestations sur Katherine Mansfield au théâtre : Rencontre suivie de dédicaces avec Thanh-Van Tran-Nhut à La Librairie, 1 rue Vanoise, samedi 21 février à 18h

Cette ancienne élève du lycée Cournot de Gray et lauréate en 2014 de la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington, présentera Les enquêtes du mandarin Tân, sa série de romans policiers situés dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle, et parlera de son séjour en Nouvelle-Zélande. Elle racontera comment cette résidence d’écrivains, gérée conjointement par l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande, le Randell Cottage Writers Trust et le Fonds d’Amitié France-Nouvelle-Zélande, l’a amenée à voyager en Australie et en Nouvelle-Calédonie, lieu de naissance de Francis Carco. Elle évoquera sa visite à la maison natale de Katherine Mansfield, à dix minutes du cottage historique où elle résidait, et abordera son roman en cours qui liera la France à la Nouvelle-Zélande.

Voici le contenu de son message aux Calédoniens qui ont eu le plaisir de la rencontrer à la maison du livre au Faubourg Blanchot :

Chers Tous,

Le 19 février 1915, après un long voyage en train de Paris, K. Mansfield arrive dans une petite ville dans l'est de la France. Elle tente d'entrer dans la zone des armées avec une fausse invitation d'une de ses "tantes" et est accueillie par un caporal qui lui intime de le suivre.

Le militaire est Francis Carco, mobilisé depuis novembre 1914. Ils passeront quatre nuits ensemble, avant que K. Mansfield ne reparte en Angleterre. Cette rencontre est racontée dans "An Indiscreet Journey", mais le nom de la ville est omis. Il faut regarder dans les carnets de Mansfield pour savoir que les amants se sont retrouvés à Gray, une ville au bord de la Saône.

Seuls les spécialistes de Mansfield savent où cette brève histoire d'amour a eu lieu. Connaissiez-vous l'endroit? Les Graylois, quant à eux, n'en savaient rien. Je peux vous le certifier: j'ai grandi à Gray !

J'ai entendu parler de cette rencontre il y a seulement quelques jours.
Ayant récemment eu vent de la visite des deux écrivains en 1915, la ville va organiser la commémoration du centenaire de l'événement (20, 21, 22 février 2015, à Gray). Il y aura des conférences données par des membres de la K. Mansfield Society, une représentation théâtrale, une expo... Les organisateurs ont aussi invité Monsieur James Kember, Ambassadeur de Nouvelle-Zélande en France.

De façon fortuite, ils ont appris que j'avais des liens avec la Nouvelle-Zélande. Je reviendrai donc parler de ma récente expérience en tant qu'écrivain en résidence au Randell Cottage. Je compte aussi évoquer mon voyage en Nouvelle-Calédonie, lieu de naissance de Carco.

Franchement, quelle est la probabilité que, 99 ans après le passage de Mansfield et de Carco à Gray, une personne de Gray soit lauréate d'une résidence d'écrivains à Wellington, vienne s'installer à 10 mn de la maison natale de Mansfield et se rende en Nouvelle-Calédonie dans la foulée? La coïncidence est assez remarquable, non ?

Si vous disposez de documents sur Francis Carco (photos, textes...) que vous aimeriez voir inclus dans l'expo, n'hésitez pas à me les envoyer.

Je suis en train de terminer mon roman autour des voyages d'exploration scientifique français, arrivés en Nouvelle-Zélande au XIXe siècle (projet pour le Randell Cottage). Ensuite, il faut chercher un éditeur - toute une aventure !
J'espère que vous allez bien. J'ai revu dernièrement des photos de mon blog et me souviens des moments chaleureux passés ensemble. Je serais heureuse d'avoir de vos nouvelles.

Bien amicalement,

Thanh-Van TRAN-NHUT

Page Facebook des organisateurs:

Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC

Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC

Publié dans Ecrivain calédonien

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Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne
Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne
Une conférence littéraire aura lieu début décembre 2016 en Australie. Intitulée "Rencontres" et organisée par l'université de Melbourne, elle rassemblera des auteurs de la diaspora vietnamienne de France, d'Australie et de Nouvelle-Calédonie.

Un écrivain calédonien Jean Vanmai est l’un des invités. Il représentera la Nouvelle-Calédonie.

Cette rencontre est organisée par Dr. Tess Do de l’université de Melbourne et par le Dr Alexandra Kurmann de Macquarie University.

Tess Do travaille comme professeure et chercheuse spécialisée dans la littérature francophone Elle est née à Saigon, où le français était sa langue maternelle. Elle s’est mise à apprendre le vietnamien au collège, à l’âge de douze ans. Deux ans après, elle commence à acquérir l’anglais. En 1984, elle immigre en Nouvelle Zélande, où elle réussit une licence et une maîtrise de lettres à l’Université d’Auckland. Ensuite, en 1991, elle déménage au Canada pour étudier à l’Université de Western Ontario, où elle complète un doctorat. Elle vivra plusieurs années au Montréal.

Alex Kurmann est chargée de cours en français et francophones études. Avec l'aide d'une bourse postdoctorale australienne (APA), elle a obtenu un doctorat en 2014 à l'Université de Melbourne en littérature comparée français et allemand . Son premier livre, sur le travail de Linda Lê : Imagining Reader Idéal, a été publié au début de 2016, Lexington Books.intertextuelle Weaving. Alex Kurmann est chargé de cours en français et francophones études. Avec l'aide d'une bourse postdoctorale australienne (APA), elle a obtenu un doctorat en 2014 à l'Université de Melbourne en littérature comparée français et allemand.

Photo du site livre mon ami

Photo du site livre mon ami

Biographie de l’inventeur du nom Chân Dang, pour les travailleurs sous contrat employés sur les mines calédoniennes originaires du Vietnam. Jean Vanmai est le grand témoin d'une Communauté qui compte sur le Caillou.

Jean Vanmai naît le 3 août 1940 à Koumac, petite cité du nord de la Grande Terre calédonienne, sur la mine Chagrin. La famille de sa mère est originaire de l’actuel nord Vietnam, comme son père, arrivé en 1937 pour travailler sur mine et qui sera l’un des derniers tonkinois autorisé à s’installer en Nouvelle-Calédonie.

1960. Jean Vanmai a vingt ans. Sa famille vient d’embarquer à bord du Eastern Queen. Direction : Hai Phong, le pays des ancêtres où elle a décidé de retourner. Jusqu’au dernier moment le jeune homme hésite, écartelé entre les siens, l’obéissance qu’il leur doit, et cette certitude : ici, en Nouvelle-Calédonie, est désormais sa vie, sa terre, son avenir.

Il reste. Sa formation d’électrotechnicien lui ouvre des portes, et il ne tarde pas à être reconnu pour ses compétences. Il épouse Hélène Wendt, originaire de Futuna (l’une des îles de l’archipel français de Wallis-et-Futuna, également dans le Pacifique), et dont il aura trois enfants. Il est actif dans la sphère culturelle de sa communauté et ses affaires prospèrent. Mais tout cela semble se jouer loin, bien loin de la littérature. Jusqu’à cette toute fin des années soixante-dix où il s’engage dans la rédaction de Chân Dang.

Avec ce récit historique édité en 1980, il plonge dans sa généalogie familiale pour conter l’histoire des travailleurs sous contrat employés sur les mines calédoniennes dans des conditions particulièrement dures. Le succès est au rendez-vous. Premier à faire entrer l’histoire de sa communauté dans la littérature de la Nouvelle-Calédonie, Jean Vanmai reçoit le Prix Asie et décide d’écrire la suite.

Fils de Chân Dang est publié en 1983. Il évoque encore la vie de la communauté vietnamienne, mais cette fois dans la Nouvelle-Calédonie contemporaine. Pour l’éditer, Jean Vanmai crée sa propre structure, les éditions de l’Océanie, avec pour projet la parution « de romans inspirés de faits historiques survenus en Nouvelle-Calédonie depuis l’époque dite coloniale jusqu’à nos jours ».

Suit en 1988 Nouméa-Guadalcanal, un roman qui se déroule sur fond de Guerre du Pacifique. Puis il faut attendre dix ans pour que débute la parution de Pilou-Pilou, une trilogie contant les histoires parallèles de bagnards, de kanak rebelles et de personnages issus de la population multiethnique de la Nouvelle-Calédonie : une population dont Jean Vanmai entend témoigner de la volonté de vivre ensemble.

Élu du Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1995, gérant aujourd’hui de plusieurs sociétés, Jean Vanmai est aussi membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, de la Société des gens de lettres, de l’Association des écrivains de langue française et de l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie. (Source le site d’île en Île)

Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP

Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP

Thanh-Van Tran-Nhut, fille d’un professeur d’université et descendante de mandarin, une invitée de cette rencontre n’est pas inconnue des Calédoniens elle nous a fait l’honneur d’une visite et nous avons pu partager de bons moments avec elle à la maison du livre de Nouvelle-Caledonie en 2014. Thanh-Van Tran-Nhut est née le 1er janvier 1962 à Hué au Viêt Nam et Kim Tran-Nhut, née le 24 octobre 1963 dans la même ville, sont deux écrivains vietnamiennes, auteures d'une série d'enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt Nam du xviie siècle.

Tran-Nhut avec Pierre Faessel à la maison du livre NC Photo JP

Tran-Nhut avec Pierre Faessel à la maison du livre NC Photo JP

Détails pratiques :

Organised by Dr Tess Do, French Studies, The University of Melbourne, and Dr Alexandra Kurmann, French and Francophone Studies, Macquarie University

Thursday, 1 December

4 - 7.15pm

Macmahon Ball Theatre Room 107, Old Arts Building The University of Melbourne PARKVILLE VIC 3010

Followed by a reception on Professors Walk to 7.45pm

Admission is free. Bookings required.

To register visit: http:// alumni.online.unimelb.edu.au/

For further information please contact

Jennifer Graham-Williams: jennifer.graham@unimelb.edu.au

Rencontres Study Day to be held on

Friday 2 December

See Alumni and Friends website for details: www.alumni.unimelb.edu.au

More details

Publié dans Divers

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Jean-Marie Tjibaou. Une parole kanak pour le monde de Eric Waddell à Livre Paris

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L'auteur au salon du livre de Papeete

L'auteur au salon du livre de Papeete

Jean-Marie Tjibaou, leader charismatique du mouvement indépendantiste kanak des années 1980, est incontestablement une figure emblématique de l’histoire contemporaine de la Nouvelle-Calédonie.

Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur le parcours d’un homme — « [d’]une figure que l’on n’a pas le droit d’oublier » dira Aimé Césaire — dont le nom figure désormais au côté de ceux de Nelson Mandela, de Ferhat Abbas ou d’Isaac Rabin. À l’heure où l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie est en jeu, le retour sur la parole et le chemin de Jean-Marie Tjibaou apparaît essentiel, mémoire calédonienne qui doit désormais être partagée tant elle scelle le principe de destin commun et propose des éléments de réponse aux interrogations du monde moderne.

(source des informations site de Vent des îles)

Livre Paris, Porte de Versailles

Au vent des îles – Stand P14

Dédicaces samedi 17 et dimanche 18, de 15 h à 17 h.

Une vidéo de 2016 pour entendre l'ethnologue parler de notre région

En sus d'Eric Waddell, beaucoup d'autres auteurs du Pacifique à découvrir comme :

Isabelle Esquevin, auteur et photographe passionnée de cet ouvrage aux mille couleurs ! 
Dédicace vendredi 16 (16h à 18h), samedi 17 et dimanche 18 (15h à 17h)

au Stand P14

Un livre sur l'art Urbain trés réussi pour avoir rencontré l'auteure et vu les graffeur à l'oeuvre à Papeete au salon du livre en Polynésie, je peux vous dire que ça vaut de s'y intéresser. JP

Aussi

Pierre Furlan à Livre Paris pour son dernier roman : « Le Livre des îles noires. Vies de Fletcher »

Thanh-Van Tran-Nhut présentera son dernier roman « Kawekaweau » à Livre Paris

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Chronique du Livre : KAWEKAWEAU de Than-Van Tran-Nhut sur Quatre Sans Quatre

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre
Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre

Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre

Je trouve cette critique du beau roman de mon amie Than-Van que j’avais rencontré à Nouméa et retrouvé au salon du livre de Tahiti complètement dans le ton de cette intrigue faisant partager aux lecteurs l'exploration de la Nouvelle-Zélande au XIXème siècle . Je vous invite donc à lire un large extrait de ce bon papier. Voir ci-dessous. JP

Chronique Livre : KAWEKAWEAU de Than-Van Tran-Nhut Publié par Psycho-Pat le 18/01/2018 sur Quatre Sans Quatre

Image d’illustration : Baie Houa-Houa - Naturels exécutant une danse à bord de l'Astrolabe (Nouvelle-Zélande) par Louis Auguste de Sainson, 1833 (détail) - Wikimedia

Le pitch

À peine installé au Viêt-Nam avec sa femme, Viktor reçoit un colis de Lucie, son amour de jeunesse, récemment décédée. Elle lui lègue non seulement des objets de leur vie commune, mais aussi un ultime défi : résoudre une énigme liée au lézard géant rapporté de Nouvelle-Zélande par un équipage français au XIXe siècle — le mythique kawekaweau marqué d’une malédic­tion.

Plongé dans le journal d’un célèbre amiral, arpentant les Antipo­des aux côtés de scientifiques, d’artistes et de matelots, alors que s’ouvre à eux un territoire inconnu, Viktor s’aperçoit qu’entre les lignes du rapport officiel se cache un drame ignoré de tous. Le dessin d’une jolie Maorie, un fragment de jade vert, des pho­tos d’un monde évanoui...

Et si ces objets d’un autre temps recelaient, eux aussi, le dernier message de Lucie à Viktor ?

L'extrait

« La main sur l'interrupteur, il se rappela le colis sur lequel tombait un rond de lumière. Les notaires.

Il entendit sa femme entrer dans la douche. Il aurait sûrement le temps de jeter un coup d'oeil sur le contenu. L'adhésif accrochait bien. Il dut le couper avec des ciseaux. Au fond du carton, un sac en toile et une lettre.

Ce qu'il y lut lui donna le vertige.

Maître Villard du cabinet Maillant & Bourdeleau annonçait qu'il lui envoyait quelques effets de Lucie Marceau décédée deux mois auparavant, comme le stipulait son testament.

Le barrage qu'il avait érigé contre les souvenirs de sa vie antérieure céda. Lucie, un nom qu'il avait banni de son esprit depuis longtemps. Dans ce nom, il y avait sa jeunesse et ses espoirs, des jours d'été sans fin et des années si vite écoulées.

Elle avait cherché à renouer le contact deux ans plus tôt et il l'avait sèchement rembarrée. Ce qui est perdu est perdu, lui avait-il répondu. Lettres mortes et retrouvailles refusées. Rien à faire pour des blessures fossilisées. Et maintenant, il était de toute façon trop tard.

Il fut tenté de tout jeter à la poubelle. Que lui importait de recevoir des affaires de cette femme qui n'était plus rien pour lui ? Il lui en voulait de venir encore le harceler, même après sa mort. Qu'elle aille au diable, qu'elle repose en paix, qu'elle le laisse tranquille.

Il flanqua un coup de pied à la boîte. Un tintement lui indiqua que quelque chose venait de se briser. Cela venait de l'intérieur du paquet.

À moins que ce ne fût à l'intérieur de son cœur. » (p. 19-20)

L'avis de Quatre Sans Quatre

Viktor Bachmann est marié et heureux, il vient d'emménager à Hué, ancienne capitale impériale du Viêt-Nam et commence à donner des cours à l'université locale où il trouve, chez les étudiants, une certaine fraîcheur et une appétit d'apprendre qu'il commençait à ne plus ressentir auprès de ses élèves à Harvard.

Passionné de littérature française, des grands classiques, il aime sa nouvelle vie et ne voit pas d'un bon œil arriver le colis envoyé par les notaires chargés de la succession de Lucie Manceau, son amour de jeunesse. On sent qu'entre ces deux-là, la rupture a été cruelle et qu'il n'a rien pardonné. Lucie a tenté plusieurs fois vainement de reprendre contact, Viktor est toujours resté inflexible.

Aujourd'hui, alors qu'elle est décédée dans un accident de kayak en Norvège, Lucie lui envoie un message d'outre-tombe. Quelques vieilles affaires datant de leur histoire et une énigme qu'elle avait commencé à résoudre avant de mourir. Il y est question d'un animal naturalisé mythique, une sorte de grand lézard, un gecko, découvert en 1986 dans le muséum d’histoire naturelle de Marseille, dont le rembourrage contient un bijou étrange. Apparemment une malédiction rôde autour de cet animal disparu depuis longtemps, et de tous ceux qui l'ont approché.

Ronchonnant, mais piqué au vif malgré tout par la curiosité, Viktor se penche de mauvais gré sur cette étrange histoire, lance de multiples recherches via internet et commence à en perdre le sommeil. D'autant plus que le fantôme de Lucie s'installe dans son bureau et le pousse à lui venir en aide : elle n'a que sept jours avant de disparaître tout à fait et souhaite connaître le fin mot de ce mystère. Commence alors un voyage immobile, une quête dans les recoins d'écrits anciens, de livres de bords de différentes expéditions avant de se fixer sur ceux de l'amiral Jules Dumont d'Urville qui a accompli en 1827, sur l'Astrolabe, un périple dans les terres australes, notamment la Nouvelle-Zélande dont est originaire l'animal et le bijou.

C'est au milieu des hommes d'équipage, des artistes embarqués afin de dessiner les lieux, la faune, la flore, les « Naturels », en l'occurence les Maoris et des officiers de bord que le lecteur suit les avancées de Viktor et du spectre de Lucie. Les documents sont précis, détaillés, à l'excès même puisqu'il n'est pas si facile d'extraire ce qui est relatif à l'intrigue qui préoccupe les enquêteurs. Le temps manque, les recherches doivent être de plus en plus pointues et les registres de bord bientôt ne suffisent plus, il faut élargir la bibliographie par des fouilles quasi archéologiques supplémentaires dans les arcanes du web.

Viktor perd le sommeil, Rachel se fâche de plus en plus souvent, il en néglige presque ses étudiants, surtout que, parallèlement, un éditeur le presse de lui donner son avis sur un recueil amphigourique écrit par un chercheur à propos des textes de théâtre d'Alfred de Musset. Ce travail annexe lui fournira l'occasion de bien des surprises également. Ce travail va conforter ce que lui disait Lucie : il faut se méfier des apparences...

Voilà le thème essentiel de ce polar singulier : les apparences trompeuses. Ce sont elles qu'il faut traquer dans les recoins d'anciens textes, qu'il faut débusquer méticuleusement, une à une, pour faire toute la lumière, aussi bien sur l'énigme du Kawekaweau que sur la propre vie de Viktor, son histoire avec Lucie et ce qu'il en reste au fond de lui, ou sur le texte à critiquer. La chasse aux renseignements à travers les documents d'époque est passionnante, le lecteur vit avec les explorateurs dans l'île nord de Nouvelle-Zélande au début du XIXème siècle, apprend les coutumes locales, la rude vie des marins, le travail des naturalistes et des artistes qui accompagnaient les voyages. Le chassé-croisé des différentes intrigues est parfaitement mené, avec ce qu'il faut de suspense pour toutes les vivre en même temps, même si deux siècles les séparent.

Ah, il faut ajouter que Than-Van Tran-Nhut écrit avec élégance, tout en nuance et en camaïeu de sentiments, sait faire vivre l'impatience de Lucie et la détermination de Viktor, une Rachel excédée ou les paysages délicats de Hué, avec, au passage, quelques rappels de l'effroyable boucherie que fut la guerre du Viêt-Nam. Un polar vraiment bien documenté, ainsi que vous le découvrirez dans la post-face, narrant un énorme travail d'enquête et une belle symbolique sur le passé venant demander des comptes, ou, plutôt, révéler des incompréhensions.

Prêts pour la chasse au kawekaweau et sa terrible histoire ? Embarquez avec Viktor sur l'Astolabe, sans hésiter !

Notice bio

Than-Van Tran-Nhut est ingénieur en mécanique, diplômée du California Institute of Technology. Elle est l'auteur notamment des enquêtes du mandarin Tân, qui se déroule dans le Viêt-Nam du XVIIème siècle (Philippe Piquier Éditeur). Elle a découvert la Nouvelle-Zélande en 199è et y a séjourné en 2014 en tant que lauréate de la résidence d'écrivain Randell Cottage à Wellington. Suite

Ce livre est vendu à Nouméa en librairie et à Tahiti site de l’éditeur au prix de 2300 Francs XFP Site à Nouméa Book'in

Mon épouse Lê Dung avec Than-Van au centre culturel de Papeete. Photo JP

Mon épouse Lê Dung avec Than-Van au centre culturel de Papeete. Photo JP

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La mère des montagnes de Xuan Khanh Nguyen

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Couverture du livre de Tran van Hoa

Couverture du livre de Tran van Hoa

Roman traduit du vietnamien par Tran Van Hoa

Lettres Asiatiques – Japon chez L’Harmattan (à commander en ligne Harmattan ou FNAC)

Dans cet ouvrage, la grande Histoire livre ses secrets à travers des destins individuels. Philippe Messmer est un militaire converti en patron de plantation, puis mari bienveillant. Mùi, la dame-médium, accepte d'épouser un Français par amour pour son père, confucianiste intransigeant et respecté. Entre Mùi et son mari, va se livrer un jeu de cache-cache passionnel et impitoyable. Seule la Mort aura le dernier mot.

Nguyen Xuan Khanh est né à Hanoï (Vietnam). Ses œuvres les plus marquantes ont l'histoire du Vietnam comme toile de fond. Dans des contextes de guerre ou de révolution, il dévoile les fondements culturels d'une nation à travers les portraits d'hommes et de femmes tentant de s'arracher à leur destin.

Aussi : Sur l’Indochine mon roman « Les Moustaches de Tigre », une aventure au début la décolonisation de Joël PAUL disponible à Nouméa chez Calédo Livres et en ligne.

Plus en suivant ce lien ✔

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LES CONFINS DU MONDE au Festival de Cannes 2018 Indochine, 1945.

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LES CONFINS DU MONDE

Le film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2018

Indochine, 1945.

Robert Tassen, jeune militaire français, est le seul survivant d'un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Aveuglé par sa vengeance, Robert s'engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche des assassins. Mais sa rencontre avec Maï, une jeune Indochinoise, va bouleverser ses croyances.

Sur le même sujet un roman:

LES MOUSTACHES DE TIGRE

Une aventure indochinoise
Joël Paul
Portes océanes 
LITTÉRATURE DOCUMENTS, RÉCITS ASIE CambodgeChine Laos Vietnam 

Chez L'Harmattan et au prochain Silo 2018 à Nouméa

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation en Indochine se dégrade très rapidement. Maurice Morin, jeune lieutenant et fils d'un riche colon, échappe au massacre et se réfugie au Laos. Isolé, il devient opiomane. Revenu sur le domaine familial grâce à son père qui veut le guérir, Maurice décide de repartir et de monter une affaire de transport avec Thanh, son frère de lait. Du Tonkin en Cochinchine, cette famille, victime de l'histoire, va se débattre dans les tourments de la décolonisation...

Les critiques de mon roman sont bonnes osez le commander ou chez votre libraire Calédo Livres à Nouméa

Les critiques de mon roman sont bonnes osez le commander ou chez votre libraire Calédo Livres à Nouméa

Cannes 2018 : « Les Confins du monde » ou la vengeance du soldat Tassen

Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.

Extrait d’un article LE MONDE | 11.05.2018 à 17h28 • Mis à jour le 12.05.2018 à 08h01 | Par Mathieu Macheret

Quinzaine des réalisateurs

Guillaume Nicloux poursuit une œuvre protéiforme et toute en zigzags, où chaque film semble obstinément ne vouloir ressembler en rien à celui qui le précède. Si ce n’est par une inclination, depuis Valley of Love (2015), pour les dérives existentielles, les expéditions autant extérieures qu’intérieures de personnages itinérants. Les Confins du monde, son dernier film présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ne déroge pas à la tendance, puisqu’il décrit, pendant la guerre d’Indochine, la longue marche à travers la jungle de Robert Tassen (Gaspard Ulliel), soldat de l’infanterie française, en même temps que son enlisement dans une obsession de plus en plus déliquescente.

Le film s’attache à la période trouble de 1945-1946, à la sortie de la seconde guerre mondiale, marquée par l’occupation momentanée du Tonkin par les forces japonaises et l’émergence de la résistance indépendantiste. Tassen est l’unique rescapé d’un massacre lié au « coup de force » du 9 mars 1945, riposte japonaise à la reprise en main du territoire par les Français.

Le premier intérêt du film est de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale assez peu visité par le cinéma français

Au début du film, le soldat se relève d’un épais charnier, où gisent à la fois son unité décimée ainsi que des parents. Recueilli et soigné par des villageois, il rejoint l’armée française, obnubilé par l’idée de se venger, notamment sur la personne de Vo Binh, un lieutenant d’Ho Chi Minh. Trois rencontres jalonnent sa quête : celles de l’écrivain Saintonge (Gérard Depardieu), du soldat Cavagna (Guillaume Gouix), qui rejoint son bataillon, et de la prostituée Maï (Lang-Khê Tran), dont il tombe amoureux.

Le premier intérêt du film est ainsi de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale finalement assez peu visité par le cinéma français, à l’exception de la mémorable 317e section (1965), de Pierre Schoendoerffer, référence explicite. Difficile de ne pas l’inscrire également dans tout un réseau d’influences contiguës, qui iraient des récits de Joseph Conrad à l’iconographie de la guerre du Vietnam dans le cinéma américain (Apocalypse Now au premier chef), en passant par les films de patrouille de Samuel Fuller (Les maraudeurs attaquent, 1962).

Enlisement d’un homme dans un territoire

Mais l’originalité du film est aussi d’échapper un peu à tout cela, comme à la problématique coloniale, pour se creuser une autre voie : celle de l’enlisement d’un homme dans un territoire et une idée fixe, qui ne sont peut-être jamais que les deux versants d’une même solitude.

La mise en scène de Nicloux frappe ici par sa sécheresse, mais surtout par son impudicité. Le corps y est exposé sans ménagement, qu’il s’agisse des cadavres mutilés par la guerre (têtes coupées, membres sectionnés) ou de la sensualité des soldats eux-mêmes, rendue âpre et brutale par les souffrances qu’ils endurent. Au motif de la vengeance, s’adosse bientôt celui de la sexualité maladive.

La guerre apparaît non seulement comme une névrose sexuelle, par la virilité convulsive qu’elle mobilise, mais surtout comme une permanente angoisse de la castration. Les amputations du Vietminh, la sangsue qui s’immisce dans le pénis d’un soldat, la morsure des serpents (symbole phallique explicite), ne racontent pas d’autre histoire. Celle d’hommes qui, progressivement désertés par la vie, regardent leurs sexes tomber.

En savoir plus sur Le Monde

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A LA CADENCE DU COEUR, VIÊTNAM de Patrick Do Dinh

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A LA CADENCE DU COEUR, VIÊTNAM de Patrick Do Dinh

Traduit en vietnamien par Pham Trong Chanh, préface de Gérard Emmanuel da Silva

Chez L’Harmattan à 15 Euros

Si le photographe peut susciter l'instant, dans l'éphémère restitué, par la poésie, ce qui est requis, selon les termes de Reverdy, est le "rapt nominateur du réel". D'abord, il faut nommer terre et eau : le pays natal. Dans le prisme, couleurs et lettres mêlées disent le paysage premier, le regard, l'éclat des couleurs, du vert de la rizière à la cité du désordre tentaculaire, sous le bleu du ciel. Feuillet après feuillet, images et poèmes en regard, à la cadence de la lumière partagée... (photographies en couleur)

Aussi sur l’Indochine chez L’Harmattan un roman d’aventure de votre serviteur :

LES MOUSTACHES DE TIGRE

Une aventure indochinoise de Joël Paul dans la collection Portes océanes

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation en Indochine se dégrade très rapidement. Maurice Morin, jeune lieutenant et fils d'un riche colon, échappe au massacre et se réfugie au Laos. Isolé, il devient opiomane. Revenu sur le domaine familial grâce à son père qui veut le guérir, Maurice décide de repartir et de monter une affaire de transport avec Thanh, son frère de lait. Du Tonkin en Cochinchine, cette famille, victime de l'histoire, va se débattre dans les tourments de la décolonisation...

 

Pour le commander sur le net 

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