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158 résultats pour “frédéric Angleviel

Loli Laurence Viallard, le karma d’une pionnière de l’édition calédonienne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Chez elle à Pondichery

Chez elle à Pondichery

C’est avec stupeur que le monde de la littérature locale a appris la nouvelle. Laurence Viallard, promotrice de l'édition calédonienne moderne dans les années 1990 avec sa maison d’édition Grain de Sable, est décédée mercredi dans un accident en Inde. Elle s'y était installée quelques mois par an depuis qu’elle avait cessée ses activités en Nouvelle-Calédonie. Elle avait 52 ans. Dans l'hindouisme, la mort est comme un changement de vêtements car l'âme change de corps d'une manière similaire après la mort. Elle va probablement revêtir un habit de lumière pour continuer à rayonner. Elle fourmillait d’idée. Elle préparait le festival d’Auroville (Sud de l’Inde) pour février 2017.

Extrait d’un article de 2016 : elle y parle de ce festival

J’avais un rêve

J’avais un rêve : celui de faire quelque chose, de participer à une action pour les femmes. J’ai bien souvent été bouleversée par les terribles récits relatant les viols, suicides, assassinats de bébés filles en Inde Cette insupportable injustice brûlait mon cœur. Indignée, terrorisée, et cependant immobile, je restais seule et sage dans mon cocon, l’ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry, depuis presque 10 ans. Une fois, j’ai même rêvé de créer une association « Women Sacred Link » après la pendaison de deux jeunes filles violées dans le nord de l’Inde. Ma chair avait mal, que pouvais-je faire seule ? RIEN. Seule, je ne peux rien faire. Dans ma conscience, un seul mot battait : ensemble, être ensemble pour agir, pour changer quelque chose, pour combattre l’ignorance et la violence. Comme d’autres, j’ai compris que je ne pourrais agir si d’abord je ne changeais pas les peurs, l’ignorance en moi. Alors j’ai crié, j’ai pleuré, j’ai demandé de me montrer la voie, la réponse a été claire : « Ose et va ! » En 2012, je devais trouver la force de sortir, de voir le monde, la réalité, mais aussi prendre le risque de me laisser voir, pour qu’un jour mon rêve puisse être une réalité. Pour répondre à d’autres mots : spiritualiser la matière, être une force d’action, de réalisation et de création dans le monde. Et c’est là que Christine Gatineau a su voir mon intériorité à travers mes collages, sur ma page Facebook. C’est elle qui a tiré le fil qui m’a amenée au Centre TAO Paris et où j’ai rencontré Delphine, Cécile, Pol, Imanou. Nous avons fait connaissance autour d’un repas, et mon cœur a vibré très fort quand j’ai entendu qu’ils connaissaient Auroville et la pensée de Mère et de Sri Aurobindo. C’était pour moi le signe évident que j’étais sur le bon chemin. Mon cœur s’est ouvert très grand d’un seul coup. Ainsi, comme une évidence, j’ai suivi le lien et j’en ai même créé un pour le Festival du Féminin à Paris. Enfin pour la première fois, je pouvais matérialiser ce lien entre les femmes. Jamais je n’aurais imaginé qu’il ferait le tour de la terre et surtout qu’il reviendrait à Auroville, au Pavillon de la culture Tibétaine, lieu où j’ai fait mon premier cercle de création « Sacred Link » entre femmes. Faire le premier pas est le début d’un long pèlerinage. C’est ainsi qu’un jour, après avoir vécu le festival à Paris, je m’engage et dis « Oui », comme si, enfin je relevais la tête, je disais oui à l’« Aventure de la Conscience » qui s’ancre dans la matière vivante de nos corps et de nos âmes. Et, comme Christine et Delphine sont de « sacrées » passeuses, elles m’ont fait rencontrer Nirmala de Pondichéry. Comme par magie, une grande et belle Tamoule est arrivée dans un café, et j’ai encore dit « Oui, Oui » pour la co-création et la co-organisation du festival en février 2017 à Auroville, en Inde.

Le rêve est devenu réalité !

Nous unir pour célébrer l’émergence des femmes comme force sociale et de changement. Pour remplir de puissance et de joie le silence de toutes celles, de par le monde, qui n’ont pas le droit d’exister, d’être libres et sauvages, d’être elles-mêmes, femmes tout simplement.

Loli Laurence Viallard Plasticienne-photographe, poète et facilitatrice en transmission des savoirs créatifs Praticienne en rituel http://sacredlink.blogspot.fr le chemin de l’engagement Page 3 sur 27

Ses activités ne s’arrêtaient pas là. Loli Laurence Viallard, plasticienne-photographe et écrivaine, créait des cercles et des performances « SacredLink, lien sacré ». Elle proposait des performances-création (colliers « mala », fils de merveilles, fil du pardon…) pour se relier en conscience et co-créer une intention impactant le monde

En s'installant à Nouméa, cette graphiste était surement loin de se douter qu'elle aurait une vie si riche malgré sa courte durée. Elle a édité les principaux auteurs locaux (Jean Mariotti, Déwé Gorodé, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen). Avec ses petits livres, format carte postale, elle populariserait la lecture au pays de l'oralité. « Je voulais que le plus grand nombre puisse avoir accès à la culture locale pour le prix d'un paquet de cigarettes. », disait-elle. Après plusieurs dizaines d’ouvrages, couvrant la littérature, la faune, la flore et la cuisine, la directrice des éditions Grain de Sable s’était lancée dans la littérature jeunesse. Je ne connais pas la quantité globale de sa production, mais elle manque toujours en Nouvelle-Calédonie. JP

Á noter : Cathie Manné, gérante du distributeur Book’In a été cofondatrice de l'aventure à l’époque et Jean-Brice Peirano actuel directeur de la maison du livre a été pendant plusieurs années l’un des collaborateurs de la maison d'édition Grain de Sable.

Les organisatrices du Festival du Féminin à Auroville : Laurence Loli Viallard & Nirmala Gustave. Elles signent la charte du Festival !

Les organisatrices du Festival du Féminin à Auroville : Laurence Loli Viallard & Nirmala Gustave. Elles signent la charte du Festival !

Photos divers de ses activités en provenance de son site
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Publié dans Nouvelle-Calédonie

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« Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Patrice Gélinet, professeur d’histoire puis journaliste, suivi par les passionnés pour ses regrettées émissions radiophoniques « 2000 ans d’histoire » sur France Inter a publié un ouvrage original sur la guerre d’Indochine. Membre du Conseil et président des groupes de travail « Outremer » et « Radios analogiques et numériques », il a séjourné deux fois en Nouvelle-Calédonie, la dernière fois c’était en 2016, il avait fait la promotion pour deux télévisions locales. Je vous livre un extrait d’un article L'écho du champ de bataille de Frédéric JORDAN qui correspond à la période dans laquelle mes héros, les colons de mon roman « les Moustaches de Tigre » essaient de survivre. Entre 1945 à 1946, mes victimes de l’histoire vont être témoins de ce que relate « Indochine 1945-1954, chronique d’une guerre oubliée » de P.Gélinet. JP

NB : Mon livre est un roman d’aventure, une belle histoire d’amour mais la guerre est omniprésente.

Extrait de l’article :

Il revient sur cette campagne oubliée, mal connue de ses contemporains comme de bon nombre de Français aujourd’hui. Pourtant, ce conflit apporte un éclairage intéressant sur les interactions entre guerre et politique ainsi que sur les modes d’action utilisés en contre-insurrection par les militaires. Ces derniers ont tenté, sur ce théâtre d’opération lointain, de trouver la bonne adéquation entre les objectifs stratégiques fixés, les hésitations françaises, l’environnement local, les moyens de combat disponibles et une population déchirée entre son attachement à la France et son désir d’indépendance.

Le livre nous offre une vision de cette guerre à travers les yeux des acteurs de l’époque, journalistes, hommes d’état, militaires français, combattants du Viet-Minh ou tout simplement civils d’origine métropolitaine ou vietnamienne. Des Flash codes disséminés tout au long des pages permettent d’écouter des bandes archives de l’INA, discours, reportages, témoignages qui donnent vie au texte et permettent de s’imprégner de l’ambiance particulière de ce bout d'Asie.

L’auteur dresse tout d’abord le tableau de l’Indochine entre 1930 et 1945 avec, en particulier la montée du nationalisme vietnamien suivi par l’occupation japonaise. Si celle-ci a été brutale, elle aura permis à Hô Chi Minh de déclarer l’indépendance de son pays, de former un gouvernement avant de se heurter à la volonté française de rétablir la situation d’avant-guerre. Le général Leclerc est envoyé sur place pour rétablir l’ordre. Il comprend très vite que la seule issue s’inscrit dans la négociation mais se heurte à la fermeté de l’amiral D’Argenlieu chef civil et militaire sur place. En 1946, la crise est consommée, le Vietminh prend le maquis, la France bombarde Haiphong causant de nombreuses victimes collatérales.

Hô Chi Minh « s’installe au nord du Tonkin, près de la frontière chinoise, dans la jungle du Viêt Bac. De là, pendant les trois premières années du conflit, Giap va diriger une guerre étrange, une guerre dont on parle peu en France parce que c’est une guerre sans front, sans grand engagement militaire. Hô Chi Minh ne bénéficie d’aucune aide extérieure. Alors, les soldats de Giap mènent une guerre de petites unités, une guerre de guérilla. Dans tout le Vietnam, ces soldats paysans harcèlent les Français qui ne contrôlent que les grandes villes, Saigon, Hué, Haiphong et Hanoi dans le delta du fleuve Rouge. »

Le leader des rebelles décrit parfaitement sa stratégie dès septembre 1946 : « ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le percera de ses défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour, et ne sort que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par lambeaux, puis disparaîtra de nouveau dans l’ombre. Et l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. »

Mais les combattants du Vietminh disposent de peu d’armes et doivent créer de l’équipement artisanal tel des bazookas à partir de rails de chemin de fer ou des mortiers. L’unité de base est représentée par 3 soldats (le nid) au sein de groupes d’une dizaine d’hommes. Rapidement, les deux belligérants comprennent que le centre de gravité des insurgés se matérialise par l’approvisionnement en riz devenu le nerf de la guerre et même une monnaie parallèle.

« En face de l’armée de Giap, le corps expéditionnaire français manque de soldats. Le gouvernement n’envoie des renforts qu’au compte-gouttes et refuse de faire appel au contingent. Jusqu’à la fin, la France n’enverra en Indochine que des soldats de métier (…) c’est pourquoi les Moï, les Mnong, les Thaï, les Muong, les Cham servent parfois dans les unités auxiliaires commandées par des capitaines ou des lieutenants qui deviendront célèbres. » Les Français doivent donc s’adapter aux modes d’action adverses, en particuliers le formidable réseau de tunnels et de souterrains permettant de se cacher lors des opérations de bouclage ou de dissimuler vivres et armements… Suite de cet article

Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018

Carte de l'indochine française et couverture de mon livre en vente à Caledo Livres et au SILO 2018

Publié dans Ouvrage de Joël PAUL

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L’histoire de trois familles du domaine du château Hagen avec Marie-Thérèse Bury, Christian Canel, Ismet Kurtovitch

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Christophe Bouton, responsable du Château Hagen, Marie-Thérèse Bury, Christian Canel et Ismet Kurtovitch. Photo Joël PAUL Copyright © 2018
Christophe Bouton, responsable du Château Hagen, Marie-Thérèse Bury, Christian Canel et Ismet Kurtovitch. Photo Joël PAUL Copyright © 2018Christophe Bouton, responsable du Château Hagen, Marie-Thérèse Bury, Christian Canel et Ismet Kurtovitch. Photo Joël PAUL Copyright © 2018
Christophe Bouton, responsable du Château Hagen, Marie-Thérèse Bury, Christian Canel et Ismet Kurtovitch. Photo Joël PAUL Copyright © 2018

Christophe Bouton, responsable du Château Hagen, Marie-Thérèse Bury, Christian Canel et Ismet Kurtovitch. Photo Joël PAUL Copyright © 2018

L’histoire de trois familles du domaine du château Hagen avec Marie-Thérèse Bury, Christian Canel, Ismet Kurtovitch

Le Château Hagen fait partie du patrimoine architectural calédonien mais c’est aussi l’histoire de trois familles de pionniers, d’aventuriers, d’entrepreneurs de commerçants qui ont contribué au développement et à la prospérité de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides indissociable du Caillou au début de la colonisation.

Isolée de « la mère patrie », la colonie était autonome économiquement à cette époque. On devait produire tout ce qu’on avait besoin. Les pionniers savaient tout faire et ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. On retrouve cet état d’esprit chez les broussards, des gens dégourdis dès leur plus jeune âge, capables de mettre en pièce un moteur et de le remonter ou de construire un bâtiment. Le jeune ado que j'ai été, débarqué il y a 50 ans en Nouvelle-Calédonie, était ébahi de découvrir ça à la fin des années soixante. Je me souviens de l’étonnement de nos instructeurs militaires au camp de Nandaï qui apprenaient à tirer à des fines gâchettes qui rigolaient sous cape des conseils inutiles qu’ils recevaient. Pire encore, au stage Frac, pour apprendre à conduire, un copain de ma promotion, Flotat, a pris en main le pilotage du T46 de l’instructeur. Il conduisait comme un pied. Celui-ci en fit son adjoint au grand soulagement des bleus dans la benne qui priait pour que le zor ne prenne pas le volant. C’est ça l’héritage des pionniers. Des Calédoniens blancs différents de leurs frères kanak et de leurs cousins de métropole. JP

C’est en 1858, que Pierre Canel, maçon et briquetier s’installe sur le domaine de 13 hectares, au cœur de la Vallée de l’Infanterie (ancien nom de la Vallée-des-Colons). Jean Taragnat, ancien missionnaire s’y installe à son tour en 1863. Mais c’est la famille Préveraud de Sonneville qui prend la succession et construit la belle demeure devenue le « château ». Enfin, Lucy Hagen achète la propriété en 1903. Son fils Tiby s’y installe en 1916 et la famille a habité le domaine jusqu’en 1998. Date à laquelle la province Sud rachète le Château Hagen pour en faire un centre culturel à vocation artistique et éducative. (Source province Sud)

Christian Canel qui n’a pas de lien de parenté avec le pionnier a raconté la vie tumultueuse et mystérieuse de Pierre Canel qui a vécu 30 ans en Calédonie et a eu 3 fils. Cette rencontre à permis au conférencier d’apprendre qu’une de ses petites-filles âgées de 97 ans vit à la Vallée du Tir (la dame a toujours sa tête et aurait des choses à raconter) sur Pierre Canel Maçon, vigneron, voiturier. Christian a fait beaucoup de révélations, Pierre Canel par exemple était réserviste de l’armée républicaine. Il aurait pu participer à la rébellion suite au coup d’état de napoléon III. Son épouse était la fille d’un soldat de Napoléon 1er qui avait participé à la campagne de Russie, entre autres. Bref un régal d’anecdotes savoureuses. Une dernière pour ceux qui ont raté ce grand moment. Un procès et une peine d’emprisonnement qui a été infligé à Pierre Canel parce qu’il avait fait tirer sur Jean Fayard car le cheval de ce dernier venait manger ses vignes.

Marie-Thérèse Bury a narré la vie de Jean Taragnat originaire d’un petit village près de Lyon où il fit la connaissance d’un certain Douart (le premier évêque de Calédonie) avec qui il est parti comme missionnaire Mariste, un ordre fondé pour évangéliser les indigènes des colonies. Taragnat, comme Canel, était un homme entreprenant qui savait tout faire avec une vie aventureuse et des voyages fabuleux par Valparaiso et l’Australie. L’île continent était aussi une seconde patrie pour eux. Marie-Thérèse Bury comme Christian Canel a fait beaucoup de révélations et rappelée l’implication de Jean Taragnat missionnaire dans l’affaire de Varenne, l'attaque de la mission à Baïao, le massacre d'une partie de l'équipage de l'Alcmène. C’est Jean Taragnat qui négocia en langue vernaculaire qu’il maitrisait correctement pour récupérer des survivants otages.     

Ismet Kurtovitch s’est chargé de retracer la vie de Tiby Hagen, un roman a lui seul, un livre à écrire qui le sera un jour. Nicolas Frédéric Hagen était un pionnier hors norme issu d’une famille d’origine norvégienne Haagen. Il était allemand, deviendra Australien et enfin Français, un pirate des mers du Sud, armateur commerçant et prospecteur minier. Il exportait des marchandises, en importait d’autres. Un entrepreneur et touche à tout comme Canel et Taragnat. Plein d’humour et cultivé, pour décliner sa profession à son mariage civil à la mairie de Nouméa, il fit marquer gentleman. Il animait un cercle littéraire à Sydney etc. Ismet était à son affaire pour en parler. Ce dernier, conférencier et historien, a bouclé la boucle de cette agréable après-midi dans les jardins de la propriété. Tiby Hagen, a précisé l’historien, est considéré comme le dernier vrai pionnier de Nouvelle-Calédonie.

Le château Hagen et ses manifestations se bonifie avec le temps. Longue vie au château si bien entretenu.

Photos Joël PAUL Copyright © 2018 Photos Joël PAUL Copyright © 2018 Photos Joël PAUL Copyright © 2018
Photos Joël PAUL Copyright © 2018

Photos Joël PAUL Copyright © 2018

Publié dans Colonisation

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Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

4 200  XPF sur le site Au Vent des Îles

D’îles en archipels polynésiens, Titouan Lamazou et sa fille Zoé révèlent une fresque vibrante, toute en couleurs, sensibilité et humanité.

D’île en île, Titouan Lamazou dessine une fresque vibrante, à la fois réaliste et onirique, du pays où il a choisi de poser son sac après quarante ans d’errance : la Polynésie. Dans ce coin du monde qui ressemble au paradis, il cherche un havre impossible où les êtres humains se souviendraient de leur lien essentiel au Vivant. Son trait précis, à même de saisir une âme, et sa quête de diversité révèlent toute la complexité de l’océan où il s’attarde aujourd’hui.

Sa fille, Zoé, le suit dans ce voyage. Elle fait émerger la parole de ceux et celles dont Titouan fait le portrait. Ces voix des archipels témoignent d’une très ancienne relation à la terre, à la mer et au ciel, réinventée face à une colonisation aux multiples visages. Père et fille nous convient à une odyssée au portant à travers cinq archipels et leurs myriades d’îles, semées sur la houle Pacifique comme autant d’astres dans le ciel des navigateurs : Marquises, Tuamotu, Gambier, îles de la Société et îles Australes. Une chatoyante mosaïque de paysages contraires et de personnages aux destins romanesques. Une traversée inspirante et salutaire aux confins d’un monde en quête de sens.

Lire un extrait en suivant ce lien (C’est magnifique)

- UNE AFFAIRE DE FAMILLE – (Source Zoé sur FB de l’éditeur)

Depuis trois ou quatre ans, on me pose souvent cette question :

« Alors, c’est pas trop difficile de travailler avec son père ? »

Ma mère, qui a le sens de la répartie, se marre en haussant les épaules et me souffle une réponse à dégainer aux curieux légitimes : « Vous ne penseriez même pas à demander ça à votre boulanger, artisan de père en fils dans la même boulangerie depuis 1956… »

C’est vrai. Mais en général, je me contente de dire que non, ça n’est pas difficile de travailler avec mon père, bien au contraire. Et que sinon je ne le ferais pas.

En fait, notre collaboration dure en pointillés depuis environ vingt ans. Elle a sans doute commencé sans que nous ne nous en apercevions, alors que j’étais une ado vernie et que, le rejoignant le temps de vacances scolaires dans quelque bout du monde, je m’asseyais à côté de lui pour dessiner tandis qu’il réalisait ses Carnets de voyages – ceux qui l’ont consacré en artiste populaire, dans les années 1990.

Depuis, aux voyages d’agrément je préfère les reportages. J’aime arpenter les territoires qui me sont inconnus avec une mission en bandoulière : un bouquin à écrire, un film à réaliser. De la même manière, je ne suis jamais amie plus dévouée que lorsque je peux travailler avec mes proches ou ma famille. Il n’y a là aucun mystère. Les solitaires qui comme moi connaissent la joie de cheminer en équipe le savent, chaque nouvelle création est une aventure, enrichissant d’une complexité subtile les liens de l’amitié sincère. Travailler avec Titouan relève de ce même engagement fait d’enthousiasme réciproque et de diplomatie. Et puis, le temps du « projet » n’est jamais assez long pour laisser s’installer autre chose que cette complicité forgée dans la besogne. Quand l’ouvrage est achevé, un autre est à imaginer, seule ou avec d’autres fidèles acolytes. Il sera toujours temps de collaborer encore ensemble.

J’ajoute que travailler avec Titouan, c’est rejoindre un équipage. Le dernier était composé de très belles âmes : José Lamazou (suivi de production), Gwen Le Bras (photo et réalisation vidéo), Julianne Cordes (conception graphique et réalisation), Alexis Lambotte et Serge L’Estimé (infographie et photogravure), Sabine Beaufils Fievez (transcription), Frédéric Torrente (conseil scientifique), Christian Robert et Lucile Bambridge (éditions Au Vent des îles), Jasmine Badr (relecture et correction).

Il y a aussi bien sûr les rencontres avec les 48 personnes dont j’ai retranscrit la parole dans les pages de notre livre, et tous ceux.celles dont nous avons eu la chance inouïe de croiser la route dans cinq archipels de cette chatoyante Polynésie qu’on appelle « française ».

Voilà, avec mon paternel, nous co-signons Escales en Polynésie. Et j’en suis très fière.

 

Rochefort Pacifique : Le territoire Wallis & Futuna, le pays à l’honneur de cette 15ème édition.

Cette 15ème édition présente 18 films, 9 livres, visite 9 pays ou territoires du Pacifique et reçoit 37 invités. Festival Rochefort Pacifique c’est 5 000 à 6 000 entrées sur 5 jours.

Titouan Lamazou, parrain de l’édition 2019, revient à Rochefort le mercredi 6 octobre à l’occasion d’une tournée en métropole de présentation de son nouvel ouvrage  Escales en Polynésie, édité aux éditions Au vent des îles. Il sera reçu l’après-midi par la librairie l’arbre à mots pour une séance de dédicaces.

L'artiste dans son atelier ! Une photo de Christian Robert

 

Escales en Polynésie par Lamazou père et fille

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Jean Vanmai a quitté ses fonctions de président de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Jean Vanmai a quitté ses fonctions de président de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie

L’AENC a élu son nouveau président. La rédaction de ce blog félicite le nouveau président, Alexandre Rosada a été élu jeudi 15 avril au cours d’une assemblée générale extraordinaire.

C’était tentant pour votre serviteur de rédiger un billet en soulignant que l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie n’est pas l’association de tous les écrivains. Mais l’édito de Jean Vanmai avant son départ commence par « Née en 1997, sous l’impulsion de Claudine Jacques et de Nicolas Kurtovitch, l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie est la première association à vouloir regrouper les écrivains du Caillou. Son but était d’éviter que les auteurs soient isolés les uns par rapport aux autres, mais de susciter plutôt une forte identité à la littérature calédonienne ».

Alors à bon entendeur, salut car « La critique est aisée, mais l'art est difficile », une locution proverbiale imaginée en 1732 par Philippe Néricault, auteur et comédien dont le nom de scène était Destouche, auteur aussi de « Les absents ont toujours tort ». D’autant que le président sortant, Jean Vanmai, a été un président rassembleur. Il a ouvert Sillages d’Océanie par exemple, la publication annuelle de l’AENC, aux auteurs marginalisés. L’AENC souhaite être l’association des écrivains francophones du sud Pacifique, dit-il.

Alexandre Rosada président océanien d’origine européenne va devoir se surpasser car notre image à l’extérieur, n’est pas très océanienne. La littérature pays reste a inventé peut-être. JP

NB : Photo des présidents Copyright AENC

Lire le bel édito de Jean Vanmai

EDITO (source site de l’AENC qui me pardonnera cet emprunt)

HIER, AUJOUR’HUI ET DEMAIN…

Née en 1997, sous l’impulsion de Claudine Jacques et de Nicolas Kurtovitch, l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie est la première association à vouloir regrouper les écrivains du Caillou. Son but était d’éviter que les auteurs soient isolés les uns par rapport aux autres, mais de susciter plutôt une forte identité à la littérature calédonienne. De sorte qu’au travers de ses productions qu’il soit possible de connaître, par leurs écrits, un véritable courant littéraire propre et original. D’autant plus que la Nouvelle-Calédonie est une terre de métissages et de contrastes qui lui confère ce caractère unique, voire insolite, ne serait-ce d’ailleurs que par les noms ou pseudonymes de ses auteurs (es).

Les plus célèbres historiquement restent bien entendu Jean Mariotti (1901-1975),   Georges Baudoux (1870-1940), voire Alain Laubreaux (1899-1968) et Francis Carco qui avait passé ses dix premières années à Nouméa, Sans oublier Appolinaire Anova Ataba (1929–1966), prêtre kanak originaire de Moméa et premier écrivain kanak de langue française à avoir ouvert l’espace littéraire occupé jusque-là par les écrivains européens.

Jusqu’en 2007, sur une période de 10 ans, l’AENC qui bénéficiait directement des  subventions annuelles en provenance du Gouvernement de la N-C, de la Mission aux Affaires Culturelles, de la Province Sud et de la Marie de Nouméa, entre autres, a régulièrement organisé des manifestations de contact avec le public, ou de participer, en tant qu’association d’écrivains, aux manifestations culturelles organisées par d’autres en Nouvelle-Calédonie ou à l’extérieur de l’île.

Telles que les « Stands de l’Océanie », aux Salons du Livre de Paris, organisés en pool avec nos amis de « Lire en Polynésie ». Et surtout nos nombreuse rencontres au Salon du Livre de Ouessant, qui nous ont permis de nous inspirer pour créer notre propre SILO annuel, bien connu maintenant sur le Territoire.

Or dès la création de la Maison du Livre de N-C, en 2007, ces subventions ont été « fondues dans une masse globale», ce qui nous a privé de toutes actions intérieures et surtout extérieures de l’île. Celles-ci permettaient pourtant de nous rencontrer, de parler de nos projets respectifs et de mieux connaître les auteurs francophones des DOM-TOM, principalement ceux et celles de Tahiti, de la Réunion et surtout de l’étonnante Haïti…

Ces quatre dernières années, malgré nos manques de moyens avérés, nous avons réussi à publier quatre numéros de Sillages d’Océanie, grâce aux cotisations de nos adhérents, des soutiens de Déwé Gorodé du Gouvernement, de la Mairie de Nouméa, de la MAC et de la MLNC (en partie pour les deux derniers numéro).

De plus, avec la publication ainsi que la nouvelle présentation de Sillages d’Océanie, nous avons également entrepris le toilettage de nos statuts et de nos règlements intérieurs. Avec l’adoption d’un logo plus moderne et plus explicatif de ce que nous sommes, ici, écrivains francophones du sud Pacifique.

La future nouvelle équipe qui aura la charge de conduire l’AENC vers un avenir plus prometteur voire de performances littéraires, aura donc à sa disposition cet outil rénové, qui n’attends plus que quelques soutiens pérennes notamment au niveau de la MLNC.

A cela nous espérons pouvoir compter, je l’espère, sur Alice Pierre, bien que la crise   économico-politique et la Covid-19 nous invitent à la prudence.

Un dernier mot toutefois, pour vous avouer que nous n’aurions jamais pu réaliser le beau rêve d’un site rajeuni, moderne et attractif, sans le soutien sans faille de Frédéric Pierrot, notre fidèle et dévoué webmestre, qui a passé des mois pour le créer, l’installer et que vous avez maintenant sous les yeux.

Et ce gratuitement !…

Merci infiniment à l’ami Fred et à vous tous.

Pour terminer, avec ma première mandature qui a duré cinq ans en tant que Président, en plus de celle-ci de quatre ans, nous avons fait avec les différentes équipes qui m’ont entouré, du mieux que nous pouvions afin de mettre aujourd’hui à votre disposition un outil de travail qui ne demande qu’à progresser pour la plus grande gloire de la littérature en générale et celle de notre Caillou en particulier.

Jean Vanmai

Président de l’AENC,

Nouméa le 12 avril 2021.

Publié dans Evénement culturel

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Programme chargé pour Hamid Mokaddem invité au salon Livre Paris

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Hamid photo de l'auteur

Hamid photo de l'auteur

Le séminaire Formation à la recherche dans l'aire océanienne accueillera Hamid Mokaddem (Institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie) pour une présentation de son dernier livre intitulé Yeiwene Yeiwene. Construction et Révolution de Kanaky Nouvelle-Calédonie

mercredi 21 mars, de 15 h à 17 h.

Hamid Mokadden sera aussi sur le stand Océanien et donnera des conférences au salon avec des séances de dédicaces.

Résumé

À partir de l’étude d’une trajectoire nationale kanak, resituée dans l’histoire du présent, je voudrais mesurer en quoi le choix d’un « curieux » objet, la révolution et construction d’une souveraineté nommée « Kanaky », permet de comprendre le devenir souverain de la Nouvelle-Calédonie, un archipel d’Océanie sous la tutelle de la puissance administrante et souveraine, la France. L’analyse met entre parenthèses inquiétudes et tensions politiques contemporaines de l’organisation d’un référendum (transfert de souveraineté, transformation de la citoyenneté en nationalité, statut international dit de « pleine souveraineté ») pour évaluer ce que signifie devenir souverain aujourd’hui en Kanaky-Calédonie.

Au plaisir de vous y retrouver, en salle 3, 105 bd Raspail.

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Formation à la recherche dans l’aire océanienne

•        Alban Bensa, directeur d'études de l'EHESS (*) ( IRIS )

•        Jessica De Largy Healy, chargée de recherche au CNRS ( Hors EHESS )

•        Yannick Fer, chargé de recherche au CNRS, CMH ( Hors EHESS )

•        Gwendoline Malogne-Fer, postdoctorante au GSRL/CMH ( Hors EHESS )

•        Marie Salaün, professeure à l'Université Paris-Descartes ( Hors EHESS )

•        Éric Wittersheim, maître de conférences de l'EHESS ( IRIS )

Mercredi de 15 h à 17 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 7 mars 2018 au 6 juin 2018

Programme 2017-2018

28 mars : Nicolas Garnier (Musée du quai Branly). Tourisme sur le Sepik (titre provisoire)

4 avril : Rupert Stasch (University of Cambridge). Tourism, Development, and West Papuan Geopolitics: An Indigenous Perspective.

11 avril : Natacha Gagné (Université Laval). Aller aux urnes pour exprimer sa souveraineté : l'exemple néo-zélandais pour penser la décolonisation.

2 mai : Willem Church (University of Lucerne). Landowner, President, Chairman, Grand Chief? Understanding Emerging Political and Economic Inequalities near a Prospective Copper-Gold Mine in Papua New Guinea.

9 mai : Alban Bensa (EHESS, IRIS). Les économies de la coutume.

16 mai : Manon Capo (EHESS, IRIS). Ethnographier la transmission de savoir généalogique à Bayes (Nouvelle-Calédonie kanak). Réflexions sur l’écriture de l’enquête de terrain.

23 mai : Monique Jeudy-Ballini (CNRS, LAS). Le beau comme opérateur de la croyance chez les Sulka de Nouvelle-Bretagne (Papouasie Nouvelle-Guinée).

30 mai : Jeremy Lemarié (Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Paris-Sud 11). Enjeux des performances culturelles indigènes à Hawaï: le cas du he'e nalu et du surf (1778-2018).

6 juin : Véronique Fillol (Université de la Nouvelle-Calédonie). Les langues dans la ville de Nouméa.

Auteur soutenu par la MLNC  (Mission aux affaires culturelles)

Professeur agrégé de philosophie, en poste à l’Institut de la Formation des Maîtres de la Nouvelle-Calédonie (IFM-NC), Hamid Mokaddem est l’auteur de la thèse «  Anthropologie politique de la Nouvelle-Calédonie contemporaine. Constituons et médiations des espaces publics insulaires ». Il vit et travaille en NouvelleCalédonie depuis 1989. Il est auteur de nombreux ouvrages et d’articles scientifiques sur l’Océanie, mais également éditeur d’auteurs de Nouvelle-Calédonie au sein des éditions Expressions.

Bibliographie sélective :

Yeiwene Yeiwene. Construction et révolution de Kanaky (Nouvelle-Calédonie), Expressions/La Courte échelle/Transit, 2018

Anthologie. Nouvelle-Calédonie. Une Anthologie des textes (Déwé Gorodé, Luc Camoui, Pierre Gope, Claudine Jacques, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen), dans Interculturels océaniennes francophones dossier coordonné par deux universitaires de l’UFP (Université de la Polynésie Française) Andreas Pfersmann et Titua Porcher publié par l’Alliance Française, éditions LECCE, Italie, 2016

Kanaky et/ou Nouvelle-Calédonie ? Expression/La Courte échelle/Transit, 2014

Papiers… Svp, Expressions/La Courte échelle/ Transit, 2014

Apollinaire Anova. Une conception kanak du monde et de l’histoire (1929-1966), Expressions/La Courte échelle/Transit, 2014

Le discours politique kanak (Jean-Marie Tjibaou, Rock Déo Pidjot, Eloi Machoro, Raphaël Pidjo) Expressions/La Courte échelle/Transit, 2014

Ce souffle venu des ancêtres… L’Oeuvre politique de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989), Expressions/ province Nord, 2005

Publié dans Evénement culturel, Essai

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Mots pour Maux : Bernard Billot, dit Papou, auteur et illustrateur

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Eh l'autre ! Y's prend pour qui ?

 

 

Nos maisons, celle de Lafa et la mienne donnent sur la rue. Comme les dix maisons alignées là elles sont roses, elles ont un étage avec les chambres et la pièce du bas ouvre sur la terrasse et un bout de jardin. C'est bien. On connaît pire.  Avec Lafa on ne se quittent pas. On voudrait on ne pourrait pas : le même âge, le même collège, la même classe et des maisons voisines. Nos parents travaillent, on nous dit que c'est une chance, alors nous profitons des mêmes garderies, des mêmes centres aérés, des mêmes activités sportives. Ce n'est pas ma faute s'il aime le rugby et la natation comme moi, non ? Avec Lafa on est comme deux frères.

 

Il y a toujours un moment où, bien que nos parents aient tout organisé au mieux, nous nous retrouvons seuls et nous en profitons un peu. Enfin nous en profitions car depuis quelques semaines les choses ont changé et ça ne nous plaît pas du tout. Nos maisons sont proches mais pas vraiment voisines. Entre chez moi et chez Lafa il y a une petite rue étroite qui mène à une grande maison noyée dans les buissons, les arbres et les herbes folles. Avec Lafa nous allions jouer souvent dans cette jungle. On y mangeait des mangues, des litchis mais on n'en rapportait jamais. C'était notre forêt, notre secret, rien ne devait transpirer. La maison était vide mais on n'y entrait pas, on n'essayait même pas. Le vieux s'était pendu et il se racontait qu'il traînait encore chez lui prêt à s'attaquer aux intrus, alors, on se contentait du jardin.

 

Il y a quelques semaines plusieurs camions sont arrivés. Pendant que des ouvriers s'occupaient de la maison d'autres redressaient les clôtures, plantaient du grillage alors que des jardiniers élaguaient, taillaient, désherbaient. Notre jungle est devenue un parc.Nous sommes allés un soir constater les dégâts. Les jardins de la mairie ! Il ne manque que les poubelles, les bancs, les pancartes interdisant les chiens même en laisse. Où sont les balançoires et le toboggan ? Avec Lafa nous avions posé nos vélos  contre la palissade. Plus de brousses pour les cacher. Nous avons fait quelques pas sur du gravier tout neuf. Le lendemain un portail fermait l'accès. Nous n'avons pas posé nos bécanes, nous nous sommes contentés de slalomer sur ce semblant de route.

 

Deux ou trois jours plus tard nous avons dû nous plaquer le long du mur.La voiture qui s'avançait tenait toute la rue. Le type au volant, d'un appel de phare, nous intimait l'ordre de nous ranger.

Le portail s'ouvrit tout seul. À l'arrière de la bagnole, derrière les vitres fumées, j'ai bien vu des cheveux blonds. Un garçon de notre âge. Il ne nous a même pas regardés.

«  Purée ! A grommelé Lafa. Sa majesté dérogerait si elle saluait la valetaille. Fi, les vilains, ôtez vous de mon passage ! »  Après cette pompeuse déclaration tirée tout droit des cours de Monsieur Hennegraf Lafa enfourcha sa bicyclette et cracha dans le sillage du carrosse royal.

 

La grosse limousine, son chauffeur aux lunettes noires et le garçon passent chaque matin lorsque nous partons pour le collège et reviennent chaque soir en même temps que nous. Le passager, maintenant, pourtant, un enfant du quartier, va à l'école, ailleurs. Notre collège n'est sans doute pas assez bien et les mômes du coin pas fréquentables. Installée à l'arrière sa majesté nous ignore. La silhouette aux cheveux blonds reste immobile, pas le moindre geste ni le moindre mouvement de la tête. Nous avons essayé un signe de la main, un simple salut les premiers jours en pure perte. Nous sommes donc passé aux tirages de langue et gestes injurieux mais que ce soit de la part du chauffeur ou de son auguste passager aucune réaction. Nous sommes transparents, invisibles et vexés.

 

Les vitres teintées ne permettent qu'une image floue, nous aimerions voir la tête qu'a vraiment Môssieur le Prétentieux. Pour ça nous avons monté un « piège à con » comme dit Lafa. Ce jour-là,

pour rentrer du collège nous n'avons pas traîné. Les vélos posés en vrac devant le portail. Nous planqués le long de la clôture. La voiture a du s'arrêter. Le chauffeur est descendu braillant quelques injures mais laissant sa portière ouverte. Pendant qu'il écartait nos bicyclette nous avons foncé téléphone -fonction photo- à la main. Enregistrée la tête du mec. Complètement surpris il est resté figé les yeux grands ouverts. Nous nous avons filé contents d'avoir réussi notre coup sous les insultes du chauffeur.

Nous n'avions qu'une crainte, qu'ils confisquent nos bécanes pour nous punir. Nous sommes donc retournés à la nuit tombée. Soulagement. Nos bécanes étaient là, intactes.

 

Soyons francs, les photos ne sont pas terribles, mal cadrées, bougées, avec une mauvaise lumière mais on voit sa tête. C'est ce qu'on voulait, non ?

Son Altesse n'a rien de majestueux. Les cheveux blonds mais raides, la tronche maigre, le nez long, étroit, pincé, la bouche petite, la lèvre pendante. Rien de bien joli. Mais ce sont ses yeux surtout qui nous ont fait marrer. Écarquillés. Le hibou d'un dessin animé ! Lafa se passionne pour l'histoire moi pour les sciences-nat. Le nom m'est venu tout seul : le Grand-Duc. Voilà le surnom dont notre voisin secret a hérité.

Nous ne sommes que deux à rigoler de sa sale tronche. Comment en faire profiter les copains ?

 

Quand Youp, mon chien, a disparu, avec mon père nous avons fait des affiches. J'avais l'air intéressé, le paternel m'a donné un cours. C'était un peu long et plutôt sérieux. J'ai eu droit aux explications, à la démonstration et aux travaux pratiques ! Récupérer la photo, trouver titre et commentaire, imprimer les affichettes c'était dans mes cordes. Scotcher les tracts sur quelques poteaux du quartier ne réclama que peu de temps. « Pourvu qu'il ne pleuve pas cette nuit !» ai-je rigolé en quittant Lafa.

 

En gros, en rouge : inquiétante disparition. La photo. Texte : son altesse royale le Grand-Duc Théodule a disparu depuis deux jours.

Prévenir la gendarmerie ou le …........ . Nous avons mis un numéro bidon, déçus, le vrai on ne le connaissait pas.

 

« Ça marche ! » m'a dit Lafa quand je l'ai retrouvé sur le chemin du collège. « Les gens s'arrêtent. ».

Ouais ! Élèves ou parents, certains s'arrêtaient, lisaient. Certains discutaient en repartant. Personne ne riait. « Théodule, pourtant, ça devrait les faire marrer. Non ? Grognais-je. T'en connais, toi, des Théodules ? ». En regardant l'affiche, la dernière, celle près du collège, je dû reconnaître qu'elle était plus inquiétante que drôle. Le soir , après la classe, nous n'avons revu aucune de nos affiches.

Lorsque la voiture est rentrée la vitre s'est baissée à hauteur de nos jardins. Elles nous ont été restituées, froissées, déchirées accompagnées d'un : « Minables petits merdeux ! Vous ne pouvez pas nous foutre la paix ? ».

 

« Il le prend comme ça ! Le Grand-Duc de mes fesses va voir de quoi sont capables les petits merdeux. Demain le carrosse devra s'arrêter. » Lorsque la voiture est proche du portail une petite lumière s'allume sur le pilier de gauche. Parmi les outils de Papa j'ai repéré un scotch opaque, il est isolant en plus mais ça on s'en fiche. Collé sur la petite fente lumineuse en double épaisseur le ruban adhésif à fait son office. Le portail a refusé de s'ouvrir, le chauffeur est descendu mais a pris soin de refermer la portière, il a arraché notre piège. En remontant dans la voiture il a haussé les épaules il a crié : « Ce n'est pas Théodule, il s'appelle Frédéric. P'tits cons ! »

 

Il sait qui nous sommes, où nous habitons. S'il en parlait à nos parents, pas sûr qu'ils apprécieraient.

N'empêche on aimerait en savoir plus sur le « passager mystère ». Nous nous sommes lancés dans une étude approfondie de la clôture. Devant c'est une palissade assez haute, opaque, infranchissable mais surtout bien visible depuis nos maisons.sur les côtés c'est un grillage solide à larges mailles. L'escalade en semble facile. Pas de barbelés, pas d'électricité. Quelques bâtons tests nous l'ont révélé. Deux grimpettes à des endroits différents nous ont permis de mieux voir la maison, une partie du jardin sans déclencher d'alarme. Nous n'avons vu ni entendu de chiens. Sa majesté tient à sa solitude mais se contente d'une sécurité minimum. Il ne nous reste plus qu'à préparer l'expédition.

 

Le prof d'EPS est absent, c'est la dernière heure. Nos parents se sont faits un peu priés mais ont signés nos autorisations de sortie. Nous avions donc le temps de contourner la propriété, d'escalader           la clôture et de se trouver un poste de guet avant l'arrivée de notre cible. Nos téléphones sont chargés mode appareil-photo, j'ai emmené mes jumelles et nos tenues, vertes et brunes, sont un parfait camouflage. Lafa voulait qu'on se maquille, des traces noires comme au cinéma. J'ai trouvé que ça faisait beaucoup. Les casquettes de chasse de nos pères suffiront.

 

Nous étions installés derrière un massif d'hibiscus à une vingtaine de mètres de la maison quand la limousine est arrivée. Elle s'est arrêtée près de la terrasse nous offrant un angle impeccable ; vision sur la portière arrière droite. Le chauffeur est descendu, est allé ouvrir. « Ah ! La chochotte ! A ricané Lafa, Môssieur attend qu'on lui ouvre ! »

 

La portière ouverte personne n'est sorti, c'est le chauffeur qui s'est glissé vers l'intérieur. Il est ressorti tenant le Gran-Duc dans ses bras. Les yeux immenses, écarquillés, plus de cheveux blonds mais un bonnet bleu, pas un mouvement. Une femme est sortie de la maison poussant un fauteuil roulant.

 

Je n'ai pris qu'une photo, une seule, je n'arrive pas à l'effacer, à l'oublier. Lafa et moi allons faire du vélo au parc, nous ne slalomons plus dans l'allée entre nos maison. Depuis l'expédition, deux fois, nous nous sommes trouvés à hauteur de la voiture. Nous avons fait un petit salut de la main sachant qu'il n'y répondra pas.

 

P'tits cons, sales petits merdeux, c'est comme ça qu'on se sent, même pire. Maintenant on sait mais comment réparer ? Si vous avez une idée...

 

PAPOU, c’est son nom d’artiste, après une carrière d'instituteur, a été lauréat du concours pour les affiches 2006 et 2009 de « Livre mon ami ». En 2007 il participe à l’album Toutoute en tant qu'illustrateur. Lauréat de l'aide à l'édition 2006, il a pu lancer grâce à la province Sud un second projet, Wahi et le grand requin. Il a publié La chanson des poissons aux éditions Plume de Notou. Papou est très demandé et il ne sait pas dire non.

Publié dans Nouvelles

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Les contes de noël de l’Alliance Champlain – 2017 : 1ère édition et 1er prix pour Papou

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les contes de noël de l’Alliance Champlain – 2017 : 1ère édition et 1er prix pour Papou
Les contes de noël de l’Alliance Champlain – 2017 : 1ère édition et 1er prix pour Papou

Retour sur les contes de noël de l’Alliance Champlain un concours qui date du mois de décembre 2017. J’avais différé la diffusion de l’article cause vacances scolaires. Mais Papou, Bernard Billot, est un ami et l’ami de nombreux auteurs puisqu’il est illustrateur. Je ne pouvais pas l’oublier. Ci-dessous une photo avec moi lors de ma dédicace à Calédo Livres en février 2018.

Les prix ont été remis au château Hagen en décembre :

1er prix adultes attribué à M. Bernard BILLOT

Prix  Mineurs attribué à Melle Clémence DUPRET, 15 ans

La jeune Clémence Dupret, élève du Lycée Lapérouse, a situé son histoire au Mont Koghi,. Quant à Bernard Billot, gagnant du groupe Adultes, il a rencontré le Père Noël qui voyageait incognito sur un vol de la Cie locale Aircalin, que l’on peut citer puisqu’elle n’a pas de concurrents directs.

Pour cette première édition donc, les prix ont été offerts, sur fonds propres par l’Alliance Champlain, à savoir un chèque de 10 000 F pour la jeune fille et un autre de 15 000 F pour le senior. De quoi garnir les claquettes qui seront posées devant le sapin de noël. C’est avec l’autorisation de M. le Président de la Province Sud que l’Alliance Champlain a pu organiser la remise des prix du Concours de contes de noël 2017  au Château Hagen,  magnifique lieu culturel situé au cœur de la ville de Nouméa.

Les deux contes gagnants ont été publiés dans l’édition de décembre 2017 du bulletin trimestriel de l’association, les Échos francophones des Mers du Sud. Lire ci-après.

L’Alliance Champlain remercie tous les participants ayant concouru dans les temps à ce concours : les adultes Nicole, Arnaud, Annick, Laetitia, Virginie et les mineures Salomé, Clothilde, Mélina, Sarah. Tous leurs contes pourront être mis en ligne, avec leur accord, sur notre site en écrivant à champlain@lagoon.nc. Lire ci-dessous, les contes imaginés par nos deux gagnants. (Source Alliance Champlain)

Le conte gagnant de la Catégorie Adultes
a été imaginé par Bernard Billot
illustrateur bien connu des Calédoniens

Un voyage bien agréable.

 Les vols d’Aircalin ne transportent que rarement des gens de cette importance : imaginez qu’en cette nuit de Décembre se dirigeaient vers la Tontouta un griot qui s’en venait conter des histoires de son pays et un sympathique barbu bedonnant qui voyageait incognito (Sous une fausse identité mais la barbe était véritable ).

Le hasard avait placé ces deux hommes à des places voisines. Le volume de l’un et les longues jambes de l’autre rendaient leur voyage bien inconfortable et leur interdisaient le sommeil.

Heureusement, aussi volubiles l’un que l’autre, ils eurent vite fait de converser.

Au début ils parlaient à mi-voix, se susurrant quelques courtes anecdotes amusantes. Le griot parlait un français parfait teinté d’un accent chantant mais quel bagou : lancé, il ne s’arrêtait plus et le lièvre, son héros, enchaînait les aventures. Son voisin, le barbu anonyme, utilisait une langue plus académique dans laquelle se glissaient des vocables anciens comme le font les Québécois. Mais quelle jactance ! Lorsqu’il arrivait à voler la parole au conteur intarissable pour narrer ses voyages, il accumulait les péripéties, incidents et aléas faisant d’un Auckland-Sydney une véritable odyssée.

La conversation discrète au début prit vite du volume. Certains esprits chagrins poussèrent soupirs et grognements mécontents mais nos deux bavards n’y prirent pas garde et, comme ils parlaient de plus en plus fort, riant aux éclats et accumulant de truculentes aventures leurs voisins s’en vinrent à les écouter.

Le griot ayant fait part de son ignorance sur le pays d’en lequel on l’avait convié et le barbu fait savoir sa méconnaissance personnelle, les voyageurs, habitants ou natifs de Calédonie se mêlèrent à la conversation. Chacun voulait préciser un détail. Défilèrent us et coutumes, légendes, habitudes, vocabulaire, recettes de cuisine… On placotait à qui mieux-mieux : l’un décrivant avec lyrisme les paysages exceptionnels, l’autre relatant ses sorties en mer toutes voiles dehors, un troisième narrant les pêches sous-marines avec les cousins, une petite dame racontant avec émotion sa vie là-haut à la tribu.

Certes il y eut bien deux ou trois fâcheux pour geindre « Si c’était vraiment le paradis.. »où «Tout le monde n’y est pas gentil ! » ou encore « On dit ça, on dit ça mais.. » Comme on ne les écoutait pas, ils continuèrent à grommeler dans leurs moustaches un moment puis, comme continuaient les histoires plaisantes, ils se laissèrent gagner par l’optimisme général.

Le griot sortit de son sac la carte du pays et demanda détails et précisions sur les lieux où il devait se produire : Thio, Koné, Nouméa, Rivière Salée, Koumac et autre Ponériouen. Il nota dans un grand carnet les légendes qu’il venait d’entendre. « Je les conterai chez moi aux enfants de mon pays. »

Le barbu avait une carte lui aussi car il devait se montrer à Nouméa, l’Île des Pins, Mont-Dore et d’autres lieux. Il craignait fort que sa tenue conventionnelle ne soit pas des plus pratiques. S’il se montrait en tongs et bermuda,les enfants ne le reconnaîtraient pas, alors tant pis bottes et houppelande comme d’habitude

Les rennes et le traîneau étaient là-bas, en Laponie. On lui avait promis des moyens de transport plus étonnants : hélicoptère, catamaran, calèche. Le Père Noël, c’était lui, vous l’aviez deviné, n’avait pas pu résister. Il demanda le secret aux passagers qui promirent de ne pas trop bavarder. Le bonhomme souhaitait profiter en toute discrétion de la plage et de la mer pendant ses instants de loisirs.

Jamais, aux dires des passagers, voyage ne fut plus agréable. Pourtant nul n’avait dormi ou profité des films.

En quittant l’aéroport le Père Noël ne put résister et lança son rituel « Ohé ! Ohé !». Mais qui aurait pu croire que ce barbu bedonnant avec sa chemise à fleurs, c’était lui ?

 http://www.alliance-champlain.asso.nc/wp-content/uploads/2017/12/noel04.pngBernard Billot,  décembre 2017 

Le conte gagnant de la Catégorie  Mineurs
   a été imaginé par Clémence Dupret, 15 ans, 
           élève de seconde au Lycée Lapérouse 

Une nuit au Mont Koghi

Il était une fois, un truculent griot, qui à Noël, chaque année laissait un seul enfant venir admirer les étoiles depuis  sa cabane au sommet du Koghi.

Pour cela, les petits Calédoniens devaient répondre à ses énigmes.

Mais au fur et à mesure les enfants se lassèrent du griot et préférèrent le Père Noël qui leur donnait de nombreux cadeaux alors que le conteur lui, leur expliquait l’origine des étoiles et leurs mythes…

Mais  un enfant lui était resté fidèle : celui qui auparavant susurrait à son oreille les bonnes réponses à toutes ses questions. Ils allaient depuis, souvent placoter ensemble dans son refuge sur la montagne.

L’enfant écoutait son accent avec toujours autant d’étonnement. 

C’est vrai qu’il avait du bagou mais de temps en temps il pouvait aussi être simple. C’est ainsi que, lassés des jactances de Nouméa et alors qu’ils se rendaient en brousse, les deux amis entendirent :

« Ohé ! Aidez moi je vous en supplie, mes rennes sont tombés dans un trou ! » hurlait le Père Noël dans son traineau sur un chemin défoncé de Ducos. « Ne vous inquiétez pas je suis là ! » répondit alors le petit garçon d’une voix rassurante et soudain volubile :

http://www.alliance-champlain.asso.nc/wp-content/uploads/2017/12/traineau-rigolo-2-300x166.jpg

 « Vous savez monsieur le Père Noël, je suis petit mais assez costaud pour vous porter secours ! » dit-il assuré, alors qu’il aidait les rennes à sortir de l’ornière.

Le Père Noël fût alors très fier de ce petit garçon qui voulait que personne ne fût malheureux le jour de la Nativité en lui permettant de distribuer ses cadeaux en temps et en heure.

C’est ainsi que désormais le Père Noël, ses rennes, et son traîneau emmènent les petits Calédoniens au sommet du Koghi  admirer le ciel et les étoiles à la fin de décembre en écoutant les merveilleuses histoires du griot sur la magie de Noël.

Clémence Dupret, décembre 2017

 

Des livres de Papou (un petit échantillon)

Dors, petit Sam ! c'est de Frédérique Viole, Mélissa Bazire (une erreur de ma part) Écrire en Océanie, 2013 Un joli texte de Frédérique Viole, auteure de Nouvelle-Calédonie, illustré par Mélissa Bazire dans un style trés different de Papou, offre la magie et le rêve à tous les enfants et le bonheur de partager un moment de douceur à leurs parents. Avec mes excuses à Frédéric Viole. J'espère que les deux autres sont bien de Bernard (:

 

On reparlera bientôt de l'Alliance Champlain dans la semaine de la Francophonie

du 17 au 28 mars

avec le concours dis-moi dix mots.

Publié dans Livre jeunesse

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