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158 résultats pour “frédéric Angleviel

Taramoin - Tradition orale et tradition écrite à l’école maternelle de TRẦN Ngọc-Anh

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

En xârâgurè, langue de la côte Est, de la région de Borindi-Thio, située dans la province Sud, tara signifie « regarder », mais aussi « garder », et moin « la maison ». Au sens large, on peut traduire par « garder le clan » ; on peut garder son clan de plusieurs façons, par exemple en maintenant vivante sa langue, en particulier lorsque cette langue, le xârâgurè, est en train de mourir.

Ce livre est écrit pour les peuples autochtones, peuples sans écriture, peuples colonisés, parfois exterminés, rencontrés au cours de nombreux voyages.

Peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie – découverte en 1774, colonie française en 1853, bagne en 1863 – les Kanak connaissent un échec scolaire dramatique. Ainsi, en 1977, alors qu’ils représentent 41,72 % d’une population de 133 233 habitants, ils ne sont que 5,80% des 241 bacheliers. Par ailleurs, sous la colonisation, la découverte du nickel (3e réserve mondiale, exploitation à ciel ouvert) a permis un essor économique prodigieux dont le peuple kanak est exclu jusqu’aux accords de Matignon signés en 1988. Ce sont deux des causes du climat social alarmant que l'on connaît ces dernières années, notamment en 2009.

Dans sa thèse de doctorat ès lettres et sciences humaines soutenue en 1990, Les Mélanésiens de la Nouvelle-Calédonie et le système scolaire français. Propositions pour un enseignement et une pédagogie du français langue seconde, l’auteure montre que la cause profonde de l’échec des Océaniens, dont les Mélanésiens, à l’école française est le passage de leur langue maternelle non écrite à une langue d’enseignement écrite, c’est-à-dire le passage d’une civilisation à tradition orale à une civilisation à tradition écrite. L’application positive des propositions de la thèse dans une école maternelle à Thio, pendant deux années scolaires, en 1997 et 1998, permet d’affirmer que le plurilinguisme et le pluriculturalisme précoces, équilibrés, sont possibles avec une langue maternelle à tradition orale, le français langue seconde adapté à la tradition orale, et l’anglais sous forme de comptines. Enfin, quel que soit le choix du peuple calédonien lors du scrutin d’autodétermination du 4 novembre 2018, à côté des 28 langues d’enseignement et de culture kanak, la langue française demeurera le lien sociolinguistique fédérateur de toutes les ethnies de la Nouvelle-Calédonie.

La langue maternelle de TRẦN Ngọc-Anh est le vietnamien, langue monosyllabique à six tons, qui a façonné son style en français et sa perception du monde marquée par les occupations, colonisations et guerres coloniales successives de son pays. Elle a enseigné en France, ensuite en Nouvelle-Calédonie en qualité d’institutrice, puis de professeur d’anglais, enfin de maître de conférences en sciences du langage à l’université de la Nouvelle-Calédonie où, en 2000, elle a été nommée responsable de la filière Langues et cultures régionales, en l’occurrence Langues et culture kanak. De 1982 à 2005, elle a donné des cours de Français Langue Etrangère et Français Langue Seconde, et des conférences sur Didactique du FLE-FLS, Sociolinguistique vietnamienne et mélanésienne, ainsi que sur Identité culturelle et politique linguistique : le cas de la Nouvelle-Calédonie au Vietnam, en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, notamment en Californie.

La collection « Portes océanes »

Cette collection est dirigée par Frédéric Angleviel, Professeur des universités en histoire et Paul Magulue Fizin, docteur en histoire.

01.      Angleviel Frédéric : Histoire de la Nouvelle-Calédonie. Nouvelles approches, nouveaux objets, 2005.

02.       Faessel Sonia : Vision des îles : Tahiti et l’imaginaire européen. Du mythe à son exploitation littéraire (XVIIIe-XXe siècles), 2006.

03.      Moyrand Alain : Droit institutionnel de la Polynésie française, 2007.

04.     Chatti Mounira, Clinchamps Nicolas et Vigier Stéphanie (dir.) : Pouvoir(s) et politique(s) en Océanie – Actes du XIXe colloque CORAIL, 2007.

05.       Al Wardi Sémir : Tahiti Nui ou les dérives de l’autonomie, 2008.

06.       Angleviel Frédéric (dir.) : Chants pour l’au-delà des mers. Mélanges en l’honneur du professeur Jean Martin, 2008.

07.       Carteron Benoît : Identités culturelles et sentiment d’appartenance en Nouvelle-Calédonie, 2008.

08.       Angleviel Frédéric et Lebigre Jean-Michel (dir.) : De la Nouvelle-Calédonie au Pacifique, 2009.

09.     Dumas Pascal et Lebigre Jean-Michel (dir.) : La Brousse, représentations et enjeux, 2010.

10.      Debene Marc et Pastorel Jean-Paul (dir.) : La « loi du pays » en Polynésie française, 2011.

11.     Poirine Bernard : Tahiti : une économie sous serre, 2011.

12.     Pechberty Dominique : Vie quotidienne aux îles Marquises, 2011.

13.      Pechberty Dominique : Récits de missionnaires aux îles Marquises, 2011.

14.     Maresca Pierre : L’Exception calédonienne, 2011.

15.       Cartacheff Nathalie : La vie quotidienne à Maré au temps des Vieux, 2012.

16.     Bertram Robert : La bipolarisation politique de la Nouvelle-Calédonie depuis 1975, 2012.

17.      Moyrand Alain : Droit institutionnel et statutaire de la Polynésie française, 2012.

18.       Angleviel Frédéric (dir) : Les outre-mers français, Actualités et Études, 2012.

19.       Chatti Mounira (dir.) : Masculin/Féminin : Sexe, genre, identité, 2012.

20.       Angleviel Frédéric (dir.) : La Mélanésie.

21.       Faberon Jean-Yves (dir.) : Pieds-Noirs en Nouvelle-Calédonie. Témoignages et analyses, 2012.

22.       Perez Michel, Zimmer René et Barbe Dominique (dir.) : Objet d’art et art de l’objet, 2013.

23.       Le Bourlot Annick Jacky : À l’Anse Vata, 2013.

24.       Berger Corinne et Roques Jean-Luc : L’eau dans le Pacifique Sud, 2013.

25.       Ali Abdallah Ahmed : Le statut juridique de Mayotte. Concilier droit interne et droit international, 2014.

26.       Abong Marcelin & Angleviel Frédéric (dir.) : La Mélanésie. Actualités et Études, Vol. II, 2014.

27.       Manga Jean-Baptiste : Des pérégrinations du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nouvelle-Calédonie - Nunavut, 2014.

28.      Rosada Alexandre : Mémoires d’Algérie. Des pieds-noirs de Calédonie racontent, 2014.

29.       Delathière Jerry : Nouvelle-Calédonie, Chroniques sanglantes. Douze histoires vraies, 2015.

30.       Cartacheff Nathalie : Danses et concepts en Océanie, 2015.

31.       Lallemant-Moe Hervé Raimana : Assistance environnementale et changements climatiques dans le Pacifique sud, 2016.

32.      Rosada Alexandre : Vagabondages initiatiques, 2016.

33.       Chardon-Isch Nicole : Histoires de la Tamoa, 2016.

34.       Claire Colombel-Teuira, Véronique Fillol et Stéphanie Geneix-Rabault : Littéracies en Océanie : enjeux et pratiques, 2016.

35.       Roux Jean-Claude & Shekleton Max (éditeurs) : Les souvenirs du colon Edmond Caillard aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu), 2016.

36.     Monconduit Daniel : Anthropologie du silence polynésien, 2017.

37.      Rosada Alexandre : Simon Loueckhote. Ma vérité. Entretiens, 2017.

38.     Joël Paul : Les Moustaches de Tigre, 2017.

PS : Ce livre sera bientôt disponible en librairie à Nouméa. Pour le reste du monde, il est déja référencé dans certaines librairies de métropole et chez l'Haramattan, c'est en cours.

Publié dans Culture Kanak

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Wallis, un royaume sans roi

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le roi destitué

Le roi destitué

Kapelie Faupala n'est plus le "Lavelua d'Uvéa
Le territoire de Wallis et Futuna présente un système juridique unique en France. Trois pouvoirs y coexistent, et ne s’accordent que rarement : le pouvoir coutumier (représenté avant tout par les rois) ; l’administration supérieure (représentée par l’administrateur supérieur qui a le titre de préfet) ; l’Église (représenté par l'évêque de Wallis et Futuna).

 

Trois Rois pour 15.000 habitants

Le territoire de Wallis et Futuna comporte trois rois, et donc trois royaumes : le royaume d’Uvea à Wallis, et les royaumes d’Alo et de SIgave à Futuna.

Sur le territoire de Wallis et Futuna, les rois ne sont pas désignés suivant des règles dynastiques analogues à celles qui ont eu cours et continuent d’avoir cours au sein des monarchies occidentales. Ils sont en fait choisis ou élus à vie parmi les membres d’un nombre restreint de familles (les Haliki).

Le dernier Lavelua, roi de Wallis, Kapeliele Faupala, le roi de Wallis, a été destitué ce mardi. Il était le "Lavelua d'Uvéa" depuis le 25 juillet 2008. Une désignation, à l'époque, contestée par le camp des rénovateurs. Le précédent roi de Wallis Tomasi Kulimoetoke avait été nommé en 1959 et avait régné jusqu’à sa mort, en 2007. Un règne de 48 ans.

La chefferie est le mode d’organisation traditionnel du territoire

L’organisation juridique coutumière et très hiérarchisées : chaque district (à Wallis : Hihifo, Hahake, Mua ; à Futuna : Alo et Sigave) comporte des villages dirigés par des chefs de villages. Il s’agit d’un pouvoir essentiellement masculin.

Les chefs de village ainsi que le roi forment une assemblée territoriale coutumière qui a la charge de l’organisation d’un certain nombre de tâches définies.

Traditionnellement, les hommes se réunissaient tous les soirs (c’est encore le cas à Futuna, mais la tradition a tendance à se perdre à Wallis) sous le falefono, pour discuter entre eux des problèmes courants. C’est lors de ces réunions qu’ont lieu les procès coutumiers, régis par des règles propres au territoire.

Une organisation tripartite française

Cependant Wallis et Futuna est aussi un territoire français, il est donc administré par des instances françaises, chargées d’appliquer le droit français. Les trois pouvoirs de la République y sont donc présents : le pouvoir exécutif, représenté par l’administrateur supérieur, nommé par le Président de la République ; le pouvoir législatif, représenté par le député et le sénateur de Wallis et Futuna ; le pouvoir juridique, représenté par le président du tribunal d’instance de Mata-Utu, la capitale du territoire.

Une Église puissante et influente

Enfin, l’Église joue un rôle considérable dans l’organisation du territoire. C’est elle qui (conjointement avec l’éducation nationale) est chargée de l’éducation des jeunes enfants (jusqu’à la fin du primaire). Conjointement avec l’administration supérieure l’État civil de l’île.

De plus, les Wallisiens et les Futuniens sont très croyants. Le magistère moral de l’Eglise est donc bien réel dans l’archipel.

La cohabitation des pouvoirs est délicate en 2005 une crise politique avait même générée des troubles.

Une crise politique sans précédent avait éclaté en septembre 2005 en laissant craindre une guerre civile entre, d’une part, les partisans du roi, de l’Église et de la coutume et, d’autre part, les partisans de l’administrateur. L’’île a été coupée en deux quelques jours, et l’aéroport avait été bloqué. La situation semblait apaisée espérons que cette destitution ne rallumera le brasier

La Nouvelle-Calédonie directement concernée par ces événements car Les Wallisiens et Futuniens forment la troisième communauté en termes d'importance au sein de la population de Nouvelle-Calédonie, après les Kanak et les descendants d'Européens.

Avec 21 262 individus réecensés sur le Caillou en 2009, ils sont désormais plus nombreux qu'à Wallis-et-Futuna

Issus de plusieurs vagues d'immigration depuis les années 1940 mais aussi d'une forte natalité au sein de cette population, ils sont désormais plus nombreux qu'à Wallis-et-Futuna. Avec 21 262 individus en 2009, ils représentent 8,66 % de la population totale de l'archipel.

Pour en savoir plus je vous recommande le livre de l’historien calédonien Frédéric Angleviel « Wallis et Futuna 3500 ans d’histoire ». JP

Frédéric Angleviel, né le 1er mai 1961 à Nouméa, est un historien français. Il a soutenu une thèse Nouveau régime d’histoire contemporaine sur Wallis-et-Futuna en 1989 et une habilitation à diriger des recherches sur l’historiographie de la Nouvelle-Calédonie en 2002.

Voir article sur son livre Wallis et Futuna 3500 ans d’histoire

Couverture du livre de Frédéric Angleviel

Couverture du livre de Frédéric Angleviel

Manifestation culturelle en 2010 au centre culturel JM Tjibaou.Les photos sont de Joël PAUL l'homme en casquette sur ce montage.

Manifestation culturelle en 2010 au centre culturel JM Tjibaou.Les photos sont de Joël PAUL l'homme en casquette sur ce montage.

Publié dans Divers

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Un livre d'un Calédonien récompensé à Ouessant

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un livre d'un Calédonien récompensé à Ouessant
Palmarès Prix du Livre Insulaire 2015

Grand prix des Îles du Ponan « Les Corses et la Grande Guerre » Editions Albiana présenté par Danièle Auffray, remise du Prix par Denis Paluel, Président de l’association des îles du Ponant

Issue d’une exposition temporaire à l’occasion des célébrations du Centenaire, ce livre d’une facture éditoriale remarquable a l’originalité de présenter sous ce format « beau livre » des textes de spécialistes qui, au-delà de la présentation du contexte socio-économique, nous parlent entre autres des identités régionales à l’épreuve de la guerre – et pas seulement de l’identité corse, comme de la situation scolaire ou encore du fléau de la grippe espagnole dont on oublie souvent qu’elle fit en Europe autant de morts que la guerre elle-même. Enfin il y a un chapitre très émouvant qui nous plonge dans l’actualité la plus brulante en nous rappelant que la Corse, appelée « l’île des Samaritains » reçut des réfugiés Syriens, juifs de Palestine, et Serbes fuyant les exactions commisses dans leurs pays par les belligérants.

PRIX POESIE «Œuvres poétiques » de Jeanine Baude Editions la Rumeur libre.

PRIX FICTION LE GRIOT DE LA PEINTURE Ernest PEPIN, CARAÏBEDITIONS présenté par Didier Galibert – remise du Prix par Isabelle Le Bal, présidente de CALI

PRIX ESSAI présenté par Danièle Auffray, membre du Jury « Se confier à l’île », de Françoise Péron et Emmanuel Fournier Editions Locus Solus

PRIX SCIENCES

UN DRAME DE LA COLONISATION : OUVEA, NOUVELLE-CALEDONIE, MAI 1988

De Frédéric ANGLEVIEL,

Editions Vendémiaire, 2015 présenté par Didier Galibert, membre du jury dotation remise par Françoise Péron, Présidente du Parc Naturel régional d’armorique

Le jury salue la qualité et le courage de Frédéric Angleviel, professeur d’histoire à l’Université de Nouméa en Nouvelle-Calédonie-Kanaky, lequel nous livre la première étude scientifique concernant un événement sanglant, fondateur mais encore très controversé, survenu en 1988 sur ce territoire français du Pacifique : la prise d’otages conduite dans une gendarmerie d’Ouvéa et leur libération dans le cadre d’une véritable opération de guerre.

Dès l’introduction, l’auteur campe le protocole de son travail, sans dissimuler des difficultés de méthode très épineuses. Lui-même est originaire du territoire, si bien que ce livre peut aussi être considéré comme un exercice sur soi, c’est-à-dire un exercice d’égo-histoire. Mais il lui a fallu aussi prendre de la distance vis-à-vis des polémiques locales et de la grande médiatisation de ce qui est devenu pour l’opinion l’Affaire d’Ouvéa. Les sources, quant à elles, font aussi problème : les documents d’archives restent encore inaccessibles et il a fallu procéder à des recoupements de fragments de rapports, à la collecte des récits toujours subjectifs publiés par la presse ou par certains protagonistes.

La richesse et la rigueur de l’approche transcendent ces difficultés. La précision factuelle est extrême, mais l’auteur ne s’enlise jamais dans l’anecdote et reste fidèle au fil conducteur de son livre : articuler es échelles de temps et inscrire le drame d’Ouvéa dans le contexte de la colonisation et de la tardive et progressive décolonisation de cette île océanienne, dans laquelle une population installée depuis plus de 3000 ans a été conquise, presque détruite et spoliée.

En fait, cette étude est une véritable remise à plat de toute l’histoire de la Nouvelle Calédonie ou Kanaky[1], en marche vers un destin national partagé dont la forme juridique reste aujourd’hui un enjeu, dans le cadre consensuel de l’Accord de Nouméa. Un livre écrit avec une passion retenue et assorti d’un appareil de notes, d’annexes judicieuses et d’une riche bibliographie. Un ouvrage qui fera date.

Prix beaux livres : Patrimoines de Mayotte Ed. Association Les lumières de la Francophonie présenté par Gilbert David remise du Prix par Isabelle Le Bal

Prix roman Policier : MAUVAISE PASSE A L’ILE CALLOT de Jean-Louis Kerguillec Editions Alain Bargain

Une mention spéciale pour Malavia Editions Albiana

Le jury s’est prononcé à l’unanimité pour l’écrivain léonard

PRIX JEUNESSE : LE FACTEUR écrit par Amarnath HOSANY et illustré par Guillaume CLARISSE, Bartholdi éditions dans la collection Contes en Fêtes.

Une mention spéciale du jury a été attribuée à Petit Tom Au Pays de Bleuène de Maryvette BALCOU et Fred THEYS aux éditions Orphie.

 


[1] Kanaky ou Kanaky Nouvelle-Calédonie sont des dénominations utilisés couramment en métropole pour désigner le Caillou

Frédéric Angleviel (chemise rouge) avant l'émisssion Des livres et nous de NC 1

Frédéric Angleviel (chemise rouge) avant l'émisssion Des livres et nous de NC 1

Publié dans Divers

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Violences faites aux Néocalédoniennes : Caledonia Blues, de Claudine Jacques Au vent des îles dans Le Monde, le magazine Des Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Des Livres

Date : 10 juillet 2020 Page de l’article : p.20

Pays : FR Périodicité : Hebdomadaire

 

Histoire d'un livre

Violences faites aux Néocalédoniennes

Il n'y a pas d'à peu près dans l'horreur», assène l'un des protagonistes de la nouvelle Gowe » (Pars!, en bichlamar, un pidgin parlé en Nouvelle-Calédonie et à Vanuatu), à sa jeune épouse. L'avertissement vaut manifestement pour tout le recueil : chacun des textes le composant dessine avec une précision terrible les différentes violences faites là-bas aux femmes. Car telle semble être la véritable opposition qui structure la Grande Terre, au-delà de la division Kanak-Caldoches. Ces « emboucanements » trouvent ici une expression empreinte de sincérité, qui doit beaucoup à l'aptitude de l'autrice à nouer ses drames en une poignée de mots. Les troublantes miscellanées de ce Caledonia Blues sonnent admirablement justes jusqu'à l'écœurement. Certes, le lecteur sortira un peu groggy de leur lecture. Mais il aura en chemin retrouvé le sens de cette idée, que l'on croit souvent usée et creuse, selon laquelle « les mots nous libèrent ». ZOÉ COURTOIS

Caledonia Blues, de Claudine Jacques Au vent des iles. 212 p

(Source de l'info FB de Claudine Jacques)

Histoire. « Poulo Condore. Un bagne français en Indochine », de Frédéric Angleviel avait déjà eu l’honneur d’un article dans Le Monde en Janvier 2020

Publié dans Nouvelles

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Les Calédoniens et leur histoire : Une conférence de Christiane Terrier et un livre de Frédéric Angleviel pour en parler.

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La conférencière Christiane Terrier et le public parfois sur les marches faute de places
La conférencière Christiane Terrier et le public parfois sur les marches faute de places

La conférencière Christiane Terrier et le public parfois sur les marches faute de places

L’histoire fait recette sur le Caillou, une véritable addiction pour bon nombre de Calédoniens. La salle était comble dans l’Amphithéâtre du lycée Blaise Pascal pour écouter l’exposé de Christiane Terrier, invitée de l’université populaire ce 04 avril 2019. Christiane Terrier a choisi de faire sa conférence en s’appuyant sur la projection d’un diaporama des nombreuses publications et des événements qui ont contribué à diffuser l’histoire.

Elle a réussi, à faire le tri et à classer cette histoire écrite par et pour les Européens depuis le début de la colonisation, pour finir avec les acquis et l’évolution qui a permis de prendre en compte et de comprendre l’histoire postcoloniale qui relève de l’oralité. L’histoire calédonienne n’a pas commencé en 1843, mais fallait-il se pencher dessus. Les premiers récits, écrits, l’étaient par les missionnaires et les militaires. Une source de renseignements essentielle pour les historiens mais ce n’était pas des livres d’histoire. Le premier livre d’histoire, comme on le conçoit de nos jours, date de 1929. Il a été rédigé par Clovis Savoie avec Le gouvernement militaire. Nos historiens descendent donc de Clovis, c’en est fini de nos ancêtres les Gaulois, Les historiens sont les enfants d’un Franc, et ils ont peut-être brisé les vases Lapita recollés et exposés dans les musées (lol). La conférence a permis de comprendre l’évolution des mentalités, l’acceptation de l’histoire vraie par les Calédoniens avec des précurseurs comme Louis-José Barbançon avec son pays du non-dit. Des non-dits, précisera Christiane Terrier, non-dit des rapports des colonisateurs avec les kanak et non-dit du bagne. En dehors de Louis-José Barbançon, l’historien en chef. Christiane Terrier a cité Frédéric Angleviel qui est, de loin, le plus prolifique (en fin d’article, vous trouverez des informations sur son dernier livre) ; Ismet Kurtovitch, pour sa thèse sur l’histoire de 1940 à 1953 ; Sylvette Boyer, pour son travail sur la Guerre 14 ; Jerry Delathière, l’homme des communes du centre ouest de la Calédonie ; Hamid Mokaddem, le philosophe engagé ; Jean Guiart et ses témoignages sulfureux ; Alban Bensa et son fameux ouvrage, Les sanglots de l’aigle pêcheur. Ainsi que des chercheurs Australiens ou Néozélandais, comme Dorothy Shineberg et Adrian Mucke. De nombreux autres contributeurs de la transmission de l’histoire ont été cités, une liste presqu’exhaustive dans laquelle figure Bernard Berger qui a beaucoup fait pour démocratiser l’histoire. Elle a aussi parlé de la relève avec Caroline Graille, Paul Fizin, Louis Lagarde, Fanny Pascual maître de conférences à l'université de Nouvelle-Calédonie et Jean-Krist Ukeiwé. Ce n’est qu’un petit résumé de deux heures de présentation très instructives. JP

 

Les Calédoniens et leur histoire, Quels sont les rapports entre la société calédonienne et l’histoire depuis 1988 ? Par Christiane Terrier ce jeudi 4 avril de 18h00 à 19h30.

 

I - Cette conférence de Christiane Terrier, Professeure agrégée et Docteure en Histoire, suivie d’échanges et de discussions à l’Amphithéâtre du lycée Blaise Pascal a attiré du monde. L’historienne est réputée pour la justesse de ses propos et sa grande connaissance de l’histoire du Caillou. Ci-joint quelques images de cette belle rencontre.

 

Résumé de l’exposé

Plus de 30 années se sont écoulées depuis qu’ont été signés, en juin 1988, les accords Matignon-Oudinot. Si nul ne conteste leur importance politique décisive, leurs incidences sociologiques et culturelles restent encore trop souvent mal cernées, notamment en ce qui concerne les rapports qu’entretiennent désormais les Calédoniens avec leur histoire (et leur patrimoine car les deux sont intimement liés).

 

En s’appuyant sur la présentation d’un certain nombre de documents, cette conférence va tout d’abord, s’attacher à rappeler, quelles ont été les publications les plus marquantes dans ce domaine. Puis seront évoquées les principales initiatives générées, soit par les collectivités publiques et les médias, soit par les associations patrimoniales et enfin, au niveau de l’enseignement, grâce aux démarches d’adaptation des programmes. La conférence s’achèvera sur le bilan qu’on peut actuellement esquisser ainsi que les nombreux freins qui subsistent encore à l’élaboration d’une histoire commune.

 

II - Pour approfondir et réviser ses connaissances sur le Caillou, un livre récent, La France aux antipodes Histoire de la Nouvelle-Calédonie de Frédéric ANGLEVIEL. Cet ouvrage est un formidable condensé des recherches historiques depuis le début de la colonisation.

 

Déjà plus de 1200 exemplaires vendus en Métropole ! Depuis son lancement en août 2018. C’est mérité.

 

« Ce livre résume parfaitement l’histoire de la Nouvelle-Calédonie de l’époque postcoloniale jusqu’à nos jours. C’est une des meilleures synthèses de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie disponible et récente que les Calédoniens devraient lire pour mieux comprendre leur propre pays ». Joël PAUL

 

Complexe, fascinante et pourtant largement méconnue, l’histoire de ces territoires si éloignés de la métropole est indispensable pour comprendre la situation actuelle, aboutissement de plusieurs décennies de conflits et de malentendus.

 

De l’arrivée des civilisations austronésiennes, il y a trois mille ans, aux « années de cendre » et au drame d’Ouvéa en 1988, en passant par les terribles épidémies du XVIIIe siècle, les missions d’évangélisation, l’implantation du bagne et l’exploitation du nickel, Frédéric Angleviel retrace l’évolution de cette terre qui fut, avec l’Algérie, la deuxième colonie de peuplement de l’Empire français.

 

Une parution de fin 2018 dans les chroniques vendémiaires qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. Disponible à Nouméa en librairie et sur le net.

 

Une version pour les anglophones est disponible ainsi qu’une édition du GRHOC papier. Avec l’éditeur Lulu.com un Ebook pour l’international par Amazon pour toucher l’Amérique du Nord. Plus

Les intervenants ou responsables de l'université populaireLes intervenants ou responsables de l'université populaire
Les intervenants ou responsables de l'université populaireLes intervenants ou responsables de l'université populaire

Les intervenants ou responsables de l'université populaire

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Le rêve d’Ana, livre Jeunesse de Nicole Chardon-Isch illustré par Papou a attiré du monde chez Calédo Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nicole et Papou, des Photos de Joël PAULNicole et Papou, des Photos de Joël PAUL
Nicole et Papou, des Photos de Joël PAUL

Nicole et Papou, des Photos de Joël PAUL

Le rêve d’Ana, le dernier livre Jeunesse de Nicole Chardon-Isch, joliment illustré par Bernard Billot dit Papou a attiré du monde hier soir, mercredi 27 juin à la librairie Calédo Livres. Les auteurs étaient entourés d’enfants qui ont lu des extraits du livre et apporté un plus indéniable aux classiques causeries.

Bernard Billot et sa petite cane dessinée en guise de dédicace a eu beaucoup de travail. Il a expliqué au public la difficulté et le plaisir qu’il avait à illustrer des albums jeunesse, il est auteur lui-même. Il aime travailler avec une grande complicité entre l’illustrateur et l’auteur. Il n’a pas réussi pour cet album à faire voler un caneton comme dans l’histoire mais ses dessins sont, comme toujours, réussis.

Nicole a fait une présentation plus technique du livre qui s’adresse aux petits et même aux grands. La docteure en linguistique est une grande professionnelle. Elle a donné son point de vue sur le handicap qui est aussi abordé dans l’ouvrage. Ces deux auteurs sont des invités locaux du SILO 218 qui se tiendra en septembre au centre culturel Jean-Marie Tjibaou. Il faut souligner que ce livre est édité chez L’Harmattan dans la collection Portes Océanes. JP

Lecture d'enfants avec le grand père papou. Photo JP

Lecture d'enfants avec le grand père papou. Photo JP

Les filles d'un directeur de collection (Frédéric Angleviel) heureux, tout sourire en compagnie du président de l'AENC (Jean Vanmai) et publicLes filles d'un directeur de collection (Frédéric Angleviel) heureux, tout sourire en compagnie du président de l'AENC (Jean Vanmai) et public
Les filles d'un directeur de collection (Frédéric Angleviel) heureux, tout sourire en compagnie du président de l'AENC (Jean Vanmai) et public

Les filles d'un directeur de collection (Frédéric Angleviel) heureux, tout sourire en compagnie du président de l'AENC (Jean Vanmai) et public

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Pour le deuxième Prix du livre d’histoire des Outre-mer, deux ouvrages calédoniens dans le dernier carré.

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Pour le deuxième Prix du livre d’histoire des Outre-mer, deux ouvrages calédoniens dans le dernier carré.

Communiqué de presse - Prix du livre d’histoire des Outre-mer

 

Le lauréat a été désigné :

Un regard poétique, rigoureux et inédit sur la "créolité" et l'ensemble du monde antillais au travers de l'étude des orpailleurs d'or de Guyane. Un témoignage sur un mode de vie disparu, conté avec amour et finesse.

"Cet ouvrage c'est tout d'abord de l'ethnographie de grand cru. Mais en même temps, l'étude de Baj Strobel – rigoureuse, personnelle et poétique – jette un regard inédit et convaincant sur la " créolité " et l'ensemble du monde antillais. Par le détour de la forêt guyanaise, elle nous met en situation d'aborder l'essentiel de ces sociétés insulaires, à la fois soumises et résistantes, repliées sur elles-mêmes et ouvertes – à leur façon – au " Tout-Monde ".
C'est le témoignage d'un mode de vie disparu, relaté avec amour et finesse. On y découvre tout une société nouvelle, minuscule, étrange et en fin de compte pleine de charmes. A travers contes, chansons, musiques, et minutieuses restitutions des travaux et des jours, on comprend pourquoi ces hommes se sont mis en quête de l'or et on saisit aussi les merveilleuses implications métaphysiques de cette ultime quête.
En centrant son propos sur les orpailleurs, l'auteur tisse une trame qui s'étend à l'ensemble de la Caraïbe. Au fil des cent ans d'histoire qu'elle nous raconte, nous pouvons voir les processus de créolisation qui se sont reproduits depuis les premières ébauches de communauté sur la plantation insulaire jusqu'aux réinventions de l'identité par les migrants caribéens que l'on retrouve aujourd'hui à Toronto, Miami ou Paris. C'est un témoignage sur le processus continu de la créolisation, sur la migration et la reconstitution."
Richard Price auteur de la préface

Michèle-Baj Strobel est ethnologue et enseignante en histoire des Arts. Elle a vécu et travaillé au Sénégal, en Guyane, Martinique et au Laos. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’ethnologie et les voyages.

Les cinq livres sélectionnés sur les vingt titres en lice ont été les suivants :
Frédéric AnglevielLa France aux Antipodes - Histoire de la Nouvelle-Calédonie, Vendémiaire, coll. "Chroniques", 2018.
Jacques BinocheLa France d’Outre-mer et sa représentation parlementaire de 1789 à nos jours, L’Harmattan, 2019
 Abel Alexis LouisLe livre et ses lecteurs en Martinique de la fin du Directoire à la Monarchie de Juillet (1799-1848). Essai d’histoire sociale et matérielle, L’Harmattan, coll. "Chemins de la Mémoire" (Série ’Histoire des Antilles’), 2018.
Isabelle Merle et Adrain MuckleL’indigénat. Genèses dans l’Empire français, pratiques en Nouvelle-Calédonie, CNRS Éditions, 2019.
 Michèle-Baj Strobel, Les gens de l’Or. Mémoire des orpailleurs du Maroni, Plon, coll. "Terre humaine", 2019. 

 

Téléchargez la recension de l'ouvrage de Frédéric Angleviel <== suivre le lien

Nos deux sélectionnés

Nos deux sélectionnés

Publié dans Ecrivain calédonien

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L’Harmattan une solution d’édition pour les auteurs calédoniens

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Mon prochain livre, un roman, sera édité chez l’Harmattan dans la collection « Portes Océanes ». Sa parution est prévue pour la fin de l’année. Son titre « Les moustaches de tigre ». L’action se déroule dans la tourmente de la décolonisation de l’Indochine. J’ai hâte de vous le présenter.

Pourquoi ai-je choisi l’Harmattan ? Parce que j’ai déjà fait l’expérience de taper aux portes de nombreuses maisons mais les éditeurs ne sont pas des philanthropes. Ils essaient de miser gagnant pour ne pas perdre d’argent. On les comprend, donc ils acceptent peu manuscrits par rapport à la quantité qu’ils reçoivent. Il y a peu d’élus, je n’ai même pas cherché cette fois. J’avais la possibilité de retravailler avec Humanis mais mon roman est historique et comme Portes Océanes est dirigé par l’historien Frédéric Angleviel cela m’a semblé judicieux de le publier dans sa collection.

Il faut aussi rétablir la vérité sur l’Harmattan. Les controverses sur le contrat à compte d’éditeur mais à 0 % de droits d’auteur sur les 500 premiers livres n’a pas beaucoup d’importance pour les Calédoniens. Nos tirages sont limités, à l’échelle du pays, on peut se faire plaisir, mais il n’y a rien à gagner avec des romans ou des recueils de nouvelles. Il n’y a que la BD et la littérature jeunesse, me semble-t-il, qui peuvent rapporter. On peut néanmoins partager nos écrits avec nos amis du territoire sans passer par une grande maison d’édition. Nous avons l’aubaine d’avoir deux collections, Lettres du Pacifique et Portes Océanes, chez l’Harmattan, dirigées par des Calédoniens. Ces deux collections ont une centaine d’ouvrages au compteur depuis une dizaine d’années. Elles sont ouvertes et faites pour les auteurs d’ici. N’hésitez pas si vous cherchez une solution d’édition. Il y a encore des éditeurs en Calédonie et l’association Ecrire en Océanie mais ils ne manquent pas de travail. La Nouvelle-Calédonie compte autant d’écrivains que de lecteurs comme l’Islande. (La fibre littéraire de l’île est tellement développée là-bas que l’Islande est championne du nombre d’ouvrages publiés par habitant). JP

Lorsque l’on pose la question pour être publié dans la collection Portes Océanes. La réponse est la suivante :

« Oui, la collection Portes Océanes éditées aux éditions L’Harmattan serait heureuse de publier votre ouvrage.

D’une part, vous serez publié au niveau national, y compris une présence à la FNAC et à Gibert.

D’autre part, Pacifique Bookin (un des deux grossistes calédoniens) a une convention avec L’Harmattan et vend donc tous les ouvrages de la collection à Calédo livres et les propose aux autres libraires. »

Pour plus de détails on peut contacter Frédéric Angleviel (Tél. 25 15 98) ou Paul Fizin, co-directeur de la collection Portes Océanes.

Ci-dessous quelques-uns des derniers ouvrages parus en attendant Les Moustaches de tigre.

L’Harmattan une solution d’édition pour les auteurs calédoniens

Publié dans Ecrivain calédonien

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HANDICAP : Représentations et Pratiques Sociales en Milieu Kanak de Frédéric Patane

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

HANDICAP : Représentations et Pratiques Sociales en Milieu Kanak de Frédéric Patane

Préface de Charles Gardou et Frédéric Angleviel

Collection : Portes océanes chez L’Harmattan

Cet ouvrage est une synthèse d'une recherche doctorale menée en Nouvelle-Calédonie de 2013 à 2019. L'auteur, à travers de nombreux entretiens, nous fait découvrir le regard porté sur le handicap dans le monde kanak. Autrement dit, quels sont les facteurs explicatifs du malheur ? Quels sont les fonctions et le statut social de la personne avec une déficience au sein de cette communauté culturelle ? Quel rôle joue la coutume dans la prise en charge des plus vulnérables ?

La loi du pays de 2009 en faveur des personnes en situation de handicap reconnaît la primauté de l'individu sur le groupe. Quel est l'impact de cette nouvelle législation sur les solidarités sociales kanak basées sur l'intérêt communautaire ?

Le nouveau mode de prise en charge des personnes en situation de handicap, tel que préconisé par le législateur, n'est-il pas symptomatique des mutations socio-économiques qui traversent aujourd'hui la société kanak ?

Frédéric Patane est enseignant et docteur en anthropologie du handicap. Il milite depuis de nombreuses années au sein de diverses associations à l'échelle locale et régionale. Il a pris une part active dans les groupes de travail ayant contribué à la rédaction de la loi du pays de 2009 en faveur des personnes en situation de handicap de Nouvelle-Calédonie.

 

Photo du fichier de Pacific.studies EU

Illustration de couverture : Cédille

****

L’administrateur du blog ecrivainducaillou a demandé à Frédéric Patane d’enrichir cet article avec un message personnel.

« Cet ouvrage montre combien la question du handicap est abordée différemment selon les cultures. Par exemple, dans une tribu du Botswana, la naissance d’un enfant en situation de handicap est un honneur pour les parents. Ils auraient été choisis par les dieux pour l’accueillir et l’éduquer. Dans nos sociétés modernes, la survenue d’un handicap est, au contraire, considérée comme un drame individuel. Ainsi, les personnes avec une déficience sont trop souvent confiées à des spécialistes dont le travail est de les « normaliser ». Pourtant, si vous les interrogez, elles revendiquent, par-dessus tout, leur droit à la fragilité, et elles souhaitent être actrices de leur vie. Mais il leur faut encore beaucoup de courage et de pugnacité pour réaliser leur projet de vie. En effet, notre société calédonienne n’est pas encore tout à fait prête pour les accueillir en tant que citoyen à part entière. » Frédéric Patane

NB : Chaque année, le 22 juin, a lieu la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et de reconnaissance aux donneurs. Cet article est aussi une modeste participation à cette journée du blog ecrivainducaillou

L’ouvrage de Frédéric Patane est le résumé, la vulgarisation d’une thèse de recherche doctorale présentée à Lyon en 2019.

Une causerie sur cet ouvrage en présence de l’auteur est programmée à la libraire Calédo Livres le 29 juillet 2020. Venez nombreux monsieur Patane va surement nous faire découvrir un aspect de notre société mal connu.

Publié dans Culture Kanak, Essai

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Le Têt avec l’historien Frédéric Angleviel avec une vidéo

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le Têt avec l’historien Frédéric Angleviel avec une vidéo

Pour commencer l’année du tigre d’eau et commémorer le têt à ma manière, j’ai décidé d’inviter un historien émérite de Nouvelle-Calédonie Frédéric Angleviel, auteur de nombreux ouvrages et de publications dans les revues de la société des océanistes. C’est un grand connaisseur de la communauté asiatique du Caillou qui est composée essentiellement de descendants de Tonkinois, les Chân Đăng, littéralement "Pied engagé, un nom popularisé par l’écrivain Jean Vanmai.

L'arrivée des premiers Vietnamiens en Nouvelle-Calédonie remonte à 1891. Certains étaient des prisonniers du bagne de Poulo Condore.

NB : à la fin de ma petite vidéo pour faire comme le cinéaste Jimmy Janet à la fin du tournage « Loubrou », son film tourné sur le caillou. J’ai dit « couper ». Frédéric s’est alors emparé d’un coupe-coupe et m’a coupé un tronc de bananier. Il faut se méfier d’un historien calédonien. L’instinct broussard peut réserver des surprises ! (voir la photo) JP

J'avais dit "Couper !", il l'a fait.

Le Têt Nguyên Dán est la fête du Nouvel An vietnamien (en chữ quốc ngữ Tết Nguyên Ðán, en chữ nôm 節元旦), littéralement « fête du premier jour de l'année » : en effet, il existe d'autres fêtes nommées Têt, comme le Têt trung thu, la fête de la mi-automne.

C'est la fête la plus importante de l'année. C'est une débauche de couleur, une explosion de pétards, les quartiers rivalisent d'ingéniosité pour être les meilleurs dans leurs danses, leurs décorations. La fête a lieu le jour de la première nouvelle lune, au milieu de la période séparant le solstice d'hiver de l'équinoxe de printemps ; entre le 21 janvier et le 20 février. Les festivités durent du premier jour de l'an au troisième, mais peuvent très bien s'étaler sur une semaine… Le dragon d'or vient chasser les derniers mauvais esprits qui pourraient hanter les lieux.

Le Têt est généralement fêté le même jour que le Nouvel An chinois, puisque le Viêt Nam et la Chine possèdent le même calendrier, de type luni-solaire. Néanmoins, la période d'observation de la nouvelle lune, qui marque le début de l'année, peut varier d'un jour selon les capitales respectives d'où elle est observée. De même, beaucoup des modalités de la fête sont identiques.

Photo de notre repas en famille de l’année dernière :

Cette année est celle du Tigre eau, correspondant à l'an 4720 du calendrier chinois. Cela ne nous rajeunit pas. Elle débutera le mardi 1er février pour prendre fin le lundi 21 janvier 2023.

Poulo Condore : (note sur cet ouvrage)

À partir des années 1930, du fait de l’arrivée de nombreux condamnés politiques, Poulo Condore devient un « creuset national » (p. 137) où s’organise et se structure clandestinement une lutte conduite essentiellement par des condamnés communistes, transformant le bagne n°2 en « université rouge » (p. 138) où sont formés de nombreux militants, parmi lesquels de futurs dirigeants du Vietnam comme Pham Van Dong (premier président du Vietnam réunifié, p. 144). En parallèle, la main-d’œuvre des forçats constitue également une manne employée au développement de l’empire colonial français et des contingents de forçats sont envoyés au Tonkin, à la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, en Nouvelle-Calédonie et en Guyane.

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Après le massacre du bananier, le repos du guerrier

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Publié dans Histoire

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