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9 résultats pour “mandarin

Madame Thanh-Van TRAN-NHUT à la maison du livre à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Un lettré désigne une personne qui a une solide culture littéraire ; cultivé, érudit. Hier soir la maison du livre a eu le privilège de recevoir une lettrée en la personne de madame Thanh-Van TRAN-NHUT romancière spécialisée dans le polar au travers des enquêtes menées par le mandarin Tân dans le Vietnam du XVIIe siècle. Le choix de l’époque ainsi celui du personnage principal, un mandarin expert en arts martiaux, n’est pas banal.

Madame Tran-Nhut de formation scientifique écrit avec la précision d’une montre suisse. Une horlogerie parfaitement scénarisée avec une documentation et un travail de recherche qui laissent pantois. Elle a expliqué tout cela au public fasciné dès le début de son intervention par son aisance et sa connaissance de l’époque et du pays qui lui sert de décor pour sa série des mandarins Tân mais elle écrit aussi des histoires contemporaines avec le même talent.

Ce serait trop long de résumer ces deux heures d’un feu d’artifice de révélations sur la culture vietnamienne. Thanh-Van comme elle le fait dans ses livres peut en racontant faire passer les odeurs, les saveurs l’exotisme de son pays natal. Elle a su nous expliquer le mélange des religions et de philosophies pratiqué par les Vietnamiens en développant avec subtilité les différences entre le taoïsme et le confucianisme qui sont originaires de Chine, en rappelant au passage que la colonisation chinoise avait duré 1000 ans, ainsi que le bouddhisme en évoquant les rapports peu connus et anciens du Vietnam avec le Japon. Le choix du XVIIe siècle qu’elle affectionne n’est pas un hasard. C’est une époque charnière pour le Vietnam en rupture de leader ce qui faisait le jeu des seigneurs de la guerre, une phase de rivalité entre le Nord et Sud. Les seigneurs de la famille Trịnh dominent le Nord et ceux de la famille Nguyễn le Sud, tandis que les souverains Lê ne règnent plus que symboliquement. De plus, c'est de cette époque que date l’origine de la colonisation française.

Fille d’un professeur d’université et descendante de mandarin par sa mère madame Thanh-Van TRAN-NHUT n’est pas pour autant coupée du peuple. Elle sait reproduire l’humour des Vietnamiens que j’ai pu moi-même constaté à Hanoï pays d’origine de mon épouse. Quand son héros Tân sort de son palais pour s’encanailler ou faire ripaille incognito avec de petites gens cela peut conduire à des scènes très comiques que l’on a pu vérifier avec la lecture de passages par Pierre Faessel. Les scènes de combats entre Tân et des bandits de grands chemins sont très drôles, le Kung Fu à la mode Tân est à mourir de rire. Les titres ou sous titres de ses histoires donnent déjà envie de sourire comme Les travers du docteur Porc. Tran-Nhut parle véritablement de médecine dans ses livres et de beaucoup d’autres sujets qu’elle étudie dans des ouvrages d’historiens ou de chercheurs. Souvent le plus inattendu ou la révélation étonnante n’est pas dans la fiction mais dans de vrais pratiques ou des coutumes oubliées.

C’est une grande chance que cette convention qui permet à la maison du livre et la Nouvelle-Calédonie avec le Randell Cottage à Wellington en Nouvelle-Zélande de pouvoir recevoir les lauréats de la résidence d’écrivain. L’auteure interviendra chez Caledo Livres ce soir et à Koné pour la semaine du livre en province Nord. J’invite les amateurs qui veulent se régaler et s’enrichir de littérature de haut niveau à aller à la rencontre de  madame Thanh-Van TRAN-NHUT.

Couverture d'un de ses livres

Couverture d'un de ses livres

Tran-Nhut et Pierre Faessel dans le salon de la maison Célières

Tran-Nhut et Pierre Faessel dans le salon de la maison Célières

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Thanh-Van TRAN-NHUT romancière invitée du salon de Polynésie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP
Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP

Image de Tran-Van avec Pierre Faessel de JP

Lire en Polynésie tiendra sa 17e édition à la Maison de la culture de Tahiti (Papeete), du 16 au 19 novembre 2017.

Thanh-Van TRAN-NHUT est romancière, spécialisée dans le polar au travers des enquêtes menées par le mandarin Tân dans le Vietnam du XVIIe siècle.

Cette ancienne élève du lycée Cournot de Gray et lauréate en 2014 de la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington, présentera « Les enquêtes du mandarin Tân », sa série de romans policiers situés dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle ainsi que son dernier livre dont on sait peu de chose puisqu’il sera lancé pour l’occasion.

Kawekaweau

Éditeur : Au vent des îles

Résumé : Vicktor reçoit un colis de son amour de jeunesse, récemment décédée, accompagné de son ultime défi : résoudre l'énigme liée au lézard rapporté de Nouvelle-Zélande par un équipage au XIXe siècle, le mythique kawekaweau marqué d'une malédiction. En décryptant les indices trouvés dans le colis et en lisant le journal d’un célèbre amiral, Vicktor découvre un drame ignoré de tous.

 

Thanh-Van Tran-Nhut, née le 1er janvier 1962 à Hué au Viêt Nam et Kim Tran-Nhut, sa sœur, est née le 24 octobre 1963 dans la même ville, sont deux écrivains vietnamiennes, auteures, ensemble, au début, pour la série d'enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh.

La maison du livre de Nouvelle-Calédonie a eu le privilège de recevoir cette lettrée. Elle a laissé sur le Caillou un souvenir impérissable. Ses liens avec la Nouvelle-Calédonie viennent de sa scolarité au lycée Cournot de Gray.  Elle participe activement à diverses manifestations autour de l'écrivain Francis Carco et de Katherine Mansfield organisées par l'Office du tourisme de Val de Gray. Le 19 février 1915, après un long voyage en train de Paris, K. Mansfield arrive dans une petite ville dans l'est de la France. Elle tente d'entrer dans la zone des armées avec une fausse invitation d'une de ses "tantes" et est accueillie par un caporal qui lui intime de le suivre.

Le militaire est Francis Carco, mobilisé depuis novembre 1914. Ils passeront quatre nuits ensemble, avant que K. Mansfield ne reparte en Angleterre. Cette rencontre est racontée dans "An Indiscreet Journey", mais le nom de la ville est omis. Il faut regarder dans les carnets de Mansfield pour savoir que les amants se sont retrouvés à Gray, une ville au bord de la Saône.

Seuls les spécialistes de Mansfield savaient où cette brève histoire d'amour avait eu lieu. Thanh-Van Tran-Nhut est de ceux-là, une vraie révélation à l’époque que cette aventure entre ce Calédonien célèbre et une Néozélandaise tout aussi célèbre.

Dans un article écrit en 2014, je ne tarissais pas déloges sur cette romancière qui a su nous expliquer le mélange des religions et de philosophies pratiqué par les Vietnamiens en développant avec subtilité les différences entre le taoïsme et le confucianisme qui sont originaires de Chine, en rappelant au passage que la colonisation chinoise avait duré 1000 ans, ainsi que le bouddhisme en évoquant les rapports peu connus et anciens du Vietnam avec le Japon. Le choix du XVIIe siècle qu’elle affectionne n’est pas un hasard. C’est une époque charnière pour le Vietnam en rupture de leader ce qui faisait le jeu des seigneurs de la guerre, une phase de rivalité entre le Nord et Sud. Les seigneurs de la famille Trịnh dominent le Nord et ceux de la famille Nguyễn le Sud, tandis que les souverains Lê ne règnent plus que symboliquement. De plus, c'est de cette époque que date l’origine de la colonisation française.

 Pour sûr qu’elle va séduire et plaire au public au Fenua, c’est une lettrée, une vraie pas d’autres qualificatifs me viennent à l’esprit. JP

Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano
Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano

Livres de Tran-Van et à la librairie Calédo Livre avec Frédéric Ohlen et Jean-Brice Peirano

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Mercredi 3 octobre 2018 à 18h projection & causerie autour du livre LA CHINE EN SOI avec LAURE OZANON Librairie Calédo Livres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Couverture du livre

Couverture du livre

 Une jeune Française part en Chine au début des années 1990 pour améliorer son niveau de mandarin. Son inscription à l’université de Canton n’est qu’un prétexte car sa véritable ambition est ailleurs : se perdre en Chine. Au coeur de régions dures mais terriblement attachantes, l’aventurière ingénue du départ se fond dans le paysage. Son exploration se prolonge dix longues années, à contre-courant des nouvelles réformes économiques chinoises. Deux histoires se mêlent alors intimement : celle de la transfiguration d’un pays lancé avec vigueur dans la mondialisation et celle, à échelle humaine, d’une femme qui forge sa ligne de vie. Le lecteur, emporté dans une immersion radicale, perd ses repères et découvre ici un univers insolite.

« Le déplacement n’est qu’un prétexte. Le véritable voyage, c’est soi… »

Laure Ozanon commence à voyager très jeune. En 1990, elle prend date avec la Chine, qui devient l’aventure de toute une vie. Tour à tour étudiante, nomade, chercheuse et anthropologue, le métier de guide conférencière sinologue s’impose finalement à elle. Aujourd’hui, elle vit à Nouméa où elle a écrit ce premier livre tout en se consacrant à la calligraphie et au soin selon la philosophie chinoise. Deux domaines qu’elle partage dans ses circuits en Asie.

Publié dans Ecrivain calédonien

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Le MARCHE BROUSSARD place de la Marne à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le carbe de palétuvier est en route vers mon cabas
Le carbe de palétuvier est en route vers mon cabas

Le carbe de palétuvier est en route vers mon cabas

Ce 3 juillet 2014 de 13h à 18h les associations Nouméa Centre Ville et Marché Broussard ont fait une fois de plus la promotion du terroir à l’occasion d’un Jeudi du Centre Ville ! La brousse a investi le centre-ville de Nouméa pour offrir au public des étals colorés aux senteurs des fruits et légumes fraichement cueillis.

Une occasion en or pour les citadins de venir apprécier le travail extraordinaire réalisé par mère nature et ses exploitants. Je n’ai pas raté l’événement car nous aimons mon épouse et moi les produits de la brousse. De plus j’ai profité de l’occasion pour tirer quelques photos pour les visiteurs de Calédonianpost.

Producteurs, transformateurs agroalimentaires, éleveurs, horticulteurs, pêcheurs, colporteurs, artisans, toute la famille était réunie à l’occasion de cette 2ème édition du Jeudi Marché Broussard. Ci-dessous quelques photographies de la manifestation. JP

PS : Pour ceux qui ont raté le marché place de la Marne, les exposants seront au salon du Jardinage à partir du jeudi 3 juillet et jusqu'au dimanche 6 juillet 2014 (8h30 - 18h30) pendant le salon du jardinage et motoculture....

Il y a de plus en plus de marchés en Nouvelle-Calédonie. Ce Week-End c’est la fête de la mandarine, un fruit d’hiver sur le Caillou.

La fontaine Céleste, Etals, Divers étals et mon épouse qui déguste une tranche de pamplemousse
La fontaine Céleste, Etals, Divers étals et mon épouse qui déguste une tranche de pamplemousse
La fontaine Céleste, Etals, Divers étals et mon épouse qui déguste une tranche de pamplemousse

La fontaine Céleste, Etals, Divers étals et mon épouse qui déguste une tranche de pamplemousse

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne
Conférence "Rencontres" en Australie avec l'université de Melbourne
Une conférence littéraire aura lieu début décembre 2016 en Australie. Intitulée "Rencontres" et organisée par l'université de Melbourne, elle rassemblera des auteurs de la diaspora vietnamienne de France, d'Australie et de Nouvelle-Calédonie.

Un écrivain calédonien Jean Vanmai est l’un des invités. Il représentera la Nouvelle-Calédonie.

Cette rencontre est organisée par Dr. Tess Do de l’université de Melbourne et par le Dr Alexandra Kurmann de Macquarie University.

Tess Do travaille comme professeure et chercheuse spécialisée dans la littérature francophone Elle est née à Saigon, où le français était sa langue maternelle. Elle s’est mise à apprendre le vietnamien au collège, à l’âge de douze ans. Deux ans après, elle commence à acquérir l’anglais. En 1984, elle immigre en Nouvelle Zélande, où elle réussit une licence et une maîtrise de lettres à l’Université d’Auckland. Ensuite, en 1991, elle déménage au Canada pour étudier à l’Université de Western Ontario, où elle complète un doctorat. Elle vivra plusieurs années au Montréal.

Alex Kurmann est chargée de cours en français et francophones études. Avec l'aide d'une bourse postdoctorale australienne (APA), elle a obtenu un doctorat en 2014 à l'Université de Melbourne en littérature comparée français et allemand . Son premier livre, sur le travail de Linda Lê : Imagining Reader Idéal, a été publié au début de 2016, Lexington Books.intertextuelle Weaving. Alex Kurmann est chargé de cours en français et francophones études. Avec l'aide d'une bourse postdoctorale australienne (APA), elle a obtenu un doctorat en 2014 à l'Université de Melbourne en littérature comparée français et allemand.

Photo du site livre mon ami

Photo du site livre mon ami

Biographie de l’inventeur du nom Chân Dang, pour les travailleurs sous contrat employés sur les mines calédoniennes originaires du Vietnam. Jean Vanmai est le grand témoin d'une Communauté qui compte sur le Caillou.

Jean Vanmai naît le 3 août 1940 à Koumac, petite cité du nord de la Grande Terre calédonienne, sur la mine Chagrin. La famille de sa mère est originaire de l’actuel nord Vietnam, comme son père, arrivé en 1937 pour travailler sur mine et qui sera l’un des derniers tonkinois autorisé à s’installer en Nouvelle-Calédonie.

1960. Jean Vanmai a vingt ans. Sa famille vient d’embarquer à bord du Eastern Queen. Direction : Hai Phong, le pays des ancêtres où elle a décidé de retourner. Jusqu’au dernier moment le jeune homme hésite, écartelé entre les siens, l’obéissance qu’il leur doit, et cette certitude : ici, en Nouvelle-Calédonie, est désormais sa vie, sa terre, son avenir.

Il reste. Sa formation d’électrotechnicien lui ouvre des portes, et il ne tarde pas à être reconnu pour ses compétences. Il épouse Hélène Wendt, originaire de Futuna (l’une des îles de l’archipel français de Wallis-et-Futuna, également dans le Pacifique), et dont il aura trois enfants. Il est actif dans la sphère culturelle de sa communauté et ses affaires prospèrent. Mais tout cela semble se jouer loin, bien loin de la littérature. Jusqu’à cette toute fin des années soixante-dix où il s’engage dans la rédaction de Chân Dang.

Avec ce récit historique édité en 1980, il plonge dans sa généalogie familiale pour conter l’histoire des travailleurs sous contrat employés sur les mines calédoniennes dans des conditions particulièrement dures. Le succès est au rendez-vous. Premier à faire entrer l’histoire de sa communauté dans la littérature de la Nouvelle-Calédonie, Jean Vanmai reçoit le Prix Asie et décide d’écrire la suite.

Fils de Chân Dang est publié en 1983. Il évoque encore la vie de la communauté vietnamienne, mais cette fois dans la Nouvelle-Calédonie contemporaine. Pour l’éditer, Jean Vanmai crée sa propre structure, les éditions de l’Océanie, avec pour projet la parution « de romans inspirés de faits historiques survenus en Nouvelle-Calédonie depuis l’époque dite coloniale jusqu’à nos jours ».

Suit en 1988 Nouméa-Guadalcanal, un roman qui se déroule sur fond de Guerre du Pacifique. Puis il faut attendre dix ans pour que débute la parution de Pilou-Pilou, une trilogie contant les histoires parallèles de bagnards, de kanak rebelles et de personnages issus de la population multiethnique de la Nouvelle-Calédonie : une population dont Jean Vanmai entend témoigner de la volonté de vivre ensemble.

Élu du Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 1988 à 1995, gérant aujourd’hui de plusieurs sociétés, Jean Vanmai est aussi membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, de la Société des gens de lettres, de l’Association des écrivains de langue française et de l’Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie. (Source le site d’île en Île)

Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP
Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP

Inauguration du quartier asiatique avec la statue des Chân Dang. On aperçoit Jean photos JP

Thanh-Van Tran-Nhut, fille d’un professeur d’université et descendante de mandarin, une invitée de cette rencontre n’est pas inconnue des Calédoniens elle nous a fait l’honneur d’une visite et nous avons pu partager de bons moments avec elle à la maison du livre de Nouvelle-Caledonie en 2014. Thanh-Van Tran-Nhut est née le 1er janvier 1962 à Hué au Viêt Nam et Kim Tran-Nhut, née le 24 octobre 1963 dans la même ville, sont deux écrivains vietnamiennes, auteures d'une série d'enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt Nam du xviie siècle.

Tran-Nhut avec Pierre Faessel à la maison du livre NC Photo JP

Tran-Nhut avec Pierre Faessel à la maison du livre NC Photo JP

Détails pratiques :

Organised by Dr Tess Do, French Studies, The University of Melbourne, and Dr Alexandra Kurmann, French and Francophone Studies, Macquarie University

Thursday, 1 December

4 - 7.15pm

Macmahon Ball Theatre Room 107, Old Arts Building The University of Melbourne PARKVILLE VIC 3010

Followed by a reception on Professors Walk to 7.45pm

Admission is free. Bookings required.

To register visit: http:// alumni.online.unimelb.edu.au/

For further information please contact

Jennifer Graham-Williams: jennifer.graham@unimelb.edu.au

Rencontres Study Day to be held on

Friday 2 December

See Alumni and Friends website for details: www.alumni.unimelb.edu.au

More details

Publié dans Divers

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Peter BAKOWSKI invité du prochain SILO 2017

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Peter BAKOWSKI invité du prochain SILO 2017
Peter BAKOWSKI invité du prochain SILO 2017

Le SILO édition 2017 se tiendra à Poindimié du 28 septembre au 1 octobre

Peter Bakowski (Date et lieu de naissance : 15 octobre 1954 (62 ans), Melbourne, Australie) est un poète australien qui a toujours été fasciné par les voyages. Son premier poème date de 1983 et faisait écho à une lettre de rupture reçue de sa ville natale de Melbourne alors qu'il séjournait dans une ferme au Texas. Il profitera de ce choc épistolaire pour partir pendant sept ans vivre une Aventure avec un grand A sur les routes américaines, mexicaines et africaines. Peter a été écrivain en résidence à Rome, Paris, Macau, Suzhou (Chine), et un peu partout en Australie. Ses poèmes sont publiés de façon régulière dans les magazines littéraires et sont traduits en français, allemand, polonais, italien, japonais, mandarin, arabe, indonésien et même bengali.

En 2015, les Éditions Doucey ont publié une édition bilingue d'une sélection de poèmes intitulée "Le cœur à trois heures du matin".

Recueil : Peter Bakowski | Le cœur à trois heures du matin

Un recueil de textes paru chez Bruno Doucey avec la traduction de Pierre Riant et Mireille Vignol des poèmes écrits de 1995 à 2014. Une poésie née de la rencontre avec les poètes de la Beat Generation quand Peter Bakowski voyagea aux États-Unis en 1983. Il retient leur leçon. « Des individus qui prennent leur responsabilité et disent ce qu’ils ressentent vraiment représentent la seule issue… », écrivait Allen Ginsberg.

Le Cœur à trois heures du matin rassemble, dans une édition bilingue, des poèmes écrits par Peter Bakowski entre 1995, année où fut publié In the human night , et 2014, date de son dernier recueil, Personal Weather . D'un texte à l'autre, même simplicité, même ton décalé, même propension à transmuer la quotidienneté en poème. La guerre en Bosnie, les mains usées d'un vieil homme, une intervention chirurgicale, la vie de Billie Holliday, les tourments d'un enfant bègue, l'autoportrait du 27 janvier 2001, la peinture de Diego Riveira, un cœur qui chavire, des rêves de liberté. Le poète, qui paraît avoir convié Prévert et Allan Ginsberg à sa table de travail, nous invite à faire un pas de côté pour voir le monde autrement. Un road movie poétique où chaque instant de vie est un instant sauvé

Bruno Doucey écrit dans sa présentation : « Le poète qui paraît avoir convié Jacques Prévert, Allen Ginsberg et Jack Kerouac à sa table de travail, nous invite à faire un pas de côté pour voir le monde autrement. » Par sa météo personnelle, Peter Bakowski transmute la réalité et nous invite à un voyage de grande ampleur aux confins de paysages humains qui ne font qu’un avec son univers intérieur.

Peter Bakowski se fait un devoir d'ordonner ses mots avec clarté et de célébrer la condition humaine.

Bibliographie :

Thunder Road, Thunder Heart _ In the Human Night _ The Neon Hunger _ The Heart at 3 a.m. _ Days That We Couldn’t Rehearse _ Beneath Our Armour _ Personal Weather _ Le cœur à trois heures du matin

The Courage Season

Publié dans Nouvelle-Calédonie

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Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco
Un solide fil d’Ariane est tissé entre une auteure récemment en résidence au Randell Cottage de Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie et l’auteur calédonien Francis Carcopino.
Thanh-Van TRAN-NHUT, c’est le nom de cet écrivain remarquable qui n’a pas oublié le Caillou et continue sa quête. Elle participe activement à diverses manifestations autour de l'écrivain Francis Carco et de Katherine Mansfield organisées par l'Office du tourisme de Val de Gray et la ville qui sont à l'origine de la commération. Elle nous communique également son actualité littéraire. JP
Le voyage indiscret
Katherine Mansfield rejoint Francis Carco à Gray le 19 février 1915
Vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 février 2015 au Théâtre de Gray

Conférence, exposition, lecture, spectacle dans le cadre des commémorations du centenaire de la guerre 14-18, autour de l'écrivain Francis Carco mobilisé à Gray en février 1915, et de l'auteure néo-zélandaise Katherine Mansfield - rendez-vous au théâtre les 20 21 et 22 février !

En parallèle des manifestations sur Katherine Mansfield au théâtre : Rencontre suivie de dédicaces avec Thanh-Van Tran-Nhut à La Librairie, 1 rue Vanoise, samedi 21 février à 18h

Cette ancienne élève du lycée Cournot de Gray et lauréate en 2014 de la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington, présentera Les enquêtes du mandarin Tân, sa série de romans policiers situés dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle, et parlera de son séjour en Nouvelle-Zélande. Elle racontera comment cette résidence d’écrivains, gérée conjointement par l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande, le Randell Cottage Writers Trust et le Fonds d’Amitié France-Nouvelle-Zélande, l’a amenée à voyager en Australie et en Nouvelle-Calédonie, lieu de naissance de Francis Carco. Elle évoquera sa visite à la maison natale de Katherine Mansfield, à dix minutes du cottage historique où elle résidait, et abordera son roman en cours qui liera la France à la Nouvelle-Zélande.

Voici le contenu de son message aux Calédoniens qui ont eu le plaisir de la rencontrer à la maison du livre au Faubourg Blanchot :

Chers Tous,

Le 19 février 1915, après un long voyage en train de Paris, K. Mansfield arrive dans une petite ville dans l'est de la France. Elle tente d'entrer dans la zone des armées avec une fausse invitation d'une de ses "tantes" et est accueillie par un caporal qui lui intime de le suivre.

Le militaire est Francis Carco, mobilisé depuis novembre 1914. Ils passeront quatre nuits ensemble, avant que K. Mansfield ne reparte en Angleterre. Cette rencontre est racontée dans "An Indiscreet Journey", mais le nom de la ville est omis. Il faut regarder dans les carnets de Mansfield pour savoir que les amants se sont retrouvés à Gray, une ville au bord de la Saône.

Seuls les spécialistes de Mansfield savent où cette brève histoire d'amour a eu lieu. Connaissiez-vous l'endroit? Les Graylois, quant à eux, n'en savaient rien. Je peux vous le certifier: j'ai grandi à Gray !

J'ai entendu parler de cette rencontre il y a seulement quelques jours.
Ayant récemment eu vent de la visite des deux écrivains en 1915, la ville va organiser la commémoration du centenaire de l'événement (20, 21, 22 février 2015, à Gray). Il y aura des conférences données par des membres de la K. Mansfield Society, une représentation théâtrale, une expo... Les organisateurs ont aussi invité Monsieur James Kember, Ambassadeur de Nouvelle-Zélande en France.

De façon fortuite, ils ont appris que j'avais des liens avec la Nouvelle-Zélande. Je reviendrai donc parler de ma récente expérience en tant qu'écrivain en résidence au Randell Cottage. Je compte aussi évoquer mon voyage en Nouvelle-Calédonie, lieu de naissance de Carco.

Franchement, quelle est la probabilité que, 99 ans après le passage de Mansfield et de Carco à Gray, une personne de Gray soit lauréate d'une résidence d'écrivains à Wellington, vienne s'installer à 10 mn de la maison natale de Mansfield et se rende en Nouvelle-Calédonie dans la foulée? La coïncidence est assez remarquable, non ?

Si vous disposez de documents sur Francis Carco (photos, textes...) que vous aimeriez voir inclus dans l'expo, n'hésitez pas à me les envoyer.

Je suis en train de terminer mon roman autour des voyages d'exploration scientifique français, arrivés en Nouvelle-Zélande au XIXe siècle (projet pour le Randell Cottage). Ensuite, il faut chercher un éditeur - toute une aventure !
J'espère que vous allez bien. J'ai revu dernièrement des photos de mon blog et me souviens des moments chaleureux passés ensemble. Je serais heureuse d'avoir de vos nouvelles.

Bien amicalement,

Thanh-Van TRAN-NHUT

Page Facebook des organisateurs:

Conférence, exposition, lecture autour de l'écrivain Francis Carco
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC
Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC

Le salon de K. Mansfield en NZ et Thanh-Van TRAN-NHUT à la MLNC

Publié dans Ecrivain calédonien

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Chronique du Livre : KAWEKAWEAU de Than-Van Tran-Nhut sur Quatre Sans Quatre

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre
Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre

Than-Van Tran-Nhut sur le paepae de papeete en novembre 2017 photo JP et couverture du livre

Je trouve cette critique du beau roman de mon amie Than-Van que j’avais rencontré à Nouméa et retrouvé au salon du livre de Tahiti complètement dans le ton de cette intrigue faisant partager aux lecteurs l'exploration de la Nouvelle-Zélande au XIXème siècle . Je vous invite donc à lire un large extrait de ce bon papier. Voir ci-dessous. JP

Chronique Livre : KAWEKAWEAU de Than-Van Tran-Nhut Publié par Psycho-Pat le 18/01/2018 sur Quatre Sans Quatre

Image d’illustration : Baie Houa-Houa - Naturels exécutant une danse à bord de l'Astrolabe (Nouvelle-Zélande) par Louis Auguste de Sainson, 1833 (détail) - Wikimedia

Le pitch

À peine installé au Viêt-Nam avec sa femme, Viktor reçoit un colis de Lucie, son amour de jeunesse, récemment décédée. Elle lui lègue non seulement des objets de leur vie commune, mais aussi un ultime défi : résoudre une énigme liée au lézard géant rapporté de Nouvelle-Zélande par un équipage français au XIXe siècle — le mythique kawekaweau marqué d’une malédic­tion.

Plongé dans le journal d’un célèbre amiral, arpentant les Antipo­des aux côtés de scientifiques, d’artistes et de matelots, alors que s’ouvre à eux un territoire inconnu, Viktor s’aperçoit qu’entre les lignes du rapport officiel se cache un drame ignoré de tous. Le dessin d’une jolie Maorie, un fragment de jade vert, des pho­tos d’un monde évanoui...

Et si ces objets d’un autre temps recelaient, eux aussi, le dernier message de Lucie à Viktor ?

L'extrait

« La main sur l'interrupteur, il se rappela le colis sur lequel tombait un rond de lumière. Les notaires.

Il entendit sa femme entrer dans la douche. Il aurait sûrement le temps de jeter un coup d'oeil sur le contenu. L'adhésif accrochait bien. Il dut le couper avec des ciseaux. Au fond du carton, un sac en toile et une lettre.

Ce qu'il y lut lui donna le vertige.

Maître Villard du cabinet Maillant & Bourdeleau annonçait qu'il lui envoyait quelques effets de Lucie Marceau décédée deux mois auparavant, comme le stipulait son testament.

Le barrage qu'il avait érigé contre les souvenirs de sa vie antérieure céda. Lucie, un nom qu'il avait banni de son esprit depuis longtemps. Dans ce nom, il y avait sa jeunesse et ses espoirs, des jours d'été sans fin et des années si vite écoulées.

Elle avait cherché à renouer le contact deux ans plus tôt et il l'avait sèchement rembarrée. Ce qui est perdu est perdu, lui avait-il répondu. Lettres mortes et retrouvailles refusées. Rien à faire pour des blessures fossilisées. Et maintenant, il était de toute façon trop tard.

Il fut tenté de tout jeter à la poubelle. Que lui importait de recevoir des affaires de cette femme qui n'était plus rien pour lui ? Il lui en voulait de venir encore le harceler, même après sa mort. Qu'elle aille au diable, qu'elle repose en paix, qu'elle le laisse tranquille.

Il flanqua un coup de pied à la boîte. Un tintement lui indiqua que quelque chose venait de se briser. Cela venait de l'intérieur du paquet.

À moins que ce ne fût à l'intérieur de son cœur. » (p. 19-20)

L'avis de Quatre Sans Quatre

Viktor Bachmann est marié et heureux, il vient d'emménager à Hué, ancienne capitale impériale du Viêt-Nam et commence à donner des cours à l'université locale où il trouve, chez les étudiants, une certaine fraîcheur et une appétit d'apprendre qu'il commençait à ne plus ressentir auprès de ses élèves à Harvard.

Passionné de littérature française, des grands classiques, il aime sa nouvelle vie et ne voit pas d'un bon œil arriver le colis envoyé par les notaires chargés de la succession de Lucie Manceau, son amour de jeunesse. On sent qu'entre ces deux-là, la rupture a été cruelle et qu'il n'a rien pardonné. Lucie a tenté plusieurs fois vainement de reprendre contact, Viktor est toujours resté inflexible.

Aujourd'hui, alors qu'elle est décédée dans un accident de kayak en Norvège, Lucie lui envoie un message d'outre-tombe. Quelques vieilles affaires datant de leur histoire et une énigme qu'elle avait commencé à résoudre avant de mourir. Il y est question d'un animal naturalisé mythique, une sorte de grand lézard, un gecko, découvert en 1986 dans le muséum d’histoire naturelle de Marseille, dont le rembourrage contient un bijou étrange. Apparemment une malédiction rôde autour de cet animal disparu depuis longtemps, et de tous ceux qui l'ont approché.

Ronchonnant, mais piqué au vif malgré tout par la curiosité, Viktor se penche de mauvais gré sur cette étrange histoire, lance de multiples recherches via internet et commence à en perdre le sommeil. D'autant plus que le fantôme de Lucie s'installe dans son bureau et le pousse à lui venir en aide : elle n'a que sept jours avant de disparaître tout à fait et souhaite connaître le fin mot de ce mystère. Commence alors un voyage immobile, une quête dans les recoins d'écrits anciens, de livres de bords de différentes expéditions avant de se fixer sur ceux de l'amiral Jules Dumont d'Urville qui a accompli en 1827, sur l'Astrolabe, un périple dans les terres australes, notamment la Nouvelle-Zélande dont est originaire l'animal et le bijou.

C'est au milieu des hommes d'équipage, des artistes embarqués afin de dessiner les lieux, la faune, la flore, les « Naturels », en l'occurence les Maoris et des officiers de bord que le lecteur suit les avancées de Viktor et du spectre de Lucie. Les documents sont précis, détaillés, à l'excès même puisqu'il n'est pas si facile d'extraire ce qui est relatif à l'intrigue qui préoccupe les enquêteurs. Le temps manque, les recherches doivent être de plus en plus pointues et les registres de bord bientôt ne suffisent plus, il faut élargir la bibliographie par des fouilles quasi archéologiques supplémentaires dans les arcanes du web.

Viktor perd le sommeil, Rachel se fâche de plus en plus souvent, il en néglige presque ses étudiants, surtout que, parallèlement, un éditeur le presse de lui donner son avis sur un recueil amphigourique écrit par un chercheur à propos des textes de théâtre d'Alfred de Musset. Ce travail annexe lui fournira l'occasion de bien des surprises également. Ce travail va conforter ce que lui disait Lucie : il faut se méfier des apparences...

Voilà le thème essentiel de ce polar singulier : les apparences trompeuses. Ce sont elles qu'il faut traquer dans les recoins d'anciens textes, qu'il faut débusquer méticuleusement, une à une, pour faire toute la lumière, aussi bien sur l'énigme du Kawekaweau que sur la propre vie de Viktor, son histoire avec Lucie et ce qu'il en reste au fond de lui, ou sur le texte à critiquer. La chasse aux renseignements à travers les documents d'époque est passionnante, le lecteur vit avec les explorateurs dans l'île nord de Nouvelle-Zélande au début du XIXème siècle, apprend les coutumes locales, la rude vie des marins, le travail des naturalistes et des artistes qui accompagnaient les voyages. Le chassé-croisé des différentes intrigues est parfaitement mené, avec ce qu'il faut de suspense pour toutes les vivre en même temps, même si deux siècles les séparent.

Ah, il faut ajouter que Than-Van Tran-Nhut écrit avec élégance, tout en nuance et en camaïeu de sentiments, sait faire vivre l'impatience de Lucie et la détermination de Viktor, une Rachel excédée ou les paysages délicats de Hué, avec, au passage, quelques rappels de l'effroyable boucherie que fut la guerre du Viêt-Nam. Un polar vraiment bien documenté, ainsi que vous le découvrirez dans la post-face, narrant un énorme travail d'enquête et une belle symbolique sur le passé venant demander des comptes, ou, plutôt, révéler des incompréhensions.

Prêts pour la chasse au kawekaweau et sa terrible histoire ? Embarquez avec Viktor sur l'Astolabe, sans hésiter !

Notice bio

Than-Van Tran-Nhut est ingénieur en mécanique, diplômée du California Institute of Technology. Elle est l'auteur notamment des enquêtes du mandarin Tân, qui se déroule dans le Viêt-Nam du XVIIème siècle (Philippe Piquier Éditeur). Elle a découvert la Nouvelle-Zélande en 199è et y a séjourné en 2014 en tant que lauréate de la résidence d'écrivain Randell Cottage à Wellington. Suite

Ce livre est vendu à Nouméa en librairie et à Tahiti site de l’éditeur au prix de 2300 Francs XFP Site à Nouméa Book'in

Mon épouse Lê Dung avec Than-Van au centre culturel de Papeete. Photo JP

Mon épouse Lê Dung avec Than-Van au centre culturel de Papeete. Photo JP

Publié dans Ecrivain du Pacifique

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Mots pour Maux : Jean Vanmai, président de l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

J’AIMAIS TROP L’ARGENT…

 

Annie était éperdument amoureuse de Fred, un jeune homme venu travailler durant quelques temps dans son petit village minier, situé au nord de la Nouvelle-Calédonie. Lorsque la mine cessa ses activités à cause de la mévente du nickel, comme cela arrive régulièrement dans cette île surnommée aussi le « pays de l’or vert » ; Fred dût partir bien à contre cœur travailler à la capitale, Nouméa, éloignée de près de quatre cent kilomètres du village de Koumac. 

Lorsqu’un matin à l’aube, décidant sur un coup de tête, Annie qui venait d’atteindre la majorité légale, c’est-à-dire vingt-et-un ans, prit son baluchon et, sur la pointe des pieds, eut le courage de monter à bord d’un autobus, surnommé en ce temps-là un « baby-car », pour aller rejoindre son « Tristan ».

Tout au long du trajet qui dura près de sept heures sur une route en terre chaotique et poussiéreuse, elle ne regrettait aucunement sa vie passée sous les ordres et brimades d’une mère triste, agressive et acariâtre.

Maintenant installée, protégée, aimée par l’homme de sa vie, et, en attendant son retour, elle eut l’idée  d’écrire  régulièrement ses pensées ou découvertes, relatives  notamment à cette ville insulaire dont elle avait si souvent entendu parler auparavant.

 

LA VILLE DE NOUMEA EN 1960

 

La vie s'organisa peu à peu. Il faut dire qu’au début de cette vie commune et inédite pour moi, j'éprouvais une certaine anxiété lorsque mon Fred s'en allait au travail m'abandonnant à moi-même, seule sous mon nouveau toit. Le fait de pouvoir agir désormais à ma guise, prendre en toute liberté des décisions sans la crainte d'un reproche, me semblait étrange et me donnait le vertige. En effet durant l’absence de mon aimé, aucune autre personne au monde ne pouvait me donner des ordres ni me dicter ce que je devais ou avais à faire.

Cette émancipation récente me déroutait et m'effrayait terriblement. Est-ce le fait d'en recevoir trop d'un coup ? Probablement. Car cette sorte de libération soudaine survenue aussi rapidement face à un passé surchargé de contraintes avait le goût de l'angoisse.

-- Je souffrais du manque de liberté. Maintenant j'en ai trop... N'y aurait-il donc jamais de juste milieu ?

Fred se montrait si prévenant que je parvins à dominer mes inquiétudes et recouvrais peu à peu mon assurance. Je me transformais en une véritable maîtresse de mon petit intérieur. Il me devenait même agréable et grisant de pouvoir vivre comme bon me semblait.

Lorsque les problèmes à résoudre avaient une certaine importance, j'attendais naturellement le retour de mon homme au foyer. Aussitôt tout redevenait clair et lumineux. Car Fred avec douceur et compréhension approuvait, lorsque mes initiatives étaient bonnes ou apportait quelques conseils et ajustements lorsqu'il les jugeait nécessaires. Jamais plus je ne subis de réprimandes sur un ton sévère. Comme du temps où la moindre chose était régentée par des ascendants acariâtres et autoritaires. Grâce à lui, je découvris très vite le sens véritable des responsabilités.

- Tu organises ta journée et ton emploi du temps selon ta volonté, Annie. J’ai noté par ailleurs que tu te débrouilles très bien en tant que jeune maîtresse de maison. Je suis très fier de toi, ajouta-t-il les yeux rieurs.

Qu'il me semblait bien loin cette triste époque où je devais vivoter dans un milieu familial monotone, médiocre et sans joie. Réfugiée en son sein au-delà de l'âge légal de l’adolescence, je me comportais en réalité comme une enfant bourrée de complexes qui avait peur de la vie. Pendant que d'autres, garçons et filles, plus jeunes que moi, volaient depuis bien longtemps de leurs propres ailes vers la liberté et le bonheur.

Fred était venu, il est toujours là. Je n'avais donc aucun regret à avoir. Et de tous ces événements je ne voulus conserver que les bons. En revanche, ceux qui me rendaient nostalgique je les avais refoulés très loin, vers l'oubli. Car bien qu'ils fassent partie des lots pénibles de l’existence, je ne souhaitais plus perpétuer les souvenances d'un tel passé.

C’est ainsi que chaque jour, lorsque Fred se rendait à son travail, je partais souvent à la découverte de la cité

La vie urbaine était bien différente de tout ce que j'avais pu concevoir en pensée depuis mon plus jeune âge. Même pour une si petite ville la vie insulaire me semblait pourtant trépidante, active. Et cette sorte d'agitation perpétuelle portait en elle un aspect incroyable qui m'enchantait.

Mon étonnement s'arrêtait sur de multiples choses. Telles les vitrines attrayantes des magasins, les affiches commerciales, les belles maisons au style colonial ou tout simplement les passants. Un rien me fascinait.

Le marché couvert installé face à une grande place baignée de lumière, la Place des Cocotiers, était le point de rencontre par excellence des habitants multiethniques de cette mini-capitale des mers du Sud. A l'intérieur de ses bâtiments aux toitures de tôles ondulées, les portes s’entrouvraient dès les premières lueurs de l'aube. Une animation exceptionnelle y régnait durant toute la matinée. Je découvris avec surprise la foule ainsi que le va-et-vient des gens parmi les allées encombrées de tubercules et de fruits exotiques. Pendant que les bavardages entre amis et connaissances, tout comme les marchandages inévitables entre vendeurs et acheteurs, donnaient à ces lieux une note particulièrement pittoresque. Dans cette multitude cosmopolite et bon enfant, l'on pouvait rencontrer aussi bien des ménagères toujours pressées portant des robes de couleurs vives que des citadins nonchalants venus, en short et claquettes japonaises, comme clients ou simplement en curieux. Parfois de nouveaux immigrants fraîchement débarqués sur l’île s’extasiaient devant ce spectacle bigarré qui s'offrait ainsi à leurs yeux. Tandis que des touristes arborant chemises à fleurs ou des « robes mission *» pour la gente féminine, filmaient tous azimuts caméra 8mm au poing.

Dans une juxtaposition extraordinaire de couleurs, les étals croulaient sous des montagnes de marchandises. Ici, des maraîchers vietnamiens proposaient des légumes les plus variés. Là, une vendeuse d’origine mélanésienne présentait fièrement ses produits de la terre tels que taros, ignames, patates douces et maniocs. Un peu plus loin, un vieil Indonésien immobile et silencieux attendait le chaland à côté de ses pyramides de fruits tropicaux. Il avait exposé là des mangues, pommes lianes, cocos verts, bananes, ananas, pamplemousses, oranges, entre autres. Ailleurs, des Européens au visage brûlé et buriné par le soleil des îles présentaient à foison des orchidées, des oiseaux de paradis et autres fleurs fraîches de toute beauté. Tandis que de belles et joyeuses Tahitiennes, une fleur de tiaré immaculée accrochée à l'oreille, les yeux rieurs, criaient à la cantonade en roulant les "r" afin d'écouler au plus vite leur délicieuse salade de poisson cru, mariné dans du pur jus de citron. Pendant que des Wallisiens, véritables forces de la nature et excellents pêcheurs, se tenaient fièrement derrière des présentoirs bondés de fruits de mer. Un peu plus loin, près des balances anciennes rongées par la rouille mais toujours en service, des poissons de toutes tailles gisaient dans des sacs en toile de jute préalablement trempés dans l'eau de mer. Selon la variété, les picots de récif ou les bossus dorés étaient vendus soit à la pièce, soit au poids. Des mollusques, des crustacés à profusion et du poisson fumé faisaient également partie des mets rares et très recherchés par la population locale.

Dans la grande cour intérieure, les vendeurs de billets de loterie s'installaient sans sourciller à proximité de cageots contenant de la volaille, des pigeons ou des tortues marines. Leurs voisins déchargeaient des sacs de pomme de terre, de choux, de cocos secs et de mandarines des bennes des camions de colporteurs arrivés de la Brousse lointaine un instant auparavant. A mon avis, ce marché au pays du nickel et de « l’or vert* » demeurera le lieu de rencontre et d’attraction touristique de premier ordre pour très longtemps encore.

Mais mon émotion fut à son comble, lorsque je découvris des poissons proposés à la vente et qui étaient maintenus en vie dans de grands bacs rectangulaires remplis d'eau de mer.

-- Pris dans des filets ou au bout d'une ligne, prisonniers maintenant des hommes, ils ne rejoindront plus jamais la mer bleue, murmurais-je avec un certain désenchantement cette fois. Dans peu de temps ils finiront leur existence soit en friture, en court-bouillon ou encore, une fois découpés en fines lamelles et imbibés de jus de citron en salade tahitienne sur nos tables.

Décidant de m’éloigner de cet endroit, je me retrouvais quelques minutes plus tard dans le quartier des affaires. Mon centre d’intérêt se déplaçait dès lors vers les voitures de toutes tailles, rutilantes et polychromées qui roulaient innombrables au milieu de rues étroites et mal réglementées. La circulation en ce lieu me semblait d’ailleurs anarchique voire dangereuse. Pendant que le bruit assourdissant des moteurs de camions ou de motos peu entretenues, me donnaient très vite une sensation étrange. Celle d'être subitement débarqué sur une planète tumultueuse et enivrante. En spectatrice consciencieuse et curieuse, installée ainsi aux toutes premières loges devant ce véritable cinéma de la vie, je suivais aussi du regard la multitude qui se déplaçait sans cesse presque en désordre. Telles des fourmis humaines se rendant on ne sait où.

Puis malgré l'animation des êtres et des choses, la foule et le bruit finirent toutefois par me provoquer de terribles maux de tête. Habituée au calme depuis toujours, mon organisme avait sans doute des difficultés pour s'adapter à ces conditions de vie nouvelle.

-- Ça suffit pour aujourd'hui. Il faut que je rentre. Ce serait plus sage, me disais-je à chaque fois.

Ce fut là en tout cas un véritable bouleversement pour une fille comme moi qui n'avait jamais pu sortir de son trou. Et quel contraste frappant entre ces gens si différents toujours pressés et nos braves villageois au tempérament placide, à la démarche tranquille. Mais cette tranquillité paisible des gens de la campagne je n'en voulais plus. Je la laissais bien volontiers sans contre partie aucune aux maraîchers, agriculteurs, éleveurs ou aux vieillards et autres amoureux de la nature.

Puisque dès ce moment-là, j’étais déjà soumise et conquise par la loi du contraste. C'est-à-dire dans mon cas, quitter avec plaisir le silence et le calme pour le tumulte et la foule. Pour la première fois de ma vie aussi, je me sentais parfaitement bien dans ma peau et doublement comblée. Puisque j'étais amoureuse d'un homme mais également d'une ville.

 

Extrait du roman : « J’aimais trop l’argent »

Editions Dualpha Paris 2009

 

Chân Dàng « Les Tonkinois de Calédonie au temps colonial », est la grande œuvre de Jean Vanmai, il a fait connaître au monde cette histoire  des travailleurs indochinois en Nouvelle-Calédonie.

Publié dans Nouvelles

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