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6 articles avec colonisation

Lyn Smith à la recherche de ses racines en Nouvelle-Calédonie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Lyn Smith à la recherche de ses racines en Nouvelle-Calédonie
Lyn Smith à la recherche de ses racines en Nouvelle-Calédonie

Depuis 1975, l'Association Témoignage d'Un Passé s'efforce d'agir auprès des institutions en faveur de la préservation des vestiges du passé de la Nouvelle-Calédonie, de Nouméa en particulier, dans le but de les présenter au public.

A son actif, citons : la villa-musée de Païta, la maison Célières, le musée du bagne, sans oublier la préfiguration du musée de la ville de Nouméa. Il ya toujours quelque chose à dénicher sur leur site comme cette histoire de Lyn Smith.

 

Lyn Smith, descendante australienne d'un libéré français

L'association accueille en cette dernière semaine du mois d'août une australienne Lyn Smith, descendante d'un condamné français, libéré en Nouvelle-Calédonie.

Au cours de son séjour, Lyn aura à coeur de rencontrer les acteurs du bagne afin de découvrir ce qu'a pu être la vie de son ancêtre.

On ne traine pas puisqu' arrivée la veille, elle s'est déjà rendu au site historique du bagne à Nouville et a effectué des recherches aux archives. La presse était présente pour immortaliser ces moments émouvants.

A partir des éléments retrouvés dans les dossiers de l'administration, les pièces du puzzle se mettent en place et de nouvelles hypothèses sont lancées.

http://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/une-australienne-sur-les-traces-de-son-arriere-grand-pere-deporte-392601.html 

Lyn sera accueillie mardi prochain par les descendants calédoniens du bagne afin de partager avec eux une histoire commune.

Retrouvez le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detchevery sur NC 1ère.

Publié dans Colonisation

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Le Secret de la Seine

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le Secret de la Seine
Maquette de la Seine photo JP

Maquette de la Seine photo JP

En 1968, la Marine nationale découvre l’épave de la Seine, une corvette de guerre française naufragée en 1846 au large de Pouebo (Côte est de la Nouvelle-Calédonie).

Près d’un ½ siècle après sa découverte, le Musée maritime propose, à travers un catalogue d’exposition de 20 pages richement illustrées, de vous faire revivre l’histoire de ce navire et de découvrir la mission ultra secrète que l’Etat français avait confiée à son capitaine François Leconte.

La Seine est une corvette de guerre de la Marine Royale française envoyée en 1845 dans le Pacifique, et naufragée en 1846 à Pouébo (Nouvelle-Calédonie).

Le contexte

La rivalité est forte entre Français et Anglais pour coloniser le Pacifique. La France s'installe en Nouvelle-Zélande à Akaroa.

La prédominance britannique en Polynésie (1827-1842) prend fin quand le contre-amiral Abel Aubert du Petit-Thouars annexe les Îles Marquises (1842), et impose à la reine de Tahiti Pōmare IV le protectorat français en 1843.

Les conseillers du roi de France ne jugent pas nécessaire de poursuivre la présence française en Nouvelle-Calédonie, et en Nouvelle-Zélande.

En 1845, le capitaine de corvette François Leconte (1791-1872), sous les ordres du roi Louis-Philippe Ier, est élevé au grade de capitaine de vaisseau, nommé commandant de la corvette La Seine, chargé de remplacer le capitaine Béraud comme chef de la station navale d'Akaroa, en Nouvelle-Zélande, et d'emmener, en plus des 259 membres d'équipage, 215 soldats de marine à Tahiti.

Le voyage se déroule bien ː Brest (septembre 1845), Ténériffe (septembre), Rio de Janeiro (octobre), Valparaiso (décembre), Le Callao (Pérou, janvier), Noukahive (Marquises, février), Tahiti (Polynésie française), février-mars), Akaroa (Nouvelle-Zélande, avril-mai), Tonga Tabou (Tonga, juin), Pouébo (Nouvelle-Calédonie, juillet).

La Marine utilise les cartes établies par l'expédition d'Antoine Bruny d'Entrecasteaux de 1793. Il semble que le capitaine du bateau ait confondu les sites de Pouébo et Balade, qu'il doit rejoindre pour entrer en contact avec Guillaume Douarre (1810-1853), natif de Yssac-la-Tourette, Monseigneur, directeur de la mission mariste de Balade, depuis 1843.

Les 232 naufragés parviennent à la mission, s'installent, et travaillent à son amélioration. La présence de tant d'hommes déstabilise les relations établies avec les tribus kanak. Pourtant, le capitaine négocie le retour de tous en quelques mois ː le Marian Watson, santalier anglais, la Clara, goélette de missionnaires français d'Océanie, et l'Arabian, trois-mâts anglais envoyé par le consul français en Australie.

Monseigneur Douarre profite du dernier voyage pour rentrer en France plaider sa cause auprès du roi. Il a reçu par l'intermédiaire du capitaine une missive confidentielle ː « Nous n'exercerons aucune part de souveraineté sur ce pays. » Ce message secret annule l'acte de souveraineté de 1̠844 et demande de retirer le drapeau national, pour éviter d'aggraver les tensions franco-anglaises dans le Pacifique sud.

La mission est attaquée par des tribus. Le frère mariste Blaise Marmoiton est assassiné en juillet 1847. La mission de Balade est abandonnée, et trouve refuge à Pouébo. Elle revient à Balade en 1851.

En 1847, le capitaine est « jugé en conseil de guerre maritime pour avoir perdu la Seine. François Leconte est acquitté à l'unanimité. Mais il n'obtiendra plus aucun commandement.  » (Texte du dernier des vitraux consacrés à cet épisode de l'église de Balade).

En 1853, le contre-amiral français Auguste Febvrier Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie, sur ordre de Napoléon III.

Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)
Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)
Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)
Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)
Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)

Divers photos de l'exposition du musée maritime à Nouméa (JP)

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Et les Européens découvrirent le Pacifique... une conférence de Christine Bousquet

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Et les Européens découvrirent le Pacifique... une conférence de Christine Bousquet

Jeudi 6 Août 2015 Christine Bousquet maître de conférences en histoire médiévale a fait une conférence sur les premiers navigateurs occidentaux au musée maritime de Nouméa. Un sujet qui passionne les îliens que nous sommes en Nouvelle-Calédonie. JP

Depuis le début du XVIème siècle les Européens devinent l'existence d'un océan mais ne prendront conscience de sa taille et de son rôle que petit à petit. Toutes les grandes nations européennes s'y intéressent et grâce à quelques navigateurs aventureux, Magellan, Urdaneta, Quiros, Tasman, Behring, Cook, La Pérouse... la découverte du Pacifique s'affine : un nouveau monde apparaît sous les yeux des Occidentaux.

Le goût pour la découverte, le sens du commerce sans oublier la conversion à proposer se conjuguent sans cesse dans l'esprit des découvreurs.

1513 le 25 septembre  L'espagnol Vasco Nuñez de Balboa est le premier européen à voir l'océan Pacifique et à le faire savoir. Parti pour le nouveau monde en 1500, l'aventurier découvre depuis le sommet d'une montagne une mer inconnue qu'il nomme "mer du sud". Balboa, qui a franchi à pied l'isthme de Panama, prend possession de cette nouvelle mer au nom de la couronne espagnole. C'est le portugais Fernand de Magellan qui la baptisera "pacifique" en 1520, afin de rendre hommage à la clémence de ses eaux.

L'océan Pacifique est l'océan le plus vaste du globe terrestre. Il s'étend sur une surface de 166 241 700 km2, soit environ un tiers de la surface totale de la Terre. Il comprend entièrement l'Océanie et quelques autres îles et archipels qui traditionnellement font partie de l'Asie (Japon, Philippines, Insulinde). Il est entouré par l'Asie, l'Australie et l'Amérique, alors que sa limite avec l'océan Austral au sud est officiellement marquée au 60e degré de latitude sud. La ligne de changement de date le traverse aux alentours du 180e méridien. Explorateurs du Pacifique : Vasco Nuñez de Balboa, premier Européen à avoir atteint la « mer du Sud », le 25 septembre 1513,

  • Fernand de Magellan, réalise la première traversée de l'océan d'est en ouest en 1520-1521,

  • Álvaro de Saavedra Cerón (1527-1528),

  • Francis Drake (1577-1580),

  • Louis Antoine de Bougainville (1767-1768),

  • James Cook (1728-1779), Jean-François de La Pérouse (1785-1788),

  • Jules Dumont d'Urville,

  • Louis Isidore Duperrey.

Une des premières cartes, voyage de Cook et gravure ancienne
Une des premières cartes, voyage de Cook et gravure ancienne
Une des premières cartes, voyage de Cook et gravure ancienne

Une des premières cartes, voyage de Cook et gravure ancienne

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L’inoubliable voyage des émigrants du café fait salle comble à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L’inoubliable voyage des émigrants du café fait salle comble à Nouméa

L’inoubliable voyage des émigrants du café. Entre illusions et émerveillement, la conférence de Christiane Terrier Professeur agrégée d’histoire et de géographie, Docteur ès Lettres de Jeudi 18 juin 2015 a été un franc succès. L’appel de Christiane a été entendu par les amateurs d’histoire et de bateaux, puisque c’est le musée maritime qui recevait. Malgré les travaux en cours, le public était nombreux car les conférences de l’historienne calédonienne sont prisées.

Rappel du thème :

Entre 1890 et 1920, environ 2 000 immigrants furent invités à venir s’installer en Nouvelle-Calédonie pour faire fortune puisque l’on parlait d’un Eldorado du café pour implanter des exploitations agricoles.

Afin de faciliter leur venue, l’Etat prenait en charge leur voyage sur les bateaux des Messageries Maritimes qui desservaient alors la Nouvelle-Calédonie. Cette conférence a retracé, à travers de nombreux témoignages représentés par des lettres, des journaux intimes ou des photos, le périple vécu par ces personnes qui n’avaient jamais voyagé jusque-là et qui a souvent représenté, pour elles, une extraordinaire aventure, hélas ensuite suivie de bien des désenchantements.

L’idée de cette conférence est venue à l’historienne en visitant le musée de l’immigration à New York sur Ellis Island et après la visite des musées de Melbourne et d’Adélaïde en Australie. Les Calédoniens sortent du même moule que les pionniers des Etats-Unis et ceux d’Australie. Christiane Terrier a donné des informations croustillantes sur les conditions de voyage, la propagande en métropole et la désillusions lorsqu’après plus d’un mois de mer, la quarantaine et le lâchage par le tour de côte, le futur colon se retrouvait embourbé dans la mangrove sur la côte Est de la Grande Terre. (Les familles de colons étaient larguées comme les concurrents du jeu de la téléréalité de Koh Lanta semble-t-il)

Les noms de ces premiers colons évoquent souvent des connaissances actuelles, des noms de rue parfois comme Jocteur, Michel-Villaz, Devillers, David, Féré, Letocart, Jeannin, Lapetite, Soury-Lavergne etc. De nombreux émigrants du café sont repartis aussitôt pour les Nouvelles-Hébrides ou l’Australie et y ont fait souche. Une conférence forte instructive pour les citoyens de ce pays. JP

Ce sont les Pères Maristes de la Conception qui amènent les premiers plants de café en 1856 en Nouvelle-Calédonie. Mais c'est véritablement à partir de 1890, sous l'impulsion du gouverneur Feillet que le café va se développer. Convaincus que la fortune les attend dans notre pays, 1500 colons libres, soit environ 700 familles, vont se lancer dans cette aventure loin, très loin de leur terre natale. Mais dès leur arrivée, sur notre territoire, les difficultés commencent… Ces volontaires découvrent l'immensité du travail qui les attend. Pour se faire aider dans leurs cultures, ils feront appel, dès 1896, à une main d'œuvre réputée pour son sérieux et son obéissance : les Javanais, des agriculteurs, spécialistes de la riziculture. Ces derniers se verront proposés des contrats d’engagés pour une durée de 5 ans renouvelable...

Ci-dessous une vidéo « Les pionniers du café », Ajoutée le 19 févr. 2015 sur You Tube d’une émission présentée par Duke Menango. Copyright © NCTV 2014

L’inoubliable voyage des émigrants du café fait salle comble à NouméaL’inoubliable voyage des émigrants du café fait salle comble à Nouméa
L’inoubliable voyage des émigrants du café fait salle comble à Nouméa

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Embarquez sur l'Iphigénie

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Le 9 mai 1864, l’Iphigénie arrive à Port-de-France avec à son bord, les premiers forçats envoyés en Nouvelle-Calédonie… 150 ans après au Musée maritime l’histoire du bagne tout au long d’une soirée pleine de découvertes et d'évocations ce samedi 14 juin.
Ce spectacle prévu pour la nuit des musées avait été annulé à cause des intempéries.

Résumé : Au travers d'une exposition, de saynètes de théâtre de la Cie de l’Archipel, de lectures d’Alain Mardel, de la musique du Quatuor à cordes. Le public sera embarqué de Toulon à Port-de-France sur l'Iphigénie...

L'Iphigénie

L'Iphigénie

L’Iphigénie, frégate aménagée pour le transport des bagnards, appareille de Toulon le 6 janvier 1864 à destination de la Nouvelle-Calédonie. A son bord, on dénombre 663 personnes dont 250 bagnards, pour la plupart condamnés à de lourdes peines et sélectionnés selon leurs compétences présumées. La construction du futur pénitencier de Nouvelle-Calédonie est alors une priorité.

 Un livre sur le bagne

De 1863 à 1931, la Nouvelle-Calédonie est connue sous le nom de « la Nouvelle ». Vingt-deux mille transportés des travaux forcés, plus de 4 000 déportés politiques, surtout de la Commune de Paris, près de 4 000 relégués, en majorité récidivistes de délits mineurs, auxquels il faut ajouter plus de 1 000 femmes transportées ou reléguées y débarquent, faisant de cette terre kanak du Pacifique Sud, l'archipel des forçats. Louis-José Barbançon retrace l'histoire de la Transportation des forçats à « la Nouvelle ». Une histoire vécue à travers l'exemple du premier convoi de 250 forçats de l'Iphigénie, arrivés dès 1864. Comme l'écrit l'auteur : « dans un pays d'immigration, l'importance dévolue aux premiers arrivés, pionniers volontaires ou malgré eux, reste une dominante de la conscience collective. On a les Mayflower qu'on peut ». Il s'agit par une étude exhaustive des dossiers individuels de ces premiers transportés de retrouver leurs origines et de découvrir leur vie et leur devenir dans la colonie pénitentiaire. Ce ne sont pas des forçats virtuels qui sont mis en scène mais bien des hommes de chair et de sang replacés dans le contexte historique d'une terre de bagne, face à la répression ou à la réhabilitation. L'originalité de ce travail tient dans le fait qu'au-delà des lois, des statistiques, de la chronologie, l'auteur tente de donner la parole à des femmes et à des hommes de rien dont il est lui-même originaire, faisant accéder ces oubliés de toujours, comme l'écrit en préface Michelle Perrot « à la dignité de l'Histoire ».

Une petite anecdote au sujet de l’Iphigénie

Le docteur Simmonet est un descendant du commandant César Auguste Dugat, chef d'escadron de gendarmerie en retraite arrivé en NC avec le premier convoi de condamnés par l'Iphigénie le 9 mai qui fut désigné pour diriger l'Administration pénitentiaire. Il m’avait écrit en 2011 pour me demander des renseignements sur son ancêtre et Louis-José-Barbançon m’avait fait parvenir ce document qui est complètement en rapport avec l’arrivée du fameux bateau. JP

" DUGAT arrive en NC avec le premier convoi de condamnés par l'Iphigénie le 9 mai 1864 parti de Toulon en janvier de la même année. Ma thèse a été publiée très résumée sous le titre L'Archipel de forçats par les Presses Universitaires du Septentrion, www.septentrion.com. Dans ce livre Dugat est cité plusieurs fois.

Extraits de ma thèse concernant DUGAT". LJB

Pour diriger l'Administration pénitentiaire, le choix du ministère s'est porté sur le commandant Dugat, chef d'escadron de gendarmerie en retraite, qui, selon les termes mêmes du département, "par la nature de ses fonctions antérieures est initié à toutes les questions relatives à la police, la discipline, au régime des prisons", et qui possède de plus, ayant accompli "un long séjour en Guyane", "des connaissances sur la transportation."(1)

Si ces derniers (les gardes-chiourme) ont été recrutés parmi le personnel servant à Toulon, il faut rappeler que le directeur du pénitencier Auguste Dugat, chef d'escadron en retraite, est issu de la gendarmerie et qu'il voyage accompagné de sa femme.

Plusieurs fois, Guillain renouvellera ses demandes en faveur de la création d'un "corps de surveillants, du personnel supplémentaire pour la gendarmerie et une compagnie supplémentaire d'infanterie de marine»(2), n'hésitant pas même à dénoncer "l'incapacité notoire de M. Dugat comme chef d'administration" (3), ou le "choix malheureux" de Fournier en tant que commandant de pénitencier (4).

Dugat embarque, le 10 septembre 1868 sur l'Alceste, officiellement en congé de convalescence et il est remplacé par Aristide Jules Charrière qui débarque à Nouméa, le 13 décembre 1868, du Marceau  et prend le titre de directeur de l'Administration pénitentiaire. (5)

1 -Dépêche du 26 novembre 1863, A.O.M., série Colonies, carton H 24. Le traitement de Dugat est fixé à 5.500 F plus une pension de 2.500 F.

2- Rapport du 4 février 1867, A.O.M., fonds Colonies, carton H 24.

3- Rapport du 5 octobre 1867, A.O.M., fonds Colonies, carton H 24.

4- Rapport du 5 avril 1867, A.O.M., fonds Colonies, carton H 24. Fournier, capitaine d'artillerie à la retraite a été nommé commandant du pénitencier de l'île Nou le 25 novembre 1865. Dans un rapport ultérieur du 4 février 1868, (mêmes références), Guillain le décrira comme ayant "un esprit détraqué incapable d'un raisonnement quelconque."

5- A.O.M., fonds Colonies, registre H 782. Le 5 septembre précédent, Guillain a pris une décision qui remplace le titre de chef de l'Administration pénitentiaire par celui de Directeur, Bulletin Officiel de la Nouvelle-Calédonie (1868), op. cit., p. 311.

Embarquez sur l'Iphigénie

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« Chapitres oubliés » de l’histoire de France

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

« Chapitres oubliés » de l’histoire de France

Photo Greg Semu

La colonisation en plein jour

Publié mardi 11 mars 2014 dans les Nouvelles Calédoniennes.

La délégation sénatoriale à l’Outre-mer a réuni dans un rapport d’information une série de « chapitres oubliés » de l’histoire de France. On y trouve les essais nucléaires en Polynésie, une répression coloniale en Guadeloupe ou encore la mort du chef Ataï. Jusqu’à cette photographie datée de 2010, il n’existait pas de représentation visuelle de la mort d’Ataï, qui s’est révolté à la fin du XIXe siècle contre les colonisateurs français. Jusqu’à cette photographie datée de 2010, il n’existait pas de représentation visuelle de la mort d’Ataï, qui s’est révolté à la fin du XIXe siècle contre les colonisateurs français. L’actualité récente en Métropole a poussé les sénateurs à se replonger dans les livres d’histoire pour comprendre les racines d’un certain racisme « décomplexé ».

La délégation a publié en décembre un rapport d’information consacré aux chapitres oubliés de l’histoire de France, et particulièrement son histoire coloniale outre-mer. Le rapport s’ouvre par cette citation du président du Sénat, Jean-Pierre Bel : « Je forme le vœu que cette mise en commun des récits et des mémoires nous permette à tous, héritiers de cette histoire, d’extirper les causes profondes du racisme et d’agir contre toutes les formes d’asservissement. »

Guillotine. Parmi ces pages sombres de l’histoire nationale, Didier Daeninckx, auteur du livre Cannibale, qui retrace le parcours du chef kanak Ataï, rappelle le contexte des années 1870, suite à la décision de Napoléon III d’accaparer les terres des « naturels » : « Cette politique de spoliation, d’accaparement des meilleures terres, des plaines, tendra à repousser les Kanak vers les massifs montagneux. Il ne se passera pas une année sans que des révoltes, impitoyablement réprimées, n’éclatent. On emprisonne, on fusille, on guillotine. Bientôt, les Kanak ne disposeront plus que de 10 % de leur territoire. »

Nucléaire. Les sénateurs ont également consacré un chapitre aux essais nucléaires en Polynésie. Bruno Barrillot, ex-délégué au suivi des conséquences des essais auprès du gouvernement polynésien, souligne que « déni et désinformation font encore aujourd’hui partie du discours public de la France » et estime que, « s’il fallait qualifier ces trente années d’essais nucléaires, j’affirme qu’il s’agit du fait colonial le plus violent et déstructurant qui ait affecté et affecte encore pour des générations la Polynésie, tant sur le plan sanitaire et environnemental que sur les plans économique, social, culturel et politique ».

Serge Romana, président du comité Marche du 23 mai 1998, y aborde la répression des 26 et 27 mai 1967, en Guadeloupe. Des affrontements entre ouvriers, jeunes des quartiers populaires et forces de l’ordre font officiellement huit morts parmi les manifestants, selon le préfet de l’époque. En 1983, le secrétaire d’État chargé des Dom-Tom, Georges Lemoine, en reconnaîtra 87. Longtemps mises de côté pour dissimuler ces actes de répression et l’esprit de supériorité coloniale, ces pages d’histoire sont désormais vues sous le prisme de la résistance.

Pour Jean-Pierre Bel, ce ne sont plus les colonisateurs qui sont les dignes représentants de la République, mais les colonisés. Car ce sont, certes, « des épisodes sombres, mais qui comportent souvent aussi des histoires de résistance et de solidarité, qui ont permis à nos valeurs républicaines de ne jamais disparaître ».

Repères

500 ans d’histoire coloniale L’historien et chercheur au CNRS, Pascal Blanchard, soutient la fondation d’un musée qui retracerait les 500 ans d’histoire coloniale de la France. Pour lui, l’absence d’un tel lieu de mémoire est « un symptôme révélateur de notre incapacité à digérer cette Histoire, afin de la relater sereinement dans le présent. Ces histoires, nous ne savons pas comment en parler ; elles nous effraient, car elles persistent, malgré la fin du colonialisme, comme si elles hantaient notre mémoire nationale. »

Le tacle de Lilian Thuram Mettre au grand jour les pages peu glorieuses de l’Histoire pour comprendre le présent. C’est aussi la démarche de l’ancien international de football, Lilian Thuram, qui s’exprimait à l’occasion de ce rapport, au nom de la Fondation éducation contre le racisme : « On se permet de faire des choses à l’autre car on ne le perçoit pas comme un égal. Ces histoires croisées et invisibles appellent à être reconnues, comme l’égal des histoires régulièrement racontées. » Les Nouvelles de Tahiti

Publié dans Colonisation

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