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colonisation

Clémence Et Paul de Anne-Marie Buteri un roman historique disponible en librairie à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Clémence Et Paul de Anne-Marie Buteri un roman historique disponible en librairie à Nouméa

Une nouveauté, un témoignage historique sur l’histoire des pionniers dans notre région du Pacifique Sud qui devrait séduire les Calédoniens férus d’histoire. Ci-dessous vous trouverez la présentation de l’ouvrage et une interview exclusive que l’auteure Anne-Marie Buteri a bien voulu accorder au blog ecrivainducaillou.

Présentation de l’ouvrage :

Clémence et Paul sont tous deux nés en France à la fin du XIXe siècle mais construisent leur avenir en Nouvelle-Calédonie puis aux Nouvelles-Hébrides. Tout d'abord installés à Tiwaka où leur vie n'est faite que de déboires, ils quittent la Nouvelle-Calédonie pour Port-Vila aux Nouvelles-Hébrides. Au début du XXe siècle on ne connaît pas encore la contraception et Clémence ne comptabilise plus ses jours de maternité... Pourtant elle se plie au dictamen de la nature et accueille coup sur coup ses enfants avec joie, toujours plus éprise de son mari. Une femme, Gaëlle, s'introduit dans leur bonheur. Va-t-elle parvenir à ses fins ?

Avec cet ouvrage, Anne-Marie Buteri réalise son rêve d’écriture romancée sur la vie d’une partie de ses aïeuls installés en Nouvelle-Calédonie puis aux Nouvelles-Hébrides entre 1897 et 1918. D'après le journal de sa grand-mère maternelle, complété par des journaux locaux, elle retrace l’aventure humaine de ces colons des XIXe et XXe siècles, livrés à eux-mêmes dans une nature souvent hostile.

Prix : 3100 XPF aux éditions GRHOC disponible chez Calédo Livres

Entretien avec l’auteure :

Le rédacteur du blog ecrivainducaillou a voulu en savoir plus et a posé quelques questions à Anne-Marie Butéri

 

JP : Ce livre a été écrit d’après le journal de votre grand-mère maternelle donc le vrai journal d’une ascendante. Ce journal est-il resté dans la famille depuis cette époque ou c’est une redécouverte ?

 

AB : Avant la mort de ma grand-mère en 1978 son journal, tenu entre 1906 et 1947, a été dactylographié et photocopié par un de mes oncles.  Elle lui a demandé de le distribuer à chacun de ses enfants. J’ai entendu parler de ce journal quand mon oncle procédait à sa dactylographie et j’en ai eu très rapidement une copie.

 

JP : Est-ce votre premier livre, ce livre est un vrai témoignage historique qui va faire le bonheur des historiens. Pensez-vous récidiver ?

 

AB : Oui, c’est mon premier livre. Les informations chronologiques qu’il contient sont peut-être intéressantes pour fixer dans le temps les divers cataclysmes qui se sont déroulés en Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hébrides. Mais de nombreuses informations sont déjà accessibles à ceux qui veulent écrire puisque je les ai prélevées dans des journaux locaux, dans des livres ou sur internet.

Je pourrais bien sûr récidiver puisque mon livre se termine en 1918 alors que le journal de ma grand-mère s’arrête en 1947. Cela me donne une bonne marge de manœuvre …  mais je n’ai pas encore pris la décision de m’atteler à un deuxième tome. 

 

JP : Combien de temps vous a demandé la rédaction de cet ouvrage ?

 

AB : 2 ans et demi, soit quelque temps après ma mise à la retraite.

 

JP : Est-ce que l’écriture de cet ouvrage vous a fait découvrir ou redécouvrir votre histoire familiale et l’histoire de la colonisation en générale ?

 

J’ai lu le journal de ma grand-mère quelques temps après son décès. Je me souviens qu’à l’époque j’habitais à La Coulée et j’avais confié à mon vieux voisin, qui adorait les histoires de famille, que j’avais commencé à écrire sur la vie de ma grand-mère. Il m’avait répondu : « Je serai votre premier lecteur ».  Depuis il est mort. J’avais en effet entamé la rédaction d’un livre dont j’ai perdu les feuillets au cours du déménagement de ma famille sur Nouméa lors des évènements de 1985. Je vous raconte tout cela parce que c’est à cette époque que j’ai découvert mon histoire familiale. Par contre, même si mon père m’a évoqué, à travers sa propre histoire, celle de la colonisation aux Nouvelles-Hébrides, c’est en compulsant les journaux d’époque, la France Australe et le Néo-Hébridais, que j’ai touché du doigt l’ampleur de mon ignorance. Par cette occasion que vous me donnez, je rends tout particulièrement hommage à Monsieur Louis-Gabriel Frouin, propriétaire et rédacteur du Journal Le Néo-Hébridais, dont les descendants vivent en Australie, en France, en Nouvelle-Zélande, en Suisse, en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu.

 

JP : Beaucoup d’anciens des Nouvelles-Hébrides ont la nostalgie du condominium est-ce votre cas ou pensez-vous que l’émancipation des peuples colonisés est dans l’ordre normal des choses ?

 

AB : Beaucoup d’entre nous avons la nostalgie du pays. Nous nous rencontrons d’ailleurs entre amis au sein de l’amicale AHNC. Votre question est cependant plus dirigée mais je crois que ma première réponse est liée à celle qui va suivre.

Après le 30 juillet 1980, date de l’indépendance des Nouvelles-Hébrides, une certaine nostalgie du condominium a perduré. Il faut dire que cette administration conjointe entre la France et l’Angleterre est historiquement unique. A situation exceptionnelle, ambiance exceptionnelle. Afin que les différentes communautés (canaque, française, anglaise, australienne, néo-zélandaise, espagnole, vietnamienne, chinoise, indonésienne, italienne, réunionnaise, et j’en passe certainement) se comprennent, le biche-lamar, cette langue vernaculaire est très vite devenu une langue véhiculaire. Cette approche nous mettait tous sur un pied d’égalité, ce qui favorisait probablement ces relations humaines exceptionnelles. Le biche-lamar est resté d’ailleurs la langue officielle du Vanuatu.

La deuxième partie de votre question, qui évoque « les peuples colonisés » et leur « émancipation » est délicate. Les anglais et les français se sont installés aux Nouvelles-Hébrides petit à petit, de façon individuelle. Il n’y a pas eu, à proprement parler, de prise de possession. En 1906 le condominium a été instauré pour faciliter les relations administratives et commerciales entre les français et les anglais qui vivaient aux Nouvelles-Hébrides. Les terres occupées principalement par les colons ont initialement été achetées ou négociées de façon plus ou moins honnête.  Ce n’est pas du tout la même colonisation qu’ailleurs. Les relations entre les Résidents Français et Britannique étaient souvent compliquées, leur conception de la gestion administrative étant différente. Cela n’aurait pas duré longtemps et il est normal que les autochtones aient voulu prendre les rênes. En conséquence ils se sont unis pour obtenir l’indépendance alors qu’avant l’arrivée des européens ils se battaient. C’est, bien entendu, une conclusion heureuse pour ce beau pays. 

 

JB : Merci d’avoir répondu à ces quelques questions, pouvez-vous en conclusion nous offrir un message à l’attention des jeunes générations pour un vivre ensemble harmonieux dans le futur entre les ethnies de notre région ?

 

AB : Je pense que le proverbe : « l’union fait la force » est un beau message à méditer. J’espère que le chemin divergent des indépendantistes et des non indépendantistes se croisera pour suivre la même route. La France qui, grâce à notre histoire, a fait d’elle notre mère patrie et par conséquent de nous des frères et sœurs, voudrait que ses enfants se conduisent en adultes, unis par les liens du cœur afin qu’ils bâtissent ensemble leur terre de demain. Nous pouvons être fiers de notre niveau de vie ainsi que du chemin accompli par rapport aux pays avoisinants. Régulièrement des Vanuatais quémandent notre aide à laquelle ils accèdent pour être soignés ou pour suivre des études. Il est difficile d’occulter que cette générosité nous vient de la France.

 

Mercredi 9 septembre à 18h00, venez rencontrer et échanger avec

Anne-Marie Buteri

qui nous présentera « Clémence et Paul »,

à la libraire Calédo Livres

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Causerie à Calédo Livres les fédéralismes Avec Florence et Jean-Yves Faberon

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Causerie à Calédo Livres les fédéralismes Avec Florence et Jean-Yves Faberon

JEUDI 27 AOUT 2020 A 18 HEURES

Jean-Yves FABERON

L’ouvrage qui sera présenté par les auteurs vient apporter sa contribution aux réflexions pour la Nouvelle-Calédonie de demain, à la recherche d’institutions capables de servir la communauté de destin pour tous sans aucune exclusion.

Le fédéralisme est une dynamique institutionnelle propre à établir des formes d’États composés fondés sur la conciliation des principes d’autonomie et de solidarité des collectivités membres.

Cet ouvrage collectif expose un état actuel des multiples mises en œuvre des idées fédérales. Il dresse des tableaux dont la diversité révèle un état d’esprit, non une recette. Il revient aux différentes sociétés humaines de s’en inspirer pour tisser leurs liens.

Comment s’y prendre pour fédérer ? Cela dépend des cas toujours différents des multiples cités des êtres humains. Nous voulons montrer que si, partout, le fédéralisme est un mode volontariste du vivre ensemble, on ne peut qu’observer les différents fédéralismes en œuvre dans tant de sociétés plurielles forgées par les temps. On peut admirer dans chaque cas comment on s’y est pris devant des identités différentes pour nouer des enrichissements réciproques au lieu de continuer à laisser les oppositions se déchirer. Le fédéralisme forge et renforce les valeurs qui deviennent le ciment commun.

Cet ouvrage contient un dossier de documents propres à la Nouvelle-Calédonie, témoignant à quel point les idées fédérales y seraient de nature à réussir un accord entre tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Les fédéralismes sont des accords de paix et de progrès, de protection mutuelle et de liberté. Ils garantissent la conciliation des autonomies et des solidarités. Dans la conception fédérale, la collectivité membre n’est pas pénalisée par ses faiblesses car elle reste à cet égard forte de la solidarité de son État fédéral, qui cependant respecte son identité propre.

Jean-Yves Faberon est président de l’association Co directeur de la Maison de la Mélanésie

Vendu 3 325 XPF en Librairie

ENTREE LIBRE ET GRATUITE

Librairie Calédo Livres - 21 rue Jean-Jaurès - 27 38 11

LES FÉDÉRALISMES Sous la direction de Jean-Yves et Florence Faberon 

Le présent ouvrage n’est pas un traité du fédéralisme. Il n’est pas une théorie. Le fédéralisme est une dynamique institutionnelle propre à établir des formes d’États composés fondés sur la conciliation des principes d’autonomie et de solidarité des collectivités membres. Cet ouvrage collectif expose un état actuel des différentes mises en œuvre des idées fédérales. Il dresse des tableaux dont la diversité nous éloigne d’une introuvable synthèse : ces fédéralismes sont un état d’esprit, non une recette. Ils n’appliquent pas un dogme mais expriment une éthique. Il revient aux sociétés humaines disparates de s’en inspirer pour tisser leurs liens. Comment s’y prendre pour fédérer ? Cela dépend des cas toujours différents des multiples cités des êtres humains. Nous voulons montrer que si, partout, le fédéralisme est un mode volontariste du vivre ensemble, on ne peut qu’observer les fédéralismes en œuvre dans tant de sociétés plurielles forgées par les temps. On peut admirer dans chaque cas comment on s’y est pris devant des identités diverses pour nouer et garantir des enrichissements réciproques au lieu de continuer à laisser les oppositions se déchirer. L’irénisme du fédéralisme forge et renforce les valeurs communes qui constituent le ciment entre tous. Les fédéralismes sont des accords de paix et de progrès, de protection mutuelle et de liberté. Dans la conception fédérale, la collectivité membre n’est pas pénalisée par ses faiblesses car elle reste forte de la solidarité de son État fédéral, qui cependant respecte son identité propre. En matière de fédéralismes, il n’y a que des formules originales, dont la solidité doit s’enraciner dans les conditions toujours spécifiques de chaque Cité.

Publié dans Colonisation, Essai

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Le sens du Oui de Mathias Chauchat et Louise Chauchat : La sortie de l'Accord de Nouméa

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Le sens du Oui est un essai, rédigé sur le mode universitaire et fortement référencé.

Une conférence se tiendra mercredi 26 août à 18h00 à l’université (A400), organisée par l’association Ngere K et avec la présence de Jerry Delathère, fondateur de l’association des pionniers, ainsi que les auteurs. Il existe une page Facebook : @LesensduOui

Paru en juillet 2020

RÉSUMÉ

La Nouvelle-Calédonie doit répondre, éventuellement trois fois, à une question sur son autodétermination et la souveraineté du pays : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

Cela faisait trente années que la question avait été différée. Le premier vote a eu lieu le 4 novembre 2018 et la participation a été exceptionnelle : 80,63%. Le pays a voté pour rester dans la France à 56,67% contre 43,32%. Le deuxième vote de consultation aura lieu le 4 octobre 2020.

Les réseaux sociaux, miroir déformant de la Nouvelle-Calédonie, montrent que beaucoup de problématiques ne sont pas comprises, que les concepts sont flous et que l’émotion prend trop souvent le pas sur l’analyse. Les contributeurs restituent les faits spontanément, avec ce qu’ils connaissent de l’histoire calédonienne qui fait une grande part au racisme et à la peur de l’autre et qui repose aussi sur des non-dits ; ils y ajoutent leur vécu, parfois fantasmé, comme une preuve d’expérience. Rapidement, les discussions dérivent vers la passion, le regroupement affinitaire et l’exclusion. La conséquence est que les extrêmes et le populisme, qui paraissent apporter des réponses simples à des questions complexes, prennent le dessus. Les partis se radicalisent, tout cela grâce à l’ignorance.

Cet essai est le livre engagé de deux citoyens de la Nouvelle-Calédonie qui ont choisi le Oui partagé, celui du destin commun dans un pays commun. Ce livre se veut être argumenté tant factuellement que juridiquement. Il doit servir à chacun à se bâtir sa propre opinion. Il décode les idées reçues et les préjugés pour tenter de mieux comprendre les enjeux politiques. Le livre tente de fournir des clefs de réponse et de raisonnement. L’écriture de cet essai se veut comme une incitation au recul et à la réflexion critique.

Pour résumer, ce livre part du bêtisier des fantasmes les plus entendus lors des débats sur la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté et offre un best of de solutions à conjuguer ensemble. Plus sur JP blog

Louise Chauchat est avocate au barreau de Nouméa et Mathias Chauchat est professeur de droit public à l’Université de la Nouvelle-Calédonie mathias.chauchat@unc.nc

Le sens du Oui de Mathias Chauchat et Louise Chauchat : La sortie de l'Accord de Nouméa

Publié dans Colonisation, conférences

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La décolonisation mentale sous l'angle du complexe d'infériorité

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Ci-dessous une étude extrait d'une étude pour approfondir le sujet

Ci-dessous une étude extrait d'une étude pour approfondir le sujet

« L'Annamite a une âme d'enfant; il faut rarement attendre de lui une amélioration raisonnée. S'adresser à sa raison pour lui demander de se corriger est parfaitement inutile. Nous avons essayé, inconsciemment peut-être, de lui inculquer de la fierté ; nous avons réussi seulement à le rendre insolent, irrespectueux à notre égard.»

Paul Giran, Psychologie du peuple annamite, 1904, p.83

 

« Les populations nègres, particulièrement incapables, semble-t-il, de se gouverner elles-mêmes, livrées à toutes les atrocités d'un fétichisme stupide ou exploitées par l'islamisme corrupteur et cruel, ont tout intérêt à se voir soumises aux peuples chrétiens, qui, du moins amélioreront leur sort s'ils ne les amènent pas toujours à la connaissance et à la pratique de la vraie religion.»

Manuel scolaire - Géographie - Atlas - classe de CM2 – 1906

 

J'ai conscience que la longueur de ces préalables peut rebuter quelques lecteurs pressés d'entrer dans le vif du sujet. Cependant, je n'ai pas su trouver un autre moyen que ce développement pour échapper aux malentendus qui surgissent inévitablement lorsque l'on expose des associations et des sentiments personnels qui ont l'ambition d'aller au-delà des impressions et des idées convenues.

 

La motivation principale qui m'a entraîné à écrire ce texte peut se comprendre comme une tentative d'échapper à un déplaisir : celui provoqué par la lecture d'écrits et de livres consacrés à la psychologie qualifiée selon les époques et les auteurs d'ethnologique, ethnique, coloniale etc. Le terme de déplaisir est commode mais il est loin de contenir cet amalgame de sentiments d'étonnement, d'indignation, d'incompréhension mais aussi de curiosité et d'interrogations. Exceptés quelques extraits, je ne vais pas ici faire un florilège de ces phrases que l'on peut collecter dans tous ces travaux ; disons pour aller vite, tout un corpus d'observations sur les nègres, les annamites, les arabes, les mélanésiens - le plus souvent colonisés - décrivant leurs facultés intellectuelles inférieures, leurs degrés de sauvagerie ou de civilisation attardée, leurs absences d'émotions élevées et de conscience individuelle, leurs pensées (quand on leur en reconnaît) magiques, leurs mœurs dépravées ... Bref, un ensemble d'idées sur les non-civilisés, sur nos protégés, sur ces primitifs, ensemble qui a fini par faire surgir dans mon esprit une question tenace que je peux résumer ainsi : comment pouvaient-ils (les auteurs des textes) penser de cette façon ?

 

A vrai dire, il suffit de se pencher quelque peu sur cette question pour en percevoir l'ingénuité mais j'ai préféré la conserver sous cette forme car elle m'apparut d'abord ainsi. Je ne suis pas naïf au point de croire que ces idées aient disparu ; elles continuent d'exister au quotidien et de part le monde mais, pour les plus caricaturales, elles ont disparu des discours savants ou universitaires des spécialistes des sciences humaines.[1] A n'en pas douter, la plupart des auteurs de ces textes étaient des hommes intelligents, passionnés de leurs savoirs, convaincus qu'ils œuvraient pour le progrès. Beaucoup d'entre eux pensaient agir pour un idéal scientifique et par charité, peut-être dirait-on aujourd'hui par humanitarisme et devoir d'ingérence. Ils représentaient alors une élite de la société. Publiés, écoutés, glorifiés pour certains, quelques-uns avaient réellement connu le terrain et avaient fréquenté les peuples en question. Cependant, à l'exception des missionnaires, rares étaient ceux qui en parlaient les dialectes car ces derniers n'étaient pas alors reconnus comme de véritables langues. La question « comment ces auteurs pouvaient-ils penser de cette façon ? » en amène rapidement quelques autres : comment, moi au XXIe siècle, puis-je penser leurs idéologies ? ou encore et en symétrie comment, moi, puis-je penser aujourd'hui des choses qu'ultérieurement d'autres jugeront erronées, fallacieuses, irréelles, sans fondements, incorrectes, etc. ? .. Suite de ce texte de l’Association Géza Róheim - Fermi Patrick – sur Psychologie de la colonisation d’Octave Mannoni

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Nicholas Thomas l’événement de Littérature Rochefort Pacifique avec Océaniens

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nicholas Thomas propose dans ce livre une histoire à la fois accessible et neuve de la colonisation du Pacifique au XIXe siècle - chapitre méconnu de l'histoire mondiale. Plutôt que de mettre en avant la progression implacable des puissances occidentales, il fait le récit des itinéraires croisés de dizaines d'individus sillonnant le grand océan. Cette histoire au ras des flots restitue aux Océaniens de Tahiti, d'Hawaï, des Fidji ou du Vanuatu leur place d'acteurs parmi les baleiniers, explorateurs, militaires, missionnaires et autres négociants venus conquérir les populations insulaires. A suivre les tribulations des uns et des autres, on découvrira un monde plongé dans la dévastation, riche pourtant de dynamiques qui ont configuré le Pacifique d'aujourd'hui.

Nicholas Thomas (Auteur) Eric Wittersheim (Préface) Paulin Dardel (Traduction) Histoire du Pacifique à l'âge des empires Paru le 6 février 2020

 

La 14 ème édition du festival Cinéma et Littérature Rochefort Pacifique se déroulera du 25 au 29 mars 2020 au Palais des Congrès de Rochefort.

 

Pour la première fois, Hawai’i sera invité d’honneur. Rochefort Pacifique s’échappe donc du Pacifique Sud pour explorer ce territoire mythique à la pointe nord du triangle polynésien.

Loin des clichés modernes liés à la société des loisirs, Rochefort Pacifique cherche à déconstruire les stéréotypes attachés à ce territoire américain

depuis 1959.Voici donc une invitation à partager des regards singuliers sur l’histoire du « he’e nalu » (surf) ou l’esprit des « aloha shirts » (chemises hawai’iennes).

 

Rochefort Pacifique c’est aussi un créateur d’événements :

Événement cinématographique, avec la projection de « Vai ». Vai, l’eau en maori, est associée à la féminité. Un voyage au féminin dans huit îles du Pacifique.

événement littéraire, avec le lancement d’ « Océaniens » de Nicholas Thomas. Une histoire monumentale de la colonisation du Pacifique enfin traduite en français.

événement d’actualité, avec la présence exceptionnelle d’Adrian Macey qui étudie l’évolution d’un nouveau modèle de gouvernance mondiale face au réchauffement climatique.

Rochefort Pacifique recevra cette année plus d’une vingtaine de personnalités engagées pour la sauvegarde et le rayonnement des sociétés du Pacifique, provenant de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie-Française, de Nouvelle-Zélande et d’Australie.

 

« Océaniens », de Nicholas Thomas : le Pacifique cosmopolite

 

A la limite du récit d’aventures, cette fascinante « Histoire du Pacifique à l’âge des empires » est celle de la violence destructrice de l’ordre colonial. Mais, surtout, celle de peuples capables de lui résister et ouverts sur le monde.

 

Par Florent Georgesco Publié le 12 février 2020 à 16h00 - Mis à jour le 12 février 2020 à 16h24 Extrait d’un article du monde réservé aux abonnés

 

 « Le Massacre du regretté missionnaire le révérend J. Williams et de M. Harris », à Vanuatu, en 1839. Illustration de George Baxter, 1841 National Library of Australia.

 

Une chose est sûre : Tapioi, un jour de 1800, embarque sur un baleinier qui fait escale chez lui, à Tahiti. Que veut-il ? Est-il poussé à rallier l’Angleterre par le grand chef Pomare, comme le pensent certains mémorialistes ? Suit-il son caprice, fuit-il, cherche-t-il la fortune ? Toujours est-il que, Tahitien en mission pour « rapporter des connaissances » à son peuple ou jeune homme qui désire « être ailleurs », selon les hypothèses formulées par l’anthropologue et historien Nicholas Thomas dans les pages d’Océaniens qu’il lui consacre, il traverse le monde.

Un voyage de six ans

 

Des Tonga à Sydney, d’un récif des mers fidjiennes, où il s’échoue, à la Micronésie, où il est emprisonné après une mutinerie, de Manille aux Moluques, où il fait à nouveau naufrage, mais une fois de plus survit et repart, il sillonne les océans, hésite parfois, pense rentrer à Tahiti, reprend le chemin de l’Europe. Un voyage de six ans, pour se retrouver dans la campagne anglaise aux mains de M. Kelso, un ancien missionnaire du Pacifique. Le pieux homme le transforme en attraction de foire. A Londres, on s’émeut du sort de Tapioi, et Kelso passe en jugement. Une chaîne de solidarité s’organise en faveur du Tahitien. Le voici derechef sur les mers, à Sydney bientôt. Il peut enfin rentrer chez lui.

 

Ultime rebondissement : il reste en Australie. Il y meurt à 35 ans environ, en 1812, sans doute d’une dysenterie, après avoir plusieurs fois refusé de monter sur un bateau pour son île natale. Une vie suffit parfois à concentrer un monde, pour peu qu’on la regarde avec acuité. Celle de Tapioi, une des dizaines ra­contées par Nicholas Thomas dans son enquête historique – insulaires des Marquises, des Tonga, des Fidji, de Vanuatu ou de Nouvelle-Calédonie, mais aussi marins, missionnaires et colons européens –, reflète l’ensemble du savoir que le chercheur australien rassemble dans cette somme fondamentale et fascinante, enfin traduite (elle est parue en 2010 en langue anglaise)…

La suite est réservée aux abonnés.

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Vient de paraître "Poulo Condore. Un bagne français en Indochine" chez Vendémiaire

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Vient de paraître "Poulo Condore. Un bagne français en Indochine" chez Vendémiaire

"Surnommé « le bagne d’où l’on ne revient pas », le pénitencier de l’archipel de Poulo Condore, dans la mer de Chine, ouvrit ses portes en 1861 pour ne les fermer qu’en 1993, soit près de quarante ans après la fin de la guerre d’Indochine. Ce fut le deuxième bagne français, derrière celui de Guyane : 40 000 prisonniers y furent relégués durant toute la période coloniale. La moitié y trouvèrent la mort dans des conditions très difficiles : manque de nourriture, travail forcé, épidémies… Officiellement réservé aux pirates, membres des sociétés secrètes ou trafiquants d’opium, Poulo Condore fut en réalité un outil de répression politique, destiné à faire disparaître les opposants à l’autorité française, qui représentaient plus des deux tiers des détenus.

Dans la période suivant la partition du Vietnam en 1954, l’archipel, renommé Con Dao, servit, avec le soutien des États-Unis, à l’emprisonnement des combattants de la réunification révolutionnaire. L’indépendance totale du Vietnam en 1975 n’entraîna pas la fermeture du pénitencier où furent cette fois envoyés, durant deux décennies, les derniers adversaires du nouveau régime.

Méconnu des Français, contrairement à ceux de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie, ce lieu de relégation d’une terrible "efficacité" occupe une place fondamentale dans la mémoire collective vietnamienne d’aujourd’hui."

 

Né à Nouméa, Frédéric Angleviel est spécialiste de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique. Appartenant à la communauté caldoche, il est aussi reconnu pour ses travaux par la communauté kanak. Il dirige la revue Annales d’histoire Calédonienne. Source Vendémiaire

 

REVUE DE PRESSE

« Poulo Condore fut un instrument majeur d’étouffement de la rébellion envers la colonisation française, dont il incarne, à lire cette implacable démonstration, la cruauté et l’injustice. »

Florent Georgesco, Le Monde des livres

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Découvrez l'exposition "20 ans. Les acquisitions du musée du quai Branly - Jacques Chirac

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Le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac vous a invité à revenir sur 20 ans d'acquisitions originales, étonnantes et rares dans l'exposition '20 ans. Les acquisitions du Musée du Quai Branly - Jacques Chirac l’exposition  a fermé ses portes le 26 janvier 2020.

Depuis 1998, le musée du quai Branly – Jacques Chirac a acquis et accumulé pas moins de 77 082 œuvres (15 857 objets et 61 225 œuvres graphiques ou photographiques). Une collection riche qui complète et enrichie les collections héritées du MNAAO et du musée de l’Homme, constituées depuis plus de trois siècles. Deux vidéos ci-dessous pour les nombreux Calédoniens qui n’ont pas pu la voir.

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L'histoire des Aborigènes d'Australie en vidéo qui interpelle

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Une victoire historique des peuples aborigènes en Australie

Explication 

 

La justice australienne, saisie en appel par les aborigènes du territoire du Nord d’Australie, a reconnu, mercredi 13 mars, une spoliation des droits des populations autochtones.

Le territoire du Nord devra verser plus d’un million et demi d’euros d’indemnité à deux peuples.

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Nouveauté disponible à Calédo Livres : ZACHARIE BLONDEL, VOLEUR DE POULES de Philippe Cuisset

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Nouveauté disponible à Calédo Livres : ZACHARIE BLONDEL, VOLEUR DE POULES de Philippe Cuisset

Philippe Cuisset vit à Reims où il enseigne le français. (Information et photo site de l’éditeur).

 

Zacharie Blondel, voleur de poules est son premier roman publié. Ce texte a pour but d'illustrer la parole de Jim Harrison : « La responsabilité de l'écrivain, c'est de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. »

 

Dans ce roman, inspiré de l'histoire d'un vrai bagnard de Nouvelle-Calédonie, rend la parole et le droit au souvenir à des hommes dont la « déchéance » servit de prétexte pour en faire des esclaves oubliés de tous, broyés en toute légalité.

 

Prix de vente : 3150 F

 

 

Résumé :

Après la Commune de Paris, de nouvelles lois vont réprimer les populations potentiellement dangereuses. La politique d'épuration sociale, déjà violente sous le Second Empire, se durcit sous la IIIe République. Déportation, transportation et relégation remplissent les bagnes de métropole ou d'Outre-Mer. Les travaux forcés, vantés par d'honorables ministres républicains, doivent aboutir à une forme de rédemption laïque que les bagnards sont censés porter jusqu'aux antipodes. Mais cette image colonisatrice d'une France modernisée, industrielle et triomphante, n'est qu'une façade. En réalité, on nettoie le territoire de cette intarissable veine de misère, on rassure les honnêtes gens, on offre ainsi aux puissantes exploitations agricoles et minières une main d'œuvre à bas prix. L'administration pénitentiaire signe avec la direction de la Société Le Nickel des « contrats de chair humaine ».

 

Charles Zacharie Blondel, petit agriculteur ruiné, braconnier et voleur de poules, condamné à la relégation à l'île des Pins, fut victime au bagne de Nouvelle-Calédonie de ce tout premier avatar du néo-esclavagisme colonial.

 

Kyklos Editions, à l’image de son logo, définit sa politique éditoriale sans discrimination de temps, de lieu, d’identité, d’idée ou de style des œuvres qui forment son catalogue.

 

Maison d’édition indépendante, Kyklos a pour but d’assurer la sélection, la publication et le suivi des œuvres de ses auteurs.

Son catalogue est constitué de titres multiples, éclectiques au sein d’une unité cognitive, en vue de poser les bases de l’intérêt et de la réflexion chez ses lecteurs.

La politique éditoriale de Kyklos Editions ne se cantonne ni géographiquement ni culturellement.

Au travers de deux cents millions de francophones répartis sur cinq continents, du recours à la traduction, Kyklos Editions n’a pas de trajectoire linéaire, soutient la polémique par une liberté d’expression non assujettie à sa politique éditoriale.

Le ton des éditions est rigoureux, divertissant et intellectuellement stimulant. Si les ouvrages présentés s’avèrent dérangeants, Kyklos Editions en assumera les conséquences, s’opposant énergiquement à toute forme de censure, restant fidèle à sa voix dissonante par laquelle elle tente de séduire, sans forcément chercher à plaire.

Du nouveau, de l’ancien pour du renouveau, au moyen d’une communication multi supports, Kyklos Editions entend renouer avec la vocation première d’un éditeur : mettre en relation textes et lecteurs.

Fabrice Berthet, directeur éditorial

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Sexe, race et colonies, La domination des corps du XVe siècle à nos jours un ouvrage collectif de 2018 à découvrir

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La couverture du livre et la une de libartion à la sortie du livre
La couverture du livre et la une de libartion à la sortie du livre

La couverture du livre et la une de libartion à la sortie du livre

Les auteurs :

Pascal BLANCHARD, Nicolas BANCEL, Gilles BOËTSCH, Dominic THOMAS, Christelle TARAUD

Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d’histoire au creuset de tous les empires coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu’aux décolonisations, ce livre s’attache à une histoire complexe et taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.

C’est le récit d’une fascination et d’une violence multiforme. C’est aussi la révélation de l’incroyable production d’images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l’objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la domination des corps.

 

Voir aussi sur ce blog Chapitres oubliés de l'histoire

 

Pascal Blanchard est historien, chercheur associé au Laboratoire communication et politique (CNRS), spécialiste du « fait colonial » et des immigrations. Il a codirigé l’édition des huit ouvrages du coffret Un siècle d’immigration des Suds en France (GRA, 2009) et des ouvrages tels Le Paris arabe. Deux siècles de présence des Orientaux et des Maghrébins en France (La Découverte, 2003), La France noire. Trois siècles de présences (La Découverte, 2011). Documentariste, il a proposé les films Paris couleurs (France 3, 2005) et Noirs de France (France 5, 2012) et il a été co-commissaire scientifique de l’exposition « Exhibitions. L’invention du sauvage » (2012).

Pascal Blanchard, copilote du projet, et Todd Shepard, l'un des contributeurs américains, expliquent à "l'Obs" le plus grand tabou de la colonisation.

Par Marie Lemonnier Publié le 30 septembre 2018 à 09h04

"Un marin et deux femmes", photographie, tirage argentique [Indonésie], c.1939. (Collection Olivier Auger)

 

Montrer les «objets du délit». Tel est le fort parti pris adopté par un collectif de 97 chercheurs, historiens, anthropologues, sociologues, pour raconter ce qu'il faut bien appeler un système de prédation sexuelle à échelle mondiale dans les territoires colonisés ou esclavagisés.

Par l'accumulation des images sidérantes de corps exotisés, érotisés, chosifiés, «Sexe, race et colonies», qui sort ce jeudi 27 septembre aux éditions La Découverte, vient jeter une lumière crue sur un pan occulté de l'histoire des empires coloniaux, véritables «empires du vice» où la domination des corps va de pair avec la conquête des terres.

Quarante ans après la parution de «l'Orientalisme» d'Edward Said qui avait levé la part des fantasmes contenus dans les représentations de l'Occident sur l'Autre colonisé, cette somme en tout point spectaculaire riche de textes musclés vient aussi continuer le travail de déconstruction des imaginaires forgés par six siècles de violence inouïe mêlée de fascination trouble. Dans la postface du livre, l'écrivaine Leïla Slimani affirme: «On ne devrait pas pouvoir parler du voile, de Trump, du tourisme sexuel dans les pays du Sud, du “grand remplacement”, des violences policières à l'égard des Noirs, des migrants ou du Nouvel An 2015 à Cologne sans avoir lu le texte qui précède.»… voir l’OBS

Publié dans Colonisation

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