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16 articles avec culture kanak

Terre d’histoire(s) et de partage(s) de Christiane Terrier avec Hamid Mokkadem

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Terre d’histoire(s) et de partage(s) de Christiane Terrier avec Hamid Mokkadem
Terre d’histoire(s) et de partage(s) de Christiane Terrier avec Hamid Mokkadem

Terre d’histoire(s) et de partage(s)

NC 1ère radio

23 mai 12h 20-13 h puis 27 mai 2017, 16 h 05-15 h 45

Christiane Terrier

Hamid Mokkadem

Histoire, philosophie et politique dans l’œuvre d’Hamid Mokkadem

Rien qu’au titre de 2016, la reprise du livre, écrit en 2005, sur Jean-Marie Tjibaou, « Ce souffle venu des ancêtres… L’œuvre politique de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989) », la rédaction d’un essai sur « Michel Foucault, les sciences sociales et l’Océanie », et la sortie d’un nouvel ouvrage sur « Hwang Upiko, peintre miniaturiste kanak de Lifou », voilà un exemple de la diversité d’une œuvre qui se situe au carrefour de l’histoire et la philosophie et de la politique.

Nous recevons aujourd’hui l’auteur, particulièrement productif, tant en termes d’écritures de livres, d’essais de participations à des ouvrages collectifs qu’à des comités de lecture.

D’où provient cette rage d’écrire et où puise-t-elle, tout à la fois, son inspiration et ses sources ? Dans quel registre disciplinaire relève-t-elle : l’histoire, la philosophie, si ce n’est l’anthropologie ou la sociologie ? Quelles ses finalités ? Hamid Mokkadem revendique-t-il le fait d’être un auteur engagé ? Voilà les principales questions auxquelles nous tenterons de répondre durant cette émission.

Son portrait extrait du site de la librairie en ligne calédonienne Book’in et une vidéo d’Alan Nogues pour vous préparer à l’écoute de cette émission.

En Océanie, pour Hamid Mokaddem, l’écriture est arpentage et cartographie du réel.
Il en est de même du travail éditorial qu’il pratique ponctuellement pour ouvrir des brèches dans les espaces littéraires. Avec Bernard Gasser, il a réédité Histoire et Psychologie des Mélanésiens d’Apollinaire Anova, édite avec Alain Castan à Marseille les poésies de Luc Énoka Camoui et Georges Waixen Wayewol, Magma Hwan Pala et publie Le récit du requin blanc de Wayém de Téa Danimwa (Pwéévo) qui paraîtra au mois de décembre 2015.Après ses trois derniers ouvrages parus en 2014 aux éditions Transit/La Courte échelle/Expressions, Papiers... SVP Apollinaire Anova (1929-1966), une conception kanak du monde et de l'histoire et Kanaky et/ou Nouvelle-Calédonie (nouvelleédition, revue et augmentée), Hamid Mokaddem compte publier en 2016 deux études sur la peinture kanak contemporaine (Hwanang et Jean-Marie Poadja) et sur la fabrication de la monnaie (Amouin Moïse Watto).

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Journal de la Société des Océanistes N° 142-143

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Journal de la Société des Océanistes N° 142-143

Du corps à l’image.

La réinvention des performances culturelles en Océanie

Contenus : Librairie en ligne

Dossier Du corps à l’image. La réinvention des performances culturelles en Océanie

P. 5 Aurélie Condevaux, Géraldine Leroux et Laura Schuft : Introduction

21 Hirokuni Tateyama : Ritual of Superiority: Tolai Tubuan Performance at the National Mask Festival

P. 37 Thomas Dick : Performing Place: Tourism and Touring with the Leweton Cultural Village

P. 53 Denis Monnerie : Résistances à la patrimonialisation. Agentivités, créativités, souveraineté kanak

P. 73 Caroline Graille : 1975-2015. Retour sur Mélanésia 2000, symbole de renaissance culturelle kanak

P.99 Estelle Castro-Koshy, Flora Aurima-Devatine, Moana’ura Tehei’ura et al. : Discussion sur Pina’ina’i

P. 117 Miranda Forsyth et Kalissa Alexeyeff : Regulating Cultural Performances… Law, Creativity, Cultural Property

P. 131 Jari Kupiainen : Digital Visuality in Cultural Identity Construction… Festival of Pacific Arts

P. 143 Marc Tabani : Ritualisation du changement et célébrations des continuités: les cérémonies John Frum

P.159 Jérémy Lemarié : Débattre des performances culturelles hawaiiennes au xixe siècle

Mini dossier Les objets « van Grecken ». De bien ténébreuses affaires

P. 175 Philippe Peltier : Présentation

P. 179 Harry Beran : 19 « New Guinea » Sculptures by a Mystery Hoaxer from the Gene van Grecken coll.

P. 193 Nicolas Garnier : Fine Art or Fake Art ? Étude d’une collection d’objets Sepik et Asmat du mqb

 

Hors dossier

P. 205 Antoine Hochet : Culturalisme et développement à Vanuatu…

P. 223 Marie Durand : Du nakamal à la maison-cuisine… Mere Lava (Vanuatu)

P. 241 Anne-Sylvie Malbrancke : Dix commandements mais pas de Dieu… chez les Baruya (PNG)

P. 257 Gilles Vidal : « Nous serons la viande pour la France ». Indigènes et missionnaires… durant la Grande Guerre

P. 273 Annie Aubanel : Les concessions à charge de remblais en Polynésie française…

Comptes rendus d’ouvrages par

P. 291 Michael Horowitz : Oceanian journeys and sojourns… (de J. Bennett ed.)

P. 292 Fanny Wonu Veys : Jean-Baptiste Pompalier. Vicaire apostolique des Maoris… (de Y. Essertel)

P. 295 Georges Benguigui : Notre mer d’îles, L’océan et nous… (de E. Hau’ofa)

P. 296 Roderick Ewins : The pearl frontier. Indonesian labor and indigenous encounters… (de J. Martinez et A. Vickers)

P. 299 Laura Tamokoski : At home and in the field… (de S.S. Finney, et al. eds)

P. 301 Christian Coiffier : String Figures as Mathematics (de É. Vandendriessche)

P.303 Nancy Pollock : Dumont d’Urville. Explorer and Polymath (de E. Duyker)

P. 308 Jean-Louis Rallu : Engaging with Strangers… (de D. McDougall.)

P. 309 Stéphanie Leclerc-Caffarel : Living Kinship in the Pacific (de C. Toren & S. Pauwels eds)

P. 312 Émilie Dotte-Sarout : Tupaia. Le pilote polynésien du capitaine Cook (de J. Druett)

P. 314 Sébastien Galliot : Monumentality and ritual materialization in the Society Islands (de J. Kahn & P. Kirch)

Résumé de l’article de Caroline Graille (P. 73

1975-2015 : retour sur Mélanésia 2000, symbole de la renaissance culturelle kanak‪

Caroline Graille: Docteur en ethnologie, membre du Centre de recherches et d’études comparatives en ethnologie (lersem-cerce, ea 4584), Université Paul-Valéry, Montpellier, c.graille@atenau.com

Le festival d’arts mélanésiens de 1975, Mélanésia 2000, est décrit comme un marqueur historique de la renaissance culturelle kanak. Au point d’oublier que, parmi ceux qui, aujourd’hui, saluent et encouragent la mise en spectacle de l’identité kanak, certains refusaient à l’époque de cautionner ce qu’ils qualifiaient de folklore, voire de « prostitution de la culture » autochtone. Créée par les accords de Matignon (1988), l’Agence de développement de la culture kanak (adck) n’a eu de cesse ensuite d’encourager et de promouvoir de nouvelles formes à la fois esthétiques et contemporaines de l’identité culturelle kanak. Quarante ans après le festival, que reste-t-il du « souffle de Mélanésia 2000 » ? Ce texte, extrait d’une thèse de doctorat (2015) met en exergue les fondements et les paradoxes d’un festival qui fût la toute première (re)présentation d’une unité culturelle kanak, et l’archétype d’une « culturisation » des identités en Nouvelle-Calédonie. Plus

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Socialisme kanak de DEMMER Christine

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Socialisme kanak de DEMMER Christine

Socialisme kanak de DEMMER Christine

Ce livre explore l'aspect méconnu du nationalisme kanak en témoignant des transformations sociales des chefferies de l’époque. Au-delà du cas concret du GIE Kèrèduru, il analyse une dynamique sociale propre aux sociétés segmentées en marche vers la construction nationale.

Date de publication 19/10/2016

Description complète

À l’automne 1984, les indépendantistes kanak de Nouvelle-Calédonie se soulevèrent contre le gouvernement français pour reconquérir leur souveraineté. Après la mort du secrétaire général de l’Union Calédonienne, Éloi Machoro, l’un des leaders de la révolte, un nouveau statut vit le jour en 1985, découpant le territoire en quatre régions, dont trois gérées par des élus kanak. Ces derniers décidèrent alors d’utiliser ce nouveau cadre institutionnel pour préparer l’indépendance économique de leur pays. De nombreux microprojets de développement furent créés au sein des réserves et présentés comme les premières expériences concrètes de Kanaky. Un même mot d’ordre dominait : préserver une économie domestique encore prégnante, tout en intensifiant la production agricole. Cette option ruraliste se donnait pour triple tâche de maintenir un tissu social local, de trouver une manière nouvelle de cultiver sa terre et d’adapter la chefferie (le modèle politique kanak hiérarchisé) à la perspective d’un État-nation souverain.

Ce moment particulier du nationalisme kanak, couplant exigence économique et refonte des structures politiques segmentées et centralisées, généra une intense réflexion sur la définition de la société indépendante, résumée quelques années plus tôt par le concept de « socialisme kanak ». Dans les tribus d’Emma (Amââ) et Kayu (Kûöö), sur la commune de Canala, le lancement du Groupement d’intérêt économique Kèrèduru releva, pendant plus d’une décennie, le défi de construire l’indépendance kanak socialiste depuis les réserves. Ce livre explore cet aspect méconnu du nationalisme kanak en témoignant des transformations sociales des chefferies de l’époque. Au-delà du cas concret du GIE Kèrèduru, il analyse une dynamique sociale propre aux sociétés segmentées en marche vers la construction nationale.

Cet ouvrage interroge également ce que signifie être kanak aujourd’hui. À l’heure des grands projets miniers, d’autres conceptions de la coutume ont depuis émergé, qui revisitent la définition des chefferies et leur place dans le pays après l’accord de Nouméa (1998), à l’aune de références très éloignées des apports de la génération politique née dans les années 1980. Le projet d’inspiration marxiste étudié ici visait en effet à assujettir les chefferies et les clans à un modèle collectiviste et égalitaire. Cette expérience, aujourd’hui dépassée, rend compte de la plasticité des notions de socialisme kanak, d’identité kanak et des manières diverses d’envisager l’appartenance à ce peuple océanien.

Christine Demmer est chargée de recherche au CNRS. Elle mène des travaux d’anthropologie politique et économique au Centre Norbert Elias à Marseille.

(Source de cet article la maison d’édition Karthala)

La maison d'édition Karthala a été fondée en mai 1980, à Paris, avec pour objectif la publication et la diffusion de textes sur les questions internationales en rapport avec les pays du Sud. Vingt ans après les indépendances des années 1950 et 1960, le besoin se faisait sentir de nouvelles approches politiques de ce que l'on appelait alors le "Tiers monde", et en particulier de l'Afrique.

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Journée internationale des langues maternelles et 10ème anniversaire de l’Académie des langues kanak.

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Journée internationale des langues maternelles et 10ème anniversaire de l’Académie des langues kanak.

Les 21 et 22 février à Lifou

Source des informations l’article de Malia-Losa Falelavaki publié le 15/02/2017 sur le site NC 1er

La journée internationale des langues maternelles sera marquée les 21/ 22 février à Lifou par 2 événements organisés par le gouvernement et l’ALK : la célébration des 10 ans de l’Académie des langues kanak, et le 3ème festival des arts du pays avec pour thème Culture et Citoyenneté.

Le 3ème festival du pays sera lancé mardi 21 février à Lifou à l’occasion de la journée internationale des langues maternelles. Une sélection d’artistes qui sera présentée à la fête de la citoyenneté le 24 septembre prochain à Maré et qui composera la délégation calédonienne pour le festival des arts de la Mélanésie à Honiara en 2018.

Autre événement qui sera célébré la semaine prochaine sur l’aire Drehu, le 10ème anniversaire de l’Académie des langues kanak. Un espace oralité avec des stands d’initiation linguistique sera proposé, des tables rondes avec intervention d’invités locaux et internationaux, des animations artistiques etc… Suite de l’article avec possibilité d’entendre Weniko Ihage, le directeur de l’ALK et Astrid Gopoea, chef de cabinet auprès de Déwé Gorodey au micro de Malia-Losa Falelavaki.

Publications de l’ALK

Un aperçu des principales parutions depuis 2015 et

LES AIRES COUTUMIÈRES ET LES LANGUES KANAK DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Afin de réactualiser les données sociolinguistiques de la Nouvelle-Calédonie, l'Académie des Langues Kanak vient de publier une carte des aires coutumières et les langues kanak de Nouvelle-Calédonie proposant les noms de toutes les langues kanak encore employées dans chaque aire coutumières, ainsi que leurs effectifs locuteurs âgés de plus de 14 ans et recensés par l'ISEE en 2014.

Journée internationale des langues maternelles et 10ème anniversaire de l’Académie des langues kanak.
Journée internationale des langues maternelles et 10ème anniversaire de l’Académie des langues kanak.

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LA COUTUME KANAK DANS L'ETAT

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LA COUTUME KANAK DANS L'ETAT
LA COUTUME KANAK DANS L'ETAT

Sous la direction de Benoît Trépied et Christine Demmer

Cahiers du Pacifique Sud Nouvelle Calédonie chez l’Harmattan

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE OCÉAN PACIFIQUE

La Nouvelle-Calédonie approche désormais du référendum d'autodétermination de 2018 devant décider de son avenir politique. Vingt ans après l'accord de Nouméa, ce scrutin clôturera un processus de décolonisation dans la République, qui incluait la création d'une citoyenneté néo-calédonienne fondée sur la reconnaissance préalable de l'identité kanak. L'inscription progressive de la "coutume" dans les domaines du droit, de la justice et de la politique a eu pour effet de cliver le débat sur les formes possibles de l'émancipation kanak. Cet ouvrage éclaire les enjeux et tensions. Le cas calédonien renouvelle la réflexion sur l'unicité de l'Etat et ses limites en situation coloniale et postcoloniale.

Benoît TREPIED Chargé de recherche CNRS

Domaines de recherche

Benoît Trépied mène une anthropologie historique de la citoyenneté en situation coloniale et postcoloniale. Ses recherches portent en particulier sur les relations raciales et la politique locale en Nouvelle-Calédonie coloniale, les enjeux contemporains de la décolonisation dans le Pacifique et l’outre-mer français, et la construction des savoirs en contexte colonial et postcolonial. Au croisement de l’ethnographie, de l’histoire et de la sociologie, ses travaux questionnent les conditions de production des sources, la pratique réflexive de l’enquête et les rapports entre savoir et pouvoir.

Fondée sur une longue enquête de terrain (deux années sur place) et aux archives, sa thèse de doctorat, soutenue en 2007 et publiée en 2010, portait sur les transformations des rapports sociaux et politiques à l’échelle de la commune rurale de Koné, au nord-ouest de la Nouvelle-Calédonie, à partir de l’accession des Kanak à la citoyenneté (1946). Au-delà des clivages raciaux et disciplinaires – entre anthropologie du monde kanak et histoire des colons –, cette recherche pluridisciplinaire « au ras du sol » était simultanément inscrite dans une réflexion plus large sur les grands changements juridiques et politiques de la Nouvelle-Calédonie et de la France d’outre-mer après la Seconde guerre mondiale. Dans la continuité de cette recherche, il travaille désormais sur les transformations des relations raciales à Koné du XIXe siècle à nos jours, en collaboration avec l’historien Adrian Muckle.

Benoît Trépied enquête également sur le processus actuel de décolonisation en Nouvelle-Calédonie et les nouvelles tensions qu’il génère, notamment du point de vue des diverses stratégies kanak de recouvrement de souveraineté (par l’indépendance statutaire, la citoyenneté française, ou les « droits autochtones »). Il s’intéresse en particulier aux enjeux soulevés par la mise en œuvre d’un droit civil coutumier kanak au sein du système judiciaire français, à partir de l’observation ethnographique des séances du tribunal coutumier et d’entretiens avec les « assesseurs coutumiers » kanak. Il s’interroge aussi sur les liens entre recherche et décolonisation, en replaçant notamment sa propre expérience au sein d’une histoire longue des rapports entre le savant et le politique dans le contexte calédonien.

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Kîbô livre d’archéologie par Christophe Sand

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Kîbô livre d’archéologie par Christophe Sand

Pétroglyphes du pays kanak / Petroglyphs of the Kanak Country

Archeologia Pasifika, Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP), 2016

Cet ouvrage, très accessible et illustré de nombreux motifs, recense les différents pétroglyphes du pays Kanak, leur origine, leur mode de fabrication et leur répartition géographique.

Cette publication est le fruit d'une collaboration scientifique entre le musée de Nouvelle Calédonie et l'IANCP, institution référente sur le passé de l'archipel.

Elle est publiée dans le cadre de l'exposition du même nom présentée entre mai 2016 et juillet 2017 en salle Bwenaado du Centre culturel Tjibaou à Nouméa.

Livre disponible en librairie et par le net chez book'in Pacific au prix de 1500 F CFP

Pétroglyphes photo NC 1, Affiche de l'expo en 2016 à l'ADCK, Christophe Sand et le président de MLNC photo JP
Pétroglyphes photo NC 1, Affiche de l'expo en 2016 à l'ADCK, Christophe Sand et le président de MLNC photo JP
Pétroglyphes photo NC 1, Affiche de l'expo en 2016 à l'ADCK, Christophe Sand et le président de MLNC photo JP

Pétroglyphes photo NC 1, Affiche de l'expo en 2016 à l'ADCK, Christophe Sand et le président de MLNC photo JP

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101 mots pour comprendre la coutume kanak et ses institutions

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101 mots pour comprendre la coutume kanak et ses institutions

Discipline : Education Civique, Droit, Histoire , Langue de Lifou-Drehu

Directeurs de l'ouvrage : Léon WAMYTAN - Florence FABERON - Antoine LECA

Auteurs : Collectifs

Léon WamytanRésumé : La coutume kanak a été étudiée dès les débuts de la colonisation de la Nouvelle‑Calédonie notamment par le pasteur Maurice Leenhardt, missionnaire ethnologue ouvert à la compréhension du peuple premier kanak, précédé par un précurseur, le père Lambert. Ouvert à une démarche compréhensive rejetant le regard dominateur colonial était aussi le juge Éric Rau qui écrivait à la fin de l’empire colonial. Ensuite, l’importance de la coutume kanak indispensable à la connaissance de la Nouvelle‑Calédonie a été mise en relief dans leurs domaines respectifs par des hommes comme le chef Joseph Pidjot, le grand chef Roch Wamytan, Frank Wahuzue, le préfet Jacques Iékawé, le juge Fote Trolue, le premier président du sénat coutumier André Theainouen...

Ouvrage rassemblant en tout 50 auteurs, tous chercheurs spécialistes ou connaissant de l'intérieur le thème traité. Des hommes et des femmes qui parlent de leur vie avec leur âme et leur cœur, garantissant l'authenticité des 101 paroles que contient ce livre.

Editeur(s) : CDP-NC / Maison de la Mélanésie / GRHOC Prix : 3 200,00 XPF

NB : Léon Wamytan sera l’un des invités de la prochaine émission des Livres et nous du 30 août 2016 dans le salon de la maison Célières au Faubourg Blanchot

Léon Wamytan est né en 1962 à Nouméa.(photo d'illustration maison de la mélanésie)

  • Président de l’association, co directeur : Jean-Yves Faberon
     
  • Co directeur : Armand Hage
     
  • Secrétaire général : Léon Wamytan
     
  • Secrétaire adjoint : Frédéric Angleviel
     
  • Trésorier, délégué de la Maison de la Mélanésie en province Nord : Jean-Baptiste Manga

  • Trésorier adjoint : Tarik Belamiri

 

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LA COLLECTE DU PATRIMOINE KANAK Quinze ans de travail de collecte du patrimoine oral kanak

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LA COLLECTE DU PATRIMOINE KANAK Quinze ans de travail de collecte du patrimoine oral kanak

Conférence d'Emmanuel Tjibaou, Département Recherche et Patrimoine, ADCK-Centre culturel Tjibaou

La question des identités au cœur du destin commun apparaît aujourd'hui comme le fondement d'un socle nouveau pour les populations de Nouvelle-Calédonie. L'identité kanak particulièrement mise à mal par le discours colonial a fait l'objet d'études particulières dans le domaine des sciences sociales depuis le début de la colonisation pour mieux connaître la population autochtone. Après 15 ans d'enquêtes culturelles, le Département Recherche et Patrimoine de l'ADCK-CCT pose les bilans et les perspectives d'un rapport nouveau à la recherche par les Kanak. Quelles sont les orientations définies par les conseils coutumiers sur la collecte du patrimoine oral kanak et pour quelles finalités ? Quels sont les premiers effets de ces collectes pour la société kanak ? (présentation de la conférence sur le site ADCK)

Dans la société kanak, l’oralité joue un rôle central. La tradition orale est l’expression organisée et collective par laquelle la société se pense et se dit. En l’absence de l’écrit qui fige le sens de la communication, l’oralité est régie par des codes bien précis. Les savoir oraux est un fait collectif et non individuel, dans ce contexte la connaisance n’entraine pas pour un individu le droit à l’énonciation et à la transmition. On peut connaître l’histoire, sans avoir l’autorisation de le dire. Il existe une forme d’autorégulation commune de la parole… (Extrait d’un texte, Emmanuel Kasarhérou, ancien directeur de l’ADCK-centre culturel Tjibaou)

Ci-dessous extrait de l’article LNC sur la conférence :

« Quelque chose qui concerne tous les gens de ce pays »

Linguiste diplômé du prestigieux Inalco (Paris), Emmanuel Tjibaou a d’abord dirigé le département recherche et patrimoine du centre culturel, avant d’en devenir directeur, en 2011. Photo Jacquotte Samperez

Propos recueillis par Julia Trinson / julia.trinson@lnc.nc  le 25.08.2016

Les Nouvelles calédoniennes : Comment choisissez-vous les thèmes qui font l’objet d’une collecte ?

Les orientations générales sont définies par les conseils coutumiers, par la situation socioéconomique de l’aire, et par les demandes des provinces qui veulent des éléments de réflexion sur les aménagements, comme l’inventaire des sites sacrés ou la toponymie.

Par exemple, dans le Sud, sur l’aire Drubea-Kapumè, c’était plus la langue qui importait. Notre première enquête a permis de faire un recueil lexical de 1 500 mots en Numèè et Kwényï. Dans le Nord, on a travaillé sur le recueil de discours généalogiques, sur les danses et chants traditionnels. Là-bas, il y a moins de problèmes de langue, mais pour les rituels et les discours, il y a une norme à conserver, un niveau de langue à préserver.

Le sous-titre de votre conférence est « identités en transformation ». De quoi s’agit-il ?

Le parti pris de l’équipe, c’est qu’on fait une photo à un instant T et qu’elle n’est valable qu’à cet instant T. On se situe en dehors du champ de l’ethnologie traditionnelle, où on décrit une société, des règles censées être immuables depuis des siècles. Nous, on prend cette photo, en indiquant tous les paramètres : les gens qui sont là, l’année, le nom du clan, de la personne qui parle, la période… Tout ce qui impacte le processus discursif, c’est ce qu’on essaie de rendre palpable.

Parler d’identités en transformation, c’est rendre compte de cette volonté qu’on a, et de l’impact du fait de collecter et d’instituer une forme de gradation dans les performances : ça a une influence sur la dynamique sociale.

Par exemple ?

Dans l’aire Ajië-Arhö, il existe des discours qui reprennent la même technique d’apprentissage, le même processus discursif que la généalogie, mais pour des tas de vivres (légumes…) C’est un type de discours un peu en perte de vitesse. Avoir fait des enquêtes, sensibilisé la population à la préservation, ça a touché l’orgueil de la population et l’a poussée à remettre au goût du jour ces pratiques. Parce que ça fait sens, c’est une manière de promouvoir le rapport à la terre, le bien manger, le rapport symbolique à la plante.

Notre objectif, ce n’est pas juste de reproduire des modèles mais d’être capable de les transformer et surtout de responsabiliser les gens face à leur patrimoine.

Quel sera le fil rouge de votre conférence ?

Passer de la reconnaissance à la connaissance. Le postulat de départ était la perte de repères. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Les programmes de recherche répondent en partie à cette question mais, pour nous, l’essai n’est pas transformé parce que ce n’est pas quelque chose qui ne concerne que les Kanak, cela concerne tous les gens de ce pays. Les plantes, l’environnement, la culture… Ça ne concerne pas que les autochtones.

Il faut aussi faire attention au fétichisme patrimonial : normaliser une dynamique, c’est antinomique, même l’oubli fait partie des dynamiques sociales. Or, en faire une référence absolue, c’est une manière de dire « surtout n’y touchez pas ». Il ne faut pas se voiler la face, projeter une société kanak idyllique. On n’est plus à l’époque de Leenhardt !

Quelles sont les perspectives de la collecte du patrimoine ?

Il y a un travail de collecte avec les autres communautés sur l’histoire de notre pays, comme ça a été le cas pour l’Historial de la Seconde Guerre mondiale, ou l’exposition Tavaka sur l’immigration de Wallis et Futuna. Il faut aussi mettre en avant l’histoire contemporaine. Pendant longtemps, ça a été l’histoire de la confrontation entre Kanak et Blancs. Mais quand on pose la question aux vieux, jamais ils ne te parlent de colonisation : c’est un continuum de la nuit des temps à maintenant. Quand on pose la question aux Calédoniens, ils disent « avant les Événements, tout le monde s’entendait bien ». L’héritage de la colonisation n’est pas encore assumé. Il faut aussi parler de l’histoire des Evénements. Il y a beaucoup de souffrance dans l’histoire des communautés ici.

La collecte du patrimoine kanak : identités en transformation, ce soir à 18 h 15 en salle Sisia, centre Tjibaou. Gratuit.

Les collecteurs de l’ADCK sont au nombre de cinq, un pour chaque aire de la Grande Terre. « Les Îles n’ont pas souhaité intégrer ce processus, on conventionne avec eux de manière ponctuelle, sur la toponymie ou les traditions culinaires par exemple », précise Emmanuel... Suite LNC

Kanak, L'Art est une parole - Bande-annonce de l'exposition du quai Branly à Paris qui a été présenté au Centre Culturel Tjibaou à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, du 15 mars au 15 juin 2014

Ajoutée le 28 oct. 2013 Exposition "Kanak, L'Art est une parole" au musée du quai Branly, du mardi 15 octobre 2013 au dimanche 26 janvier 2014.

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JOURNÉE DES PEUPLES AUTOCHTONES au centre culturel Jean-Marie Tjibaou

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La Journée internationale des populations autochtones est une journée internationale créée en 1994 par l'ONU et fixée au 9 août.

Il s'agit ainsi de célébrer 350 000 personnes qui réclament en vain depuis plusieurs dizaines d'années la reconnaissance de leur existence, leurs particularismes culturels, et leurs droits territoriaux.

À l'initiative de l'UNESCO, l’ADCK a organisé cette journée du 09 août avec le sénat coutumier. Une occasion d'avoir un temps de réflexion autour de la vie des peuples autochtones dans un monde qui s'est globalisé. Comment faire entendre sa voix, marquer sa différence, faire perdurer sa culture à l'heure de l'Internet, des délocalisations et de la mondialisation ?

Cette journée était organisée autour de la thématique du réchauffement climatique et de ses enjeux pour les peuples autochtones.

Extrait d’un article connexe sur ce sujet :

Le Mwâ Kââ, vers la manifestation d’une appartenance commune en Nouvelle-Calédonie ?

Résumé d’un article de Benoît Carteron sur le journal de la société des océanistes plus (suivre le lien)

L'initiative du Mwâ Kââ a été lancée en 2003 par une association de la mouvance indépendantiste kanak à l'occasion du 150e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France. Le monument et la cérémonie commémorative auxquels il a donné lieu ont alors été placés sous le signe de l'accord de Nouméa afin de symboliser l'avenir partagé avec les autres communautés, invitées à participer à la construction de « la grande case du pays ». Cependant, les obstacles qui ont entouré l'initiative et la contestation de son bien-fondé dévoilent les tensions politiques récurrentes, l'absence de consensus sur la citoyenneté calédonienne et les signes susceptibles de traduire une identité plurielle. En associant le culturel au politique, l'initiative du Mwâ Kââ peut-elle être vue comme l'expression d'une identité offensive et imaginative dont l'enjeu est d'opérer, à partir des référents kanak, un décloisonnement entre des groupes historiquement hostiles ?

Une journée internationale (ou journée mondiale) est un jour de l'année dédié à un thème particulier à un niveau international ou mondial. Le calendrier de l'Organisation des Nations unies prévoit 119 journées mondiales (ou internationales). La première, instituée en 1950 - la journée mondiale des droits de l'homme -, fut fixée au 10 décembre. Exactement deux ans auparavant, le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations unies avait adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme.

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Avant-propos et mise en garde :

Ci-dessous un article pour vous donner envie de découvrir nos plantes du Caillou. Je n'ai pas les compétences pour confirmer que toutes les vertus ou utilisations de ces plantes sont réelles et applicables. Je vous invite à consulter les nombreux ouvrages ou de consulter les sites des scientifiques dans ce domaine pour en savoir plus avant d'appliquer des recettes pour vous soigner par exemple. Nous savons en Nouvelle-Calédonie que certaines plantes sont nocives pour la santé.

Préambule :

Paul QaezeLe Dr Paul Quaeze est décédé en octobre 2015 suite à un malaise, toute la classe politique et le monde du sport avait rendu un hommage à un homme apprécié de tous. Son article du 11 août 2012 est aussi une manière de lui rendre hommage. JP

Médecin de brousse en Kanaky

La vie quotidienne d'un médecin de brousse en Nouvelle Calédonie. La connaissance historique, géographique, ethnique, culturelle et artistique de la Nouvelle Calédonie La connaissance du peuple Kanak

Article élaboré à partir d’extraits d'un article du Dr Paul QAEZE et d'une interview de Patrice GODIN pour la médecine kanak http://jpcaillon.canalblog.com/ et de Wikipédia pour les images de plantes ou d’arbres.

Généralités :

La médecine occidentale peut apprendre de la traditionnelle.

Elle a voulu longtemps couper le malade de son environnement personnel. Par souci de simplification. C'était l'un des rôles essentiels de l'hôpital. Elle a fait reculer les maladies physiques, mais a aggravé le mal-être. La médecine libérale a eu des velléités de corriger ce travers. Mais les cadences et l'afflux des patients ont anéanti ses efforts. Les psys affichent complets. Manquent de temps face à la variété des intellects et des situations personnelles. Le devin du village se débrouille mieux, avec des contextes plus uniformes et des procédures mieux codifiées.

Tout semble opposer les conceptions de la santé chez le mélanésien et l'occidental : pour le premier, c'est l'équilibre entre l'homme, ses proches, sa terre, ses ancêtres. Pour le second, c'est un examen clinique normal, une tension dans la norme, un bilan biologique sans astérisque, un forum internet qui confirme que l'on est toujours en vie...

Les kanaks ont vu bien des leurs rejoindre prématurément les esprits, malgré les guérisseurs. Ils ont acquis du pragmatisme. Ils classent les maladies en 4 catégories :

1) Les maladies "normales", de cause évidente :

Intoxication alimentaire (ciguatera), maladies sexuelles, coup de chaleur, plaies.... Traitement par les plantes, connus du plus grand nombre : ça reste dans le cadre familial. Equivalent de la mère occidentale qui désinfecte elle-même les bobos de sa progéniture.

2) Les maladies du Docteur Blanc :

Imprécises avant son arrivée. Classées par défaut dans les 2 dernières catégories. Pour le kanak, ce qui ne se voit pas est plus grave. Un mal de tête, une sciatique, est plus inquiétant qu'une plaie purulente. Le Blanc est assez doué pour ce qui ne se voit pas. Il a des médicaments pour tout. Oui, mais il ne connaît pas les maladies liées aux esprits. Alors il est prudent de voir le guérisseur et de prendre une potion traditionnelle, tout en allant voir le docteur.

3) Les malheurs liés à des fautes commises :

Ce sont aussi bien des maladies que des drames personnels : échec professionnel, affectif, disparition de personne, perte d'une récolte.

Les fautes résultent souvent d'inadvertance : oubli de rituel, de coutume, irrespect, transgression involontaire. Les esprits des ancêtres sanctionnent. De façon très imaginative. Parfois, aucune relation apparente entre le trouble manifesté et la faute. Une enquête est nécessaire. C'est plus simple quand il y a eu contact direct avec un objet interdit / sacré pour lequel les symptômes sont évidents : lésions cutanées à l'endroit du contact...

4) Les agressions par sorcellerie :

"Boucans" envoyés par un ennemi. Agression par esprit malveillant. Les grands chefs ont des gardes du corps spécialistes des questions mystiques.

Les catégories 3 et 4 sont soignées par les guérisseurs/voyants. Héritier d'une tradition transmise oralement et par quelques carnets de notes. Leurs méthodes sont secrètes ; ils connaissent la procédure par vision.

En fait, l'opposition entre médecine traditionnelle et allopathique n'est pas spécifique au monde kanak. Les occidentaux recourent autant à leurs guérisseurs et spécialistes de l'âme, bardés de titres plus modernes. Homéopathes, magnétiseurs, ostéopathes, patamédecines diverses, s'offrent à traiter au-delà du problème physique. Points communs : secret des techniques, croyances intégristes, influence sur le patient, importance du temps passé à la relation. Une différence, avouons notre cynisme : le guérisseur kanak travaille encore pour le statut, pas pour l'argent. Les contraintes matérielles des deux sociétés ne sont pas les mêmes. Mais le guérisseur kanak est le plus content de rendre service. Il ne lui viendrait pas à l'idée de refuser un patient. Ou de lui fermer sa porte la nuit.

Qui se fait le plus plaisir au bout du compte ? Le kanak récompensé à 80% de reconnaissance ? Ou le doc blanc vu comme un fonctionnaire surpayé de la CAFAT (Sécurité Sociale Calédonienne) ? Question de personnalité. Ceux qui vivent par les autres sont à la recherche de reconnaissance. Peut-être ne sont-ils pas assez guérisseurs ? Les patamédecines les en rapprochent.

En pratique, voici les écueils pour le médecin occidental en terre kanak :

Si la maladie traîne malgré le traitement, le kanak est vite convaincu que le retard vient des esprits. -Aucune notion d'évaluation chez le kanak : Quand le traitement traditionnel est pris simultanément avec celui du docteur, la guérison est attribuée préférentiellement au premier. (C'est aussi vrai pour beaucoup de blancs adeptes des médecines alternatives.)

Le docteur ne connaissant rien à l'histoire du clan et des ancêtres, il est incompétent dans certain domaine. Il n'est pas "généraliste".

Les facteurs de risque ne représentent rien pour le kanak. Les maladies insidieuses telles que diabète, hypertension, insuffisance rénale, ne sont pas considérées comme importantes. Souvent seule la prise en charge à 100% assure le suivi. Prendre sa pilule, faire sa prise de sang, permet de voir régulièrement le docteur et de lui parler d'autres problèmes gratuitement.

Solution : intégrer le guérisseur dans le réseau médical classique. Reconnaître l'approche différente, souvent complémentaire. En opposant les deux médecines, on prive souvent le patient des bénéfices de l'une.

Le blanc caustique dira que le guérisseur entretient des croyances fausses chez les kanaks et l'obligation de recourir à ses soins. Vrai. Vrai, de même, pour les patamédecines que les occidentaux continuent à consulter après un siècle de progrès scientifique rapide. Le rôle du médecin n'est pas d'extirper une partie de l'inconscient de son patient, tout au plus de l'aider à la reconnaître... s'il en est capable.

Au philosophe de faire évoluer la culture. Maître Profit est la philosophie conquérante de l'Occident. Il envahira tôt ou tard le monde kanak. Ne lui facilitons pas la tâche en détruisant les piliers de la culture traditionnelle, comme le monde des Esprits, juste pour prouver que nous sommes les plus savants.

La médecine traditionnelle :

Dr Paul QAEZE

La conception de la santé chez le mélanésien (*) repose sur des notions différentes de la compréhension occidentale. La Maladie correspond à la manifestation d'un déséquilibre d'un ordre établi. Elle va faire intervenir les fondamentaux de la société kanak, qui englobe l'homme dans sa dimension physique, sociale et mystique. D'un côté on a la parole, les plantes et les forces ancestrales et de l'autre, le stéthoscope, les molécules actives et les microbes. Alors que l'étiologie occidentale repose sur des relations entre un agent pathogène et une maladie ; dans la société kanak, la maladie résulte d'interactions entre l'homme, son environnement naturel et social, et le monde mystique représenté par les ancêtres.

Dans le milieu mélanésien ; on peut considérer qu'il existe trois sortes de maladies.

Les maladies dites naturelles...

...dues à un déséquilibre de la personne à elle-même (maladies du chaud /froid, du sec/humide, de l'excès et du manque). Le traitement se fera par la pharmacopée familiale.

Face à une plaie surinfectée, avec des lésions de grattage, le médecin occidental attribuera cela à un manque d'hygiène. Cette interprétation résulte de l'incompréhension entre le discours médical kanak et occidental. Dans l'échelle de gravité des ces maladies naturelles, celles qui ne se voient pas sont plus délétères que celles qui s'extériorisent. Donc une mère kanak s'inquiétera plus si son enfant se plaint d'un mal de tête ou de ventre que d'une plaie qui suinte.

Les maladies liées aux ancêtres

C'est quand une pathologie perdure, ne guérit pas assez vite. C'est  la  maladie des  fautes commises, c'est la transgression d'un tabou, d'une règle clanique.

Le traitement sera le recours à un guérisseur. Ainsi les forces ancestrales sont en particulier capables de punir les actes ou les attitudes répréhensibles commis par leurs descendants. La consultation par le guérisseur cherchera à déterminer l'origine exacte du mal. L'entreprise du diagnostique mobilise tous les proches, car la maladie peut s'abattre sur le groupe entier si la faute commise n'est pas réparée.

S'il y a eu transgression d'une règle sociale ou offense d'un parent, le malade fautif doit reconnaître son délit et entreprendre un geste symbolique de réparation. Ce n'est qu'à cette condition que le traitement appliqué sera efficace.

L'offense étant pardonnée, le risque de conflits au sein du clan est écarté. Les ancêtres libèrent alors leurs pouvoirs protecteurs. Ils rendront les médications efficaces ou désigneront les plantes médicinales appropriées, notamment par l'intermédiaire des rêves. Ces solutions thérapeutiques n'apparaissent pas seulement aux guérisseurs mais au patient lui-même qui peut trouver son traitement en rêve. Il arrive aussi qu'un proche du malade se réveille nanti du savoir thérapeutique.

Les maladies dites provoquées

En effet, ce sont des maladies engendrées par des maléfices (boucans) lancés par un sorcier ; ou par des conflits entre individus suscités parfois par la jalousie. Si l'on conçoit que les forces ancestrales sont en contact permanent avec le monde des vivants, on peut envisager qu'elles interviennent à la demande de leurs descendants.

Les symptômes de ces maladies dites magiques sont comme une maladie normale, à savoir fatigue, diarrhée, ou maux de tête, mais la survenue est aiguë et brutale. Le remède passe obligatoirement par un spécialiste de la voyance.

La médecine traditionnelle offre ainsi aux malades des solutions thérapeutiques qui englobent leur bien-être social et spirituel, valeurs que les mélanésiens ne retrouvent pas dans la médecine occidentale. Cependant, en évitant les ruptures brutales qui pourraient empêcher le passage d'un système à l'autre, en respectant l'essentiel des conceptions tout en y intégrant des éléments nouveaux, la tradition peut s'ouvrir à la modernité.

C'est le processus qui semble guider aujourd'hui le développement du pluralisme médical en Nouvelle-Calédonie.

(*) A lire : Chroniques du pays kanak. Gestes "Tome 2 : La Santé, p 129-191. Editions Planète Mémo)

Une interview de Patrice GODIN, anthropologue, par JY LANGLET :

JYL : Monsieur Godin, vous êtes anthropologue et vos travaux portent sur les rapports entre organisation sociale, cosmologie et rituels dans les communautés kanak de la région de Hienghène. A ce titre vous vous êtes intéressé à la médecine kanak traditionnelle. Pourriez-vous nous dire quelle est aujourd'hui la place de cette médecine ?

PG : "Elle est toujours extrêmement pratiquée, même si on constate dans les représentations comme dans les pratiques de nombreux changements depuis cent cinquante ans de présence française. L'un des traits caractéristiques de cette médecine est qu'elle est partie intégrante de l'organisation sociale kanak. Ce n'est pas une institution indépendante, séparée des autres composantes de la société, mais l'un des rouages essentiels de son fonctionnement. Pour faire bref, on peut dire que la société kanak est toute entière organisée autour de deux axes : ses chefferies et ses rituels. Ces rituels sont eux-mêmes de deux sortes :

-  des cérémonies d'échanges, qui jalonnent les grandes translations de   l'existence   (mort,   mariage, naissance),

-  et les rituels thérapeutiques qui constituent le noyau de ce qu'on appelle communément la médecine kanak "

JYL : Un exemple ?

PG : "La toute première histoire qu'on m'ait raconté sur ces pratiques. Un matin, un homme âgé se renverse le contenu d'une bouilloire d'eau bouillante sur les genoux. Le médecin qui le reçoit au dispensaire l'évacué sur Nouméa. Sur place, complication infectieuse. Au bout de quelques jours, et surtout après plusieurs visites de parents, il s'inquiète de toujours souffrir énormément. Un soir, profitant de la rotation du personnel infirmier, il s'échappe du CHT (Centre Hospitalier Territorial, à Nouméa) et prend le car du soir pour revenir à Hienghène. Le lendemain, avec un de ses fils, il consulte un devin. Le surlendemain, il obtient la réponse à ses inquiétudes. S'il ne guérit pas, c'est que lui ou quelqu'un de son entourage a commis une faute vis-à-vis de sa famille maternelle. Le diagnostic du devin est très exactement : "malédiction des utérins" (hwanyen le hwan-hiri en langue némij). Une discussion s'engage entre le vieux, son fils et le devin qui vise à éclaircir la raison de cette malédiction. Et au bout d'une heure, elle débouche sur une hypothèse qui est agréée par le devin. Il y a quelques mois, le vieux et son clan ont récupéré une terre ancestrale dans le cadre d'une revendication foncière. Mais lorsque ceux-ci l'ont remise en culture, ils ont oublié de faire un geste coutumier à l'oncle maternel du vieux. Les ancêtres du clan utérin ont envoyé la malédiction en retour. Le devin préconise d'aller demander pardon à l'oncle pour cet oubli. Le geste est accompli. Ensuite, l'oncle propose que le guérisseur et prêtre de son clan traite les brûlures. La conjugaison des deux traitements, kanak et européen, conduira à la guérison ".

JYL : Toutes les maladies rentrent-elles dans le même schéma ?

PG : "Non. Grosso modo, on peut dire qu'il existe quatre grandes classes de maladies pour la pensée kanak traditionnelle. D'abord, les maladies ordinaires, bénignes que les gens de Hienghène appellent simplement " maladies " (folie) et que les gens de l'aire linguistique paicî, plus au sud, appellent "vraies maladies ". Ce sont des troubles entraînés par des déséquilibres de l'hygiène quotidienne de vie. On range dans cette catégorie les troubles de l'alimentation, les accidents climatiques (refroidissement, exposition au soleil...), la ciguatera ou encore les maladies sexuellement transmissibles. Ces maladies se soignent dans le cadre familial, où l'on recourt à une pharmacopée principalement végétale, connue sinon de tous du moins du plus grand nombre. Il y a ensuite les maladies qui sont dites "maladies des Blancs" ou "maladies du docteur". Elles n'étaient pas connues avant l'arrivée des premiers colons européens et de ce fait elles n'ont pas de noms dans les langues locales. Les seules exceptions sont dans le centre et le nord de la Grande Terre le pian et la lèpre. Le premier a été assimilé à une maladie de peau, la seconde à une forme ancienne de mycose rongeante. Les maladies du docteur sont comme leur nom l'indique du seul ressort de la médecine européenne dont on attend qu'elles les guérissent dans des délais relativement brefs. Les deux autres catégories de maladies nous font passer dans un tout autre registre des représentations. A leur propos, il faudrait d'ailleurs plutôt parler de "malheurs" que de maladies, dans le sens où ces catégories englobent non seulement des pathologies, mais aussi des événements dramatiques frappant les personnes, les familles, voire la communauté dans son ensemble (disparition inexpliquée de personne, échec professionnel, accidents...). Parmi les malheurs, il y a en premier lieu ceux qui résultent de fautes commises. Et parmi ces fautes, on distingue souvent entre, d'une part les transgressions, l'oubli ou l'accomplissement défaillant de gestes rituels, les comportements irrespectueux, etc. qui appellent une sanction de la part des ancêtres, et d'autre part le contact involontaire avec des lieux ou des objets "interdits", "sacrés" parce que chargés de présence ancestrale. Leurs conséquences ne sont pas les mêmes. Dans le cas des secondes, il existe un lien évident entre symptômes et nature de la maladie. Le contact avec une présence ancestrale débouche sur des altérations ou des lésions de la peau qu'on explique par une sorte de possession, l'ancêtre a envahi le corps du malade. Si on ne soigne pas cette possession à temps, le malade est dit sombrer progressivement dans la folie et peut même mourir. Pour les malédictions, qui relèvent de fautes de comportement, il n'y a pas lien de cause à effet, ainsi que l'a bien montré Christine Salomon pour le Centre-Nord de la Grande Terre. Un même symptôme peut être référé à des raisons différentes et une même raison aboutir à des malheurs complètement différents. La sanction envoyée par les ancêtres est par définition polymorphe. La dernière catégorie de malheurs relève de l'agression, de ce que nous appelons en Occident la sorcellerie. Il en existe de multiples formes, officielles ou clandestines, individuelles ou collectives, intrafamiliales ou guerrières".

JYL : Officielles

PG : "Oui. Dans le cadre des chefferies, dans le nord de la Grande-Terre et aux îles Loyauté où les grands chefs ont souvent une garde chargée de leur protection et parmi elle des spécialistes de la guerre rituelle qui doivent punir tous ceux qui menacent la chefferie ou manquent de respect au chef. Maladies des fautes commises et agressions sorcières ne se soignent pas de la même façon que les maladies ordinaires, car des puissances invisibles sont impliquées, ancêtres ou esprits malveillants. Le diagnostic est fait par un spécialiste, devin ou voyant. Le devin est un praticien d'une technique divinatoire plus ou moins élaborée, mais qui suppose une initiation. Il est l'héritier d'une tradition qui se transmet à l'intérieur de son clan et travaille en relation avec les ancêtres par le biais de tout un matériel liturgique contenu dans un panier. Il est aussi généralement prêtre et guérisseur de son groupe. C'est toujours un homme. Au contraire, le voyant est une personne qui a un don, très souvent contracté à la suite d'une maladie. C'est aussi bien un homme qu'une femme. Il n'utilise pas de technique divinatoire. Il "voit" la maladie en palpant le corps du malade. Il peut aussi avoir la révélation de traitements. Pour devenir guérisseur, le voyant s'associe souvent au prêtre et guérisseur de son groupe qui l'autorise à utiliser les "médicaments" de son panier. En retour, le voyant peut nourrir le panier de "médicaments nouveaux" dont il a reçu la vision. Par ailleurs, il faut savoir qu'il y a toujours de nouvelles plantes et de nouveaux traitements qui apparaissent, notamment du fait que le rêve joue un rôle important pour enrichir la pharmacopée. C'est le signe tangible que le lien avec les ancêtres n'est pas coupé, que la communication entre eux et les hommes se poursuit ".

JYL : Pouvez-vous nous donner un exemple de traitement ?

PG : "Tous ces traitements comportent des aspects secrets et sont d'autant plus difficiles à étudier que le secret est une des conditions majeures de leur réussite. Dans le cas d'une attaque de sorcellerie, on essaiera d'abord de protéger le patient de son agresseur en créant autour de lui, de sa famille, des choses qui lui appartiennent (maison, champs, voiture...) une barrière rituelle dissuasive ; on le fera en lui fournissant des paquets de " feuilles " qu'il portera sur lui et en "lavant" les lieux où il vit, avec une "eau" où baignent des plantes médicinales. On soignera aussi la personne, des éventuelles atteintes corporelles qu'elle a subies. Dans le cas d'une maladie pour faute, on doit d'abord réparer la faute, obtenir le pardon du groupe lésé, des vivants comme des morts, ensuite seulement un traitement est possible. D'un clan à un autre, d'une région à l'autre, il existe d'importantes variations autour du schéma qui vient d'être tracé à gros traits. Chaque clan a son guérisseur qui utilise les sacrements du groupe. Beaucoup de thérapeutes traditionnels ouvrent aujourd'hui "leur panier" aux personnes de l'extérieur et il y en a qui ont acquis une réputation qui va bien au-delà de leur chefferie d'origine. En principe, le guérisseur ne se fait pas payer. On fait un geste pour lui demander son aide et celle de ses ancêtres, puis on peut le remercier. C'est pour lui un engagement très fort et il tomberait lui-même malade s'il refusait d'assumer ce rôle".

JYL : Et comment se transmet son savoir ?

Médecine traditionnelle

PG : "À Hienghène, c'est le nom reçu à la naissance qui détermine la fonction exercée dans la société. Mais parmi tous les enfants porteurs d'un nom, le guérisseur choisit généralement celui qui présente les meilleures aptitudes. Il se fie à son intuition et fait des tests pour savoir qui peut le mieux assurer sa succession. L'observation lui permet également de voir qui est le plus inspiré par les ancêtres, et donc le plus apte à hériter du panier".

JYL : Revenons au traitement. Il existe des constantes !

PG : "Deux aspects du traitement des malheurs doivent être notés. En premier lieu, le "médicament" (terme employé en français local) préparé par le prêtre et guérisseur est beaucoup plus qu'une substance doté de propriétés thérapeutiques. Il est composé d'une association de plantes, sa préparation comme son administration sont accompagnés de gestes rituels, de prières, d'interdits qui en font un véritable sacrement. Et de fait, il s'agit d'une des formes de l'ancêtre, d'une transformation de son corps. On peut parler ici de transsubstantiation. Ensuite, l'ensemble des rituels thérapeutiques ne se comprend bien que rapporté à toute une cosmologie dans laquelle on retrouve les quatre éléments communs à beaucoup de pensées traditionnelles de par le monde : l'eau, le feu, la terre et le souffle. La conception kanak de la maladie et du malheur ne se comprend elle-même qu'en relation avec cette cosmologie. Dans la conception de la personne, il existe des composantes - le sang et le souffle - qui sont aussi des composantes de l'univers et qui sont menacées par la maladie et le malheur. Le traitement vise à redonner de la vie à ces composantes par le truchement d'éléments pris dans la nature. Alors que la maladie et le malheur sont dits "assécher" la personne, que les sorcelleries de guerre sont assimilées à des feux", les "médicaments" dans leur ensemble sont appelés "eaux" et renouvellent les fluides vitaux du patient".

JYL : Comment s'articulent concrètement les deux médecines kanak et occidentale sur le terrain ? Y a-t-il un lien possible entre médecine traditionnelle et médecine moderne ?

PG : "Le principal problème que rencontrent les médecins européens est que si le patient pense que son mal relève de ce qu'on a appelé le malheur (agression sorcière, conséquence d'une faute), il aura souvent tendance à se détourner de la médecine occidentale et n'y reviendra qu'en dernière extrémité - souvent trop tard pour le médecin. Il faut donc trouver un moyen de développer un véritable pluralisme médical. Celui-ci existe déjà pour les maladies ordinaires, les gens combinant souvent recours à la pharmacopée traditionnelle et consultation au dispensaire. Pour les maladies graves, la complémentarité entre les deux pratiques reste à inventer. J'ai le sentiment que les deux médecines n'abordent pas la souffrance humaine sous le même angle et qu'il y a beaucoup moins d'incompatibilités qu'on l'imagine des deux côtés. Ce n'est pas facile de réduire la méfiance réciproque. La conception occidentale est fondamentalement biologique, organiciste ou mécanique, parfois psychologique. Au contraire, dans le monde kanak, la maladie est perçue comme le résultat d'un déséquilibre ou d'une rupture dans le tissu des relations, interpersonnelles pour les maladies graves, entre les hommes et leur milieu pour les maladies ordinaires. Par ailleurs, les morts, les esprits sont dans la culture kanak des membres à part entière de la société. Ils sanctionnent les fautes, mais guérissent les malheurs et apportent leur soutien aux hommes dans leur vie. On trouve dans tous ces aspects bien des analogies avec certaines psychothérapies contemporaines, je pense notamment aux thérapies familiales ou à la prise en compte de l'impensé généalogique dans certaines psychanalyses. Pour une meilleure articulation des pratiques, il faudrait que se développe la reconnaissance des savoirs traditionnels, comme c'est le cas dans d'autres pays du Pacifique. Les coutumiers sont à l'évidence, favorables à ce qu'un statut soit donné aux guérisseurs. Il est temps de commencer à y réfléchir. Cela permettrait une meilleure confrontation des deux médecines et la création de passerelles.

Les plantes médicinales :

La Nouvelle-Calédonie fait partie des 4 premiers territoires du monde en terme de biodiversité. En présence de roches particulières ; les péridotites ; qui ont recouvert une partie de l’île il y a 37 millions d’années, la flore a évolué en état d’isolement, formant un patrimoine riche et unique. La flore calédonienne compte 3.926 espèces décrites dont 75% endémiques. En Nouvelle-Calédonie, les plantes sont utilisées dans la médecine traditionnelle et font l’objet de recherches scientifiques qui pourraient servir à des fins médicales pour les grands laboratoires français notamment contre des maladies redoutées.

Les plantes qui guérissent les maladies traditionnelles

L’aloès : plante grasse dont les feuilles sont charnues et cassantes. Elles contiennent dans leur épaisseur une sorte de tissu cellulaire spongieux qui stocke l’eau. Par alchimie, cette eau se transforme en un gel amer et translucide très recherché pour ses propriétés médicinales.

En Nouvelle-Calédonie, l’aloès est surnommé "plante à brûlures" mais c’est aussi un cicatrisant, il soulage les piqûres d’insectes, l’eczéma… C’est la plante des premiers soins et ses vertus sont connues depuis toujours par des peuples très différents.

Des chercheurs l’étudient pour des essais cliniques sur des malades atteints du Sida et du cancer du poumon. Il semblerait que ces expériences soient positives.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La fougère arborescente (Cyathea intermedia) : C’est une gigantesque fougère endémique qui pousse dans les forêts humides. Elle peut dépasser les 35 mètres de hauteur. Dans certaines régions, elle représente "le commencement du pays des hommes" pour les Kanak. En médecine traditionnelle, ses bourgeons sont consommés comme contraceptifs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le Méamoru (Plectranthus Parviflorus) : Plante à petites feuilles qui pousse au ras du sol et fait de minuscules fleurs bleues. Pour les Kanak, c’est le symbole de la vie. Dans la région du centre de la Grande Terre, les femmes soignent les maladies des yeux et purgent les bébés après décoction de ses feuilles et de sa tige.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le pommier kanak (Syzygium Malaccense) : Arbre à feuilles luisantes, pointues et très serrées. Une décoction de son écorce soigne les intoxications alimentaires. Le bouillon de ses feuilles calme les diarrhées et les feuilles chauffées et posées sur les furoncles les font disparaître.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le bancoulier (Aleurites moluccana) : Ils parsèment en septembre les pentes néo-calédoniennes. Les noix ont des propriétés purgatives et l’écorce râpée appliquée sur la plaie est utilisée pour soigner les blessures dues au corail.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le faux tabac (Argusia argentea) : C’est la plante la plus utilisée en Nouvelle-Calédonie dans les remèdes traditionnels contre "la gratte" (ciguatera) qui s’attrape en mangeant certains poissons du lagon pendant l’été. Il n’élimine pas les toxines mais aide à mieux supporter la crise.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : La savane à niaoulis est le type même du paysage calédonien de la côte ouest. Une décoction de l’écorce soulagera les rhumatismes et les courbatures. L’huile essentielle de niaouli est utilisée pour purifier l’air et en cas de rhume.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le bourao (Hibiscus tiliaceus) : Petit arbre dont il existe 3 variétés : le bourao rouge, le bourao blanc des bords de mer et le bourao blanc de l’intérieur des terres. La sève de ses feuilles est utilisée comme cicatrisant des plaies. Les feuilles sont souvent bouillies en décoction pour soigner le foie ou se relaxer.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le cocotier (Cocos nucifera) : Arbre très répandu dans les zones tropicales du monde entier, il peut mesurer jusqu’à 25 mètres. Dans la région de Hienghène, le bouillon de ses racines est un médicament contre la diarrhée. Posé sur les abcès, il aide à les faire évoluer. Contre les coups de soleil, il faut retirer la pulpe d’un coco vert et faire des cataplasmes sur les brûlures. Les racines frottées sur les dents rendent ces dernières blanches et saines.

Cocotier en bord de mer

Cocotier en bord de mer

Le corossol (Annoma Muricata) : Arbre tropical qui produit de gros fruits à l’enveloppe hérissée de pointes. Lorsqu’un enfant à la varicelle, il faut faire bouillir ses feuilles et le baigner dans cette décoction de couleur rouge. Les pustules sécheront sans cicatrice. C’est aussi un très bon remède pour détendre les bébés nerveux. L’inhalation de la vapeur qui se dégage des feuilles chauffées au feu apaise les crispations stomacales dues aux contrariétés.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La canne à sucre (Saccharum officinarum) : La fibre mâchée est utilisée comme émollient. En faire des compresses.

Le citronnier (Citrus limon Burmann) : C’est un petit arbuste. Les fleurs et les feuilles en infusion calment les spasmes d’estomac et les nausées.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le goyavier (Psidium guajava L) : Arbre répandu en Nouvelle-Calédonie qui atteint 2 à 3 mètres. Le tronc est mince et rameux. Faire bouillir les feuilles et tamponner les brûlures, les ampoules et autres irritations cutanées. En cas de piqûres d’insectes, mâcher les feuilles et appliquer la pulpe recracher sur la zone douloureuse.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le Cycas (cycas circinalis) : Il ressemble à un palmier. Le tronc est généralement unique, cylindrique et écailleux. En cas de piqûres par un poisson venimeux de type rascasse, il faut faire brûler une palme de cycas et poser le pied au dessus des vapeurs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

L’hibiscus (Hibiscus Rosa sinensi L) : C’est un arbuste ornemental des pays tropicaux. Il est très souvent taillé en haie. Une décoction de ses fleurs soigne la toux et soulage les jambes lourdes.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le santal (Santalum austrocaledonicum) : Arbre parasite qui pousse particulièrement sur la partie sud de la Grande Terre, à l’Ile des Pins et dans les Iles Loyauté. Il a un tronc de petite taille, court et droit avec une écorce rugueuse, grise et fendillée. Son feuillage est arrondi, touffu, d’un vert clair et brillant. Le jus de ses feuilles écrasées sera appliqué sur les hématomes pour les soulager.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le noni (Morinda citrifolia) : Le fruit du noni a une apparence bosselée allant du vert au gris. Les mélanésiens et les polynésiens utilisent depuis des milliers d’années chaque partie de la plante pour se soigner. En Nouvelle-Calédonie, le fruit pousse à l’état sauvage sur toute la côte et aux Loyauté. Il faut noter que certains usages de la médecine traditionnelle peuvent se révéler nocifs. Il convient donc d’être prudent dans l’utilisation et la préparation de ces recettes à base de plantes. Les plantes qui guérissent les maladies liées à la transgression des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

La canne à sucre (Saccharum officinarum) : Elle est cultivée dans les champs. Dans certaines régions, elle est utilisée pour soigner les malaises provoqués par le totem qui n’a pas été respecté.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le coleus (Solenostemon scutellarioides) : C’est une herbe larges aux couleurs variées qui est très commune dans les zones habitées. C’est le symbole de vie. Il protège les habitants de la mort. Si l’on tombe malade parce que le rite lié aux cultures n’a pas été accomplis correctement, il faut se badigeonner le corps avec sa sève.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le kaori (Agathis) : Il symbolise la hiérarchie. Son écorce et ses feuilles entrent dans la confection de décoctions qui soignent les maladies que provoque la violation des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

Le faux manguier (Cerbera Manghas) : Petit arbre aux feuilles luisantes ne dépasse pas 15 mètres et pousse sur presque toutes les rives du Pacifique et de l’Océan Indien. Le noyau de son fruit est très toxique. Pour guérir les maladies liées par la transgression des interdits, il faut boire l’eau qui a été filtrée par des feuilles du faux manguier.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie

L’oranger sauvage (Citrus macroptera) : Arbre grand comme un oranger dont les fruits qui ressemblent à des oranges ne sont pas comestibles. De Touho aux îles Bélep, on raconte qu’au pays des morts, le fruit de cet arbre permet, au cours d’un jeu, de distinguer l’esprit d’un vivant à celui d’un défunt. Boire une décoction de son écorce guérirait des maux contractés lors d’un voyage au pays des morts.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie
Les plantes qui protègent

Le bancoulier (Aleurites Moluccana) : Cet arbre peut mesurer 30 à 40 mètres. Il pousse en colonies. Les guerriers et les danseurs s’enduisent le corps du noir de sa noix afin de s’assurer la protection des ancêtres. Il est considéré comme un arbre qui abrite les esprits.

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : Lors des naissances, il était d’usage d’envelopper les nourrissons dans son écorce afin de les protéger et leur donner de la force.

L’arbre à tapa (Broussonetia papyrifera) : Arbuste aux feuilles en forme de coeur, il sert à fabriquer les bandes de tissus appelées tapa. Il est offert au guérisseur pour lui permettre de communiquer avec les esprits au moment de ses invocations.

Le croton (Codiaeum variegatum) : C’est un arbre décoratif aux feuilles panachées de vert, jaune et rouge. Ses feuilles portées sur l’oreille ou en bouquet serré sur le bras sont considérées comme des protections contre les agressions magiques. Elles assurent la présence bénéfique des ancêtres.

Croton et bancoulier
Croton et bancoulier

Croton et bancoulier

Les plantes et la recherche scientifique

A Nouméa, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) travaille sur un programme qui a pour but d'isoler de la biodiversité de Nouvelle-Calédonie, des molécules agissant contre les grandes maladies des pays industrialisés (cancer, sida, affections bactériennes) mais aussi contre des pathologies plus tropicales, maladies à vecteurs transmises par des moustiques comme la dengue ou le paludisme.

Le Laboratoire des Plantes Médicinales du CNRS (annexe de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (ICSN)) a pour objectif la recherche de substances naturelles bioactives dans la flore de la Nouvelle-Calédonie et des archipels adjacents.

Environ 250 plantes sont collectées par an. A Nouméa, des tests de cytotoxité sont réalisés et une chimiothèque est constituées par plus de 800 extraits organiques réalisés par an (feuilles, écorce, fruits, fleurs…). Elle est ensuite envoyée en Métropole afin que des essais biologiques soient réalisés en collaboration avec des firmes industrielles (L’Oréal) et pharmaceutiques dans le but de trouver des antiparasites, des anti-HIV, des anti tumoraux.

L'ethnopharmacologie est une approche de choix pour présélectionner des espèces connues des savoirs locaux ou réputées actives en médecine traditionnelle en Nouvelle-Calédonie. Certaines plantes étant depuis longtemps utilisées dans des buts bien particuliers (maladies de peau, infections, fièvres prolongées, etc.), de manière curative ou préventive (alimentation du patient), la connaissance de la pharmacopée est utile pour présélectionner ces espèces avant étude en laboratoire. Par exemple, en ce qui concerne la ciguatera ou "gratte" - intoxication par des poissons tropicaux, les remèdes traditionnels utilisés dans le Pacifique sud ont été inventoriés et leur efficacité étudiée. Des échantillons de plantes ont été envoyés dans des universités et facultés en Métropole pour études. Cette démarche devrait permettre de découvrir des substances actives.

Dans la commune du Mont Dore (proche de Nouméa), le laboratoire Cosmécal cultive des plantes médicinales telles que l’hibiscus, le niaouli, l’Aloé Véra, le goyavier, le noni et le niaouli. Ces matières premières entrent ensuite dans la fabrication des produits Cosmécal qui a développé sa propre gamme fabriquée exclusivement avec des plantes de Nouvelle-Calédonie (gélules, jus de noni, lotions et gels à base d’aloès, sirop, bonbons et baume au niaouli…). Ce laboratoire fait partie d’une Groupement d’Intérêt Scientifiques (GIS) en collaboration avec l’Université Française du Pacifique, l’IAC, l’IRD, le CNRS, la Province Sud et l’Institut Pasteur. Ce groupement a pour but la concertation dans l’organisation des recherches sur les substances naturelles, les synergies dans la réalisation des programmes scientifiques et la formation des étudiants.

Publié dans Culture Kanak

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