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culture kanak

Des livres d'histoire du pays, de la coutume, de la colonisation et de la lutte kanak pour son émancipation en librairie à Nouméa

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

On peut se procurer ces livres en librairie chez le libraire Calédo Livres ou le commander à Book'in Pacific
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Les assises de la culture de la Nouvelle-Calédonie au centre culturel Jean-Marie Tjibaou.

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Geste coutumier d'ouverture des assisesGeste coutumier d'ouverture des assisesGeste coutumier d'ouverture des assises
Geste coutumier d'ouverture des assises

Geste coutumier d'ouverture des assises

Ouverture ce mercredi 27 mars 2019 des assises de la culture en Nouvelle-Calédonie au centre culturel Jean-Marie Tjibaou, un lieu symbolique incontournable pour un tel événement.

 

Le geste coutumier obligatoire pour débuter s’est déroulé dans la gravité. C’est toujours un moment émouvant que personne n’oserait prendre à la légère. De beaux échanges de paroles qui prouvent une fois de plus l’importance de la culture dans le monde mélanésien ont été prononcés, des paroles en complète harmonie avec la devise du pays « Terre de parole, Terre de partage ».

Ensuite, la foule des invités s’est rendu sur le lieu du petit-déjeuner offert pour l’occasion avec pour animation une chorale dans un cadre bucolique propice aux discussions entre amis heureux de se retrouver ou de peaufiner leurs interventions avant les discours protocolaires dans la salle de spectacle, un petit amphithéâtre avec une parfaite acoustique.

Un représentant des autorités coutumières, des trois provinces, du gouvernement avec Valentine Eurisouké pour représenter Déwé Gorodey et trois témoins Daniel Bodin, Christiane Terrier et Billy Watropo sous la présidence du directeur de l’ADCK Emmanuel Tjibaou étaient en charge de ces discours.

Ils ont rappelé l’objectif de ces assises qui sont de faire l’évaluation de la politique culturel du pays, fer de lance de l’émancipation et de l’identité kanak mais pas seulement. Un bilan nécessaire était à faire qui avait commencé l’année dernière avec divers ateliers sur tout le territoire. Comme tous les chemins mènent à Nouméa, c’est donc dans la capitale qu’ils ont choisi de faire la synthèse de ces travaux.

 

Valentine Eurisouké a souligné les avancées et le travail des institutions publiques. Elle a admis qu’il restait du travail à faire dans tous les domaines avec une gouvernance partagée.

Le discours du représentant des coutumiers était empreint d’une grande solennité, un très beau discours. Il a rappelé que la culture du peuple premier était une culture d’accueil avec la difficulté des apports extérieurs à intégrer. Il a indiqué que la culture océanienne et les autres cultures doivent se rejoindre. Le ton était donné.

Par la suite, les autres discours iront dans le même sens. Des discours « de la main tendue », très éloignés des discours revanchards et haineux qu’on entend parfois avec certains politiques. « La culture peut être le moteur de la citoyenneté », a-t-il dit aussi.

Emmanuel Tjibaou a évoqué son rôle de technicien et d’acteur de la culture. Il a interpellé les politiques pour renforcer et aider au fonctionnement du tissu des différentes associations qui œuvrent dans le domaine. « On doit aussi s’interroger sur la position du curseur pour débloquer des ressources… Nous ne sommes plus en 1998 et 2018 est passé… Nous devons trouver les solutions pour 2019… Il faut dire notre pensée, le centre culturel a le rôle de reformuler, il a été construit sur la commune de Nouméa pour cela… »

Le premier témoin à la barre, Christiane Terrier a regretté d’emblée que le grand public ne soit pas conscient de la richesse que renferme le centre culturel et n’assiste pas plus à ses activités. Elle s’est dite représentante de la diversité. Elle a indiqué qu’elle avait un grand projet pour évoquer l’évolution de la culture.

Billy Watropo a dit entre autres que : « la revendication culturelle du peuple kanak est permanente mais que nous avions énormément avancé… Nous avons fait émerger quelque chose que l’on croyait inexistant. Reste à faire le dialogue interculturel de la diversité. »

L’anthropologue Daniel Bodin a rappelé que « la culture était un deuxième volet de l’accord de Nouméa un peu oublié au départ… La difficulté est de faire une société culturelle qui doit être au centre du rééquilibrage… Il faut réfléchir sur la manière de faire la décolonisation de la culture en prenant en compte la culture pays… ». Il a émis le vœu que les assises servent à faire un bilan plutôt qualitatif que quantitatif.

 

Ci-joint des photos la coutume, les discours, le stand ALK, et mini marché qui fait parti des manifestations culturelles du Caillou. JP (En cliquant sur les photos on a l'impression de voir plus clair)

Petit-déjeuner sur l'herbePetit-déjeuner sur l'herbe
Petit-déjeuner sur l'herbe
Petit-déjeuner sur l'herbePetit-déjeuner sur l'herbe

Petit-déjeuner sur l'herbe

Discours
Discours Discours
Discours

Discours

ALKALK
ALK

ALK

Mini marchéMini marché

Mini marché

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LES ASSISES DE LA CULTURE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

LES ASSISES DE LA CULTURE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Le premier jour, la matinée sera occupée par deux ateliers intitulés « Programme, coutume, langues et culture » et « La place transversale de la culture ». Trois jours de débat sont programmés

 

A cette occasion, l’académie des langues kanak proposera une animation mettant en avant l’une de ses missions principales. Ainsi, il sera proposé ce qui suit :

– une présentation des ouvrages de l’ALK et diffusion de supports en langues kanak (livrets, etc.)

– une diffusion sonore de comptines, etc. en langues kanak

– et un atelier de diffusion des normes orthographiques de l’ALK, à travers un atelier d’écriture, au cours duquel des dictées en langues kanak seront proposées aux enfants et aux adultes.

Soyez nombreux à assister à cet événement !

 

I_ Introduction

La Nouvelle-Calédonie occupe une place particulière dans le paysage culturel à l’échelle régionale et internationale et en tant que pays francophone. Elle est riche de sa diversité sociale, économique et ethnique, et forte de la présence d’un grand nombre d’artistes, parmi lesquels des talents en devenir et des créateurs qui occupent la scène musicale, artistique ou littéraire depuis plusieurs décennies.

La Nouvelle-Calédonie est à la fois consciente de ce potentiel et attentive aux enjeux liés, dans l’ensemble du pays, au développement d’un plan stratégique culturel. Elle œuvre depuis deux décennies pour la préservation et la transmission d’un patrimoine archéologique et historique nécessaires à la recherche d’une identité calédonienne, et pour un rééquilibrage culturel permettant un accès équitable aux activités culturelles.

Elle vise aussi à favoriser l’ouverture à la culture des différentes composantes culturelles implantées dans le pays, le pluralisme des pratiques culturelles et de leur mode d’expression notamment dans les pratiques des jeunes générations grandissant en pleine révolution numérique, l’éducation artistique, la possibilité de créer et de diffuser des œuvres. Elle souhaite aussi donner la possibilité aux artistes de vivre de leur métier et valoriser l’emploi généré par la filière culturelle.

Devant ces préoccupations exprimées en premier lieu par les acteurs culturels, Mme Déwé GORODEY, membre du gouvernement en charge du secteur de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté, a souhaité que soit organisé un projet cohérent, « les Assises de la culture de la Nouvelle-Calédonie », autour de cette dynamique culturelle. La Nouvelle-Calédonie, dont les compétences s’exercent en matière « d'infrastructures et manifestations culturelles intéressant la Nouvelle-Calédonie », et « d’organisation des services et des établissements publics de la Nouvelle-Calédonie », a conclu avec l'État, après avis des provinces, un accord particulier prévu dans la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999. Cet accord particulier a été signé le 22 janvier 2002 pour une durée de sept ans puis prorogé par avenant au 31 décembre 2010.

Centré sur le rééquilibrage, l’un des objectifs principaux des politiques de développement culturel, l’accord particulier porte sur :

- la protection et la mise en valeur du patrimoine, notamment du patrimoine

culturel kanak,

- le développement, la diffusion et l’enseignement des langues vernaculaires,

- les enseignements et les pratiques artistiques,

- l’agence pour le développement de la culture kanak,

- la création, la diffusion artistique et la circulation des œuvres.

Suite de ce dossier de presse du gouvernement

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Le sénat coutumier a rendu hommage au travail de Daniel Miroux pour la sortie du Lexique sur Iaai, la langue d’Ouvéa

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Daniel Miroux et l'un ds sénateur Iaai et le geste coutumier du président de sénatDaniel Miroux et l'un ds sénateur Iaai et le geste coutumier du président de sénat
Daniel Miroux et l'un ds sénateur Iaai et le geste coutumier du président de sénat

Daniel Miroux et l'un ds sénateur Iaai et le geste coutumier du président de sénat

Auguste DAOUME et les sénateurs des Districts Mouli Fayaoué Himoné Uë-Saint Joseph ont honoré le Lexique IAAI de Daniel Miroux pour clôturer cette semaine de la francophonie avec l’île d’Ouvéa au Sénat coutumier en présence de personnalités coutumières de la Grande Terre.

Soirée émouvante et solennelle au sénat coutumier. Une cinquantaine de personnes, de toutes ethnies, s’étaient réunies pour célébrer, dans le cadre de la semaine de la francophonie, la sortie du lexique de Daniel Miroux sur la langue d’Ouvéa, un ouvrage qui fera date car il comprend plus de 15 000 entrées avec 524 pages. Mais c’était plus qu’une présentation d’un livre, c’était aussi un moment fort et émouvant car il a rassemblé de nombreux membres du clan Hmadri de Banutr dont deux des membres disparus aujourd’hui, ont beaucoup contribué à la collecte des mots en iaai : la mémoire de Betenge Jeno et de Jacques Jeno a été en effet rappelé par Daniel Miroux dans son discours coutumier devant les sénateurs, prononcé uniquement en iaai ave une traduction en français faite par le pasteur Wadawa Neudjen. La veuve de Jaques Jeno avec plusieurs de ses enfants avait tenu à participer à cette soirée forte et prenante. La grande majorité des personnes présentes ont été émerveillées par la beauté du site, tant par l’architecture des bâtiments que par l’environnement naturel, le tout apportant une sérénité bienfaisante. Soirée mémorable que ce jeudi soir. La Francophonie, c’est vraiment le partage des cultures !

 

Waalang ke bong sehnyin hobikötötin hia thidhö !

C’est un jour de fête, soyons tous heureux !

PS : Daniel Miroux a participé à la rédaction de ce billet pour l'orthographe des noms et laisser un message en iaai. JP

Quelques autres photos. NB en cliquant sur une photo on peut la visionner en plus grand format.
Quelques autres photos. NB en cliquant sur une photo on peut la visionner en plus grand format.Quelques autres photos. NB en cliquant sur une photo on peut la visionner en plus grand format.
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Quelques autres photos. NB en cliquant sur une photo on peut la visionner en plus grand format.

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Le lexique iaai-français et français-iaai présenté hier soir mercredi à la librairie Calédo Livres par Daniel Miroux

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Le lexique iaai-français et français-iaai présenté hier soir mercredi à la librairie Calédo Livres par Daniel Miroux

Le lexique iaai-français et français-iaai est un ouvrage de 524 pages, plus de 15 000 entrées et près de 300 constructions possessives, des flexions dont certaines sont en voie de disparition, plus de 300 recensées par Daniel Miroux qui se régale de la richesse de cette langue qui lui rappelle l’allemand qu’il a étudié dans sa jeunesse. Daniel Miroux a raté sa vocation, c’est linguiste qu’il aurait aimé devenir. Si l’académie des langues kanak avaient des membres élus, Daniel serait l’académicien IAAI, c’est surement le plus grand connaisseur non-kanak de cette langue sur le Caillou. Le lexique est son quatrième ouvrage sur Ouvéa, un formidable outil pour les locuteurs, les enseignants et les linguistes. Pour cette causerie, riche d’enseignements, et ils ont été nombreux car Daniel Miroux parle vite. Daniel Miroux aime profondément Ouvéa. C’est un garçon d’Iaai, son « frère », Auguste Daoumé, président de l’aire, l’a assisté et lui a apporté son savoir sur la coutume et la langue. Auguste Daoumé est un coutumier artiste émérite. La décoration de la chambre 305 de l’hôtel Gondwana est son œuvre mais ce n’est que la partie émergée de l'iceberg de cet artiste — Chef artiste —

Ce jeudi 21 mars à 17h30, une cérémonie coutumière de présentation de l’ouvrage se déroulera au sénat coutumier.

Le lexique avec la malicieuse libraire. Le prix de ce livre est modique pour un ouvrage comme celui-ci

 

NB : Iaai : l'île d'Ouvéa dans les Îles Loyauté. Elle donne son nom à la langue mélanésienne parlée par un peu plus de 1 500 locuteurs sur cet atoll. L'autre langue parlée, le faga uvea, est une langue polynésienne encore utilisée par environ 1000 personnes. Cette langue polynésienne comme l’a précisé Auguste Daoumé est composée de tongien, de wallisien et de futunien. Ce n’est pas que du wallisien. Les Tongiens avait débarqué sur l’île avant la colonisation bien avant les Wallisiens.

 

 

AUGUSTE DAOUME

Auguste DAOUME est né le 16 août 1958 à Ouvéa. Il est musicien, dessinateur et artiste autodidacte.

Il a participé à de nombreuses expositions :

– Exposition collective « Tremplins de la création » du Centre d’Art de Nouméa en août 2014

– Exposition personnelle dans le hall de la SIC en juillet 2015

– Exposition « Trace » au Centre Culturel du Mont-Dore avec Fabienne Bousseau et Alain Bretesché en octobre 2015

– Sélectionné par la Province Sud pour le Festival des Arts Mélanésiens aux Iles Salomon en juillet 2018

– Galerie Lec Lec Tic en octobre-novembre 2018

– Château Hagen à Nouméa en octobre-novembre 2018

Auguste Daoumé artiste kanak
Décoration Auguste Daoumé qui travaille à l'encre de Chine.

 

Le lexique iaai-français et français-iaai présenté hier soir mercredi à la librairie Calédo Livres par Daniel Miroux
Le lexique iaai-français et français-iaai présenté hier soir mercredi à la librairie Calédo Livres par Daniel Miroux

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Causerie avec Daniel Miroux sur son Lexique français-iaai / iaai-français

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Causerie avec Daniel Miroux sur son Lexique français-iaai / iaai-français

Le IAAI, langue austronésienne, fait partie du groupe des langues océaniennes. Il est principalement parlé dans l’île d’Ouvéa, appelée aussi Iaai, située dans l’archipel des Loyauté en Nouvelle-Calédonie.

C’est une langue riche de par sa phonologie et son système vocalique. Elle se caractérise également par l’absence de voyelle nasale et par une expression de la possession la plus développée, des langues kanak.

Dès l’établissement des missionnaires protestants, au milieu du XIXe siècle, la langue iaai a eu sa propre écriture avec la fixation d’une orthographe qui sert encore de référence aujourd’hui. La publication de la Bible, le Tusi Kap, en 1901, marque la diffusion écrite du iaai. À l’époque de très nombreux textes notamment religieux ont été écrits dans la langue.

L’écriture a toutefois subi, depuis, une évolution à la fois par le souci des linguistes de la rendre plus proche de la réalité en doublant, entre autres, les voyelles longues et aussi par la disparition de certaines consonnes dans plusieurs catégories de mots, celles-ci n’étant plus prononcées par les locuteurs, probablement en raison de la proximité de la langue avec le français.

Signe de vitalité, les lecteurs pourront trouver dans ce livre de nombreux mots de création récente liés à la vie quotidienne actuelle.

Daniel Miroux samedi 16 mars à la mairie de Nouméa photo Joël PAUL

 

Économiste de formation, Daniel Miroux est président-fondateur de l’Alliance Champlain. Cette association calédonienne, créée en 1985 à Nouméa, pour promouvoir la langue française et la francophonie, a diversifié ses actions à partir de 1998, année de la signature de l’accord de Nouméa, en apportant sa contribution à l’épanouissement des langues kanak de la Nouvelle-Calédonie. Ce lexique est le cinquième ouvrage de vulgarisation écrit par Daniel Miroux sur la langue iaai.

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Deux ouvrages sur la culture kanak des Presses universitaires de Nouvelle-Calédonie, PUNC disponibles en librairie et chez Book’in distribution

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Book'in distribution

Livres de Nouvelle-Calédonie et d'Océanie

21ter rue Jean-Jaurès, place de Cocotier, Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Contactez-nous au (+687) 28 38 03 ou par mail bookin-com@canl.nc

 

Cet ouvrage restitue les résultats d’une recherche collective menée sur les années 2014 à fin 2016. Son objet n’est pas de saisir la coutume kanak dans sa réalité sociologique mais la coutume kanak telle qu’elle est reçue par le système juridique afin de proposer une meilleure réception de ce droit coutumier dans le corpus normatif de la Nouvelle-Calédonie.

 

Ce projet a permis la création d’un corpus de droit coutumier qui donne accès à un droit jusque-là souvent méconnu, en regroupant notamment plus de 600 décisions rendues depuis 1990 dans le contentieux coutumier et en proposant un lexique des termes coutumiers. Afin de renforcer cette accessibilité de la coutume, mais aussi de fonder des propositions permettant sa meilleure intégration, ces décisions ont fait l’objet d’études de contenu par matière (statut coutumier, famille, terre coutumière, intérêts civils). La première partie de l’ouvrage rend compte de la coutume judiciaire ainsi observée. Cependant, la coutume, comme le droit coutumier, dépasse cette seule dimension judiciaire. Aussi, la réflexion sur son intégration dans le droit calédonien devait tenir compte d’un contexte plus large afin d’en mesurer tous les enjeux : celui du rôle que la coutume pourrait jouer dans les matières jusqu’ici laissées hors de son champ par la loi organique (droit pénal, droit du travail, notamment), celui de ses assises anthropologiques et économiques, celui des différents vecteurs de son intégration qu’ils soient institutionnels (autorités et institutions, justice, état civil coutumier, acte coutumier) ou théoriques (légistique, conflits internes de normes). Ces différents enjeux sont étudiés dans la seconde partie de l’ouvrage. C’est sur la base de ce travail collectif que l’ouvrage conclut en formulant les propositions pouvant permettre une meilleure intégration de la coutume kanak dans le pluralisme juridique calédonien.

 

•   Prix de vente public : 4000 XPF

•   Gencode : 9791091032049

•   Genre : Droit, sciences économiques

•   Auteur : Etienne Cornut et Pascale Deumier

•   Editeur : Presses universitaires de Nouvelle-Calédonie, PUNC

 

Traduction en français de la monographie Specters of Violence in a Colonial Contexte, New Caledonia, 1917, basée sur la thèse du chercheur néo-zélandais Adrian Muckle, spécialiste de l’histoire de la  Nouvelle-Calédonie.Cet ouvrage, doté d’une inconographie enrichie, raconte l’histoire de « 1917 », longtemps considérée comme étant la « dernière des révoltes kanak ». L’auteur met en lumière son importance et son incidence sur les événements ultérieurs, notamment ceux des années 1980.

 

En 1917-1918, au cœur du premier conflit mondial de 1914-1918, 64 ans après l’annexion française de la Nouvelle-Calédonie et 40 ans après les affrontements qui ont déchiré la colonie en 1878-1879, la région montagneuse qui s’étend de Koné à Hienghène, au nord de la Grande Terre, a été le théâtre d’une guerre. Longtemps estimée être la « dernière des révoltes kanak », son importance et son incidence sur les événements ultérieurs n’ont pas toujours été considérées à leur juste mesure.Adrian Muckle, chercheur néo-zélandais, spécialiste de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, membre du département d’histoire de la Victoria University of Wellington, où il enseigne l’histoire du Pacifique des 19e et 20e siècles, est le premier historien à avoir réexaminé de manière exhaustive cette guerre, prenant appui sur des documents d’archives officielles, dont des dossiers administratifs, la correspondance des missionnaires de l’époque, les procès-verbaux des enquêtes judiciaires postérieures au conflit et les comptes rendus du procès des 78 « rebelles » de 1917-1918.Dans l’ouvrage issu de cette étude, Specters of Violence in a Colonial Contexte, New Caledonia, 1917 (Presses universitaires d’Hawaï, 2012), l’auteur explore les dynamiques en œuvre au cours de cette guerre, notamment celles en relation à la peur et à la violence, ainsi que les rapports de force présents dans l’environnement colonial complexe du début du 20e siècle. Loin de l’historiographe coloniale, Adrian Muckle réévalue les causes et la portée de cette guerre, tout en contextualisant les décisions prises par les différents protagonistes, dont les justifications et les « imaginaires » sont finement analysés. Il montre également comment la violence déployée dans les années 1980 fait écho à celle de 1917.

 

•   Prix de vente public : 3500 XPF

•   Gencode : 9791091032087

•   Genre : Histoire

•   Editeur : Presses universitaires de Nouvelle-Calédonie, PUNC

•   Auteur : Adrian Muckle

•   Traducteur : Philippe Boisserand

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Découvrir le musée de Nouvelle-Calédonie et la culture kanak

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2019 est l’année internationale des langues autochtones annoncée par l’Assemblée générale des Nations unies. Sur ce thème, retrouvez sur cette page toutes les vidéos qui seront postées chaque semaine par le musée à partir du 19 février 2019.

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

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La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Avant-propos et mise en garde :

Ci-dessous un article pour vous donner envie de découvrir nos plantes du Caillou. Je n'ai pas les compétences pour confirmer que toutes les vertus ou utilisations de ces plantes sont réelles et applicables. Je vous invite à consulter les nombreux ouvrages ou de consulter les sites des scientifiques dans ce domaine pour en savoir plus avant d'appliquer des recettes pour vous soigner par exemple. Nous savons en Nouvelle-Calédonie que certaines plantes sont nocives pour la santé.

Préambule :

Le Dr Paul Quaeze est décédé en octobre 2015 suite à un malaise, toute la classe politique et le monde du sport avait rendu un hommage à un homme apprécié de tous. Son article du 11 août 2012 est aussi une manière de lui rendre hommage. JP

Médecin de brousse en Kanaky

La vie quotidienne d'un médecin de brousse en Nouvelle Calédonie. La connaissance historique, géographique, ethnique, culturelle et artistique de la Nouvelle Calédonie La connaissance du peuple Kanak

Article élaboré à partir d’extraits d'un article du Dr Paul QAEZE et d'une interview de Patrice GODIN pour la médecine kanak http://jpcaillon.canalblog.com/ et de Wikipédia pour les images de plantes ou d’arbres.

Généralités :

La médecine occidentale peut apprendre de la traditionnelle.

Elle a voulu longtemps couper le malade de son environnement personnel. Par souci de simplification. C'était l'un des rôles essentiels de l'hôpital. Elle a fait reculer les maladies physiques, mais a aggravé le mal-être. La médecine libérale a eu des velléités de corriger ce travers. Mais les cadences et l'afflux des patients ont anéanti ses efforts. Les psys affichent complets. Manquent de temps face à la variété des intellects et des situations personnelles. Le devin du village se débrouille mieux, avec des contextes plus uniformes et des procédures mieux codifiées.

Tout semble opposer les conceptions de la santé chez le mélanésien et l'occidental : pour le premier, c'est l'équilibre entre l'homme, ses proches, sa terre, ses ancêtres. Pour le second, c'est un examen clinique normal, une tension dans la norme, un bilan biologique sans astérisque, un forum internet qui confirme que l'on est toujours en vie...

Les kanaks ont vu bien des leurs rejoindre prématurément les esprits, malgré les guérisseurs. Ils ont acquis du pragmatisme. Ils classent les maladies en 4 catégories :

1) Les maladies "normales", de cause évidente :

Intoxication alimentaire (ciguatera), maladies sexuelles, coup de chaleur, plaies.... Traitement par les plantes, connus du plus grand nombre : ça reste dans le cadre familial. Equivalent de la mère occidentale qui désinfecte elle-même les bobos de sa progéniture.

2) Les maladies du Docteur Blanc :

Imprécises avant son arrivée. Classées par défaut dans les 2 dernières catégories. Pour le kanak, ce qui ne se voit pas est plus grave. Un mal de tête, une sciatique, est plus inquiétant qu'une plaie purulente. Le Blanc est assez doué pour ce qui ne se voit pas. Il a des médicaments pour tout. Oui, mais il ne connaît pas les maladies liées aux esprits. Alors il est prudent de voir le guérisseur et de prendre une potion traditionnelle, tout en allant voir le docteur.

3) Les malheurs liés à des fautes commises :

Ce sont aussi bien des maladies que des drames personnels : échec professionnel, affectif, disparition de personne, perte d'une récolte.

Les fautes résultent souvent d'inadvertance : oubli de rituel, de coutume, irrespect, transgression involontaire. Les esprits des ancêtres sanctionnent. De façon très imaginative. Parfois, aucune relation apparente entre le trouble manifesté et la faute. Une enquête est nécessaire. C'est plus simple quand il y a eu contact direct avec un objet interdit / sacré pour lequel les symptômes sont évidents : lésions cutanées à l'endroit du contact...

4) Les agressions par sorcellerie :

"Boucans" envoyés par un ennemi. Agression par esprit malveillant. Les grands chefs ont des gardes du corps spécialistes des questions mystiques.

Les catégories 3 et 4 sont soignées par les guérisseurs/voyants. Héritier d'une tradition transmise oralement et par quelques carnets de notes. Leurs méthodes sont secrètes ; ils connaissent la procédure par vision.

En fait, l'opposition entre médecine traditionnelle et allopathique n'est pas spécifique au monde kanak. Les occidentaux recourent autant à leurs guérisseurs et spécialistes de l'âme, bardés de titres plus modernes. Homéopathes, magnétiseurs, ostéopathes, patamédecines diverses, s'offrent à traiter au-delà du problème physique. Points communs : secret des techniques, croyances intégristes, influence sur le patient, importance du temps passé à la relation. Une différence, avouons notre cynisme : le guérisseur kanak travaille encore pour le statut, pas pour l'argent. Les contraintes matérielles des deux sociétés ne sont pas les mêmes. Mais le guérisseur kanak est le plus content de rendre service. Il ne lui viendrait pas à l'idée de refuser un patient. Ou de lui fermer sa porte la nuit.

Qui se fait le plus plaisir au bout du compte ? Le kanak récompensé à 80% de reconnaissance ? Ou le doc blanc vu comme un fonctionnaire surpayé de la CAFAT (Sécurité Sociale Calédonienne) ? Question de personnalité. Ceux qui vivent par les autres sont à la recherche de reconnaissance. Peut-être ne sont-ils pas assez guérisseurs ? Les patamédecines les en rapprochent.

En pratique, voici les écueils pour le médecin occidental en terre kanak :

Si la maladie traîne malgré le traitement, le kanak est vite convaincu que le retard vient des esprits. -Aucune notion d'évaluation chez le kanak : Quand le traitement traditionnel est pris simultanément avec celui du docteur, la guérison est attribuée préférentiellement au premier. (C'est aussi vrai pour beaucoup de blancs adeptes des médecines alternatives.)

Le docteur ne connaissant rien à l'histoire du clan et des ancêtres, il est incompétent dans certain domaine. Il n'est pas "généraliste".

Les facteurs de risque ne représentent rien pour le kanak. Les maladies insidieuses telles que diabète, hypertension, insuffisance rénale, ne sont pas considérées comme importantes. Souvent seule la prise en charge à 100% assure le suivi. Prendre sa pilule, faire sa prise de sang, permet de voir régulièrement le docteur et de lui parler d'autres problèmes gratuitement.

Solution : intégrer le guérisseur dans le réseau médical classique. Reconnaître l'approche différente, souvent complémentaire. En opposant les deux médecines, on prive souvent le patient des bénéfices de l'une.

Le blanc caustique dira que le guérisseur entretient des croyances fausses chez les kanaks et l'obligation de recourir à ses soins. Vrai. Vrai, de même, pour les patamédecines que les occidentaux continuent à consulter après un siècle de progrès scientifique rapide. Le rôle du médecin n'est pas d'extirper une partie de l'inconscient de son patient, tout au plus de l'aider à la reconnaître... s'il en est capable.

Au philosophe de faire évoluer la culture. Maître Profit est la philosophie conquérante de l'Occident. Il envahira tôt ou tard le monde kanak. Ne lui facilitons pas la tâche en détruisant les piliers de la culture traditionnelle, comme le monde des Esprits, juste pour prouver que nous sommes les plus savants.

La médecine traditionnelle :

Dr Paul QAEZE

La conception de la santé chez le mélanésien (*) repose sur des notions différentes de la compréhension occidentale. La Maladie correspond à la manifestation d'un déséquilibre d'un ordre établi. Elle va faire intervenir les fondamentaux de la société kanak, qui englobe l'homme dans sa dimension physique, sociale et mystique. D'un côté on a la parole, les plantes et les forces ancestrales et de l'autre, le stéthoscope, les molécules actives et les microbes. Alors que l'étiologie occidentale repose sur des relations entre un agent pathogène et une maladie ; dans la société kanak, la maladie résulte d'interactions entre l'homme, son environnement naturel et social, et le monde mystique représenté par les ancêtres.

Dans le milieu mélanésien ; on peut considérer qu'il existe trois sortes de maladies.

Les maladies dites naturelles...

...dues à un déséquilibre de la personne à elle-même (maladies du chaud /froid, du sec/humide, de l'excès et du manque). Le traitement se fera par la pharmacopée familiale.

Face à une plaie surinfectée, avec des lésions de grattage, le médecin occidental attribuera cela à un manque d'hygiène. Cette interprétation résulte de l'incompréhension entre le discours médical kanak et occidental. Dans l'échelle de gravité des ces maladies naturelles, celles qui ne se voient pas sont plus délétères que celles qui s'extériorisent. Donc une mère kanak s'inquiétera plus si son enfant se plaint d'un mal de tête ou de ventre que d'une plaie qui suinte.

Les maladies liées aux ancêtres

C'est quand une pathologie perdure, ne guérit pas assez vite. C'est  la  maladie des  fautes commises, c'est la transgression d'un tabou, d'une règle clanique.

Le traitement sera le recours à un guérisseur. Ainsi les forces ancestrales sont en particulier capables de punir les actes ou les attitudes répréhensibles commis par leurs descendants. La consultation par le guérisseur cherchera à déterminer l'origine exacte du mal. L'entreprise du diagnostique mobilise tous les proches, car la maladie peut s'abattre sur le groupe entier si la faute commise n'est pas réparée.

S'il y a eu transgression d'une règle sociale ou offense d'un parent, le malade fautif doit reconnaître son délit et entreprendre un geste symbolique de réparation. Ce n'est qu'à cette condition que le traitement appliqué sera efficace.

L'offense étant pardonnée, le risque de conflits au sein du clan est écarté. Les ancêtres libèrent alors leurs pouvoirs protecteurs. Ils rendront les médications efficaces ou désigneront les plantes médicinales appropriées, notamment par l'intermédiaire des rêves. Ces solutions thérapeutiques n'apparaissent pas seulement aux guérisseurs mais au patient lui-même qui peut trouver son traitement en rêve. Il arrive aussi qu'un proche du malade se réveille nanti du savoir thérapeutique.

Les maladies dites provoquées

En effet, ce sont des maladies engendrées par des maléfices (boucans) lancés par un sorcier ; ou par des conflits entre individus suscités parfois par la jalousie. Si l'on conçoit que les forces ancestrales sont en contact permanent avec le monde des vivants, on peut envisager qu'elles interviennent à la demande de leurs descendants.

Les symptômes de ces maladies dites magiques sont comme une maladie normale, à savoir fatigue, diarrhée, ou maux de tête, mais la survenue est aiguë et brutale. Le remède passe obligatoirement par un spécialiste de la voyance.

La médecine traditionnelle offre ainsi aux malades des solutions thérapeutiques qui englobent leur bien-être social et spirituel, valeurs que les mélanésiens ne retrouvent pas dans la médecine occidentale. Cependant, en évitant les ruptures brutales qui pourraient empêcher le passage d'un système à l'autre, en respectant l'essentiel des conceptions tout en y intégrant des éléments nouveaux, la tradition peut s'ouvrir à la modernité.

C'est le processus qui semble guider aujourd'hui le développement du pluralisme médical en Nouvelle-Calédonie.

(*) A lire : Chroniques du pays kanak. Gestes "Tome 2 : La Santé, p 129-191. Editions Planète Mémo)

Une interview de Patrice GODIN, anthropologue, par JY LANGLET :

JYL : Monsieur Godin, vous êtes anthropologue et vos travaux portent sur les rapports entre organisation sociale, cosmologie et rituels dans les communautés kanak de la région de Hienghène. A ce titre vous vous êtes intéressé à la médecine kanak traditionnelle. Pourriez-vous nous dire quelle est aujourd'hui la place de cette médecine ?

PG : "Elle est toujours extrêmement pratiquée, même si on constate dans les représentations comme dans les pratiques de nombreux changements depuis cent cinquante ans de présence française. L'un des traits caractéristiques de cette médecine est qu'elle est partie intégrante de l'organisation sociale kanak. Ce n'est pas une institution indépendante, séparée des autres composantes de la société, mais l'un des rouages essentiels de son fonctionnement. Pour faire bref, on peut dire que la société kanak est toute entière organisée autour de deux axes : ses chefferies et ses rituels. Ces rituels sont eux-mêmes de deux sortes :

-  des cérémonies d'échanges, qui jalonnent les grandes translations de   l'existence   (mort,   mariage, naissance),

-  et les rituels thérapeutiques qui constituent le noyau de ce qu'on appelle communément la médecine kanak "

JYL : Un exemple ?

PG : "La toute première histoire qu'on m'ait raconté sur ces pratiques. Un matin, un homme âgé se renverse le contenu d'une bouilloire d'eau bouillante sur les genoux. Le médecin qui le reçoit au dispensaire l'évacué sur Nouméa. Sur place, complication infectieuse. Au bout de quelques jours, et surtout après plusieurs visites de parents, il s'inquiète de toujours souffrir énormément. Un soir, profitant de la rotation du personnel infirmier, il s'échappe du CHT (Centre Hospitalier Territorial, à Nouméa) et prend le car du soir pour revenir à Hienghène. Le lendemain, avec un de ses fils, il consulte un devin. Le surlendemain, il obtient la réponse à ses inquiétudes. S'il ne guérit pas, c'est que lui ou quelqu'un de son entourage a commis une faute vis-à-vis de sa famille maternelle. Le diagnostic du devin est très exactement : "malédiction des utérins" (hwanyen le hwan-hiri en langue némij). Une discussion s'engage entre le vieux, son fils et le devin qui vise à éclaircir la raison de cette malédiction. Et au bout d'une heure, elle débouche sur une hypothèse qui est agréée par le devin. Il y a quelques mois, le vieux et son clan ont récupéré une terre ancestrale dans le cadre d'une revendication foncière. Mais lorsque ceux-ci l'ont remise en culture, ils ont oublié de faire un geste coutumier à l'oncle maternel du vieux. Les ancêtres du clan utérin ont envoyé la malédiction en retour. Le devin préconise d'aller demander pardon à l'oncle pour cet oubli. Le geste est accompli. Ensuite, l'oncle propose que le guérisseur et prêtre de son clan traite les brûlures. La conjugaison des deux traitements, kanak et européen, conduira à la guérison ".

JYL : Toutes les maladies rentrent-elles dans le même schéma ?

PG : "Non. Grosso modo, on peut dire qu'il existe quatre grandes classes de maladies pour la pensée kanak traditionnelle. D'abord, les maladies ordinaires, bénignes que les gens de Hienghène appellent simplement " maladies " (folie) et que les gens de l'aire linguistique paicî, plus au sud, appellent "vraies maladies ". Ce sont des troubles entraînés par des déséquilibres de l'hygiène quotidienne de vie. On range dans cette catégorie les troubles de l'alimentation, les accidents climatiques (refroidissement, exposition au soleil...), la ciguatera ou encore les maladies sexuellement transmissibles. Ces maladies se soignent dans le cadre familial, où l'on recourt à une pharmacopée principalement végétale, connue sinon de tous du moins du plus grand nombre. Il y a ensuite les maladies qui sont dites "maladies des Blancs" ou "maladies du docteur". Elles n'étaient pas connues avant l'arrivée des premiers colons européens et de ce fait elles n'ont pas de noms dans les langues locales. Les seules exceptions sont dans le centre et le nord de la Grande Terre le pian et la lèpre. Le premier a été assimilé à une maladie de peau, la seconde à une forme ancienne de mycose rongeante. Les maladies du docteur sont comme leur nom l'indique du seul ressort de la médecine européenne dont on attend qu'elles les guérissent dans des délais relativement brefs. Les deux autres catégories de maladies nous font passer dans un tout autre registre des représentations. A leur propos, il faudrait d'ailleurs plutôt parler de "malheurs" que de maladies, dans le sens où ces catégories englobent non seulement des pathologies, mais aussi des événements dramatiques frappant les personnes, les familles, voire la communauté dans son ensemble (disparition inexpliquée de personne, échec professionnel, accidents...). Parmi les malheurs, il y a en premier lieu ceux qui résultent de fautes commises. Et parmi ces fautes, on distingue souvent entre, d'une part les transgressions, l'oubli ou l'accomplissement défaillant de gestes rituels, les comportements irrespectueux, etc. qui appellent une sanction de la part des ancêtres, et d'autre part le contact involontaire avec des lieux ou des objets "interdits", "sacrés" parce que chargés de présence ancestrale. Leurs conséquences ne sont pas les mêmes. Dans le cas des secondes, il existe un lien évident entre symptômes et nature de la maladie. Le contact avec une présence ancestrale débouche sur des altérations ou des lésions de la peau qu'on explique par une sorte de possession, l'ancêtre a envahi le corps du malade. Si on ne soigne pas cette possession à temps, le malade est dit sombrer progressivement dans la folie et peut même mourir. Pour les malédictions, qui relèvent de fautes de comportement, il n'y a pas lien de cause à effet, ainsi que l'a bien montré Christine Salomon pour le Centre-Nord de la Grande Terre. Un même symptôme peut être référé à des raisons différentes et une même raison aboutir à des malheurs complètement différents. La sanction envoyée par les ancêtres est par définition polymorphe. La dernière catégorie de malheurs relève de l'agression, de ce que nous appelons en Occident la sorcellerie. Il en existe de multiples formes, officielles ou clandestines, individuelles ou collectives, intrafamiliales ou guerrières".

JYL : Officielles

PG : "Oui. Dans le cadre des chefferies, dans le nord de la Grande-Terre et aux îles Loyauté où les grands chefs ont souvent une garde chargée de leur protection et parmi elle des spécialistes de la guerre rituelle qui doivent punir tous ceux qui menacent la chefferie ou manquent de respect au chef. Maladies des fautes commises et agressions sorcières ne se soignent pas de la même façon que les maladies ordinaires, car des puissances invisibles sont impliquées, ancêtres ou esprits malveillants. Le diagnostic est fait par un spécialiste, devin ou voyant. Le devin est un praticien d'une technique divinatoire plus ou moins élaborée, mais qui suppose une initiation. Il est l'héritier d'une tradition qui se transmet à l'intérieur de son clan et travaille en relation avec les ancêtres par le biais de tout un matériel liturgique contenu dans un panier. Il est aussi généralement prêtre et guérisseur de son groupe. C'est toujours un homme. Au contraire, le voyant est une personne qui a un don, très souvent contracté à la suite d'une maladie. C'est aussi bien un homme qu'une femme. Il n'utilise pas de technique divinatoire. Il "voit" la maladie en palpant le corps du malade. Il peut aussi avoir la révélation de traitements. Pour devenir guérisseur, le voyant s'associe souvent au prêtre et guérisseur de son groupe qui l'autorise à utiliser les "médicaments" de son panier. En retour, le voyant peut nourrir le panier de "médicaments nouveaux" dont il a reçu la vision. Par ailleurs, il faut savoir qu'il y a toujours de nouvelles plantes et de nouveaux traitements qui apparaissent, notamment du fait que le rêve joue un rôle important pour enrichir la pharmacopée. C'est le signe tangible que le lien avec les ancêtres n'est pas coupé, que la communication entre eux et les hommes se poursuit ".

JYL : Pouvez-vous nous donner un exemple de traitement ?

PG : "Tous ces traitements comportent des aspects secrets et sont d'autant plus difficiles à étudier que le secret est une des conditions majeures de leur réussite. Dans le cas d'une attaque de sorcellerie, on essaiera d'abord de protéger le patient de son agresseur en créant autour de lui, de sa famille, des choses qui lui appartiennent (maison, champs, voiture...) une barrière rituelle dissuasive ; on le fera en lui fournissant des paquets de " feuilles " qu'il portera sur lui et en "lavant" les lieux où il vit, avec une "eau" où baignent des plantes médicinales. On soignera aussi la personne, des éventuelles atteintes corporelles qu'elle a subies. Dans le cas d'une maladie pour faute, on doit d'abord réparer la faute, obtenir le pardon du groupe lésé, des vivants comme des morts, ensuite seulement un traitement est possible. D'un clan à un autre, d'une région à l'autre, il existe d'importantes variations autour du schéma qui vient d'être tracé à gros traits. Chaque clan a son guérisseur qui utilise les sacrements du groupe. Beaucoup de thérapeutes traditionnels ouvrent aujourd'hui "leur panier" aux personnes de l'extérieur et il y en a qui ont acquis une réputation qui va bien au-delà de leur chefferie d'origine. En principe, le guérisseur ne se fait pas payer. On fait un geste pour lui demander son aide et celle de ses ancêtres, puis on peut le remercier. C'est pour lui un engagement très fort et il tomberait lui-même malade s'il refusait d'assumer ce rôle".

JYL : Et comment se transmet son savoir ?

Médecine traditionnelle

PG : "À Hienghène, c'est le nom reçu à la naissance qui détermine la fonction exercée dans la société. Mais parmi tous les enfants porteurs d'un nom, le guérisseur choisit généralement celui qui présente les meilleures aptitudes. Il se fie à son intuition et fait des tests pour savoir qui peut le mieux assurer sa succession. L'observation lui permet également de voir qui est le plus inspiré par les ancêtres, et donc le plus apte à hériter du panier".

JYL : Revenons au traitement. Il existe des constantes !

PG : "Deux aspects du traitement des malheurs doivent être notés. En premier lieu, le "médicament" (terme employé en français local) préparé par le prêtre et guérisseur est beaucoup plus qu'une substance doté de propriétés thérapeutiques. Il est composé d'une association de plantes, sa préparation comme son administration sont accompagnés de gestes rituels, de prières, d'interdits qui en font un véritable sacrement. Et de fait, il s'agit d'une des formes de l'ancêtre, d'une transformation de son corps. On peut parler ici de transsubstantiation. Ensuite, l'ensemble des rituels thérapeutiques ne se comprend bien que rapporté à toute une cosmologie dans laquelle on retrouve les quatre éléments communs à beaucoup de pensées traditionnelles de par le monde : l'eau, le feu, la terre et le souffle. La conception kanak de la maladie et du malheur ne se comprend elle-même qu'en relation avec cette cosmologie. Dans la conception de la personne, il existe des composantes - le sang et le souffle - qui sont aussi des composantes de l'univers et qui sont menacées par la maladie et le malheur. Le traitement vise à redonner de la vie à ces composantes par le truchement d'éléments pris dans la nature. Alors que la maladie et le malheur sont dits "assécher" la personne, que les sorcelleries de guerre sont assimilées à des feux", les "médicaments" dans leur ensemble sont appelés "eaux" et renouvellent les fluides vitaux du patient".

JYL : Comment s'articulent concrètement les deux médecines kanak et occidentale sur le terrain ? Y a-t-il un lien possible entre médecine traditionnelle et médecine moderne ?

PG : "Le principal problème que rencontrent les médecins européens est que si le patient pense que son mal relève de ce qu'on a appelé le malheur (agression sorcière, conséquence d'une faute), il aura souvent tendance à se détourner de la médecine occidentale et n'y reviendra qu'en dernière extrémité - souvent trop tard pour le médecin. Il faut donc trouver un moyen de développer un véritable pluralisme médical. Celui-ci existe déjà pour les maladies ordinaires, les gens combinant souvent recours à la pharmacopée traditionnelle et consultation au dispensaire. Pour les maladies graves, la complémentarité entre les deux pratiques reste à inventer. J'ai le sentiment que les deux médecines n'abordent pas la souffrance humaine sous le même angle et qu'il y a beaucoup moins d'incompatibilités qu'on l'imagine des deux côtés. Ce n'est pas facile de réduire la méfiance réciproque. La conception occidentale est fondamentalement biologique, organiciste ou mécanique, parfois psychologique. Au contraire, dans le monde kanak, la maladie est perçue comme le résultat d'un déséquilibre ou d'une rupture dans le tissu des relations, interpersonnelles pour les maladies graves, entre les hommes et leur milieu pour les maladies ordinaires. Par ailleurs, les morts, les esprits sont dans la culture kanak des membres à part entière de la société. Ils sanctionnent les fautes, mais guérissent les malheurs et apportent leur soutien aux hommes dans leur vie. On trouve dans tous ces aspects bien des analogies avec certaines psychothérapies contemporaines, je pense notamment aux thérapies familiales ou à la prise en compte de l'impensé généalogique dans certaines psychanalyses. Pour une meilleure articulation des pratiques, il faudrait que se développe la reconnaissance des savoirs traditionnels, comme c'est le cas dans d'autres pays du Pacifique. Les coutumiers sont à l'évidence, favorables à ce qu'un statut soit donné aux guérisseurs. Il est temps de commencer à y réfléchir. Cela permettrait une meilleure confrontation des deux médecines et la création de passerelles.

Les plantes médicinales :

La Nouvelle-Calédonie fait partie des 4 premiers territoires du monde en terme de biodiversité. En présence de roches particulières ; les péridotites ; qui ont recouvert une partie de l’île il y a 37 millions d’années, la flore a évolué en état d’isolement, formant un patrimoine riche et unique. La flore calédonienne compte 3.926 espèces décrites dont 75% endémiques. En Nouvelle-Calédonie, les plantes sont utilisées dans la médecine traditionnelle et font l’objet de recherches scientifiques qui pourraient servir à des fins médicales pour les grands laboratoires français notamment contre des maladies redoutées.

Les plantes qui guérissent les maladies traditionnelles

L’aloès : plante grasse dont les feuilles sont charnues et cassantes. Elles contiennent dans leur épaisseur une sorte de tissu cellulaire spongieux qui stocke l’eau. Par alchimie, cette eau se transforme en un gel amer et translucide très recherché pour ses propriétés médicinales.

En Nouvelle-Calédonie, l’aloès est surnommé "plante à brûlures" mais c’est aussi un cicatrisant, il soulage les piqûres d’insectes, l’eczéma… C’est la plante des premiers soins et ses vertus sont connues depuis toujours par des peuples très différents.

Des chercheurs l’étudient pour des essais cliniques sur des malades atteints du Sida et du cancer du poumon. Il semblerait que ces expériences soient positives.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

La fougère arborescente (Cyathea intermedia) : C’est une gigantesque fougère endémique qui pousse dans les forêts humides. Elle peut dépasser les 35 mètres de hauteur. Dans certaines régions, elle représente "le commencement du pays des hommes" pour les Kanak. En médecine traditionnelle, ses bourgeons sont consommés comme contraceptifs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le Méamoru (Plectranthus Parviflorus) : Plante à petites feuilles qui pousse au ras du sol et fait de minuscules fleurs bleues. Pour les Kanak, c’est le symbole de la vie. Dans la région du centre de la Grande Terre, les femmes soignent les maladies des yeux et purgent les bébés après décoction de ses feuilles et de sa tige.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le pommier kanak (Syzygium Malaccense) : Arbre à feuilles luisantes, pointues et très serrées. Une décoction de son écorce soigne les intoxications alimentaires. Le bouillon de ses feuilles calme les diarrhées et les feuilles chauffées et posées sur les furoncles les font disparaître.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le bancoulier (Aleurites moluccana) : Ils parsèment en septembre les pentes néo-calédoniennes. Les noix ont des propriétés purgatives et l’écorce râpée appliquée sur la plaie est utilisée pour soigner les blessures dues au corail.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le faux tabac (Argusia argentea) : C’est la plante la plus utilisée en Nouvelle-Calédonie dans les remèdes traditionnels contre "la gratte" (ciguatera) qui s’attrape en mangeant certains poissons du lagon pendant l’été. Il n’élimine pas les toxines mais aide à mieux supporter la crise.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : La savane à niaoulis est le type même du paysage calédonien de la côte ouest. Une décoction de l’écorce soulagera les rhumatismes et les courbatures. L’huile essentielle de niaouli est utilisée pour purifier l’air et en cas de rhume.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le bourao (Hibiscus tiliaceus) : Petit arbre dont il existe 3 variétés : le bourao rouge, le bourao blanc des bords de mer et le bourao blanc de l’intérieur des terres. La sève de ses feuilles est utilisée comme cicatrisant des plaies. Les feuilles sont souvent bouillies en décoction pour soigner le foie ou se relaxer.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le cocotier (Cocos nucifera) : Arbre très répandu dans les zones tropicales du monde entier, il peut mesurer jusqu’à 25 mètres. Dans la région de Hienghène, le bouillon de ses racines est un médicament contre la diarrhée. Posé sur les abcès, il aide à les faire évoluer. Contre les coups de soleil, il faut retirer la pulpe d’un coco vert et faire des cataplasmes sur les brûlures. Les racines frottées sur les dents rendent ces dernières blanches et saines.

Cocotier en bord de mer

Cocotier en bord de mer

Le corossol (Annoma Muricata) : Arbre tropical qui produit de gros fruits à l’enveloppe hérissée de pointes. Lorsqu’un enfant à la varicelle, il faut faire bouillir ses feuilles et le baigner dans cette décoction de couleur rouge. Les pustules sécheront sans cicatrice. C’est aussi un très bon remède pour détendre les bébés nerveux. L’inhalation de la vapeur qui se dégage des feuilles chauffées au feu apaise les crispations stomacales dues aux contrariétés.

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La canne à sucre (Saccharum officinarum) : La fibre mâchée est utilisée comme émollient. En faire des compresses.

Le citronnier (Citrus limon Burmann) : C’est un petit arbuste. Les fleurs et les feuilles en infusion calment les spasmes d’estomac et les nausées.

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Le goyavier (Psidium guajava L) : Arbre répandu en Nouvelle-Calédonie qui atteint 2 à 3 mètres. Le tronc est mince et rameux. Faire bouillir les feuilles et tamponner les brûlures, les ampoules et autres irritations cutanées. En cas de piqûres d’insectes, mâcher les feuilles et appliquer la pulpe recracher sur la zone douloureuse.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le Cycas (cycas circinalis) : Il ressemble à un palmier. Le tronc est généralement unique, cylindrique et écailleux. En cas de piqûres par un poisson venimeux de type rascasse, il faut faire brûler une palme de cycas et poser le pied au dessus des vapeurs.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

L’hibiscus (Hibiscus Rosa sinensi L) : C’est un arbuste ornemental des pays tropicaux. Il est très souvent taillé en haie. Une décoction de ses fleurs soigne la toux et soulage les jambes lourdes.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le santal (Santalum austrocaledonicum) : Arbre parasite qui pousse particulièrement sur la partie sud de la Grande Terre, à l’Ile des Pins et dans les Iles Loyauté. Il a un tronc de petite taille, court et droit avec une écorce rugueuse, grise et fendillée. Son feuillage est arrondi, touffu, d’un vert clair et brillant. Le jus de ses feuilles écrasées sera appliqué sur les hématomes pour les soulager.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le noni (Morinda citrifolia) : Le fruit du noni a une apparence bosselée allant du vert au gris. Les mélanésiens et les polynésiens utilisent depuis des milliers d’années chaque partie de la plante pour se soigner. En Nouvelle-Calédonie, le fruit pousse à l’état sauvage sur toute la côte et aux Loyauté. Il faut noter que certains usages de la médecine traditionnelle peuvent se révéler nocifs. Il convient donc d’être prudent dans l’utilisation et la préparation de ces recettes à base de plantes. Les plantes qui guérissent les maladies liées à la transgression des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

La canne à sucre (Saccharum officinarum) : Elle est cultivée dans les champs. Dans certaines régions, elle est utilisée pour soigner les malaises provoqués par le totem qui n’a pas été respecté.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le coleus (Solenostemon scutellarioides) : C’est une herbe larges aux couleurs variées qui est très commune dans les zones habitées. C’est le symbole de vie. Il protège les habitants de la mort. Si l’on tombe malade parce que le rite lié aux cultures n’a pas été accomplis correctement, il faut se badigeonner le corps avec sa sève.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le kaori (Agathis) : Il symbolise la hiérarchie. Son écorce et ses feuilles entrent dans la confection de décoctions qui soignent les maladies que provoque la violation des interdits.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

Le faux manguier (Cerbera Manghas) : Petit arbre aux feuilles luisantes ne dépasse pas 15 mètres et pousse sur presque toutes les rives du Pacifique et de l’Océan Indien. Le noyau de son fruit est très toxique. Pour guérir les maladies liées par la transgression des interdits, il faut boire l’eau qui a été filtrée par des feuilles du faux manguier.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)

L’oranger sauvage (Citrus macroptera) : Arbre grand comme un oranger dont les fruits qui ressemblent à des oranges ne sont pas comestibles. De Touho aux îles Bélep, on raconte qu’au pays des morts, le fruit de cet arbre permet, au cours d’un jeu, de distinguer l’esprit d’un vivant à celui d’un défunt. Boire une décoction de son écorce guérirait des maux contractés lors d’un voyage au pays des morts.

La médecine kanak en Nouvelle Calédonie (en tête des visiteurs chaque mois depuis juillet 2016)
Les plantes qui protègent

Le bancoulier (Aleurites Moluccana) : Cet arbre peut mesurer 30 à 40 mètres. Il pousse en colonies. Les guerriers et les danseurs s’enduisent le corps du noir de sa noix afin de s’assurer la protection des ancêtres. Il est considéré comme un arbre qui abrite les esprits.

Le niaouli (Melaleuca quinquenervia) : Lors des naissances, il était d’usage d’envelopper les nourrissons dans son écorce afin de les protéger et leur donner de la force.

L’arbre à tapa (Broussonetia papyrifera) : Arbuste aux feuilles en forme de coeur, il sert à fabriquer les bandes de tissus appelées tapa. Il est offert au guérisseur pour lui permettre de communiquer avec les esprits au moment de ses invocations.

Le croton (Codiaeum variegatum) : C’est un arbre décoratif aux feuilles panachées de vert, jaune et rouge. Ses feuilles portées sur l’oreille ou en bouquet serré sur le bras sont considérées comme des protections contre les agressions magiques. Elles assurent la présence bénéfique des ancêtres.

Croton et bancoulier
Croton et bancoulier

Croton et bancoulier

Les plantes et la recherche scientifique

A Nouméa, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) travaille sur un programme qui a pour but d'isoler de la biodiversité de Nouvelle-Calédonie, des molécules agissant contre les grandes maladies des pays industrialisés (cancer, sida, affections bactériennes) mais aussi contre des pathologies plus tropicales, maladies à vecteurs transmises par des moustiques comme la dengue ou le paludisme.

Le Laboratoire des Plantes Médicinales du CNRS (annexe de l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (ICSN)) a pour objectif la recherche de substances naturelles bioactives dans la flore de la Nouvelle-Calédonie et des archipels adjacents.

Environ 250 plantes sont collectées par an. A Nouméa, des tests de cytotoxité sont réalisés et une chimiothèque est constituées par plus de 800 extraits organiques réalisés par an (feuilles, écorce, fruits, fleurs…). Elle est ensuite envoyée en Métropole afin que des essais biologiques soient réalisés en collaboration avec des firmes industrielles (L’Oréal) et pharmaceutiques dans le but de trouver des antiparasites, des anti-HIV, des anti tumoraux.

L'ethnopharmacologie est une approche de choix pour présélectionner des espèces connues des savoirs locaux ou réputées actives en médecine traditionnelle en Nouvelle-Calédonie. Certaines plantes étant depuis longtemps utilisées dans des buts bien particuliers (maladies de peau, infections, fièvres prolongées, etc.), de manière curative ou préventive (alimentation du patient), la connaissance de la pharmacopée est utile pour présélectionner ces espèces avant étude en laboratoire. Par exemple, en ce qui concerne la ciguatera ou "gratte" - intoxication par des poissons tropicaux, les remèdes traditionnels utilisés dans le Pacifique sud ont été inventoriés et leur efficacité étudiée. Des échantillons de plantes ont été envoyés dans des universités et facultés en Métropole pour études. Cette démarche devrait permettre de découvrir des substances actives.

Dans la commune du Mont Dore (proche de Nouméa), le laboratoire Cosmécal cultive des plantes médicinales telles que l’hibiscus, le niaouli, l’Aloé Véra, le goyavier, le noni et le niaouli. Ces matières premières entrent ensuite dans la fabrication des produits Cosmécal qui a développé sa propre gamme fabriquée exclusivement avec des plantes de Nouvelle-Calédonie (gélules, jus de noni, lotions et gels à base d’aloès, sirop, bonbons et baume au niaouli…). Ce laboratoire fait partie d’une Groupement d’Intérêt Scientifiques (GIS) en collaboration avec l’Université Française du Pacifique, l’IAC, l’IRD, le CNRS, la Province Sud et l’Institut Pasteur. Ce groupement a pour but la concertation dans l’organisation des recherches sur les substances naturelles, les synergies dans la réalisation des programmes scientifiques et la formation des étudiants.

Publié dans Culture Kanak

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Concours de nouvelles historiques calédonienne encore quelques jours (avant fin janvier)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Envoyer une (ou deux) nouvelle avant fin janvier 2019 (fr.angleviel@canl.nc).

Envoi de la nouvelle au format word et en copie à l’intérieur du mail.

 

Publié dans Colonisation, Culture Kanak

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