Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

culture kanak

Mercredi 3 mars 2021 de 18:00 à Calédo Livres Christophe Sand nous parlera de l’héritage des ancêtres

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Mercredi 3 mars 2021 de 18:00 à Calédo Livres Christophe Sand nous parlera de l’héritage des ancêtres
Mercredi 3 mars 2021 de 18:00 à Calédo Livres Christophe Sand nous parlera de l’héritage des ancêtres

L'IANCP et Christophe SAND

« L’HÉRITAGE DES ANCÊTRES. Archéologie de la Mélanésie ».

Cet ouvrage bilingue français-anglais présente une synthèse accessible de la longue histoire de la Mélanésie.

The scope of this book is to present a comprehensive synthesis of the long history of Melanesia. Voir ci-dessous la présentation du livre

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

TARAMOIN - Tradition orale et tradition écrite à l'école maternelle - Nouvelle-Calédonie Thio, 1984-1998 de Tran Ngoc-Anh

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

TARAMOIN - Tradition orale et tradition écrite à l'école maternelle - Nouvelle-Calédonie Thio, 1984-1998 de Tran Ngoc-Anh TARAMOIN - Tradition orale et tradition écrite à l'école maternelle - Nouvelle-Calédonie Thio, 1984-1998 de Tran Ngoc-Anh

Nouvelles éditions en anglais et en français

Peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie, les Kanak connaissent un échec dramatique à l'école française. En 1977, ils ne sont que 5,80 % des 241 bacheliers. Dans sa thèse de doctorat, l'auteure montre, en 1990, que la cause de l'échec scolaire des Océaniens, dont les Mélanésiens, est le passage de leur langue maternelle non écrite à une langue d'enseignement écrite. En 1997 et 1998, l'application positive de ses propositions dans une école maternelle à Thio permet d'affi rmer que le plurilinguisme et le pluriculturalisme précoces sont possibles avec une langue maternelle à tradition orale, le français langue seconde adapté à la tradition orale, et l'anglais sous forme de comptines. Quel que soit le choix du peuple calédonien le 4 octobre 2020, la langue française demeurera le lien sociolinguistique fédérateur de toutes les ethnies de la Nouvelle- Calédonie. Enfin, le titre de l'ouvrage, Taramoin, est le prénom de l'institutrice kanak qui a participé à l'application des propositions.

Date de publication : 4 février 2021

La langue maternelle de TRAN Ngoc-Anh est le vietnamien, langue monosyllabique à six tons, qui a façonné sa perception du monde. Elle a enseigné le français langue étrangère et langue seconde, ainsi que la sociolinguistique en Asie, en Nouvelle-Calédonie, en Europe et aux Etats-Unis.

TARAMOIN - Oral Tradition and Written Tradition In Nursery School de Tran Ngoc-Anh

Thio, New Caledonia 1984-1998

Translated from the French by Sylvia T.Flowers and Armand Hage

Collection : Portes océanes chez L’Harmattan

OCÉAN PACIFIQUE Nouvelle Calédonie - EDUCATION ENSEIGNEMENT LANGUE DIDACTIQUE

The Kanak are New Caledonia's autochthonous people. They fail tragically in French schools. In 1977, out of 241 students who graduated from high school, only 5.8% were Kanak. Nickel discovery led to a stupendous economic boom, which left the Kanak behind until 1988. In her doctoral dissertation, the author showed in 1990 that the cause of failure at school among Pacific Islanders, including the Kanak population, is the transition from their nonwritten native language to a written teaching language.

Date de publication : 19 février 2021

TRAN Ngoc-Anh's native language is Vietnamese, a six-tone monosyllabic language, which shaped the way she perceived the world. TRAN Ngoc-Anh has taught French as a Foreign Language, French as Teaching Language, and Sociolinguistics in Asia, in New Caledonia, in Europe and in the United States.

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

Nuelasin le numéro 39 est disponible, le petit journal du Nord rencontre un succès croissant

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nuelasin le numéro 39 est disponible, le petit journal du Nord rencontre un succès croissant
Nuelasin le numéro 39 est disponible, le petit journal du Nord rencontre un succès croissant

Souvenir avec un des billets à l’époque de Vetchaong grand frère de Nuelasin. Plus sur ce journal suivre le lien

Dans la petite voiture de Maselo (du journal du collège Vetchaong n° 14 année 2017

-        Mais on dirait que la voiture est en train de déraper.

-        Effectivement, on glisse et même en pleine chaussée. Je ne contrôle pas le volant, il vrille et ce n’est même plus dans une voiture qu’on est, Mme W. On zigzague. Et pourtant, on ne roule pas vite. Nous sommes à cinquante. Seulement cinquante kilomètre/heure. Regarde le compteur. Je te jure ! Une force invisible nous tire vers la droite, vers le bas-côté. Et en plus, ça continue. On nous malmène. J’essaie de stabiliser le véhicule. Non, on dirait que nous sommes dans un bateau. Et on flotte en plein milieu de la chaussée comme un bateau dans la travée centrale d’une rivière. Stupéfiant ! Ah ! Ça y est. Je contrôle. Ouf ! Seigneur, c’est passé…

(Longtemps, après avoir repris le contrôle) Mme W., j’ai oublié de vous dire mais nous étions tout à l’heure dans un lieu de passage du lézard. Le totem d’un clan de la tribu. Y a déjà eu beaucoup d’accidents à ce même endroit. Heureusement que quelqu’un veillait toujours sur nous.

-        Je te crois … (Je dédie ce passage à mon neveu Köfö qui a vécu la même histoire)

Ashley P. Elle a quitté le collège de Tiéta l’année dernière pour poursuivre sa scolarité au lycée de Pouembout. Elle est un modèle de réussite pour tous. La culture, c’est son dada et elle a posé ses deux pieds dedans. Elle y reste. Je continue d’échanger avec elle. Je vois ce qu’elle fait sur les réseaux, elle explose la toile de ce qu’elle veut partager. Pourquoi je choisis cette fille ? Pour une chose seulement : la singularité. Elle est seule et contre le rouleau compresseur de la multitude. Une presse qui broie les fébrilités; les âmes sensibles. Combien des nôtres sont tombés. Elle… non et non encore. Un exemple de renoncement à soi. Faut que tous nos élèves aillent dans le même sens que cette fille. 

C’était un article du Vetchaong 1716 en 2017.

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

L'héritage des ancêtres (archéologie de la Mélanésie) de Christophe Sand HEANC

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

L'héritage des ancêtres (archéologie de la Mélanésie) de Christophe Sand HEANCL'héritage des ancêtres (archéologie de la Mélanésie) de Christophe Sand HEANC

The Ancestors' Heritage (Archaeology of Melanesia)

Cet ouvrage bilingue français-anglais présente une synthèse accessible de la longue histoire de la Mélanésie.

The scope of this book is to present a comprehensive synthesis of the long history of Melanesia.

« Négliger son passé, c’est nier ta propre identité. »

Cette publication contribue à la diffusion des connaissances archéologiques vers les habitants de l’Océanie. Elle tente d’illustrer comment fonctionne l’archéologie et quels ont été les résultats majeurs obtenus sur le long passé de la région. Elle tente également de présenter de façon claire comment l’archéologie peut être utilisée en lien avec l’histoire traditionnelle, mais aussi les questions auxquelles elle ne peut pas répondre. Il s’agit d’un voyage dans notre passé, à travers l’étude des vestiges laissés par les ancêtres il y a 40 000 ans, 3 000 ans ou seulement 200 ans dans le sol ou en surface de nos îles.

« To neglect your past is to dent your own identity. »

This publication is a contribution to the spread of archaeological knowledge amongst the inhabitants of Oceania. It attempts to present how archaeological research works and what major results have been gained about the deep history of the area. It also tries to express clearly the way in which archaeology can be used in relation to traditional history, but also what answers archaeology cannot provide. This is a trip into our past, through the study of the remains left by the ancestors 40,000 years ago, 3,000 years ago or just 150 years ago in the soil or on the surface of our islands.

Publication de janvier 2021 vendu 3 950 XPF TTC à la librairie Calédo Livres

Un article sur Christophe SAND à lire

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

Nuelasin : Même pendant les vacances le petit journal de Tieta va continuer de paraître, chapeau monsieur Hnacipan et bonne année !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Nuelasin : Même pendant les vacances le petit journal de Tieta va continuer de paraître, chapeau monsieur Hnacipan et bonne année !

L’édito de la rédaction

 Je vais remercier deux lecteurs de Nuelasin qui m’ont demandé si j’allais arrêter le petit hebdo pendant les vacances. J’ai tout de suite répondu que je ne voyais pas de raisons à cela. Et si cela m’ennuyait, j’aurais stoppé la machine depuis longtemps. Cette question en outre arrivait au moment même où je recevais beaucoup d’articles de lecteurs. Cela m’encourage. Au fond, le lectorat refuse que j’arrête la petite routine. Allons-y donc gaiement. Y a un cousin pasteur qui m’a énervé ces temps-ci au sujet du père noël. Pendant la Noël de l’école du dimanche, où tous les enfants des familles de la région VKP étaient réunis au centre Aupitiri, dans une allocution, il a dit crûment aux enfants que le personnage en rouge et blanc n’existait pas. Qu’il était faux. Et que c’étaient leurs parents qui leur avaient acheté les cadeaux. Il n’y était pour rien. Je ne parlais pas. Je bouillonnais. Un soir, j’ai appelé une mono (monitrice d’école du dimanche) pour dire mon mécontentement. Je lui disais que ce n’était pas le personnage commercial du père noël qu’il tuait. C’était la construction de l’imaginaire de l’enfant qu’il assassinait. À l’heure où nous fêtons Noël dans nos familles… Pff ! Passons ! Bonne lecture et bonnes fêtes. Wws

Responsable de la publication : Léopold Hnacipan hnacipanl@gmail.com

Extrait d'un article du numéro 31

Extrait d'un article du numéro 31

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

Expériences coloniales de la Nouvelle Calédonie 1853-1920. Auteur : Isabelle Merle aux éditions Anacharsis

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Expériences coloniales de la Nouvelle Calédonie 1853-1920. Auteur : Isabelle Merle aux éditions Anacharsis

La Nouvelle-Calédonie (1853-1920)

En 1776, Heinrich Zimmermann s’embarquait pour le troisième voyage d’exploration dans le Pacifique conduit par le légendaire capitaine James Cook.

Le matelot allemand en rapporta le récit fasciné de sa découverte, quatre années durant, des peuples du grand océan. Il y raconte ses périples, de la Nouvelle-Zélande aux rives de l’Alaska en passant par les Tonga, Tahiti et surtout Hawaï où, à la suite d’une énigmatique cérémonie, Cook fut mis à mort sous ses yeux par les insulaires.

Depuis plus de deux siècles, les raisons de ce meurtre comme son interprétation ont suscité quantité d’hypothèses.

Dans son essai clôturant cet ouvrage, l’historienne Isabelle Merle s’efforce d’ajuster la focale autour de l’événement, afin de pénétrer la texture de ces fameux « premiers contacts...

Isabelle Merle est historienne, directrice de recherche au CNRS et spécialiste du monde océanien. Elle a notamment publié, avec Adrian Muckle, L’Indigénat. Genèse dans l’empire français. Pratiques en Nouvelle-Calédonie (CNRS Éditions).

Présentation de l’Indigenat chez Calédo Livres suivre le lien

Chez le même éditeur

Chez le même éditeur

Partager cet article
Repost0

Contes Océaniens : Explorer vos livres à travers une carte, une idée formidable et c’est gratuit !

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Captures d'écran
Captures d'écran

Captures d'écran

La mairie de Nouméa lance une carte interactive qui référence les contes d'Océanie à disposition dans ses médiathèques. 47 contes océaniens dont 36 de Nouvelle-Calédonie sont en ligne actuellement.

La carte interactive que la ville vient de créer est consultable en ligne gratuitement, elle présente des contes venus du Pacifique. L’accès est gratuit, pas besoin de compte, ni d'abonnement. C’est une première dans le Pacifique. Il existe, parait-il, une carte similaire pour les contes du Royaume-Uni et une autre pour les légendes amérindiennes aux États-Unis. C’est vraiment une belle initiative !

Exemple de ce que vous trouverez en cliquant sur Île des Pins :

Titre : L’arête du Dawa

Origine : NOUVELLE-CALEDONIE
Sous-origine : ILE DES PINS
ISBN : 3700022200781
Age, à partir de 10 ans
Synopsis : A Wapan vivaient deux femmes qui se nommaient Nageuh et Ki mon Han. Celles-ci allaient souvent pêcher à la plage. Un jour, la plus jeune trouva une arête de dawa et l’avala…
 

Thème : Dawa

 

Lien de la fiche détaillée
 
Lien de la lecture du conte en français

Lien de la lecture du conte en langue

(
Tale reading link in english)

Pièces jointes:

Première de couverture :

 

Partager cet article
Repost0

Province Nord : Bonnes vacances aux rédacteurs du journal Nuelasin. Ils méritent un grand coup de chapeau.

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Province Nord : Bonnes vacances aux rédacteurs du journal Nuelasin. Ils méritent un grand coup de chapeau.

Les élèves du collège de Tiéta à Voh ((FELP), peuvent partir tranquilles en vacance, ils ont fait le job. Bravo à ces jeunes du Nord et au rédacteur en chef monsieur Léopold Hnacipan.

La fin de l’année scolaire est déjà là. Il faut saluer le travail des élèves du collège de Tieta à Voh qui rédigent depuis plusieurs années sous la houlette de Léopold Hnacipan un journal participatif. Ils ont réussi à publier 28 numéros de leur journal cette année. Nuelasin, un journal pays, un journal du fin fond de la brousse. Une belle initiative qui a débuté depuis plusieurs années avec l’édition d’une première version Vetchaong qui sortait toutes les semaines et cela depuis 2008, et même avant. En français Vetchaong signifie "apprends-moi", tout un programme. La nouvelle formule est dans le même esprit, les élèves rédigent sur des sujets qui les inspirent et mettent en page. C’est pédagogique, ludique mais éducatif, un cours de français bien particulier. Léopold Hnacipan est un écrivain confirmé, il rédige souvent le chapeau ou un édito, les autres articles sont des élèves, suivre ce lien pour un aperçu de son talent. (suivre le lien)

Plus sur Nuelasin    Plus sur Vetchaong suivre les liens

Téléchargez le numéro 27    Téléchargez le numéro 28

Deux extraits du dernier numéro, le chapeau et un récit d’éléve :

Ma iesojë Il est 0h14 de ce 21 juin 20, la première heure de dimanche et je ne dors pas encore. Le sommeil ne vient pas comme je le souhaitais. J’arrive à l’instant du collège où je suis allé sur Internet pour diffuser le petit journal à une liste d’amis et surtout des personnes de la famille proche. Dans la journée, j’ai échangé avec un ancien collègue de Nédivin, originaire du Congo, c’était dans une grande surface à Koné. Je lui ai promis d’envoyer Nuelasin. J’allais ensuite sur fb et en mp, j’envoyais des messages aux relations pour que je leur file ma production. Alors que j’expédiais le petit canard tout azimut, je tombai sur un petit film qui m’a été adressé par un neveu et grand frère en même temps dans la vie. Lewatr m’a mis en pj un petit film montrant des gens en train de s’acharner sur une famille chrétienne africaine. Des hommes et des femmes à l’aide de fagots, fustigeaient leurs compatriotes jusqu’à ce que mort s’en suive. Ils jetaient ensuite les corps dans la tranchée pour les brûler en allumant des branchages et des bûches. Je ralentis ma recherche d’adresses et de contacts en pensant à la haine de l’être humain. Mon genre. Quand la conviction religieuse surpasse la raison, l’Être humanoïde n’est plus que le visage de la barbarie. Je fermai mon ordi et je descendis à la maison en marchant dans le noir. Bonne lecture quand même à vous. Wws

Qahnuma

A la tribu de Hunöj, deux dames répondent au nom de Qae. Qae munun et Qae xenuma. Je veux m'intéresser à la deuxième parce que son prénom renferme une coutume de Drehu. Xenuma est un mot composé de xen: manger et de uma: maison (case.) Le mot signifie : manger un aliment qui vient de la maison (case.) Quand le cadet vient d’avoir un enfant, il présente une coutume à son aîné. Le nom de cette coutume s'appelle qahnuma qui signifie littéralement "qui vient de dedans la case." Cela suppose que l'enfant avait été conçu à l'intérieur de la case. On comprend que le couple durant la période de la conception de la descendance ; en s'attelant à la tâche, ne s'est pas occupé des autres besoins de la famille et du clan. Par le geste, le cadet s'excuse auprès de son frère aîné de son absence. La coutume est faite d'ignames et d'autres produits du terroir, le tout est posé devant la case de l'aîné en présence des parents et surtout de l’enfant. Des échanges s'opèrent. Le contre-don est fait pour lever la coutume et sceller les alliances. L'aîné accepte le nouvel arrivant et le bénit. Il est intégré dans la lignée qui lui assure éducation et protection. Il occupera la fonction qui lui revient de droit dans la famille et dans le clan.

Collège privé de Tiéta (FELP)

Léopold Hnacipan :

Personnage curieux et passionné, Léopold est l’avant-dernier d’une fratrie de dix enfants. Adopté très jeune par ses oncles, il a été élevé dans un milieu très modeste où le combat pour la reconnaissance est un souci au quotidien. Il a livré bataille. Il est professeur et directeur dans un petit collège de la FELP à Voh, dans la vallée de la Tiéta. Là, entre ses cours et sa vie de famille, il écrit dans sa case de Cawiouko.

Publié dans Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

Regards croisés sur le peuplement de la Nouvelle-Calédonie, en présence de Roch WAMYTAN (président du Congrès) et avec l'intervention de Christophe SAND (archéologue)

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Regards croisés sur le peuplement de la Nouvelle-Calédonie, en présence de Roch WAMYTAN (président du Congrès) et avec l'intervention de Christophe SAND (archéologue)
Le Congrès organise un nouveau Rendez-Vous le mardi 24 novembre prochain de 18 heures à 20 heures.
Le thème sera "Regards croisés sur le peuplement de la Nouvelle-Calédonie", en présence de Roch WAMYTAN (président du Congrès) et avec l'intervention de Christophe SAND (archéologue).
Cette conférence se tiendra dans l'hémicycle de la province Sud, baie de la Moselle.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Limité à 100 places. PLUS SUIVRE CE LIEN

« Il y a en Nouvelle-Calédonie trois approches philosophiquement différentes du passé »

Christophe Sand est archéologue pour le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Sollicité par le Consortium de Coopération pour la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation en Nouvelle-Calédonie (Cresica), il animait, fin octobre, un séminaire sur la problématique suivante : Quel récit historique calédonien face à la confrontation d’approches divergentes sur la notion du passé ? Une question difficile. « Tout ce qui touche au passé de la Nouvelle-Calédonie est émotionnel et conflictuel mais le pays a aujourd’hui besoin de discuter sur des questions qui fâchent. »

Durant le séminaire vous avez parlé de différentes visions du passé. Comment peut-on avoir des visions différentes d’un passé pourtant commun ?

L’approche de monsieur tout le monde est de penser que le passé est quelque chose d’évident, de figé, avec des dates, des événements. En fait, quand on essaye de comprendre ce que les gens perçoivent du passé, on se rend compte que ce n’est pas du tout cela. Suivant votre éducation, votre culture, l’imaginaire collectif dans lequel vous avez grandi, vous n’allez pas percevoir le passé de la même manière. Il y a une différence fondamentale entre la manière de penser le passé dans les sociétés occidentales et dans les sociétés océaniennes, particulièrement dans les sociétés kanak.

Les sociétés occidentales pensent aujourd’hui le passé comme quelque chose de vertical, avec des dates et des échelons, selon une approche scientifique. Alors que pour beaucoup de sociétés océaniennes, le temps est pensé de façon plus horizontale (ce terme a été employé par Jean-Marie Tjibaou). L’important n’est pas dans la notion de cohérence chronologique ou de véracité du fait historique, l’important est que le récit du passé puisse être un socle solide pour aujourd’hui, pour expliquer pourquoi tel clan a cette responsabilité, pourquoi certaines personnes se sont installées sur cette terre, etc.

J’ai voulu rajouter une troisième approche qui est celle des descendants de la colonisation. J’ai choisi le terme Blancs océaniens pour parler d’eux. La colonie n’avait pas d’histoire propre, ce n’était qu’un bout de l’histoire de France. Pendant longtemps, on n’a pas parlé du bagne, de l’histoire difficile des petits colons, de ce que les Kanak avaient subi dans le cadre du processus colonial. Les Blancs océaniens se sont alors construits eux-aussi leur propre vision de l’histoire via une tradition orale familiale.

Pour conclure, en Nouvelle-Calédonie, sur ce même sujet qui semble pourtant simple : le passé, il y a trois approches philosophiquement différentes. Y a-t-il maintenant une possibilité de rapprocher ces visions ? Parce que, aujourd’hui, quand les Kanak parlent de l’histoire, ils ne parlent pas de la même chose que quand un occidental en parle. Il y a une forme d’incompréhension et une profonde difficulté à échanger. Chacun reste sur ses certitudes mais sans se poser la question de comment ma vision du passé peut trouver un parallèle, un écho, un lien avec celui ou ceux avec lesquels je m’oppose. Toute la difficulté calédonienne aujourd’hui est qu’on croit que l’autre ment, triche ou manipule l’histoire mais en fait, ce sont simplement des façons de concevoir le passé totalement différentes. Ce n’est pas que l’une est mauvaise, l’autre est bonne. Elles sont juste différentes.

Comment pourrait-on concilier ces visions du passé ?

Je n’ai pas la solution mais si on ne trouve pas des passerelles entre nos histoires, on va continuer à être en opposition frontale permanente. Nous ne sommes pas les premiers à avoir cette problématique. En Afrique du sud, à la fin de l’apartheid, afin de permettre aux gens de se libérer du traumatisme, des espaces de paroles ont été mis en place, appelé vérité et réconciliation. Les gens avaient la possibilité de parler de leur douleur, du traumatisme de leur histoire, en face de ceux à qui ils avaient quelque chose à reprocher. Mais ce processus n’a jamais été fait en Nouvelle-Calédonie. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le pays du non-dit [terme popularisé par l’historien caldoche José Barbançon]. Aucune des communautés calédoniennes ne veut parler de son histoire. Nous sommes dans un processus de négation du passé.

Je me demande si l’une des façons d’avancer et d’apaiser ces traumatismes, ce n’est pas de réfléchir à des espaces où les gens puissent parler de tout cela, de la destruction des propriétés en 84, du massacre du bétail, de la violence des gendarmes, des cases brûlées mais aussi des récits sur la violence des colons, sur les coups de fouet et les viols. On a cru pendant 150 ans qu’en niant l’histoire, on finirait par oublier. En fait ce n’est pas vrai. A chaque fois qu’on a essayé d’oublier, cette histoire violente et traumatisante est revenue à la surface. Est-ce qu’il ne fallait pas finalement avoir une approche diamétralement opposée et le courage de dire les choses en face, libérer la parole et se libérer ainsi de ce fardeau lourd du passé ? Je suis convaincu qu’une fois que les gens exprimeront les aspects douloureux de ce passé, la phase suivante sera d’exprimer tous les aspects heureux ou joyeux. Parce que le passé calédonien n’est pas que douloureux, il y a beaucoup d’histoires originales ou amusantes. Or, la Nouvelle-Calédonie a besoin de s’appuyer sur des histoires de fraternité passées afin de construire une fraternité aujourd’hui et demain.

Le fait que l’école en Nouvelle-Calédonie soit une école de la République française, avec une vision métropolitaine, n’empêche-t-il pas les Calédoniens de s’approprier leur propre histoire ?

Cela fait trente ans qu’on enseigne à l’école l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, mais comme l’a dit, il y a quelques jours à peine, Marie-Claude Tjibaou, les petits Calédoniens ne connaissent rien de leur histoire. En fait, l’histoire leur est enseignée d’une manière qui leur est étrangère. Quand Marie-Claude Tjibaou demande aux jeunes kanak qui est le monsieur noir qui sert la main au monsieur blanc sur la photo et qu’ils répondent « Nelson Mandela », on est sur une forme d’échec de notre enseignement. Depuis trente ans que je fais de l’archéologie, je sais qu’on peut apprendre aux Calédoniens leur histoire mais pour cela il faut d’abord réfléchir à la manière dont culturellement ils pensent leur espace et le temps.

L’école calédonienne a voulu enseigner l’histoire en croyant que les enfants de Nouvelle-Calédonie pensent de la même façon que les enfants français or ce n’est pas le cas. Quand j’interroge des jeunes sur ce qu’ils savent de leur passé, il ne reste rien. Ce n’est pas parce qu’ils sont feignants. C’est juste que la manière dont on leur a enseigné leur histoire ne correspondait pas à la manière dont ils la percevaient eux. Ce qu’on leur a appris était déconnecté de ce qui fait leur identité. En tout cas, on remarque, en trente ans, qu’en matière de transmission de notre passé, l’école n’a pas été l’endroit où un passé commun a pu émerger. Il est peut-être temps de réfléchir à une école calédonienne.

Propos recueillis par Sylvie Nadin

Publié dans conférences, Culture Kanak

Partager cet article
Repost0

La philosophie kanak de l’histoire peut-elle nous aider à comprendre le devenir de Kanaky-Calédonie ?

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

La philosophie kanak de l’histoire peut-elle nous aider à comprendre le devenir de Kanaky-Calédonie ?

Une nouveauté publié le 9 Septembre 2020 par la courte échelle. Éditions transit dans la collection Kanaky Nouvelle-Calédonie

 « La philosophie kanak de l’histoire pour comprendre l’histoire du présent » prononcé par Hamid Mokaddem au Congrès de la Nouvelle-Calédonie le mardi 7 juillet 2020 dans le cadre des « Rendez-vous du Congrès » nous publions cette intervention sous forme d'un livre de 52 pages avec un avant-propos de Roch Wamytan, président du Congrès.

La mise en ordre impose ses croyances au point de nous faire dire que les sciences, les arts et la philosophie se constituent à partir des socles culturels des rationalités « européennes ». En Océanie, la France dévie les outre-mer et les vide de leur substance. Les histoires sociales et culturelles des archipels sont à reconsidérer et nous obligent à repenser les productions culturelles à rebours des stéréotypes postcoloniaux tels que par exemple l’opposition « tradition versus modernité ».

C’est seulement à ce prix que nous découvrirons combien la philosophie kanak de l’histoire est une positivité qui nous aidera à penser l’extrême   contemporanéité. Or, il n’est pas d’autre nom de l’extrême contemporanéité en Nouvelle-Calédonie que celui de « Kanaky-Calédonie ».  - Extrait de la 4ème découverture -

Nous pouvez vous procurer le livre : directement en ligne sur ce site ou par la poste en envoyant un chèque à l'ordre de la courte échelle 5 square Protis 13002 Marseille,  Pas de frais de port.

Prix 8 €  chez l'éditeur. Vous pouvez également le commander dans toutes les librairies.

Hamid Mokaddem, enseignant et chercheur, vit et travaille en Nouvelle-Calédonie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur ce pays et sur l’Océanie dont en 2017, Yeiwene Yeiwene. Construction et Révolution de Kanaky (Nouvelle-Calédonie).

La collection Kanaky-Calédonie a été crée par les éditions expressions de Nouméa et la courte échelle.éditions transit de Marseille

Publié dans Culture Kanak, Essai

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>