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Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL

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Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL
Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL

Un samedi sur deux, l’association Ecrire en Océanie propose un atelier d’écriture au dock socioculturel. Un rendez-vous bimensuel pour permettre aux écrivains et à tous ceux qui aiment la littérature des rencontres dans une ville proche de Nouméa tandis qu’un marché et diverses animations se déroulent à proximité. C’est une belle initiative cette décentralisation de la culture initiée par Nicole Chardon-Irsh présidente de l’association Ecrire en Océanie. Ce samedi 25 juillet 2020 Joël PAUL blogueur et écrivain est venu présenter son travail et faire la promotion de sa nouvelle Le Chaudron de Nick publiée dans la collection une nouvelle un auteur de EEO. Plus de deux heures d’un presque monologue, l’écrivain est un bavard et l’accueil convivial l’a rendu encore plus volubile.

Joël PAUL, Sylvie Coquillard et un photographe professionnel bien connu jules hmaloko

 

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A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL replay disponible

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A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL replay disponible
A PLUS D'UN TITRE
A PLUS D'UN TITRE      <======  Suivre ce lien 

 

A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL (Texte du site de RRB)

Notre invité de ce matin est un autodidacte. Il y a plusieurs raisons qui nous ont fait l’inviter. La première, c’’est un homme qui a toujours aimé relever les défis. Il y en a d’autres. Blogueur, il est plus que ça. Le goût de la Littérature l’a conduit à écrire, romancier, nouvelliste, il se console avec la Littérature. Il n’a rien des blogueurs influenceurs dont on parle à longueur de temps. Non, il est de ces hommes qui ont un vécu. Très honnêtement, et il faut le dire, il a hésité à venir, considérant qu’il n’avait pas forcément la légitimité pour le faire. Pourtant, il fait partie intégrale du paysage littéraire.

 

Plusieurs prix à son actif, ici comme ailleurs.

 

Né en Picardie, il rejoint la Calédonie à bord du « Calédonien » dans les années 60. Pionnier du CNAM, il obtiendra un diplôme supérieur de commerce. Un tas de petits boulots en arrivant sur le Caillou, il intègre Enercal jusqu‘à sa retraite dont il profite aujourd’hui.

 

Voyageur pendant ses congés, il a toujours cherché à connaître ailleurs et ce que sont les autres.

 

Aujourd’hui, l’homme qu’est notre invité est devenu plus altruiste, plus posé mais toujours fier de ses convictions.

 

Il attend la correction de son futur ouvrage consacré à l’Afrique.

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chúc mừng năm mới

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Pourquoi pas avec un livre sur l'Indochine

 

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Un grand cru pour commencer pour le réveillon et bien commencer l'année 2020

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Un alcoolique, c'est quelqu'un que vous n'aimez pas et qui boit autant que vous. Coluche
Un alcoolique, c'est quelqu'un que vous n'aimez pas et qui boit autant que vous. Coluche

Un alcoolique, c'est quelqu'un que vous n'aimez pas et qui boit autant que vous. Coluche

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Hutsi de Antoine Kaburahe un témoignage de la tragédie burundaise préfacé par Gaël Faye

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Hutsi de Antoine Kaburahe un témoignage de la tragédie burundaise préfacé par Gaël Faye

Le hasard m’a conduit vers le Burundi le 1er novembre 2018 quand le Père François Grossin, supérieur régional des Pères maristes, titilla ma curiosité en parlant des martyrs de Buta au cours de son homélie durant la messe de la Toussaint à l’église Saint Jean-Baptiste de la Vallée des Colons en Nouvelle-Calédonie ! J’avais en mémoire les images terribles des massacres au Rwanda mais peu de connaissances sur les massacres intercommunautaires burundais. De retour chez moi, touché par cette révélation, j’ai cherché sur le net des ouvrages ou des articles sur ces événements. Un article d’un journaliste, Antoine Kaburahe, sur ce carnage a retenu mon attention. Cet article émouvant a fait le tour du monde. Le papier est tellement bien écrit que j’ai de suite envisagé de le reprendre en introduction d’un roman sur le sujet. Comme le vivre ensemble, le communautarisme, les conflits ethniques sont aussi des sujets calédoniens. Dans mon prochain livre, Lénine est Mort dans la région des Grands Lacs, j’ai osé des petites comparaisons et fait des parallèles entre Mélanésie, les îles noires de notre Pacifique Sud et ce petit pays d’Afrique.

 

Ce journaliste, directeur des publications IWACU, m’a de suite autorisé à utiliser son article en précisant qu’il dirigeait une maison d’édition dès notre premier échange. Il vit en exil et dirige son journal de la Belgique. J’ai décidé de publier chez lui pour bénéficier des connaissances qu’il a sur son pays et aussi par amitié. Mais je ne savais pas qu’il préparait un livre, ce livre est paru depuis. Je viens de le recevoir et je l’ai lu d’une traite. Hutsi, un titre bien adapté qui évoque les métis Hutu-Tutsi et résonne comme un appel à la réconciliation.

Cet ouvrage est un témoignage bouleversant d’un de ses amis journalistes. Antoine a rédigé cet ouvrage à la première personne. L’histoire de son ami, la nostalgie de son pays, c’est aussi son histoire personnelle. Cela se sent dans l’écriture chargée d’émotions. « Le Burundi est un pays qui vit dans la peur », écrit-il. Il parle de « l’ogre 72 » pour parler des massacres du premier génocide. Il y a des expressions comme « Au Burundi les larmes coulent vers l’intérieur » mais il écrit aussi dans un autre passage « Un homme qui ne pleure pas se consume … ». Ce livre et le drame de ce pays méritent d’être connus. Hutsi va y contribuer et j’espère en toute modestie arriver à apporter ma pierre à l’édifice avec mon projet qui avance bien, dixit mon éditeur « fin loin de chez nous », comme on dit ici. JP

 

Ci-dessous un article d’IWACU sur ce livre

Littérature : Je n’ai pas lu, j’ai écouté « Hutsi, au nom de tous les sangs »

 19/06/2019 Par Marie Louise Sibazuri

Un article IWACU avec possibilité de commander l’ouvrage sur cette page.

 

L’écrivaine partage ses impressions après la découverte de cet ouvrage qui connaît un grand succès.

 Il y a deux jours, j’ai eu entre les mains le nouveau livre d’Antoine KABURAHE : « Hutsi. Au nom de tous les sangs ». En voyant le titre, la personne qui était avec moi s’est exclamée « Ah, Hutsi ! C’est sans doute une histoire de père hutu et de mère tutsie. Un de ces vocables inventés par ceux qui veulent nous rajouter d’autres fausses ethnies. Et ça va certainement parler aussi de 72. Ça ne vaut pas la peine de lire tout ça. Tout le monde sait ce que ces gens-là ont vécu ! »

Après son départ, j’ai réfléchi à ses paroles. N’est-ce pas un peu présomptueux de prétendre savoir ce que quelqu’un a vécu dans telle ou telle circonstance ? Chaque histoire est personnelle. Tous les hutsi ont-ils vécu la leur de la même manière ? Comme j’avais le livre entre les mains, au lieu de spéculer, j’ai décidé de l’ouvrir pour voir à quelle voix Antoine avait prêté sa plume.

Et j’ai lu le livre d’une traite ! J’ai du mal d’ailleurs à dire que je l’ai lu. Je devrais plutôt dire que je l’ai écouté. Tout en passant d’une page à l’autre, j’avais l’impression d’être assise là, à écouter Aloys égrener son histoire. Je pouvais visualiser son regret des omelettes et des salades que son père préparait le dimanche, et que lui n’a pas eu l’occasion de manger. Ou alors, ne se souvient pas avoir mangé. Je pouvais sentir sa fierté à évoquer ce père qui dansait merveilleusement le twist et roulait en Volkswagen. Ce père culotté qui n’a pas renoncé à son amour malgré les barrières de diverses appartenances. Ce père enfin qui, avec l’épouse bien-aimée, avait su construire aux siens un foyer heureux ! Pendant des heures, j’ai vécu le désarroi de ce petit garçon qui voit partir son père et continue à attendre en vain son retour. Son regret lancinant de ce que son père n’ait pas songé à fuir au lieu de répondre à la convocation du Commissaire. Ce silence blessé de la maman qui ne sait pas expliquer la disparition du père parce qu’en réalité elle n’a rien à expliquer. Cette stigmatisation des victimes auxquelles on colle l’infamante étiquette de bamenja. J’ai versé des larmes sur les rêves brisés de toute une famille, particulièrement sur ceux de Laetitia, de Désiré et de Jean De Dieu. Sur le silence et la solitude qui ont miné Melaniya jusqu’à la fin de sa vie. Mais parallèlement à tous ces malheurs, racontés avec simplicité, j’ai admiré le combat qui a été mené d’abord par la maman puis par ses deux filles aînées pour s’en sortir. J’ai été très touchée par la gratitude qui transparaît dans tout le livre pour ces femmes fortes de la famille Kanyarushatsi.

 

Une ouverture aux différences et une résistance aux divisions

Une autre chose qui m’a fort interpellé dans ce livre, c’est le combat d’Aloys contre l’intolérance et autres violences. Comme si d’avoir tant souffert avait forgé en lui une ouverture aux différences et une résistance au sectarisme et autres divisions. Malgré le mal-être qu’il traîne en lui, malgré l’histoire qui se répète comme si le passé ne nous apprenait rien, malgré l’errance qui est le sien en ce moment, il garde l’espoir en « un pays sûr, fraternel, ouvert à tous les sens et à tous les sangs ; un pays ouvert à tous les meilleurs possibles ».

Je trouve que ce livre est un partage interpellant et qui ne laissera indifférent personne de ceux qui se donneront le plaisir de l’ouvrir. C’est un appel à une résistance consciente contre tout ce qui sape le vivre ensemble des Burundais. C’est surtout un hymne à la vie qui ne se laisse pas anéantir, quels que soient les combats à livrer. Si tu ne l’as pas encore lu, je te le recommande fortement. Il se lit facilement et je te parie que tu ne le poseras pas avant de l’avoir terminé !

4ème de couverture

4ème de couverture

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On parle beaucoup des Puffins en 2011 mon monologue du pétrel y faisait allusion !

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Image Société Calédonienne d'Ornithologie - Overblog

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Vol de nuit

(Le monologue du pétrel)

J’ai toujours été dans mon élément entre ciel et mer, porté par un courant montant d’air chaud ou en rase-mottes au-dessus des vagues à la recherche d’un poisson imprudent flirtant avec la surface de l’eau. J’utilisais les vents déviés à la verticale par les crêtes des vagues pour m’élever passivement dans les airs et redescendre en glissant, sans qu’il fût nécessaire d’effectuer un battement d’aile. Les reflets de la lune et des étoiles suffisaient à m’éclairer.

 

Quand je pense qu’hier encore, après avoir repéré une proie, estimant la profondeur à ma portée, j’ai peut-être effectué ma dernière plongée, un piqué parfait dans le beau lagon calédonien. Le poisson était de bonne taille mais je l’ai happé pour le sortir de l’eau comme s’il s’agissait d’une sardine. Il avait gesticulé en vibrant frénétiquement dans mon bec, une sensation grisante. Comme je ne tenais pas à le perdre, j’avais serré pour l’occire pour de bon car j’étais bien décidé à l’inscrire sur mon menu. J’envoyai illico un message au chef d’escadrille pour respecter le règlement en formation aérienne : « Pétrel quatre à leader, je décroche. Je rentre à la base ». (On communique par télépathie chez les oiseaux car avec mon poisson dans le bec le message aurait été inaudible).

 

Je me souviens dans les moindres détails de ces dernières heures. J’ai pris la direction de mon minuscule îlot qui se détachait sur l’horizon comme toutes les nuits de pleine lune. Il était bien visible loin des lumières polluantes de la ville, je ne pouvais pas le rater. Quoique ! Elles m’attiraient de plus en plus ces lumières du front de mer.

 

Certain d’être trop lourd pour redécoller avec mon poiscaille pesant le poids d’un âne mort, en découvrant l’encombrement de la plage, je trompetai : « Attention en-dessous ! » Tandis que le sol montait irrémédiablement, faisant fi de la casse éventuelle, les pattes en avant et en écartant mes doigts de pied palmés pour ralentir ma chute, je me posai tant bien que mal ! Néanmoins, je bousculai au passage un pétrel, une femelle. Elle me fit de l’esclandre en rameutant toute la colonie. Nonobstant ma culbute, je déposai mon poisson sur la plage pour aller lui clouer le bec.

Tu devrais savoir que la plage c’est notre piste au lieu de couiner comme une truie. Je suis un chasseur moi !

Prétentieux, tu pourrais le partager avec moi ton maquereau pour te faire pardonner, me répondit-elle.

Si tu veux du poisson, tu prends le large pour chasser ma belle. On recrute dans ma volée de chasseurs.

Pauvre puffin égoïste ! Garde-le ton hareng qui pue, dit-elle en s’éloignant.

 

Cet échange d’amabilités après mon atterrissage de la nuit dernière me revenait bizarrement, pourtant je ne regrettais rien de ma réaction au cours de cette altercation avec ma sœur pétrel. Trois heures de vol de nuit pour se faire engueuler en arrivant et elle aurait voulu béqueter mon butin en plus !

 

Après cet atterrissage mouvementé, je dus batailler, avec ma prise au bec, avec ceux qui voulaient me chiper mon repas avant de trouver un coin tranquille pour boulotter ma pêche. Mes congénères occupaient le moindre espace. En période de reproduction les places étaient chères. Ça piaillait de partout, des criailleries du centre au pourtour de l’îlot pour défendre son petit carré de territoire dans un tintouin insupportable.

 

Il faut jouer des coudes sur les plages de nos îlots surpeuplés. De bonnes âmes ont planté des panneaux pour nous protéger soi-disant ! Des recommandations du genre : « Réserve marine », « Attention aux oiseaux », « Chiens et chats interdits », des inscriptions destinées à rappeler aux visiteurs que nous serions en voie d’extinction ! Croyez-moi, il y a une surpopulation d’oiseaux en voie de disparition sur mon îlot. Ce n’est pas la place qui manque sur d’autres îles, mais nous, les pétrels, nous sommes un peu stupides. C’est ici que l’on veut être. Sur cet îlot-là ! Le petit. Ce minuscule îlot perdu dans le lagon qu’on ne peut pas voir d’ici. Nous sommes tellement nombreux sur cet atoll que des campeurs excédés par nos cris nous massacrent parfois. Nos gémissements sont inhumains paraît-il ! Ce qui me console c’est qu’ils massacrent les cossards qui flemmardent dans le sable comme la grosse que j’ai écrabouillée.

 

J’étais chasseur moi ! Pétrel quatre de la compagnie C, comme corvéable à merci au dire des persifleurs mais je ne partageais pas ce point de vue. Les corvées de poisson me permettaient de voler de nuit. J’adorais les vols de nuit au-dessus du lagon avec la voûte céleste tachetée d’astres lumineux au-dessus de ma tête. Je me sentais libre en planant porté par le doux zéphyr. L’altitude me procurait des sensations incomparables. J’étais heureux de pouvoir scruter l’horizon pour chercher la fin de l’immense océan ou en laissant traîner mon regard vers la Grande Terre pour admirer les étoiles que les hommes avaient réussi à accrocher. Elles m’intriguaient ces lumières de la ville. Je voulais découvrir le secret des lumières de la ville.

 

Après cette dernière nuit de chasse, j’avais dû creuser pour faire mon trou et pioncer avant le lever du jour. Comme toujours, mon nid avait été squatté. Un fléau chez les pétrels. La journée annonçait le retour des motos marines, des bateaux et du soleil brûlant. Tout ce qui pouvait emmerder un pétrel se déroulait la journée.

 

Après une horrible journée à supporter la curiosité des hommes qui s’enfonçaient dans nos nids creusés dans le sable, en hurlant parfois de frayeur lorsqu’un oiseau ébouriffé s’envolait en sortant comme un diable par l’autre trou. Ils ignoraient que nos terriers avaient deux accès comme les narines pour respirer. Heureusement que la nature nous avait inculqué cette technique mais ayons une petite pensée pour ceux qui étaient tombés sur les concurrents de Jusko Poto, la fameuse émission de téléréalité. Il se disait qu’ils avaient commis un vrai génocide de puffins-fouquet du Pacifique à l’île des Pins. C’est notre vrai nom fouquet, mais les habitants du Caillou nous appellent pétrel. Certains disent une pétrel. Une pétrel, pourquoi pas une pétasse !

 

Enfin, le jour déclina, ce fut l’aube d’une nouvelle nuit. Nous étions dans l’espace de temps curieusement appelé entre chien et loup. Drôle d’expression, j’en frémissais en attendant la nuit d’encre rassurante. Les chiens et les loups étaient des carnassiers, un oiseau salé aurait sûrement flatté le palais de ces gloutons.

 

Le voile de la nuit tomba enfin sur notre beau lagon. Les jacassements reprirent de plus belle, les cris des pucelles qui subissaient l’assaut de nos mâles vigoureux me cassèrent très vite les oreilles. Une cacophonie insupportable recommençait. J’aurais voulu dire à ma famille de pétrels, pour être drôle, « Vos gueules les mouettes ! » mais ils n’auraient pas compris la plaisanterie. Heureusement, je vis le chef d’escadrille qui tournoyait au-dessus de ma tête. C’était le signal du départ en chasse. J’étais chasseur moi !

 

J’ai couru, j’ai couru pour décoller mon gros cul. La même femelle que j’avais croisée au petit matin était encore sur mon chemin au crépuscule en nichant sur la piste. Je dus l’admonester une fois de plus pour la faire déguerpir de la plage. Je levai mon bec en battant des ailes dans le bon sens du terme. Je m’élevai dans le noble sens du terme en trouvant rapidement un courant d’air ascendant, un bon gradient de vent qui m’emporta avec lui. Ayant pris suffisamment de hauteur, je me décontractai, l’alizé m’avait pris en charge.

 

De joie, de bien être, je fis des loopings, des figures acrobatiques qui m’enivrèrent. De cercle en cercle, de proche en proche, je m’éloignai.

 

« Ô ciel ! », m’écriai-je affolé en m’apercevant que j’avais perdu l’escadrille. Faire du vol à vue les yeux fermés m’avait joué un vilain tour. J’étais bien loin de mon îlot mais très proche de la Grande Terre, des fameuses lumières, des étoiles qui piquetaient le littoral. Comme c’était beau ! Comme cela brillait. J’approchai encore. Mon chef d’escadrille n’étant plus là pour me donner des ordres, j’en profitai. C’était la fiesta ce soir. J’allais en ville. J’allais m’éclater.

 

« Pétrel quatre à leader, je ne vous reçois plus ». Les cons, ils devaient surveiller la surface de l’eau à l’affût d’un poisson ou d’un calmar en espérant être le héros du jour au retour, mais le héros ce sera moi. J’allais en ville !

 

Je vis plus clair en me rapprochant, Nouméa brillait de mille feux. Je ne résistai pas à la tentation, je fonçai en descendant en piqué. Sans tournoiement inutile, il n’y avait pas de requins sur terre, je n’avais pas de précautions à prendre, je voulais faire un carreau pour atterrir dans la lumière. Je voulais cueillir une étoile comme on happe un poisson. Si j’avais pu en capturer une pour la ramener sur l’îlot.

 

Patatras ! Badaboum ! Aie ! J’ai eu très mal ! Saloperie de lampadaire. Elle était belle mon étoile, un candélabre. Je m’étais éclaté pour de bon. Je n’avais pas fait un carreau, j’étais sur le carreau. J’avais une aile pendante, l’humérus cassé. Je me traînai sur un gazon qui empestait la merde de chien. J’avais échoué sur la promenade Pierre Vernier. Groggy, je restai blotti contre le tronc d’un cocotier. Si un chien ne me bouffait pas pendant la nuit, j’avais des chances de finir au parc forestier.

 

Guillaume Apollinaire a écrit :   « Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile. » À vos plumes amis poètes ! Adieu compagnons pétrels, puffins, frégates, sternes, tous mes potes les oiseaux de mer, pour moi les vols de nuit sont terminés. Je me suis laissé aveugler par les lumières de la ville. J’ai perdu ma liberté. Je vais sûrement perdre la vie.

 

Les heures s’écoulèrent lentement tandis qu’une douleur diffuse me harcelait mais l’engourdissement l’étouffa. Personne ne me repéra. Il faut dire que la nuit les promeneurs étaient peu nombreux mais il y en avait : des insomniaques, des vieux qui volontairement écourtaient leur nuit pour faire du rab sur Terre, vivre plus longtemps en dormant moins. Il faut profiter de la vie, la belle vie. La mienne était définitivement gâchée à cause de cette pelle que je venais de me ramasser. Une chute aux conséquences dramatiques.

 

J’eus la peur de ma vie quelques minutes après minuit à cause d’un vigile qui promenait son chien, un pitbull. Le molosse me flaira et m’aurait bien broyé dans sa mâchoire puissante si l’homme autoritaire n’avait pas tiré violemment sur la laisse en resserrant le collier étrangleur. En voyant l’assassin de chien, à moitié étouffé la langue pendante, j’avais failli m’étrangler de rire mais le soubresaut de mon ricanement réveilla la douleur. Je déchantai rapidement pendant que le molosse, la tête à l’envers, tiré par l’homme aux rangers, me lorgnait méchamment en regrettant de ne pas m’avoir achevé.

 

Les étoiles s’éteignent une à une. Le bruissement du vent du large qui caresse les palmes des cocotiers et le clapotis des vagues me jouent le requiem pour oiseau de mer, un cantique funèbre pathétique. Je n’aurais jamais dû m’éloigner de mon îlot. La vie lasse de mon corps brisé me quitte, je n’ai plus de force. J’ai le bec entrouvert. Je suis déshydraté. C’est un signe qui ne trompe pas, je vais crever !

 

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir[1] ? J’ai la réponse : je suis mourant recroquevillé contre le tronc de mon palmier et personne ne me voit.

« C’est le combat du jour et de la nuit » Les derniers vers du grand poète, Victor Hugo, seront mes dernières paroles.

 

[1] Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir                        ?
Coppée (François), Promenades et Intérieurs (Lemerre).

 

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Bon réveillon et bonne année à tous

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Bon Noël aux visiteurs de mon blog et à tous mes amis

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Sympa le père Noël
Sympa le père Noël

Sympa le père Noël

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Le message de mon fils qui fait ses études en France, émouvant n'est-ce pas ?

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C'est mon cadeau fête des pères, j'attends son retour en vacances bientôt avec impatience. C'est vrai que cette chanson est belle.

Mon garçon en France avec les premiers rayons du soleil printanier pour le réchauffer.

Mon garçon en France avec les premiers rayons du soleil printanier pour le réchauffer.

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Rendez-vous au salon de Tahiti. Je m'envole aujourd'hui pour le fenua

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Rendez-vous au salon de Tahiti. Je m'envole aujourd'hui pour le fenua
Nous y sommes, mais la chaleur et le décalage c'est dur ! Mais la littérature et les invités de ce beau salon le valent bien.

Nous y sommes, mais la chaleur et le décalage c'est dur ! Mais la littérature et les invités de ce beau salon le valent bien.

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