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divers sur joel paul

43ème foire de Bourail, j'y étais, c'était bien !

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On peut faire cocorico faute de cagou
On peut faire cocorico faute de cagouOn peut faire cocorico faute de cagou

On peut faire cocorico faute de cagou

De beaux animaux étaient exposésDe beaux animaux étaient exposés
De beaux animaux étaient exposés
De beaux animaux étaient exposésDe beaux animaux étaient exposés

De beaux animaux étaient exposés

Des amateurs de country et ma moitié à son affaire avec les fruits et les produits locaux
Des amateurs de country et ma moitié à son affaire avec les fruits et les produits locauxDes amateurs de country et ma moitié à son affaire avec les fruits et les produits locauxDes amateurs de country et ma moitié à son affaire avec les fruits et les produits locaux
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Des amateurs de country et ma moitié à son affaire avec les fruits et les produits locaux

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Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL

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Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL
Atelier d’écriture au dock socioculturel avec Joël PAUL

Un samedi sur deux, l’association Ecrire en Océanie propose un atelier d’écriture au dock socioculturel. Un rendez-vous bimensuel pour permettre aux écrivains et à tous ceux qui aiment la littérature des rencontres dans une ville proche de Nouméa tandis qu’un marché et diverses animations se déroulent à proximité. C’est une belle initiative cette décentralisation de la culture initiée par Nicole Chardon-Irsh présidente de l’association Ecrire en Océanie. Ce samedi 25 juillet 2020 Joël PAUL blogueur et écrivain est venu présenter son travail et faire la promotion de sa nouvelle Le Chaudron de Nick publiée dans la collection une nouvelle un auteur de EEO. Plus de deux heures d’un presque monologue, l’écrivain est un bavard et l’accueil convivial l’a rendu encore plus volubile.

Joël PAUL, Sylvie Coquillard et un photographe professionnel bien connu jules hmaloko

 

Publié dans Divers sur Joël PAUL

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Au Marché de Lucien avec Eddy Mboyo Bofenda star congolais pour le 1er juin des écritures théâtrales jeunesse

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Le staff LEC avec Eddy, Juliette Maes présidente d'honneur de lire en Calédonie et Joël PAUL avec Eddy
Le staff LEC avec Eddy, Juliette Maes présidente d'honneur de lire en Calédonie et Joël PAUL avec EddyLe staff LEC avec Eddy, Juliette Maes présidente d'honneur de lire en Calédonie et Joël PAUL avec Eddy

Le staff LEC avec Eddy, Juliette Maes présidente d'honneur de lire en Calédonie et Joël PAUL avec Eddy

Le Marché de Lucien est un événement populaire ouvert à tous qui se tient tous les derniers samedi de chaque mois. Organisé autour des valeurs telles que le partage, l’écocitoyenneté, et la protection de l’environnement. Le thème du prochain SILO, salon international du livre océanien sera « Soyons Nature », Bernheim n’a pas attendu pour l’être.

La bibliothèque accueille gratuitement durant les heures d’ouvertures au public (de 9h00 à 16h00), des exposants et des associations proposant de l’artisanat, des produits maraîchers.

Ce 1er juin était particulier puisqu’Elsa Artaso présidente LEC, l'association Lire en Calédonie avait invité au marché pour la 1ère édition calédonienne du : "1er juin des écritures théâtrales jeunesse" un artiste africain Eddy Mboyo Bofenda du Congo pour assurer l’animation. Cet artiste est tombé amoureux de la Nouvelle-Calédonie. Invité pour la semaine de la francophonie, il s’incruste. (C’est une plaisanterie, Eddy est une victime collatérale de la pandémie, il est bloqué sur le Caillou).

Il faut noter que ce 1er juin des écritures théâtrales jeunesse est le premier du monde francophone avec le décalage horaire et les reports à cause de la covid-19 dans les villes de métropole. Cet événement est national. L’artiste congolais a joué des instruments traditionnels de son pays chanté et raconté un conte de la forêt équatoriale africaine. Ses textes, adaptées à la pandémie et à son exil forcé étaient touchants avec des paroles qui contenaient : Nouméa, la semaine de francophonie, covid-19, la fermeture des lieux de culte, l’arrêt du transport aérien, la position géographique de la Nouvelle-Calédonie qu’il appelle « Caledonia », il est évidemment marqué par sa mésaventure.  

Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.
Quelques images de cet événement.

Quelques images de cet événement.

Ce marché était aussi l'occasion de découvrir Wema David dont l'un de ses personnages en fil de fer illustre la couverture de Mon Amoureuse de Akel Waya paru aux éditions Plume de Notou.

 

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Le chaudron de Nick une nouvelle nickel est en librairie

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Le chaudron de Nick une nouvelle nickel est en librairie

Mon petit livre de la collection Un auteur Une nouvelle de l’association Ecrire en Océanie est disponible à la librairie Calédo Livres. Au péril de ma vie, j’ai bravé les éléments pour récupérer quelques exemplaires, il est petit mais bien fait, sympa comme tout. Les ouvrages de cette collection vendus à un prix abordable permettent à cette association de vivre. N’hésitez pas, EEO est d’utilité (littéraire) publique. Je ne touche pas de droits d’auteur sur ces ventes mais c’est un plaisir d’être édité. Joël PAUL se cache, tente de se protéger derrière ce masque.

Le chaudron de Nick une nouvelle nickel est en librairie
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Mots pour Maux : Joël PAUL écrivain blogueur

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

À personne,

 

C’est la fin du monde et pourtant j’ai envie d’écrire cette lettre sans savoir à qui l’envoyer, sans pouvoir la remettre à celui vers qui vont mes pensées.

J’aimerais tant que tu la lises, mon fils, toi, mes yeux, mon cœur, ma raison de vivre, mais nos destins sont liés. Nous allons subir le sort de nos congénères les humains et de la plupart de ce qui vit sur Terre. Cette fois la catastrophe annoncée n’est pas un canular. Depuis quelques jours les oiseaux ont disparu. Plus un chant, plus un sifflement, plus un piaillement dans ce qu’il reste des arbres et plantes de notre jardin qui sèchent sur pied. La puanteur, relent pestilentiel des cadavres de poissons et mammifères échoués sur le littoral, empeste l’air, pourtant nous habitons à cinq kilomètres du rivage. Les espèces s’éteignent une à une. Aucune ne résistera.

 

Aujourd’hui, tu as quand même voulu aller à l’école pour dire au revoir à tes copains. Je pleure des larmes de sang depuis que tu es parti. Je n’ai croisé que des gens hagards dans la rue en allant chercher quelque chose à manger chez l’épicier du coin. Il m’a donné une des dernières boîtes de conserve qui lui restent. J’ai bien dit donné. Il distribue ses produits depuis quelques jours. Les gens donnent tout, mais personne ne veut plus rien prendre. Pour quoi faire ? disent-ils. Les plus affamés acceptent seulement de la nourriture pour attendre. La Terre a été traversée par de la matière noire invisible, m’a dit l’épicier. On disait n’importe quoi pour annoncer la fin du monde. Des prophéties décrivant des catastrophes en tout genre avaient annoncé le pire, mais alors qu’il ne reste qu’une seconde affichée sur l’horloge de l’apocalypse, la doomsday clock de l’université de Chicago, on ne peut pas savoir ce qui a provoqué l’effondrement subit et irréversible des écosystèmes terrestres. Des rumeurs racontent des suicides collectifs de la population dans certains pays, mais comment vérifier, il n’y a plus aucune communication internationale qui fonctionne, et les avions ont déserté le ciel.

 

Reviens vite de l’école, mon fils. Reviens vite pour que je te serre dans mes jusqu’à la dernière seconde, et que nous traversions ensemble le miroir. Il y a encore tellement de choses que je dois te dire, tellement de conseils que je n’ai pas eu le temps de te donner. Je veux être avec toi, poussière parmi les poussières. Si nos âmes se tiennent par la main, tu auras moins peur du noir tandis que l’accélération de la matière nous propulsera à travers la galaxie, vers l’infini, dans le vide de l’univers. Tu auras moins peur avec moi pour affronter le cosmos sans toit ni plancher. L’essentiel est invisible pour les yeux, disait le Petit Prince de Saint-Exupéry. Nous allons peut-être le découvrir et faire un beau voyage. Nous ferons attention de ne pas tomber dans un trou noir. On ne revient pas d’un trou noir.

 

Reviens vite de l’école mon fils, c’est la fin du monde, on part ensemble.

 

Projet pour un concours Fin du monde écrit en 2012 que j’ai retrouvé hier (j’étais déjà optimiste en 2012J)

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Mots pour Maux : Joël PAUL écrivain, blogueur, humaniste

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La musique qui convient à ce récit et ce ballet d'hélicoptères

Mission Earthquake

 

 

« Tout moun sou tè a fèt tou lib. Tout gen menm valè (nan je lasosyete), tout moun gen menm dwa devan Lalwa.

Tout moun fèt ak yon bonsans, tout fèt ak yon konsyans epi youn fèt pou trete lòt tankou frè ak sè. »

 

Karl Hook essayait de comprendre le sens de la prière que cette femme, à genoux, récitait devant la statue de François-Dominique Toussaint dit Toussaint Louverture sur le Champ-de-Mars. Une fois de plus, Toussaint avait résisté. Droit et fier, il était planté devant le palais présidentiel effondré.

 

The first Lieutenant Hook venait, une dernière fois, de tenter avec ses hommes de sortir des rescapés des décombres du palais mais il fallait se rendre à l’évidence, aucun des sénateurs en réunion ne devait avoir survécu. Il s’épongea le front en regardant une fois de plus cette femme agenouillée devant le bronze de Toussaint Louverture. Le spectacle lui rappelait la Louisiane dont la population en majorité noire ressemblait à celle-ci après le terrible ouragan Katrina. Après une longue hésitation, il donna enfin l’ordre à ses hommes de se mettre en marche pour rejoindre le point de ralliement ou un hélicoptère viendrait les récupérer.

 

 « On met nos masques à gaz les gars ». Ils enfilèrent leurs masques du type M40 plutôt destinés aux risques chimiques mais c’était la consigne. Chaque GI ajusta son masque, avec le même geste mécanique, en expirant fortement pour décoller les clapets de sortie d’air puis en serrant la sangle pour bien coller le masque sur son visage. L’odeur dans les rues du centre ville était insoutenable. Des cadavres jonchaient les trottoirs sans personne pour les enterrer. Les bras disponibles étaient utilisés à sauver d’éventuels survivants.

 

« Cheat Earthquake, let’s go ! » ordonna-t-il à ses hommes avant de se mettre en branle.

 

Tous les hommes de sa section étaient épuisés mais aucun ne le montrait devant tant de misère. Les regards désespérés des survivants qui croisaient la section ainsi équipée étaient insoutenables. Depuis deux jours, dix-neuf hélicoptères se relayaient pour vider les cales du porte-avions Carl Winson de tout ce qui pouvait servir à nourrir ou aider les sinistrés. Il n’y avait plus rien à bord. Karl et ses hommes savaient que c’était leur dernière mission. Ils allaient partir en simulant une autre rotation en trompant la population. Ils avaient le cœur serré.

 

Une fois arrivé au « landing strip » sommairement aménagé depuis leur arrivée et après avoir dû repousser mendiants, estropiés qu’ils croisèrent en traversant le centre ville, ils grimpèrent un à un dans l’hélico turbine en rotation en se faisant copieusement engueuler par le pilote qui leur rappelait impérieusement de faire vite.

 

« Allez grouillez-vous, bande de bâtards. Je n’ai pas envie de faire feu sur ces malheureux ».

 

Le pilote craignait que son appareil soit pris d’assaut. Le premier jour de leur mission, un groupe d’Haïtiens menaçants avait tenté de le faire, ils durent faire usage de leurs armes en tirant en l’air pour les disperser.

 

Une fois dans la carlingue, ils ôtèrent leurs masques. Ils étaient abasourdis par la fatigue, le bruit de la turbine et les pales en rotation. Ils contemplèrent, en décollant, une dernière fois le spectacle de Port-au-Prince dévasté par l’un des plus importants tremblements de terre que la région ait connu. En prenant de l’altitude pour rejoindre le porte-avions mouillé au large, le gros oiseau bruyant leur dévoila le pourtour de la capitale meurtrie, entourée de collines appelées mornes. Karl qui passait pour un officier lettré savait que morne en français veut dire : empreint de tristesse.

 « Les Créoles en choisissant ce mot pour désigner une petite montagne avaient peut-être anticipé cette catastrophe », se dit-il. Port-au-Prince est entouré de tristes collines. « Pauvres gens, pauvre pays, toute la misère du monde est sous nos pieds », lança-t-il à ses hommes. « Yes, sir », répliquèrent-ils d’une même voix.

 

Ils ne se l’avouèrent pas mais chacun des hommes de l’US Navy pensait être un privilégié avant cette mission. Ils se la coulaient douce par rapport à leurs collègues sur les théâtres d’opérations en Afghanistan ou en Irak mais le spectacle de tous ces morts, femmes, enfants, vieillards qui n’avaient eu que leur seule misère au poing pour se défendre les attristait au point de pleurer.

 

Des larmes traçaient un sillon sur les joues poussiéreuses de certains soldats. « Ça ne pleure pas un homme », disait le chanteur Ringo dans les années quatre-vingts. Pourtant des soldats ont pleuré à Port-au-Prince trente ans plus tard à cause d’un séisme qui aurait pu être baptisé « Amalric magnitude 7 », un méchant séisme qui a ordonné à son bataillon de secousses : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

 

Le 16/10/2010 juste après mon retour de Vanuatu après avoir pris connaissance dans l’avion du drame haïtien.

 

Traduction : Premières phrases de la déclaration des droits de l’homme en créole

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

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Mots pour Maux : Joël PAUL écrivain blogueur littéraire

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Vol de nuit

(Le monologue du pétrel)

J’ai toujours été dans mon élément entre ciel et mer, porté par un courant montant d’air chaud ou en rase-mottes au-dessus des vagues, à la recherche d’un poisson imprudent flirtant avec la surface de l’eau. J’utilisais les vents déviés à la verticale par les crêtes des vagues pour m’élever passivement dans les airs et redescendre en glissant, sans qu’il fût nécessaire d’effectuer un battement d’ailes. Les reflets de la lune et des étoiles suffisaient à m’éclairer.

 

Quand je pense qu’hier encore, après avoir repéré une proie, estimant la profondeur à ma portée, j’ai peut-être effectué ma dernière plongée, un piqué parfait dans le beau lagon calédonien. Le poisson était de bonne taille, mais je l’ai happé pour le sortir de l’eau comme s’il s’agissait d’une sardine. Il avait gesticulé en vibrant frénétiquement dans mon bec, une sensation grisante. Comme je ne tenais pas à le perdre, j’avais serré pour l’occire pour de bon, car j’étais bien décidé à l’inscrire sur mon menu. J’envoyai illico un message au chef d’escadrille pour respecter le règlement en formation aérienne : « Pétrel quatre à leader, je décroche. Je rentre à la base. » (Heureusement, on communique par télépathie chez les oiseaux, car avec mon poisson dans le bec, le message aurait été inaudible.)

 

Je me souviens dans les moindres détails de ces dernières heures. J’ai pris la direction de mon minuscule îlot qui se détachait sur l’horizon comme toutes les nuits de pleine lune. Il était bien visible loin des lumières polluantes de la ville, je ne pouvais pas le rater. Quoique ! Elles m’attiraient de plus en plus ces lumières du front de mer.

 

Certain d’être trop lourd pour redécoller avec mon poiscaille pesant le poids d’un âne mort, en découvrant l’encombrement de la plage, je trompetai : « Attention en dessous ! » Tandis que le sol montait irrémédiablement, faisant fi de la casse éventuelle, les pattes en avant et en écartant mes doigts de pied palmés pour ralentir ma chute, je me posai tant bien que mal ! Néanmoins, je bousculai au passage un pétrel, une femelle. Elle me fit un esclandre en rameutant toute la colonie. Nonobstant ma culbute, je déposai mon poisson sur la plage pour aller lui clouer le bec.

Tu devrais savoir que la plage, c’est notre piste, au lieu de couiner comme une truie. Je suis un chasseur, moi !

Prétentieux, tu pourrais partager ton maquereau avec moi pour te faire pardonner, me répondit-elle.

Si tu veux du poisson, tu prends le large pour chasser, ma belle. On recrute dans ma volée de chasseurs.

Pauvre puffin égoïste ! Garde-le, ton hareng qui pue, dit-elle en s’éloignant.

 

Cet échange d’amabilités après mon atterrissage de la nuit dernière me revenait bizarrement, pourtant je ne regrettais rien de ma réaction au cours de cette altercation avec ma sœur pétrel. Trois heures de vol de nuit pour se faire engueuler en arrivant… et elle aurait voulu béqueter mon butin en plus !

 

Après cet atterrissage mouvementé, je dus batailler, avec ma prise au bec, avec ceux qui voulaient me chiper mon repas, avant de trouver un coin tranquille pour boulotter ma pêche. Mes congénères occupaient le moindre espace. En période de reproduction, les places étaient chères. Ça piaillait de partout, des criailleries du centre au pourtour de l’îlot, pour défendre son petit carré de territoire, dans un tintouin douloureux pour les tympans.

 

Il faut jouer des coudes sur les plages de nos îlots surpeuplés. De bonnes âmes ont planté des panneaux pour nous protéger, soi-disant ! Des recommandations du genre : « Réserve marine », « Attention aux oiseaux », « Chiens et chats interdits », des inscriptions destinées à rappeler aux visiteurs que nous serions en voie d’extinction ! Croyez-moi, il y a une surpopulation d’oiseaux en voie de disparition sur mon îlot. Ce n’est pas la place qui manque sur d’autres îles, mais nous, les pétrels, nous sommes un peu stupides. C’est ici que l’on veut être. Sur cet îlot-ci ! Le petit. Ce minuscule îlot perdu dans le lagon. Nous sommes tellement nombreux sur cet atoll que des campeurs excédés par nos cris nous massacrent parfois. Nos gémissements sont inhumains, paraît-il ! Ce qui me console, c’est qu’ils massacrent les cossards qui flemmardent dans le sable, comme la grosse que j’ai écrabouillée.

 

Je suis chasseur, moi ! Pétrel quatre de la compagnie C, comme corvéable à merci au dire des persifleurs, mais je ne partageais pas ce point de vue. Les corvées de poisson me permettaient de voler de nuit. J’adorais les vols de nuit au-dessus du lagon, avec la voûte céleste tachetée d’astres lumineux au-dessus de ma tête. Je me sentais libre quand je planais, porté par le doux zéphyr. L’altitude me procurait des sensations incomparables. J’étais heureux de pouvoir scruter l’horizon pour chercher la fin de l’immense océan et regarder vers la Grande Terre pour admirer les étoiles que les hommes avaient réussi à accrocher. Elles m’intriguaient ces lumières de la ville. Je voulais découvrir leur secret.

 

Après cette dernière nuit de chasse, j’avais dû creuser pour faire mon trou, et pioncer avant le lever du jour. Comme toujours, mon nid avait été squatté. Un fléau chez les pétrels. La journée annonçait le retour des motos marines, des bateaux et du soleil brûlant. Tout ce qui pouvait emmerder un pétrel se déroulait la journée.

 

Après une horrible journée à supporter la curiosité des hommes qui s’enfonçaient dans nos nids creusés dans le sable et hurlaient parfois de frayeur lorsqu’un oiseau ébouriffé s’envolait en sortant comme un diable par l’autre trou. Ils ignoraient que nos terriers avaient deux accès comme les narines pour respirer. Heureusement que la nature nous avait inculqué cette technique ! Mais ayons une petite pensée pour ceux qui étaient tombés sur les concurrents de Jusko Poto, la fameuse émission de téléréalité. Il se disait qu’ils avaient commis un vrai génocide de puffins-fouquets du Pacifique à l’île des Pins. C’est notre vrai nom fouquet, mais les habitants du Caillou nous appellent pétrel. Certains disent une pétrel. Une pétrel, pourquoi pas une pétasse !

 

Enfin, le jour déclina, ce fut l’aube d’une nouvelle nuit. Nous étions dans l’espace de temps curieusement appelé « entre chien et loup ». Drôle d’expression… J’en frémissais en attendant la nuit d’encre rassurante. Les chiens et les loups étaient des carnassiers, un oiseau salé aurait sûrement flatté le palais de ces gloutons.

 

Le voile de la nuit tomba enfin sur l’îlot de corail. Les jacassements reprirent de plus belle, les cris des pucelles qui subissaient l’assaut de nos mâles vigoureux me cassèrent très vite les oreilles. Une cacophonie insupportable recommençait. J’aurais voulu dire à ma famille de pétrels, pour être drôle, « Vos gueules les mouettes ! », mais ils n’auraient pas compris la plaisanterie. Heureusement, je vis le chef d’escadrille qui tournoyait au-dessus de ma tête. C’était le signal du départ en chasse. J’étais chasseur, moi !

 

J’ai couru, j’ai couru pour décoller mon gros cul. La même femelle que j’avais croisée au petit matin était encore sur mon chemin au crépuscule, qui nichait sur la piste. Je dus l’admonester une fois de plus pour la faire déguerpir de la plage. Je levai mon bec en battant des ailes dans le bon sens du terme. Je m’élevai, en trouvant rapidement un courant d’air ascendant, un bon gradient de vent qui m’emporta avec lui. Ayant pris suffisamment de hauteur, je me décontractai, l’alizé m’avait pris en charge.

 

De joie, de bien-être, je fis des loopings, des figures acrobatiques qui m’enivrèrent. De cercle en cercle, de proche en proche, je m’éloignai.

 

« Ô ciel ! », m’écriai-je affolé en m’apercevant que j’avais perdu l’escadrille. Faire du vol à vue les yeux fermés m’avait joué un vilain tour. J’étais bien loin de mon îlot, mais très proche de la Grande Terre, des fameuses lumières, des étoiles qui piquetaient le littoral. Comme c’était beau ! Comme cela brillait. J’approchai encore. Mon chef d’escadrille n’étant plus là pour me donner des ordres, j’en profitais. C’était la fiesta ce soir. J’allais en ville. J’allais m’éclater.

 

« Pétrel quatre à leader, je ne vous reçois plus ». Les cons, ils devaient surveiller la surface de l’eau à l’affût d’un poisson ou d’un calmar en espérant être le héros du jour au retour, mais le héros, ce sera moi. Je vais en ville !

 

Je vis plus clair en me rapprochant, Nouméa brillait de mille feux. Je ne résistai pas à la tentation, je fonçai en descendant en piqué. Sans tournoiement inutile, il n’y avait pas de requins sur terre, je n’avais pas de précautions à prendre, je voulais faire un carreau pour atterrir dans la lumière. Je voulais cueillir une étoile comme on happe un poisson. Si j’avais pu en capturer une pour la ramener sur l’îlot…

 

Patatras ! Badaboum ! Aïe ! J’ai eu très mal ! Saloperie de lampadaire. Elle était belle mon étoile, un candélabre. Je m’étais éclaté pour de bon. Je n’avais pas fait un carreau, j’étais sur le carreau. J’avais une aile pendante, l’humérus cassé. Je me traînai sur un gazon qui empestait la merde de chien. J’avais échoué sur la promenade Pierre Vernier. Groggy, je restai blotti contre le tronc d’un cocotier. Si un chien ne me bouffait pas pendant la nuit, j’avais des chances de finir au parc forestier.

 

Guillaume Apollinaire a écrit : « Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile. » À vos plumes, amis poètes ! Adieu, compagnons pétrels, puffins, frégates, sternes, tous mes potes les oiseaux de mer, pour moi les vols de nuit sont terminés. Je me suis laissé aveugler par les lumières de la ville. J’ai perdu ma liberté. Je vais sûrement perdre la vie.

 

Les heures s’écoulèrent lentement tandis qu’une douleur diffuse me harcelait, mais l’engourdissement l’étouffa. Personne ne me repéra. Il faut dire que la nuit les promeneurs étaient peu nombreux, mais il y en avait tout de même : des insomniaques, des vieux qui volontairement écourtaient leur nuit pour faire du rab sur Terre, et vivre plus longtemps en dormant moins. Il faut profiter de la vie, la belle vie. La mienne était définitivement gâchée à cause de cette pelle que je venais de me ramasser. Une chute aux conséquences dramatiques.

 

J’eus la peur de ma vie, quelques minutes après minuit, à cause d’un vigile qui promenait son chien, un pitbull. Le molosse me flaira et m’aurait bien broyé dans sa mâchoire puissante si l’homme autoritaire n’avait pas tiré violemment sur la laisse en resserrant le collier étrangleur. En voyant cet assassin de chien, à moitié étouffé, la langue pendante, j’avais failli m’étrangler de rire, mais le soubresaut de mon ricanement réveilla la douleur. Je déchantai rapidement pendant que le molosse, la tête à l’envers, tiré par l’homme aux rangers, me lorgnait méchamment en regrettant de ne pas m’avoir achevé.

 

Les étoiles s’éteignent une à une. Le bruissement du vent du large qui caresse les palmes des cocotiers et le clapotis des vagues me jouent le requiem pour oiseau de mer, un cantique funèbre pathétique. Je n’aurais jamais dû m’éloigner de mon îlot. La vie lasse de mon corps brisé me quitte, je n’ai plus de force. J’ai le bec entrouvert. Je suis déshydraté. C’est un signe qui ne trompe pas, je vais crever !

 

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir[1] ? J’ai la réponse : je suis mourant, recroquevillé contre le tronc de mon palmier et personne ne me voit.

« C’est le combat du jour et de la nuit. » Les derniers vers du grand poète, Victor Hugo, seront mes dernières paroles.

 

 

[1] Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir                        ?
Coppée (François), Promenades et Intérieurs (Lemerre).

 

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A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL replay disponible

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL replay disponible
A PLUS D'UN TITRE
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A PLUS D'UN TITRE Bruno Penati recevait JOEL PAUL (Texte du site de RRB)

Notre invité de ce matin est un autodidacte. Il y a plusieurs raisons qui nous ont fait l’inviter. La première, c’’est un homme qui a toujours aimé relever les défis. Il y en a d’autres. Blogueur, il est plus que ça. Le goût de la Littérature l’a conduit à écrire, romancier, nouvelliste, il se console avec la Littérature. Il n’a rien des blogueurs influenceurs dont on parle à longueur de temps. Non, il est de ces hommes qui ont un vécu. Très honnêtement, et il faut le dire, il a hésité à venir, considérant qu’il n’avait pas forcément la légitimité pour le faire. Pourtant, il fait partie intégrale du paysage littéraire.

 

Plusieurs prix à son actif, ici comme ailleurs.

 

Né en Picardie, il rejoint la Calédonie à bord du « Calédonien » dans les années 60. Pionnier du CNAM, il obtiendra un diplôme supérieur de commerce. Un tas de petits boulots en arrivant sur le Caillou, il intègre Enercal jusqu‘à sa retraite dont il profite aujourd’hui.

 

Voyageur pendant ses congés, il a toujours cherché à connaître ailleurs et ce que sont les autres.

 

Aujourd’hui, l’homme qu’est notre invité est devenu plus altruiste, plus posé mais toujours fier de ses convictions.

 

Il attend la correction de son futur ouvrage consacré à l’Afrique.

Publié dans Divers sur Joël PAUL

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chúc mừng năm mới

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Pourquoi pas avec un livre sur l'Indochine

 

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Joël PAUL vous souhaite une bonne fin d'année à tous avec les lumières de Nouméa pour éclairer votre lecture du moment

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Les lumières de notre "maire" à tous vont s'éteindre dès demain, ce soir il est encore possible d'en profiterLes lumières de notre "maire" à tous vont s'éteindre dès demain, ce soir il est encore possible d'en profiterLes lumières de notre "maire" à tous vont s'éteindre dès demain, ce soir il est encore possible d'en profiter
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