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ecrivain caledonien

Des voix pour la Terre, de la poésie avec la participation de notre poétesse Imasango

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

En librairie le 25 novembre 2021 en métropole à commander sur le net chez l’éditeur ou autre plateforme Prix : 9€

Aux côtés d’Imasango, il y a 40 poètes engagés pour sauver la planète, dans l’anthologie «  Des voix pour la terre ».

« Le sablier » est mon alerte...

Aussi bientôt parution de "L'Éphémère – 88 plaisirs fugaces", en février, aux éditions Bruno Doucey.

Nous honorons le thème du Printemps des Poètes qui se déroule du 12 au 28 mars, sur le thème L’Éphémère.

Anthologie établie par Bruno Doucey, Ariane Lefauconnier et Pierre Kobel

Couverture : Bruce Clarke

Ce livre est un brûlot. Plus de 40 poètes et chanteurs du monde entier y dénoncent un scandale : l’asphyxie programmée de notre planète. Pollution des mers ou de l’air, destruction des espèces vivantes, mais aussi réchauffement climatique, déforestation ou gaspillage des ressources, autant de combats portés par de grandes voix, de la canadienne Margaret Atwood, à l’innue Rita Mestokosho en passant par la brésilienne Marcia Theophilo, le Mahorai Nassuf Djailani, ou bien encore Alain Damasio ou le groupe de rock Mickey 3D. Cette anthologie s’inscrit dans la collection Poés’idéal, de petits livres militants, qui offrent aux adolescents les mots pour exprimer leurs révoltes et leurs rêves d’un monde meilleur. Ni plainte, ni catastrophisme, pas plus qu’exaltation lyrique d’un prétendu Eden perdu, mais une dénonciation implacable et un tracé d’avenir. Les mots se révoltent pour sauver notre Terre.

Extrait :

« Nous sommes la nature qu’on défonce.

Nous sommes la Terre qui coule,

juste avant qu’elle s’enfonce.

(…)

Et maintenant ?

Maintenant, la seule croissance que nous supporterons

   sera celle des arbres

   et des enfants.

Maintenant nous serons le vivant

qui se défend. »

Alain Damasio

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Les Palmiers d’Emilie Ducouret et de Chris Montané

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

Les aquarelles avec la libraire Bénédicte Griffon-Duchosal

Les aquarelles avec la libraire Bénédicte Griffon-Duchosal

Emilie Ducouret, co-auteure du livret avec Chris Montané, artiste-peintre et illustratrice du livret, ont fait une séance de dédicaces à l’occasion de la sortie de l’ouvrage le samedi 22 janvier 2022 à la librairie Calédo Livres. J’ai pu rencontrer la naturaliste et l’artiste illustratrice. Ci-joint quelques images de cette sympathique manifestation. Il faut saluer le bel effort de promotion des ouvrages calédoniens de la petite librairie place des Cocos nucifera !

Depuis plus de 10 ans, Noé porte un programme de restauration et de préservation de la forêt calédonienne, et œuvre particulièrement à la conservation des espèces de palmiers et conifères menacés. La Nouvelle-Calédonie est en effet l’un des 35 points chauds de la biodiversité sur la planète.

Aujourd’hui, Noé vous propose un livret pour aller à la rencontre des palmiers endémiques de Nouvelle-Calédonie ! Dans une visée pédagogique et à destination du grand public, nul besoin d’être naturaliste ou botaniste pour naviguer entre les fiches du livret qui vous présente tour à tour 19 espèces endémiques de palmiers, visibles sur les sentiers de randonnée néo-calédoniens.

Grâce au soutien de la Fondation Franklinia, partenaire du programme de Noé en Nouvelle-Calédonie, ce livret a pu être réalisé et édité et ainsi disponible à la vente au prix de 10 euros (1200 CPF)  ou en ligne sur Calédo-Livres.nc

NB : La moitié des palmiers calédoniens sont aujourd’hui menacés de disparition, victimes des feux, de l’exploitation minière, et de l’appétit des mammifères envahissants. C’est donc à nous, visiteurs d’un jour ou bien voisins de tous les jours, de participer à la préservation de ces espèces emblématiques de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi de l’espace forestier dont leur survie dépend. Plus site Noé

De nombreux visiteurs jusqu'à l'extérieur pour respecter la jauge des gestes barrières

De nombreux visiteurs jusqu'à l'extérieur pour respecter la jauge des gestes barrières

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Rencontres-dédicaces samedi 22 à Calédo Livres pour Apprendre à reconnaître les palmiers endémiques de Nouvelle-Calédonie.

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Rencontres-dédicaces samedi 22 à Calédo Livres pour Apprendre à reconnaître les palmiers endémiques de Nouvelle-Calédonie.
Photo du FB d'Emilie

Rencontres-dédicaces samedi 22 janvier 2022 de 10h à 12h à Calédo Livres avec l’auteure Émilie Ducouret chargée de mission conservation, programme conservation et restauration de la forêt calédonienne

Venez rencontrer et échanger avec l’auteure Émilie Ducouret (naturaliste, randonneuse, photographe amatrice) et les membres de l’association Noé qui vous présenteront le livret « Apprendre à reconnaître les palmiers endémiques de Nouvelle-Calédonie ».

L’artiste-peintre Chris Montané proposera également des dédicaces illustrées.

Cet ouvrage de l’association Noé est un guide pour comprendre la morphologie des palmiers et apprendre à reconnaître les espèces natives des milieux naturels en Nouvelle-Calédonie.

La forêt est un lieu de découverte, où se déroule un jeu de cache-cache permanent entre l’observateur et l’observer. C’est aussi un écosystème complexe et fragile qui purifie l’eau qui coule dans nos rivières, procure ombrage et fraîcheur, stocke le carbone et l’atmosphère, alimente une multitude d’être vivant, et parfois même les soigne. L’existence de la forêt repose sur un équilibre ancestral entre l’ensemble des êtres vivants qui la composent et la visitent.

Comme un voyage à travers la famille des palmiers et ses représentants en Nouvelle-Calédonie, cet ouvrage vous fera plonger vers un univers aux incroyables formes et aux multiples couleurs. Les palmiers sont pour les hommes l’emblème des régions tropicales, des plantes ornementales, une source de nourriture et de matériaux. Mais nous ne sommes pas les seuls à profiter des palmiers, ils sont aussi une source importante de nourriture pour de nombreux animaux et insectes pollinisateurs. Le développement des palmiers calédoniens étant très lent, leur présence est un signe de l’ancienneté de la forêt et de son caractère préservé. Ils partagent le destin des forêts calédoniennes et font face aux mêmes menaces.

La moitié des palmiers calédoniens sont aujourd’hui menacés de disparition, victimes des feux, de l’exploitation minière, et de l’appétit des mammifères envahissants. C’est donc à nous, visiteurs d’un jour ou bien voisins de tous les jours, de participer à la préservation de ces espèces emblématiques de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi de l’espace forestier dont leur survie dépend. 

Des extraits de l'ouvrage page 21 et 34
Des extraits de l'ouvrage page 21 et 34
Des extraits de l'ouvrage page 21 et 34
Des extraits de l'ouvrage page 21 et 34

Des extraits de l'ouvrage page 21 et 34

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Le numéro 73 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article.

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Le numéro 73 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article.

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Le plus de la rédaction :

Bozusë. 

Nous sommes aujourd’hui le 21 janvier et annuellement, l’amicale de Hunöj tient sa kermesse ce weekend. Pour raison de covid, il ne se passe rien du tout à la tribu. Je revis seulement les souvenirs où j’animais à kolopi où des groupes venaient et se succédaient sur le podium. Désormais, cette page est tournée et le livre fermé. Jusqu’à quand ? 2023 seul le sait. 

Une joie de partager avec vous chères lectrices et lecteurs, un texte d’un écrivain de chez moi à Hunöj. Il me l’a envoyé l’année passée. C’est la deuxième fois que Saipö Jim m’écrit. Il décrit pour la circonstance un repas partagé sobrement avec une famille très modeste dans notre tribu. Il s’est trouvé que la dame qu’il a décrite est ma sœur adoptive. Et, j’ai adopté sa fille. Elle a fait ses études pour obtenir un master de bio-chimie à Lille. Elle est aujourd’hui biochimiste à Vavouto. 

J’ai remplacé dans son texte initial surnaturel par Invisible qui me semblait plus approprié par rapport à ma vision des choses. Ai-je raison ? That’s the question. 

L’autre changement est le prénom de la sœur que j’ai remplacé par celui d’une nièce. 

J’avais un autre texte à proposer, je vous le présenterai à la remise. 

L’autre texte, un poème, est de Jean-Luc David. Un ami aujourd’hui disparu. Rappelez-vous l’an passé, le plongeur qui s’est fait happer par les hélices d’un bateau alors qu’il était en train de plonger (se baigner) C’était en Équateur. Il était jadis une voix dans notre choral du Chœur de Voh. C’était avec Mme Yvana et notre grand Jacques à nous. Hommage. 

En ce moment, il fait très chaud dans la vallée avec le tonnerre qui brame de l’autre côté de la vallée. Vers Atéou. La grande crue va toujours charrier les grands troncs d’arbre et sa boue sur le pont de la Tiéta. J’espère qu’il n’y aura pas de drame humain comme les crues d’il y a peine trois semaines. 

Bonne lecture et bonne fin de semaine à vous. Wws

Leçon de choses

Nous devons prendre soins des nôtres, les personnes âgées en particulier, sans oublier les veuves et les enfants qui n’ont pas de papa pour aider. Le plus important est de planter un peu de bonheur dans le cœur de chaque individu, noir blanc ou jaune. Ce bonheur qu’on allume dans chaque être, nous revient toujours en récompense dans n’importe quelle circonstance. Certains l’appellent le karma. Peu importe à qui l’on procure ce bonheur, la Vie nous le rendra. L’Invisible agit toujours pour nous accorder sa juste valeur. 

Un soir, une force a agi en moi pour me pousser à aider une femme … celle de Hnaialu. Sûrement qu’un jour elle a rendu service à autrui pour que je le lui rende à mon tour. Parfois je pense à cette femme forte qui en l’espace d’une nuit a changé ma vie et ma façon de voir le monde. 

Le soleil brûlait la terre et la poussière se levait à chaque souffle de vent au milieu du champ. Avec mon père nous sortions les derniers tubercules avant de transformer l’ancien champ d’ignames en champ de patates douces. La chaleur nous brûlait la peau et la sueur parcourait notre corps comme pour nous rafraichir. Pas un seul chant d’oiseau ne sortait de la petite forêt avoisinante même les chiens qui d’habitude s’excitaient à la moindre alerte, se cachaient sous les feuillages. Avant de quitter le champ mon père rassembla quelques tubercules dans un trengadrohnu, sac en feuille de cocotier tressé.  Il y rajouta quelques oignons verts.  « Tu porteras ce sac à la femme de Hnaialu, ce soir » me fit mon père. Personne ne devait voir à qui le sac était destiné, sans doute pour éviter les mauvaises langues. La femme de Hnaialu est l’héritière d’une lignée de Joxu, chef dans la tribu.  

Le soir venu, je portais le trengadrohnu sur mon épaule et je traversais la tribu dans le noir. J’avais peur de marcher seul ; alors j’accélérais mes pas. A Pöj, je croisais des chasseurs de roussettes. Ils parcouraient la tribu à la recherche d’un supplément pour leur bougna du lendemain. A Béolan je rencontrais les garçons un peu plus âgés, ils étaient assis en rond autour de la cabine téléphonique. Chacun espérait recevoir un appel de son amoureuse. C’était ainsi que l’idée vint à l’un de ces grands frères, celle de composer la chanson Ma Béolan. L’air m’accompagna quelques peu sur la route : « Sonejëhi téléphone, je croyais que c’était pour moi » Sans doute pour rendre hommage aux nuits blanches, passées à attendre désespérément. 

Au magasin Ponoz alimentation je m’arrêtais pour acheter deux boites de sardines et continuais après jusqu’à la maison à Gailu. Devant la masse noire conique de la case, je vis une petite lumière à ma droite. Elle éclairait l’intérieur d’une maisonnée faite de feuilles de cocotier et quelques tôles ondulées posées dessus. Toute la devanture était noire. Je traversais l’espace qui devait être un jardin et sous mes pieds, l’herbe fraiche me donnait des frissons. Tous mes sens s’éveillaient. Je compris que je foulais un terroir sacré, un lieu très respecté par nos aïeuls. Plus je m’approchais de la famille et la peur envahissait tout mon être. Alors je pressais mes pas.  De la devanture qui servait d’entrée à la masure, je me trouvai face à la femme de Gailu assise sur le hnasidrohnu sur le sol qui lui servait de paillasse. Elle était assise dans le rond avec ses enfants autour de sa marmite. Une petite bougie continuait de lancer une lumière jaune-oranger sur le pourtour de la maisonnée. A ma vue, la maman se lèva et me sourit. Avec le sac sur l’épaule, je me dressai droit. Et je ne savais pas quoi lui dire, avais-je oublié toutes les paroles que mon père m’avait données ? Mais m’avait-il parlé quand il avait fixé le panier d’ignames sur mes épaules ? Je me sentais seulement tout petit et fasciné par la réalité tribale. La mienne. La dame était d’une grande taille. Svelte et élancée. C’était ce qui faisait sa beauté en plus de la couleur brune imprégnée par la lueur de la bougie sur son visage. Elle décrocha machinalement ma charge du dos et m’invita à me joindre au diner de la famille que je refusai en prétextant des raisons qui ne me venaient pas. Je bégayais. Elle insista en me tendant déjà une assiette: « à la maison, il y a toujours une place sur la natte pour celui qui arrive à l’heure du repas. » Je m’assis sur le sol en faisant bruisser les feuilles sèches de cocotier parmi toute la marmaille qui s’écartait pour me donner de la place. Je me sentis soudainement coupable. La pensée de partager le repas me pesa sur le cœur. « Ils sont plusieurs bouches à partager cette soupe aux choux des îles à la sardine à l’huile. Beaucoup d’huile. Wahmija me sourit. Elle me rassura de son regard bienveillant et ce bon petit monde me fit oublier que j’étais un élément en plus.  Un pique-assiette. Pendant le repas, je m’efforçais de m’empêcher de baisser la tête lorsqu’elle me parlait. Mais baisser la tête est un signe de respect chez nous. Il est vrai que la femme de Hnaialu insufflait le respect et la lumière de la bougie suffisait à faire rayonner toutes les joies du monde. Vivre. A la fin du diner qui s’était achevé bon gré mal gré, Madame me dit de bonnes paroles pour remercier papa pour les ignames, geste d’amitié et d’humanité verdoyante de Ponoz. « Que l’Invisible rende la pareille. » 

A la fin, je m’excusai à la famille pour m’éclipser. Wahmija me remercia encore pour je ne sais combien de fois. 

Sur le chemin du retour, un sentiment d’un travail accompli sembla avoir gagné tout mon être. Je me dis alors que j’ai semé une graine en faisant un don aux plus nécessiteux. J’avais aidé les miens. Dans le noir, je n’avais plus peur du monde. Le Monde. J’avais foi que mes aïeuls veillaient sur moi et que je vivais pour eux. Désormais le monde m’appartenait et le froid ne se posa même plus sur ma peau. C’était comme si une grosse couverture invisible était posée sur tout mon corps. Pour la première fois de ma vie, je me sentis utile, mais surtout bien dans ma peau. Je savais désormais où puiser mon bonheur. 

A présent, je n’arrête plus de remercier mon père pour le service qu’il m’avait demandé d’accomplir. Tout le bien que l’on donne à autrui, est un bien que l’on donne à soi-même. Nous ne faisons qu’impacter notre propre vie. Notre acte nous libère. Avant tout c’est pour soi-même que l’on agit. Il est vrai qu’en portant le sac d’ignames à la dame de la chefferie de Hnaialu, je lui avais procuré de la joie mais au fond mon père voulait me donner une grande leçon de la vie. Une belle expérience du travail accompli qui n’a pas de prix.

La rencontre avec Wahmija et ses enfants fut déterminante. Elle m’a permis de me connaitre. En prenant soins de la vie de quelqu’un d’autre, je me suis senti bien. Alors j’en ai fait mon métier. Chaque soir, je rentre du travail avec la perception d’un besoin assouvi. Je n’ai pas choisi mon métier pour gagner de l’argent mais plus pour vivre-ensemble dans le rapport à l’humain qui est au centre de mon activité de tous les jours. 

Suite de billet avec la poésie de David (suive ce lien)

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Deux ouvrages récents de Béatrice Mériot disponibles à Nouméa pour trouver la voie du bien-être

Publié le par ecrivainducaillou.over-blog.com

20 principes qui vont changer votre vie

Les conseils illustrés pour avoir une vie de rêve(s)

(Un ouvrage vendu 1600 F à Calédo Livres)

En vous révélant les principes qui vous mèneront sur le chemin de la réussite, ce livre va vous aider à créer l'environnement qui vous maintiendra, à chaque instant de votre vie, "en alignement" avec vos désirs, mêmes les plus fous !

NB Béatrice Mériot n’est pas une débutante pas moins de neuf ouvrages sont au catalogue de Calédo Livres et de nombreux ouvrages chez L’Harmattan à commander en ligne.

Ce livre que toutes les femmes devraient lire

Les 6 clés du bien-être au féminin

Nouvelle version augmentée ! (2900 F en librairie à Nouméa)

Apprenez à mieux vous connaître, et reprenez les rênes de votre vie, afin de vous épanouir durablement, en choisissant ce qu’il y a de mieux, pour VOUS.

Parce la vie de nombreuses jeunes filles et (jeunes) femmes n’est pas toujours simple, ce livre vous propose de faire le point sur les différents aspects de votre quotidien : estime de soi, relation aux autres, désir de maternité, relations amoureuses et sexualité.

Béatrice Mériot est professeure de français en Nouvelle-Calédonie.

Dès l'adolescence, elle se sensibilise à la cause féminine, et c'est en reprenant des études de lettres à 32 ans, qu'elle se découvre une passion pour la lecture et la littérature.

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Une nouveauté science-fiction et fantastique, D’Hier et de Demain, de Kévin GALLOT aux éditions Spinelle

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Recueil de nouvelles de science-fiction / fantastique

Synopsis : D'Hier et de Demain est un recueil de nouvelles essentiellement de science-fiction et de fantastique, qui font voyager le lecteur à travers de nombreux univers teintés de réalité virtuelle, de robots et de conquête spatiale, en passant par la rencontre de races extraterrestres atypiques, de dragons ou de peuples du passé. Vous vous questionnerez, serez surpris, interrogés sur l'avenir de l'Humanité et de l'univers, voire leur passé. Mais surtout, vous rêverez.

Kévin Gallot

Arrivé en Nouvelle-Calédonie en 2013, Kévin Gallot a commencé à partager son écriture via des concours de nouvelles depuis 2016, dont certains lui ont valu prix et publications. Son premier roman, Le Monde d’Ander, a bénéficié de l’aide de la Province-Sud de la Nouvelle-Calédonie, en étant lauréat de l’aide à la création artistique en 2019.

Kévin Gallot est également actif dans la communauté d'auteurs " Plume d'Argent " qui a publié deux de ses nouvelles dans leurs deux recueils, avec une mention coup de cœur.

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Le numéro 72 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article.

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Le numéro 72 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article.

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Le plus de la rédaction :

Je pense à Ginette Arhou. Elle est de Koumac. Elle est partie dans l’autre monde, (voila plus de je ne sais plus combien de temps.) C’est quand même dur de perdre une relation, c’était aussi à elle que j’envoyais mes textes pour corriger. Un soir, elle m’a invité pour conter autour d’un feu à la tribu de Gatope. J’ai accepté. C’est le texte ci-dessous que j’ai lu. 

Pendant le tournage d’un film (reportage sur une sœur poétesse, Imassango) nous sommes allés nous recueillir sur la tombe de Ginette à l’entrée du village de Koumac. A quelques mètres du bord de la route, Ginette se reposait dans le cimetière plutôt familial. La poétesse parlait mais je ne l’entendais pas. Je me tenais assez distant de ce lieu de rendez-vous. Je saisissais seulement quelques paroles, des bribes, entre les bruits de moteur des voitures qui roulaient à vive allure. Les usagers ne voyaient pas la résipiscence de l’évènement. Moi, je me suis éloigné encore plus en remontant dans ma voiture. Les paroles s’envolaient alors dans le vent, d’autres mourraient là sur l’herbe folle qui poussait dessus la tombe. Ginette à travers cette verdure nous suivait sûrement. 

Nuelasin 72 est un mélange de ce qui a été amorcé l’année dernière et celle de 2022. Je souhaite à vous une bonne lecture et à vendredi prochain. Wws 

 Cette nuit, Piliwe sortit de sa réserve et agressa Mazalujë. Sa force enroula d’une main sa tignasse et dans l’autre un gourdin qu’il avait arraché du jardin. Il était à deux doigts de la tuer. Excédé de jalousie. Mazalujë ne broncha même pas. Elle était sur ses genoux, elle pleurait parce que son mari l’avait traînée hors de la maison. Chez eux. Sa femme, plein de larmes dans le regard allait se laisser mourir. Elle lui dit alors en levant les yeux: « Fais-le ! » Elle laissa couler quelques temps pour bien marquer sa sincérité. Elle ne se débattit même pas. Elle était accroupie sur le sol. Mais il n’y eut rien. Alors, elle rompit le silence. Elle sortit les paroles des promesses qu’elle avait faites à Piliwe. « On s’était marié Piliwe mais tu connaissais la vie que je menais. Pour rien au monde, je ne l’abandonnerai. J’ai même juré sur la tête de l’oncle de nos enfants, Inegit. Et tu le sais, c’était à toi que j’ai dit même que tu étais avec Gérald ta putain de caporal de compagnie et tu étais d’accord sinon on ne se mariait pas. Maintenant, tu vois Wazika, Cilako et Dralue, ils sont bien de toi. Tu étais allé même à m’obliger de faire ce fichu test d’ADN. Ma parole ne te suffisait pas pour dire que nos enfants sont bien de toi. Ne me prends pas pour la tige de roseau creuse à laquelle ta mère aime assimiler les femmes infécondes. Tes frères n’ont pas de gosses, tes sœurs non plus. Des puits à sec. Et, maintenant que me veux-tu ? Ma mort ? Tue-moi, ma vie je te l’ai déjà donnée. Ma mort aussi. Je suis devenue morte à l’instant où tes sœurs sont venues me détacher et m’arracher à mon clan[1], à l’heure même où les cloches ont sonné[2] pour moi, chez toi. Dans ton église. » Le gourdin tomba de la main du justicier. Juste à côté de Mazalujë. Tous deux le fixaient. Un cœur de gaïac noir. Lourd. Piliwe était aussi lourd que noir de jalousie. Comme son gaïac. Amorphe, anéanti, il n’était plus un homme. 

Extrait de la nouvelle : Sous la fumée de Vavouto du recueil De séduction en séduction de Léopold Hnacipan

[1] Ils sont venus m’arracher à mon clan : évoque la coutume des Calédonie selon laquelle les sœurs de l’époux allaient détacher l’épouse et l’amener avec elles dans leur clan. 

[2] Les cloches ont sonné : pour célébrer le mariage. La religion a une très grande place dans le quotidien de la tribu.

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Yana et l'île aux livres de Stéphane Moysan une nouveauté disponible en librairie

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Dans ce nouvel album, Yana nous entraîne dans un voyage fabuleux vers l’île aux livres !

Le texte inspiré, les jeux de mots et les illustrations très colorées de Stéphane Moysan donneront le goût de lire à vos enfants !

 Prix : 1 995 XPF TTC Éditeur Capitaine book éditions

Suivre ce lien pour un article sur le précédent Yana

En savoir plus

Dans ce nouvel album, Yana nous entraîne dans un voyage fabuleux vers l’île aux livres !

Le texte inspiré, les jeux de mots et les illustrations très colorées de Stéphane Moysan donneront le goût de lire à vos enfants !

 

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Ombres et lumières de la colonisation à la française de Frédéric Angleviel + Vidéo RRB

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Ombres et lumières de la colonisation à la française de Frédéric Angleviel + Vidéo RRB

Paru le 18 novembre 2021 Essai (broché), cette nouvelle publication de Frédéric Angleviel est en vente à Nouméa sur les lumières et les ombres de la colonisation à la française !!

Un ouvrage publié par un éditeur national à Paris, chez Ed. de Paris-Max Chaleil, qui aborde cette question fondamentale, non pas au niveau de la Nouvelle-Calédonie, mais au niveau mondial.

  • Première partie les lumières
  • Deuxième partie les ombres
  • Troisième partie : la colonisation fut-elle un mal nécessaire ?

Dans ce livre original, l'auteur aborde la colonisation française en essayant d'objectiver sa description et surtout ses logiques, énoncées ou inconscientes. Un travail rarement tenté car les analyses ici sont souvent brouillées par les présupposés idéologiques des deux décryptages du passé qui s'affrontent. Une phrase du préambule de l'accord de Nouméa de mai 1988 exprime bien la dualité de la perception française de ses réalités coloniales : « Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière ». L'auteur, spécialiste de l'histoire coloniale dénommée désormais l'histoire d'outre-mer, s'est approprié cette phrase afin de l'appliquer à l'ensemble de la « colonisation à la française » entre 1830 et 1962. Cet essai prend en compte la grande diversité géographique de « l'empire colonial français », initié par la royauté, poursuivi par le Second Empire, et surtout développé et administré par la République. Si l'objectif de cet ouvrage n'est pas de valoriser ou de critiquer cette colonisation, réalité complexe qui était imbriquée dans la vie de la Nation, il est de l'interroger et de l'analyser sans parti-pris. A contrario, il se demande pourquoi des peuples constitués ou en devenir ont pu accepter d'être vassalisés aussi longtemps par une puissance exogène souvent lointaine ? Leurs différentes colonisations et leurs mutations furent-elles une étape nécessaire à leur entrée dans la mondialisation triomphante ? Comprendre ces phénomènes humains de domination et d'exploitation de l'autre dans le cadre de l'empire-patrie des droits de l'homme, participe tout autant à la compréhension des enjeux post et néo coloniaux dans les espaces francophones qu'à une nouvelle appréhension de la société hexagonale d'hier et d'aujourd'hui.

Biographie

Frédéric Angleviel, professeur des universités en histoire contemporaine, spécialiste de la colonisation, de l'évangélisation chrétienne et de l'Océanie francophone, a publié une quinzaine d'ouvrages principalement axés sur des problèmes d'outre-mer. Il travaille sur la région Asie-Pacifique, notamment l'Indochine et la Nouvelle-Calédonie. Il a reçu, en 1995, le prix Auguste Pavie de l'Académie des sciences d'outre-mer pour Les missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle et, en 2015, le prix « sciences » du Salon du livre insulaire d'Ouessant pour Un drame de la colonisation. Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988. Depuis trois ans, il vit à mi-temps au Vietnam et travaille sur l'histoire de la confédération indochinoise ainsi que sur une vision plus globale de la colonisation (à la) française.

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Le numéro 71 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article. Léopold est de retour

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Le numéro 71 de Nuelasin est disponible et en téléchargement dans cet article. Léopold est de retour

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La rédaction: Heureuse année 2022. Je voudrai m’excuser à vous chères lectrices et lecteurs pour ce long silence. C’aurait pu être un silence définitif vu que j’ai contracté le virus de la covid qui a nécessité mon isolement. Depuis, je me remets mais avec des séquelles comme l’essoufflement qui ne me quitte pas. … Voir la suite dans le PDF à Télécharger suivre le lien

Responsable de la publication: Léopold Hnacipan

Si je ne reprends pas Nuelasin, c’est comme si je suis parti dans le mauvais vent. Non, faut que j’écrive pour prouver à moi-même que j’existe. J’exulte! 

J’aurai pu le faire depuis, mais je ne le pouvais pas. Je rêve beaucoup mais on dirait que cette faculté-là (si c’en était une) m’a quitté. Elle revient petit à petit. L’usage des doigts me revient aussi. Je n’avais pas repris le travail depuis septembre. C’est que je m’essoufflais pour monter les escaliers à côté de la guérite pour aller au collège. 

À l’heure où je vais publier Nuelasin pour repartir, j’ai une grande pensée à celles et ceux qui nous ont quitté. Certains sont des lecteurs fidèles. Oleti. En ce moment, c’est le deuil de la maman des fils Ukeiwe. Cela me va droit dans le cœur surtout qu’ils sont de ma famille mais sutout aussi qu’ils me sont très proches par leur travail qui touche à la littérature. Nous avons les mêmes sensibilités. Qu’ils reçoivent mes condoléances en ces jours difficiles. 

Je reprends aussi en plus du journal, l’écrit (une interview) auprès de mama Waitha. C’est chez elle qu’a vécu Drikona Jean Ukeiwe, lorsqu’il enseignait à Hunöj. C’est de lui, Ataï (combien de temps encore ?), Troni a treijepin lo itre drai hnapane (repris par Reglyss le groupe de l’Hérault) et bien sûr Rozanë. Allez, je vous laisse en espérant vous retrouver vendredi prochain. Wws

Le puits de Hunöj. (suite et fin)

         Je suis chez Mama Waitha[1], ma grande-sœur[2] mais qui est aussi une des grands-mères de la tribu. Elle habite devant le temple. J’allais tout le temps la rencontrer lorsque j’arrivais à la tribu. Elle est une des personnes ressources de l'ancienne génération dont nous avions toujours besoin. Aujourd'hui, Mama Waitha a 79 ans. Elle était née en 1936. Je suis venu cette après-midi pour lui poser quelques questions au sujet de l'eau de la tribu. Je voulais savoir comment les gens de son époque se comportaient et comment l’eau était gérée quand Mama Waitha était arrivée à la tribu en épousant un homme de Hunöj.

Wawes : Et, à cette époque-là comment faisiez-vous pour vous baigner ? 

Mama Waitha : Chacun se baignait avec l’eau d’une seule bouteille et c'était suffisant. Moi, j'avais ma bouteille et pareillement pour les autres. Il n'était pas question de se baigner avec plusieurs bouteilles et de dépenser l'eau comme on le fait au temps d'aujourd'hui.

Wawes : Et vous arriviez à vous savonner tout le corps avec votre manière de vous baigner ?

Mama Waitha : À notre époque, on économisait l'eau et le savon. Et nous étions très propres. Quand je vois la génération de maintenant, je remarque que même après vous être lavés, vous paraissez toujours sales. J'ai l'impression que vous ne savez pas vous baigner. Vous vous lavez, vous vous savonnez et après vous vous essuyez. Et, quand on regarde la couleur de la serviette, elle est sale. Et elle est toute noire parce que vous n'avez pas frotté votre corps d'un linge ou de je ne sais quoi.

Wawes : Est-ce que les gens de votre époque avaient beaucoup de poux dans les cheveux ? 

Mama Waitha : Effectivement, les filles comme les garçons. Ils avaient des poux dans les cheveux mais je ne pense pas que ce soit comme les filles et les garçons de votre époque. Quand on sentait qu’on avait des poux, on pressait du citron dans la chevelure. C'était suffisant. Sinon, on s’épouillait des après-midis entières. Il n'y avait rien d'autre à faire. Les peignes à poux viennent tout juste d'arriver. Comme les autres produits d'ailleurs que nous trouvons dans le commerce.

Wawes : Et les gens des deux bouts de la tribu, Hnyamala et Drepo, venaient-ils aussi pour puiser de l'eau dans le puits à côté du temple[3] ?

Mama Waitha : Le puits en effet était la propriété de toute la tribu. Et tout le monde venait pour puiser son eau. Comme je le disais, chacun venait avec son seau. Une fois qu'ils ont fini de tirer ce qui leur fallait, chacun repartait avec sa bouteille et son seau. Tu sais, si nos vieux n’avaient pas creusé ce puits, je ne pense pas qu’il y aurait eu une tribu par ici ou alors… la vie serait très dure[4].

Wawes : Et pour nettoyer le puits, comment faisiez-vous ?

Mama Waitha : Avant, c'était le vieux Ixöeë[5] qui descendait pour nettoyer le fond. On le descendait parce qu'il était aveugle ou malvoyant. On disait de lui qu’il n'avait pas le vertige et surtout qu’il n'avait pas peur. C'était comme ça. On attachait alors un siège au bout de la corde comme on le faisait pour un seau et on laissait descendre le vieux Ixöeë jusque dans le fond du puits. Il ramassait alors les feuilles mortes, les brindilles de bois mort et de l'herbe sèche qui était tombée dedans à cause du vent et qui pourrissait dans le fond. Il y avait aussi un autre vieux que Ixöeë, c’était Kamenu-qatr.

Wawes : Et comment ce puits avait-il été creusé ?

Mama Waitha : Je ne sais pas. Mais pour le nettoyage, les vieux avaient une technique. Ils descendaient dans le puits le vieux Ixöeë ou le vieux Kamenu, au bout d'un siège à l'aide d'une poulie. Les deux vieux ne descendaient pas directement dans le vide ; de chaque côté du trou il y avait comme des marchepieds que les hommes tâtaient au fur et à mesure qu'ils descendaient.

Wawes : Est-ce que les vieux avaient déjà sorti des poissons, des anguilles ou des bêtes de ce genre de l'eau du puits ? 

Mama Waitha : Du tout.

Wawes : Y avait-il eu des accidents survenus à l'époque liée à l'entretien de ce puits ?

Mama Waitha : Même pas.

Wawes : A qui revenait la tâche de puiser l'eau ?

Mama Waitha : Cette tâche incombait aussi bien aux hommes qu'aux femmes de la tribu. Pour nous ici à la maison, tout le monde pouvait aller puiser de l'eau ; les enfants mon mari et moi-même. Parfois on se retrouvait tous là-bas mais la plupart du temps, c’était juste moi.

Wawes : A quelle heure de la journée vous vous retrouvez au puits pour assurer cette corvée ?

Mama Waitha : À la maison, on allait puiser de l'eau plutôt vers la matinée. Mais la tendance était générale. Toute la tribu se retrouvait au point d'eau. Je pense que c'était parce que le petit chef de la tribu avait décrété qu'on laissait les gens se servir au puits dans la matinée pour leur besoin de la journée après c'était fermé jusqu'au lendemain. C'était encore l’époque de Hmeleu qatr[6]. C’était lui qui avait décidé cela. 

Wawes : N'y avait-il pas de quotas de bouteilles d'eau pour chaque maison ?

Mama Waitha : Non, on pouvait remplir autant de bouteilles que l'on voulait. Pour nous à la maison, on remplissait nos bouteilles qu'on laissait là-bas à côté du puits et après on faisait des allers et retours pour les ramener chez nous. Les gens qui avaient de la force pour tirer le seau du puits avaient beaucoup d'eau aussi. Tu sais, l'eau du puits provient sûrement d'une grande nappe phréatique. Une source intarissable.

Wawes : Et comment tu trouves cette eau comparée à l'eau de nos jours ?

Mama Waitha : L’eau d'avant à mon avis était beaucoup plus propre. Elle était plus claire et au niveau du goût, on ne sentait pas le plastique ni la tuyauterie moderne. Maintenant on sent aussi que dans l’eau il y a des produits qui y sont ajoutés.

Wawes : Avez-vous été malade d'avoir bu cette eau du puits ou vous est-il arrivé de vous trouver face à des personnes qui avaient souffert d'avoir bu cette eau ?

Mama Waitha : Non à vrai dire. D'abord tout le monde était obligé de boire cette eau mais il ne m'était jamais arrivé de penser que quelqu'un puisse tomber malade d'une diarrhée par exemple ou d'une autre maladie quelconque.

Wawes : Est-ce que quelqu'un était venu à l'époque pour analyser cette eau ? Un scientifique par exemple.

Mama Waitha : L'analyse de l'eau n'était jamais arrivée ni dans mon esprit ni dans celui des autres. On ne pensait pas qu'on pouvait tomber malade de cette eau que nous avons bue du puits à côté du temple et cela depuis des générations.

Wawes : Est-ce qu'il y a déjà eu des histoires je veux dire des mésententes ou des querelles à cause de l’eau ?

Mama Waitha : Pas à ma connaissance. Au contraire, ce puits nous rapprochait. Il rapprochait nos familles, nos clans, il n'y avait à aucun moment des problèmes à cause de l'eau. Je trouvais qu'il y avait plutôt une bonne gestion de la denrée mais surtout qu'il y avait de l'amour de l'eau. Tu sais des fois, on n'avait pas besoin de nous déplacer vers le puits de la tribu ; quand on n'avait pas d'eau on demandait à la famille d'à côté, à l'oncle, à la cousine, etc.… avant de nous rendre au puits. 

         Pour se laver, chacun prenait sa douche chez lui. Il n'y avait pas de douche publique[7]. Cette idée-là était venue bien après mais dans les autres tribus. Chez nous, nous n'avions pas de douche pour la collectivité ; les sanitaires qu'ils appelaient. Pour nous laver, nous n’avions besoin que d'une seule bouteille. Et nous arrivions vraiment à nous débrouiller avec.

Wawes : Est-ce que vous aviez du savon à l'époque ?

Mama Waitha : Tu sais, à l'époque nous allions couper des branches de Feja, nous enlevions la peau après nous grattions l'enveloppe jusqu'au cœur. Nous mélangions de l'eau à tout cela et la mousse montait. Il moussait beaucoup. Avec cela on se baignait et on lavait aussi notre linge. On était aussi éclatant que le linge que nous portions.

Wawes : Est-ce qu'il y a eu des histoires d'amour à cause de ce puits ?

Mama Waitha : Je ne sais pas.

Wawes : Je pose la question autrement ; y a-t-il eu des histoires adultérines au bord du puits ?

Mama Waitha : Oui, c'était le cas de Joséphine[8] et du Vieux André. À cause d'accompagner pour puiser de l'eau la femme de quelqu'un d'autre au puits, le vieux André a fini par en être amoureux. Pareillement pour la vieille Joséphine qui n'allait pas au puits avec son mari mais elle allait aussi au champ avec le mari de quelqu'un d'autre.

Wawes : Vous est-il arrivé de puiser de l’eau pour faire boire vos animaux comme des chevaux par exemple ?

Mama Waitha : Ici à la maison, mon beau-père avait cinq chevaux, des mâles et des femelles. À côté, il y avait le vieux Leitre qatr, il possédait un troupeau. Ces vieux-là amenaient leurs chevaux au puits du temple pour les faire s’abreuver.

Wawes : Et, vous ne vous fâchiez pas que les autres fassent boire leur troupeau dans le même puits que vous ?

Mama Waitha : Non. Ils faisaient boire leurs bêtes en puisant l’eau du puits comme nous le faisions pour notre usage domestique. On ne peut pas reprocher aux uns et aux autres de faire boire leur bête à cet endroit. Nous faisions aussi appel à eux lorsque nous avions des charges lourdes à rapporter de nos champs. Dans les coutumes ; ils amenaient leurs cochons pour la viande. Il n'y avait pas beaucoup de maisons qui avaient des bêtes pour les coutumes. Chez nous, mon beau-père donnait un seau par bête et c'était suffisant. Et, il les faisait boire tous les trois jours non pas qu'il pensait à la réserve d'eau qui s'épuisait mais plus parce que c'était difficile de tout le temps aller pour faire boire les bêtes.

Wawes : J'arrivais chez toi et tu n'avais pas d'eau pour m'offrir un café, comment tu aurais fait ?

Mama Waitha : Pour le café nous n'avions pas d'eau. On allait seulement payer sa tasse chez le vieux Leitre qatr. Il avait une réserve d'eau suffisante parce qu'à la tribu il était le seul à préparer le café à cinq francs la tasse[9].

Wawes : Après le puits à côté du temple, apparaissaient de plus en plus des citernes d'eau dans chaque foyer. Qui c'est qui a commencé à creuser une citerne d'eau à la tribu ?

Mama Waitha : Je ne sais pas. Quand je me suis mariée ici j'ai vu qu'il y avait déjà la citerne de la tribu à côté du temple pas loin du puits mais on ne s'en servait pas. Pourquoi ? Je ne sais pas.

Wawes : Une date ?

Mama Waitha : A l'époque du vieux pasteur Mawe[10].

Entretien assuré par Hnacipan Léopold auprès de Mme Vve LUANANA Waitha qatr, le 17 juin 2015

 
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