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histoire

PRIX POPAI 2021- Catégorie Documentaire Sous le ciel de l’exil

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« Sous le ciel de l’exil- Autobiographie poétique de Marius Julien, forçat de Nouvelle-Calédonie» qui a été désigné vainqueur du prix Popai 2021 dans la catégorie Documentaire.

𝖢𝖾𝗍 𝗈𝗎𝗏𝗋𝖺𝗀𝖾 𝗉𝗋𝗈𝗉𝗈𝗌𝖾, 𝗉𝗈𝗎𝗋 𝗅𝖺 𝗉𝗋𝖾𝗆𝗂𝖾̀𝗋𝖾 𝖿𝗈𝗂𝗌, 𝗅𝖾 𝗍𝖾́𝗆𝗈𝗂𝗀𝗇𝖺𝗀𝖾 𝗉𝗈𝖾́𝗍𝗂𝗊𝗎𝖾 𝖽’𝗎𝗇 « 𝗍𝗋𝖺𝗇𝗌𝗉𝗈𝗋𝗍𝖾́ » 𝖺𝗎 𝖻𝖺𝗀𝗇𝖾 𝖽𝖾 𝗅𝖺 𝖭𝗈𝗎𝗏𝖾𝗅𝗅𝖾-𝖢𝖺𝗅𝖾́𝖽𝗈𝗇𝗂𝖾. 𝖢𝖾𝗌 𝖿𝗈𝗋𝖼̧𝖺𝗍𝗌 𝖼𝗈𝗇𝗌𝗍𝗂𝗍𝗎𝖾𝗇𝗍 𝗅𝖾𝗌 𝗍𝗋𝗈𝗂𝗌 𝗊𝗎𝖺𝗋𝗍𝗌 𝖽𝖾𝗌 𝖼𝗈𝗇𝖽𝖺𝗆𝗇𝖾́𝗌 𝗊𝗎𝗂 𝗒 𝖿𝗎𝗋𝖾𝗇𝗍 𝖾𝗇𝗏𝗈𝗒𝖾́𝗌 𝖾𝗇𝗍𝗋𝖾 𝟣𝟪𝟨𝟦 𝖾𝗍 𝟣𝟪𝟫𝟩.

𝖬𝖺𝗋𝗂𝗎𝗌 𝖩𝗎𝗅𝗂𝖾𝗇 (𝟣𝟪𝟧𝟫-𝟣𝟫𝟤𝟫) 𝖾́𝖼𝗈𝗉𝖾 𝖽𝖾𝗌 𝗍𝗋𝖺𝗏𝖺𝗎𝗑 𝖿𝗈𝗋𝖼𝖾́𝗌 𝖺̀ 𝗉𝖾𝗋𝗉𝖾́𝗍𝗎𝗂𝗍𝖾́ 𝗉𝗈𝗎𝗋 𝗎𝗇𝖾 𝗍𝖾𝗇𝗍𝖺𝗍𝗂𝗏𝖾 𝖽’𝖺𝗌𝗌𝖺𝗌𝗌𝗂𝗇𝖺𝗍 𝗌𝗎𝗋 𝗎𝗇 𝗀𝖺𝗋𝖽𝗂𝖾𝗇 𝖽𝖾 𝗉𝗋𝗂𝗌𝗈𝗇. 𝖢𝖾𝗍 𝗈𝗋𝗉𝗁𝖾𝗅𝗂𝗇, 𝗏𝗈𝗅𝖾𝗎𝗋, 𝖺𝗆𝗂 𝖽𝖾𝗌 𝗉𝗋𝗈𝗌𝗍𝗂𝗍𝗎𝖾́𝖾𝗌 𝖾𝗍 𝖽𝖾́𝗍𝗋𝗈𝗎𝗌𝗌𝖾𝗎𝗋 𝖽𝖾 𝗆𝖺𝗋𝗂𝗇𝗌 𝗂𝗏𝗋𝖾𝗌 𝖽𝖺𝗇𝗌 𝗅𝖾 𝗉𝗈𝗋𝗍 𝖽𝖾 𝖳𝗈𝗎𝗅𝗈𝗇, 𝗉𝖺𝗌𝗌𝖾 𝗉𝗋𝖾̀𝗌 𝖽𝖾 𝗊𝗎𝖺𝗋𝖺𝗇𝗍𝖾 𝖺𝗇𝗌 𝗌𝗎𝗋 𝗅’𝗂̂𝗅𝖾 𝖭𝗈𝗎, 𝖾́𝗉𝗂𝖼𝖾𝗇𝗍𝗋𝖾 𝖽𝗎 𝖻𝖺𝗀𝗇𝖾 𝖼𝖺𝗅𝖾́𝖽𝗈𝗇𝗂𝖾𝗇, 𝖺𝗏𝖺𝗇𝗍 𝖽𝖾 𝗍𝖾𝗋𝗆𝗂𝗇𝖾𝗋 𝗌𝖾𝗌 𝗃𝗈𝗎𝗋𝗌 𝖺𝗎𝗉𝗋𝖾̀𝗌 𝖽’𝗎𝗇𝖾 𝖾́𝖼𝗋𝗂va𝗂𝗇𝖾 𝖺𝗎𝗌𝗍𝗋𝖺𝗅𝗂𝖾𝗇𝗇𝖾 𝗋𝖾𝖼𝗈𝗇𝗇𝗎𝖾, 𝖶𝗈𝗅𝗅𝖺 𝖬𝖾𝗋𝖺𝗇𝖽𝖺.

𝖨𝗅 𝗅𝖺𝗂𝗌𝗌𝖾 𝗎𝗇𝖾 œ𝗎𝗏𝗋𝖾 𝗋𝖾𝗆𝖺𝗋𝗊𝗎𝖺𝖻𝗅𝖾 𝖼𝗈𝗆𝗉𝗈𝗌𝖾́𝖾 𝗌𝗎𝗋 𝖽𝖾𝗌 𝖼𝖺𝗁𝗂𝖾𝗋𝗌 𝖽’𝖾́𝖼𝗈𝗅𝗂𝖾𝗋 : 𝖽𝖾𝗌 𝖼𝖾𝗇𝗍𝖺𝗂𝗇𝖾𝗌 𝖽𝖾 𝗉𝗈𝖾́𝗌𝗂𝖾𝗌, 𝗊𝗎’𝗂𝗅 𝗈𝖿𝖿𝗋𝖺𝗂𝗍, 𝗏𝖾𝗇𝖽𝖺𝗂𝗍 𝗈𝗎 𝗀𝖺𝗋𝖽𝖺𝗂𝗍 𝗉𝗈𝗎𝗋 𝗅𝗎𝗂. 𝖠̀ 𝗍𝗋𝖺𝗏𝖾𝗋𝗌 𝖼𝖾𝗌 𝗉𝗈𝖾̀𝗆𝖾𝗌 𝗌𝖾 𝖽𝖾𝗌𝗌𝗂𝗇𝖾 𝗎𝗇𝖾 𝗁𝗂𝗌𝗍𝗈𝗂𝗋𝖾 𝗌𝖾𝗇𝗌𝗂𝖻𝗅𝖾 𝖾𝗍 𝗂𝗇𝖾́𝖽𝗂𝗍𝖾 𝖽𝗎 𝖻𝖺𝗀𝗇𝖾. 𝖬𝖺𝗋𝗂𝗎𝗌 𝖩𝗎𝗅𝗂𝖾𝗇 𝗒 𝖽𝖾́𝗉𝖾𝗂n𝗍 𝗌𝖺 𝗃𝖾𝗎𝗇𝖾𝗌𝗌𝖾, 𝗌𝖺 𝖿𝖺𝗆𝗂𝗅𝗅𝖾, 𝗌𝖾𝗌 𝗋𝖾𝗆𝗈𝗋𝖽𝗌, 𝗅𝖺 𝗏𝗂𝖾 𝖺𝗎 𝖻𝖺𝗀𝗇𝖾, 𝗅𝖺 𝗉𝖾𝗎𝗋, 𝗅𝖺 « 𝖽𝗂𝗌𝖼𝗂𝗉𝗅𝗂𝗇𝖾 », 𝗅𝖺 𝗇𝗈𝗎𝗋𝗋𝗂𝗍𝗎𝗋𝖾, 𝗅𝖾𝗌 𝗌𝗈𝗂𝗇𝗌, 𝗅𝖾𝗌 𝗆𝖺𝗅𝖺𝖽𝗂𝖾𝗌, 𝗅’𝖺𝗆𝗂𝗍𝗂𝖾́, 𝗅’𝖺𝗆𝗈𝗎𝗋, 𝗅𝖾 𝗋𝖺𝗉𝗉𝗈𝗋𝗍 𝖺̀ 𝗅𝖺 𝗇𝖺𝗍𝗎𝗋𝖾, 𝗅’𝖾𝗇𝗇𝗎𝗂 𝗈𝗎 𝗅’𝖺𝗍𝗍𝖾𝗇𝗍𝖾, 𝗅𝖺 𝗆𝗈𝗋𝗍. 𝖲𝖾𝗌 𝗉𝗋𝗈𝖽𝗎𝖼𝗍𝗂𝗈𝗇𝗌, 𝗉𝗈𝗅𝗂𝗍𝗂𝗊𝗎𝖾𝗌, 𝗌𝗈𝖼𝗂𝖺𝗅𝖾𝗌, 𝗇𝖺𝗍𝗎𝗋𝖺𝗅𝗂𝗌𝗍𝖾𝗌, 𝗆𝖾́𝗅𝖺𝗇𝖼𝗈𝗅𝗂𝗊𝗎𝖾𝗌 𝗈𝗎 𝗋𝗈𝗆𝖺𝗇𝗍𝗂𝗊𝗎𝖾𝗌, 𝗋𝖾́𝗏𝖾̀𝗅𝖾𝗇𝗍 𝖺𝗎 𝗅𝖾𝖼𝗍𝖾𝗎𝗋, 𝖼𝗁𝗈𝗌𝖾 𝖾𝗑𝖼𝖾𝗉𝗍𝗂𝗈𝗇𝗇𝖾𝗅𝗅𝖾, 𝗅𝖺 𝗏𝗂𝖾 𝗂𝗇𝗍𝖾́𝗋𝗂𝖾𝗎𝗋𝖾 𝖽’𝗎𝗇 𝖿𝗈𝗋𝖼̧𝖺𝗍.

Auteurs : Gwénael Murphy, Louis Lagarde, Eddy Banaré avec la contribution d’Aurélia Rabah Ben Aïssa

Editeur : Presses Universitaires de Nouvelle-Calédonie

Plus sur cet ouvrage en suivant ce lien

 

NB : PRIX POPAI 2021- Catégorie Jeunesse

« Kirinata et Doka, héritiers des clans ennemis» qui a été désigné vainqueur du prix Popai 2021 dans la catégorie Jeunesse.

NB : Cet ouvrage a fait l'objet de nombreux articles sur ce blog à retrouver avec le moteur de recherche.

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Narcisse Pelletier. Naufragé aborigène de Stéphanie Anderson et traduit par Anne Magnan-Park

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Narcisse Pelletier. Naufragé aborigène de Stéphanie Anderson et traduit par Anne Magnan-Park

2 950  XPF en librairie à Nouméa (Chez Calédo Livres même pendant les travaux)

Genre Sociologie, anthropologie- Collection Culture océanienne édition de 2021

L’auteure examine comment l’extraordinaire histoire de Narcisse Pelletier, l’adolescent français devenu Aborigène : le « sauvage blanc », a marqué notre imaginaire en France. Des essais anthropologiques aux romans du XXIe siècle, elle s’interroge sur les différentes représentations inspirées par les deux vies de Pelletier.

Ce livre scientifique, documenté et accompagné de nombreux appendices (courriers, croquis, articles de presse, photographies…), se lit comme une enquête policière sincère et sérieuse. Il s’adresse à ceux que l’Australie, son histoire et son peuplement intéressent, mais aussi, plus largement, aux amateurs d’aventures et de destins humains hors du commun.

L’extraordinaire histoire de Narcisse Pelletier, l’adolescent français devenu Aborigène :

le « sauvage blanc ».

Tout comme les récits de naufragés rendus célèbres, l’histoire extraordinaire de Narcisse Pelletier captive notre imaginaire depuis cent cinquante ans. À ce titre, elle soulève de nombreux débats sur l’exactitude des faits et les perspectives idéologiques adoptées par ceux qui se sont attachés à raconter le périple du jeune mousse vendéen qui accosta au cap York (Australie) en 1858 où il fut recueilli par un clan aborigène Uutaalnganu. Pelletier, alors âgé de quatorze ans, fut adopté par une famille qui lui donna le nom d’Anco. Il épousa, à son tour, leur langue et leurs coutumes, il acquit progressivement leurs savoirs et savoir-faire, et fonda une famille. Lorsqu’il fut repéré par des Britanniques et rapatrié en France contre son gré dix-sept ans plus tard, il devint un résident-naufragé dans la Vendée de son enfance.

Que retenir de son histoire ? Comment la raconter ? C’est un travail méticuleux d’historienne que nous présente ici Stéphanie Anderson. En tandem avec l’anthropologue australien Athol Chase, elle documente et élucide les faits, y compris le témoignage de Constant Merland qui retranscrit ce que lui confia Pelletier peu de temps après son retour en France. De plus, l’auteure examine comment la fascinante histoire du « sauvage blanc » a marqué notre imaginaire en France. D’essais anthropologiques aux romans du XXIe siècle, elle s’interroge sur les différentes représentations inspirées par les deux vies de Pelletier.

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Le Têt avec l’historien Frédéric Angleviel avec une vidéo

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Le Têt avec l’historien Frédéric Angleviel avec une vidéo

Pour commencer l’année du tigre d’eau et commémorer le têt à ma manière, j’ai décidé d’inviter un historien émérite de Nouvelle-Calédonie Frédéric Angleviel, auteur de nombreux ouvrages et de publications dans les revues de la société des océanistes. C’est un grand connaisseur de la communauté asiatique du Caillou qui est composée essentiellement de descendants de Tonkinois, les Chân Đăng, littéralement "Pied engagé, un nom popularisé par l’écrivain Jean Vanmai.

L'arrivée des premiers Vietnamiens en Nouvelle-Calédonie remonte à 1891. Certains étaient des prisonniers du bagne de Poulo Condore.

NB : à la fin de ma petite vidéo pour faire comme le cinéaste Jimmy Janet à la fin du tournage « Loubrou », son film tourné sur le caillou. J’ai dit « couper ». Frédéric s’est alors emparé d’un coupe-coupe et m’a coupé un tronc de bananier. Il faut se méfier d’un historien calédonien. L’instinct broussard peut réserver des surprises ! (voir la photo) JP

J'avais dit "Couper !", il l'a fait.

Le Têt Nguyên Dán est la fête du Nouvel An vietnamien (en chữ quốc ngữ Tết Nguyên Ðán, en chữ nôm 節元旦), littéralement « fête du premier jour de l'année » : en effet, il existe d'autres fêtes nommées Têt, comme le Têt trung thu, la fête de la mi-automne.

C'est la fête la plus importante de l'année. C'est une débauche de couleur, une explosion de pétards, les quartiers rivalisent d'ingéniosité pour être les meilleurs dans leurs danses, leurs décorations. La fête a lieu le jour de la première nouvelle lune, au milieu de la période séparant le solstice d'hiver de l'équinoxe de printemps ; entre le 21 janvier et le 20 février. Les festivités durent du premier jour de l'an au troisième, mais peuvent très bien s'étaler sur une semaine… Le dragon d'or vient chasser les derniers mauvais esprits qui pourraient hanter les lieux.

Le Têt est généralement fêté le même jour que le Nouvel An chinois, puisque le Viêt Nam et la Chine possèdent le même calendrier, de type luni-solaire. Néanmoins, la période d'observation de la nouvelle lune, qui marque le début de l'année, peut varier d'un jour selon les capitales respectives d'où elle est observée. De même, beaucoup des modalités de la fête sont identiques.

Photo de notre repas en famille de l’année dernière :

Cette année est celle du Tigre eau, correspondant à l'an 4720 du calendrier chinois. Cela ne nous rajeunit pas. Elle débutera le mardi 1er février pour prendre fin le lundi 21 janvier 2023.

Poulo Condore : (note sur cet ouvrage)

À partir des années 1930, du fait de l’arrivée de nombreux condamnés politiques, Poulo Condore devient un « creuset national » (p. 137) où s’organise et se structure clandestinement une lutte conduite essentiellement par des condamnés communistes, transformant le bagne n°2 en « université rouge » (p. 138) où sont formés de nombreux militants, parmi lesquels de futurs dirigeants du Vietnam comme Pham Van Dong (premier président du Vietnam réunifié, p. 144). En parallèle, la main-d’œuvre des forçats constitue également une manne employée au développement de l’empire colonial français et des contingents de forçats sont envoyés au Tonkin, à la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, en Nouvelle-Calédonie et en Guyane.

Plus avec un article sur ce blog

Après le massacre du bananier, le repos du guerrier

Après le massacre du bananier, le repos du guerrier

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La France et ses médecins dans les océans indien et pacifique du xvie au xixe siècle de Pierre Aubry et Bernard-Alex Gauzere

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La France et ses médecins dans les océans indien et pacifique du xvie au xixe siècle de Pierre Aubry et Bernard-Alex Gauzere

Collection : Médecine à travers les siècles chez L’Harmattan, ce livre n’est pas encore arrivé en librairie à Nouméa mais peut être commandé en ligne, il est vendu 20 Euros

Ce livre traite du rôle des médecins et apothicaires dans les expéditions menées par la France du XVI e au XIXe siècle dans les océans Indien et Pacifique, qui ont entraîné des conflits larvés et des luttes d'influence sur mer et sur terre, principalement entre la France et la Grande-Bretagne, puis des guerres avec les populations autochtones comme la guerre franco-tahitienne de 1843-1847 et les révoltes des Kanaks en Nouvelle-Calédonie (1878). Médecins, chirurgiens et apothicaires embarqués étaient également des naturalistes chargés de rapporter des spécimens de plantes et d'animaux, afin d'enrichir les collections royales et le Muséum d'histoire naturelle. Les maladies infectieuses demeuraient un fléau permanent et une cause majeure de décès, ainsi que le scorbut de mer. Une contribution experte et importante à l'histoire de la découverte des Indes et des îles de l'océan Pacifique, ainsi qu'à l'histoire de la médecine.

Pierre Aubry est médecin, professeur de médecine tropicale du Service de santé des armées (E.R.), professeur émérite à la faculté de médecine d'Antananarivo (Madagascar), membre correspondant de l'Académie des sciences d'outre-mer et membre de la Société de pathologie exotique.

Bernard-Alex Gaüzère est médecin, praticien hospitalier au CHU de La Réunion (E.R.), professeur visiteur de l'université de Bordeaux, membre de la Société de pathologie exotique.

Date de publication : 19 janvier 2022

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Vient de paraître Histoire du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. De colonie à pays de Zorian Stech aux Indes savantes

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Vient de paraître Histoire du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. De colonie à pays de Zorian Stech aux Indes savantes

Zorian Stech , Histoire du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. De colonie à pays de aux Indes savantes, 2021 (Asie) disponible ne ligne Amazon, Fnac etc.

Présentation éditeur :

« Les Nouvelles-Hébrides représentent un chapitre oublié du colonialisme européen. Pourtant, entre 1906 et 1980, ce petit archipel d’environ quatre-vingts îles a été gouverné conjointement par la France et la Grande-Bretagne. L’ouvrage se concentre sur la période de 1945 à 1980 tout en fournissant un contexte historique replaçant les événements dans la période précédant la Seconde Guerre mondiale.

Aux Nouvelles-Hébrides, les Français et les Britanniques ont dû prendre en considération les aspirations et les besoins du peuple néo-hébridais, de plus en plus politiquement actif en raison de la question foncière et de l’aliénation des terres. Le lien entre l’éducation et la participation croissante des Néo-Hébridais dans la vie politique de la colonie est également exploré. Dès le début des années 1970, la vie politique aux Nouvelles-Hébrides a revêtu les caractéristiques d’une démocratie moderne : partis politiques, campagnes électorales et élections. L’ouvrage éclaire le rôle et la place de la France et de la Grande-Bretagne sur la scène politique émergente aux Nouvelles-Hébrides.

Plusieurs territoires dans le Pacifique ayant accédé à l’indépendance, les Nouvelles-Hébrides étaient vouées au même sort ; mais les positions divergentes de la France et de la Grande-Bretagne ont fait que l’indépendance n’a pas été obtenue dans la paix, mais plutôt dans le sang. »

Zorian Stech a étudié à l’université de Toronto et à l’université Lumière Lyon 2 en France avant de poursuivre ses études à l’université de Montréal, sous la direction de l’historien Samir Saul. Cet ouvrage est tiré de sa thèse.

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Ombres et lumières de la colonisation à la française de Frédéric Angleviel + Vidéo RRB

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Ombres et lumières de la colonisation à la française de Frédéric Angleviel + Vidéo RRB

Paru le 18 novembre 2021 Essai (broché), cette nouvelle publication de Frédéric Angleviel est en vente à Nouméa sur les lumières et les ombres de la colonisation à la française !!

Un ouvrage publié par un éditeur national à Paris, chez Ed. de Paris-Max Chaleil, qui aborde cette question fondamentale, non pas au niveau de la Nouvelle-Calédonie, mais au niveau mondial.

  • Première partie les lumières
  • Deuxième partie les ombres
  • Troisième partie : la colonisation fut-elle un mal nécessaire ?

Dans ce livre original, l'auteur aborde la colonisation française en essayant d'objectiver sa description et surtout ses logiques, énoncées ou inconscientes. Un travail rarement tenté car les analyses ici sont souvent brouillées par les présupposés idéologiques des deux décryptages du passé qui s'affrontent. Une phrase du préambule de l'accord de Nouméa de mai 1988 exprime bien la dualité de la perception française de ses réalités coloniales : « Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière ». L'auteur, spécialiste de l'histoire coloniale dénommée désormais l'histoire d'outre-mer, s'est approprié cette phrase afin de l'appliquer à l'ensemble de la « colonisation à la française » entre 1830 et 1962. Cet essai prend en compte la grande diversité géographique de « l'empire colonial français », initié par la royauté, poursuivi par le Second Empire, et surtout développé et administré par la République. Si l'objectif de cet ouvrage n'est pas de valoriser ou de critiquer cette colonisation, réalité complexe qui était imbriquée dans la vie de la Nation, il est de l'interroger et de l'analyser sans parti-pris. A contrario, il se demande pourquoi des peuples constitués ou en devenir ont pu accepter d'être vassalisés aussi longtemps par une puissance exogène souvent lointaine ? Leurs différentes colonisations et leurs mutations furent-elles une étape nécessaire à leur entrée dans la mondialisation triomphante ? Comprendre ces phénomènes humains de domination et d'exploitation de l'autre dans le cadre de l'empire-patrie des droits de l'homme, participe tout autant à la compréhension des enjeux post et néo coloniaux dans les espaces francophones qu'à une nouvelle appréhension de la société hexagonale d'hier et d'aujourd'hui.

Biographie

Frédéric Angleviel, professeur des universités en histoire contemporaine, spécialiste de la colonisation, de l'évangélisation chrétienne et de l'Océanie francophone, a publié une quinzaine d'ouvrages principalement axés sur des problèmes d'outre-mer. Il travaille sur la région Asie-Pacifique, notamment l'Indochine et la Nouvelle-Calédonie. Il a reçu, en 1995, le prix Auguste Pavie de l'Académie des sciences d'outre-mer pour Les missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle et, en 2015, le prix « sciences » du Salon du livre insulaire d'Ouessant pour Un drame de la colonisation. Ouvéa, Nouvelle-Calédonie, mai 1988. Depuis trois ans, il vit à mi-temps au Vietnam et travaille sur l'histoire de la confédération indochinoise ainsi que sur une vision plus globale de la colonisation (à la) française.

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Rencontre au Musée Maritime avec Alain Le Breüs pour deux siècles de cartographie calédonienne

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Rencontre au Musée Maritime avec Alain Le Breüs pour deux siècles de cartographie calédonienne

Deux siècles de cartographie calédonienne, un ouvrage d’Alain Le Breüs et Pascal Rota vient d’être édité par le Musée Maritime de Nouméa.

Alain Le Breüs, secrétaire du musée maritime, conférencier et ancien géomètre m’a accordé un petit entretien et une visite guidée du Musée Maritime pour l’occasion. Je lui avais donné rendez-vous pour une dédicace. J’en ai fait un petit reportage. JP

Alain est passionnant et passionné comme souvent, le sont les amoureux de la mer et des marins. J’ai eu droit une interview, (voir la vidéo ci-dessus) et à des confidences. Alain, 80 ans, a tellement de souvenirs. Géomètre, plongeur, explorateur, conférencier. Il m’a guidé dans les salles d’exposition du musée avec un long arrêt devant sa médaille, sa découverte, une pièce de 1774, preuve du passage de Cook qu’il a récupéré en brousse*. Un trésor, pour lui, et les amateurs australiens et Néo-zélandais en particulier qui auraient voulu la posséder, mais c’est au Musée Maritime de Nouméa que la pièce est exposée.  Les débuts de l'hydrographie et de la cartographie en Nouvelle-Calédonie.

*la médaille de Cook a été donnée au musée maritime et, par voie de conséquence à la Nouvelle-Calédonie, par la famille Jacques. Merci à ces généreux donateurs. 

Louis XVI était comme Alain Le Breüs, il aimait la cartographie

NB : Le Passage de la ligne !

Du 28 décembre 2021 au 10 février 2022, tous les mardis et jeudis à 10h et 13h30

Dès 1774, les côtes de Nouvelle-Calédonie furent levées par de célèbres navigateurs et les hydrographes, Beautemps-Beaupré, Bouquet de la Grye, Chambeyron, Banaré, Napias…A la fin du 19ème siècle, la mission topographique militaire s’appuie sur leurs travaux pour réaliser la première carte de la Grande Terre. Après leur débarquement en Nouvelle-Calédonie, en 1942, les troupes alliées se sont très vite rendues compte de l’indigence des cartes calédoniennes et ont essayé d’y remédier. Il faut attendre les années 1960 pour que l’Institut géographique national (IGN) publie une carte terrestre fidèle et exhaustive. Côté mer, dès 1976, la mission océanographique du Pacifique (MOP-SHOM) effectue de nombreux travaux pour remplacer les cartes hydrographiques relevées par les disciples de Beautemps-Beaupré, complétées et corrigées ensuite par la Marine nationale.

Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.
Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.

Des objets et cartes qu'Alain Le Breüs m'a commenté. A voir dans les vitrines du musée.

Des ouvrages disponibles à la boutique du musée

Des ouvrages disponibles à la boutique du musée

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Nouveauté à Calédo Livres : Deux siècles de cartographie calédonienne par Alain Le Breüs et Pascal Rota

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Nouveauté à Calédo Livres : Deux siècles de cartographie calédonienne par Alain Le Breüs et Pascal Rota

Un beau cadeau de fin d’année, c’est le moment !

Deux siècles de cartographie calédonienne (1774-1979).

Un nouveau livre édité par le musée et écrit par Alain Le Bréüs et Pascal Rota, anciens géomètres. Pour que ces deux siècles d'histoire des représentations graphiques de notre archipel ne restent pas méconnus !

En vente à la boutique du musée maritime au prix de 2900F  et chez les bonnes librairies information ci-dessous Calédo Livres

James Cook, premier Européen à avoir découvert la Nouvelle-Calédonie cartographie la côte est de la Grande Terre en 1774. Quelques années plus tard, D’Entrecastaux et Dumont d’Urville, tous deux partis à la recherche de La Pérouse, lèvent la cote ouest et les îles Loyauté.

Ce sera la base d’un travail de longue haleine entrepris en mer par les hydrographes, peu avant la prise de possession de l’archipel par la France en 1853 puis, sur terre par les différentes missions cartographiques qui se sont succédé pour répondre aux besoins stratégiques de la colonie naissante.

L’exemple le plus probant est sans doute celui d’un plan en relief monumental de la Grande Terre réalisé suite à l’insurrection kanak de 1878. Présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900, celui-ci aura pour but de promouvoir la politique de colonisation libre du gouverneur Feillet.

Dans cet ouvrage, Alain Le Breüs, secrétaire du musée maritime de Nouvelle-Calédonie, et Pascal Rota, tous deux anciens géomètres, déroulent pas à pas l’histoire cartographique de la Nouvelle-Calédonie précédant l’ère de la numérisation. Deux siècles pendant lesquels les cartes marines et terrestres calédoniennes ont été élaborées selon les besoins militaires, politiques et économiques de l’archipel.

Alain Le Breüs est le secrétaire de l’association du musée maritime de Nouvelle-Calédonie depuis son départ à la retraite en 1998. Ingénieur géomètre, il a mis en place le réseau géodésique de détail sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, bien avant l’arrivée du GPS. La passion des cartes marines et terrestres ne l’a jamais quitté. Il aurait aimé être hydrographe… mais ne renie pas sa profession de géomètre qui lui a fait découvrir les plus hauts sommets de la Grande Terre et des îles. Il est l’auteur de deux ouvrages sur l’histoire maritime de la Nouvelle-Calédonie : « Le destin tragique de la Monique » et « Les vieux voisins de l’anse Uaré ».

Pascal Rota est ingénieur géomètre. Il connaît bien la brousse calédonienne pour y avoir travaillé plusieurs années. Revenu au chef-lieu en 1985, il assure la collecte des toponymes lors de tournées dans les communes de l’intérieur, puis effectue la révision de la 1ère édition des cartes IGN au 1 : 50 000ème. Nommé responsable de la cartographie en 1991, il initie la cartographie numérique jusqu’à son départ à la retraite en 2009. Sa connaissance du portefeuille cartographique calédonien attire l’attention des historiens et universitaires qui le sollicitent régulièrement pour des recherches de tous ordres.

 En savoir plus

Après avoir découvert la Nouvelle-Calédonie en 1774, James Cook effectue le relevé de la côte est de la Grande Terre. La côte ouest et les îles Loyauté seront cartographiées quelques années plus tard par d’Entrecasteaux et Dumont d’Urville, tous deux partis à la recherche de l’expédition Lapérouse.

Commence ensuite un travail de longue haleine entrepris en mer par les hydrographes, peu avant la prise de possession de l’archipel par la France en 1853. Sur terre, l’insurrection kanak de 1878 est à l’origine de la création d’une mission topographique militaire qui aboutit à la réalisation d’un plan en relief monumental de la Grande Terre. Présenté à l’Exposition universelle de Paris en 1900, celui-ci aura pour but de promouvoir la politique de colonisation du gouverneur Feillet.

En 1943, face au déficit de cartes calédoniennes, l’U.S. Army réalise une couverture aérienne générale de la Grande Terre et des îles. Dans les années 1960, l’Institut Géographique National publiera une cartographie de base au 1 :50 000ème.

Les cartes marines et terrestres calédoniennes ont été réalisées en fonction des besoins militaires, politiques et économiques de la Colonie.

Ce livre est destiné aux archivistes, enseignants, étudiants et passionnés pour que « Deux siècles de cartographie calédonienne » ne restent pas méconnus.

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1771. Histoire d'une rencontre, un nouvel essai de Philippe Prudhomme (mise à jour du 20-12-21)

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1771. Histoire d'une rencontre, un nouvel essai de Philippe Prudhomme (mise à jour du 20-12-21)

Mise à jour le 20 décembre 2021 un article sur Tahiti infos évoque cette parution

1771. Histoire d'une rencontre

Tahiti, le 20 décembre 2021 - Philippe Prudhomme signe 1771. Histoire d'une rencontre, un ouvrage qui revient sur la rencontre entre Louis-Antoine de Bougainville et Ahutoru, et qui livre le premier dictionnaire de la langue tahitienne selon l'auteur. Un dictionnaire reproduit dans sa graphie d'origine. L’article complet sur Tahiti infos

Photo Tahiti Info du 20 décembre 2021. En pleine forme mon copain.

Pratique

L'ouvrage est disponible chez Odyssey, en ligne ou directement auprès de l'auteur : philprud6@gmai.,com

Message de Philipe Prudhomme aux amateurs d’histoire.

Bonjour à tous,

        Je viens de consacrer un nouvel  essai  historique à Bougainville , cet explorateur philanthrope , grand savant et polyglotte, qui fut le premier inventeur d'un dictionnaire franco-tahitien. L'ouvrage intitulé "1771. Histoire d'une rencontre " qui comporte cinq documents authentiques méconnus est en VPC chez mon remarquable imprimeur lillois thebookedition.com. . J'espère que vous trouverez autant de plaisir à le découvrir que celui que j'ai eu à l'écrire et vous souhaite à tous un bel été, un bon moral et la santé qui l'accompagne.

Bien cordialement

Philippe

Il y a 250 ans Louis Antoine de Bougainville publiait à Paris, après autorisation royale, le récit de son Voyage autour du monde effectué entre 1766 et 1769. Ce véritable et grand reportage sur l’Océanie sacralisait l’Ile de Tahiti et la rencontre de deux peuples. Surtout, l’auteur offrait au monde un somptueux cadeau : le premier « dictionnaire franco-tahitien.» Cette célèbre épopée, rédigée lors du trajet vers l’Europe, n’aurait jamais existé sans l’amitié de l’auteur avec le valeureux Ahutoru qui avait tenu à l’escorter et qui fut heureux de collaborer à cette intéressante traduction !

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Le mémorial du bagne calédonien : entre les chaînes et la terre Prix Auguste PAVIE 2021

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Photo Christian Robert Radio Tahiti
Photo Christian Robert Radio Tahiti

Photo Christian Robert Radio Tahiti

Le prix Auguste-Pavie est un prix littéraire français annuel de l’Académie des sciences d’outre-mer, créé en 1983 et « destiné à récompenser un auteur ayant traité de l’Asie, de l’Indochine ou du Pacifique ».

Auguste Pavie, né à Dinan le 31 mai 1847 et mort le 7 juin 1925 à Thourie, en Ille-et-Vilaine, est un explorateur, diplomate et haut fonctionnaire français.

Recension rédigée par Emmanuel Desclèves (Source Académie d’outremer)

 L’imposant ouvrage de Louis-José Barbançon constitue une somme dédiée à l’histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie, consécration de plusieurs décennies de recherches conduites par l’auteur sur ce sujet, ponctuées par une thèse de doctorat soutenue en 2000 et publiée sous le titre L’archipel des forçats. Histoire de la Nouvelle-Calédonie 1863-1931 (Presses universitaires du Septentrion, 2003). Cette thèseest un jalon incontournable de l’historiographie de la colonisation pénitentiaire et la première marche d’un long et méthodique travail de recherche que ce Mémorial du bagne calédonien vient consacrer avec brio.

Cette remarquable monographie à vocation patrimonialeimpressionne tant par l’ampleur du sujet traité de façon exhaustive que par ses dimensions physiques : deux volumes de plus de 1 000 pages au total, près de 7,5 kg., une iconographie extrêmement riche et une histoire qui brasse tous les aspects de la mise en œuvre de la politique de colonisation pénitentiaire conduite par la France en Nouvelle-Calédonie de 1863 à 1931.

L’auteur a questionné de nombreux centres d’archives et institutions culturelles (Archives de la Nouvelle-Calédonie, Archives nationales d’outre-mer, musée de la ville de Nouméa, centre culturel Tjibaou, archives Padre Maristi à Rome, musée maritime de Nouvelle-Calédonie, etc.) et s’est assuré le concours de spécialistes et d’un comité de rédaction. Le résultat obtenu donne un ouvrage particulièrement réussi, tant du point de vue du fond que de la forme. Il s’agit indéniablement d’un « beau livre » qui offre à ses lecteurs un ensemble documentaire notamment iconographique exceptionnel par sa richesse et sa diversité. Le premier chapitre traite justement de l’illustration et donne de précieuses indications biographiques sur les photographes et les dessinateurs sur lesquels s’appuie l’iconographie. Il faut également souligner le remarquable travail éditorial conduit par l’éditeur polynésien Au vent des îles, couronné par le Trophée de la fabrication du livre 2020 par la revue Livres Hebdo et le prix Popaï du Salon du livre océanien de Nouméa.

De 1863 à 1931, la Nouvelle-Calédonie est connue sous le nom de « la Nouvelle ». Vingt-deux mille transportés des travaux forcés, plus de 4 000 déportés politiques issus essentiellement de la Commune de Paris, près de 4 000 relégués en majorité récidivistes de délits mineurs, auxquels il faut ajouter plus de 1 000 femmes, débarquent à Nouméa, faisant de cette terre kanake du Pacifique Sud, l'archipel des forçats. Ces marginaux de la société française vont devenir le noyau de la société coloniale calédonienne. Largement majoritaire face aux colons « libres », la plupart des anciens forçats ou déportés politiques vont en effet rester dans la colonie et y fonder leur famille. Une particularité propre à la Nouvelle-Calédonie qui la rapproche plus de l’Australie et la Nouvelle-Zélande en terme d’immigration européenne, que des autres îles du Pacifique.

Louis-José Barbançon retrace l'histoire de la Transportation des forçats à « la Nouvelle ». Une histoire vécue à travers l'exemple du premier convoi de 250 forçats de l'Iphigénie, arrivés dès 1864. Le dernier convoi de bagnards est arrivé en 1897 à Nouméa, mais la fin officielle du bagne n’est prononcée qu’en 1931. Comme l'écrit l'auteur : « dans un pays d'immigration, l'importance dévolue aux premiers arrivés, pionniers volontaires ou malgré eux, reste une dominante de la conscience collective. On a les Mayflower qu'on peut ». « La colonisation pénale a été une forme de colonisation d’État, qui a permis le peuplement. C’est cela qui rend le bagne spécifique car il est, avec la colonisation libre, une des matrices de la société calédonienne », insiste M. Barbançon, lui-même héritier des deux types de colonisation.

L’auteur suit ces premiers transportés dans une étude exhaustive de leurs dossiers individuels, de leurs origines et de leur devenir personnel sur près de six décennies. Ce ne sont donc pas des forçats virtuels qui sont mis en scène, mais bien des hommes de chair et de sang replacés dans le contexte historique d'une terre de bagne, face à la répression ou à la réhabilitation. L'originalité de ce travail de mémoire tient avant tout dans le fait qu'au-delà des lois, des statistiques, de la chronologie, l'auteur tente de donner la parole à des femmes et à des hommes de rien dont il est lui-même originaire, faisant accéder ces oubliés de toujours, comme l'écrit en préface Michelle Perrot « à la dignité de l'Histoire ».

« Ce n’est pas une histoire du bagne », tient à préciser Louis-José Barbançon. « C’est un ouvrage que l’on peut ouvrir sans commencer par le début », puisque cette œuvre se veut thématique. Le livre est parsemé d’un bon millier d’illustrations. « Ce sont des illustrations avec des témoignages des anciens condamnés » a précisé l’auteur. « J’ai redonné la parole à ceux qui ne l’ont pas eue, une façon de redonner vie aux bagnards ». Et « ce n’est pas qu’une histoire de blancs non plus ». 115 Kanak ont été prisonniers, mais aussi plus de 500 Italiens, des Belges, des Suisses, tout comme des Algériens et d’autres peuples des colonies françaises.

« De ce bagne est issu une société » avoue l’auteur, qui « est sorti de la vision importée ». En tant que descendant de bagnard, Louis-José Barbançon estime avoir « une légitimité à parler ». « On n’a pas le même regard quand on est impliqué, il faut s’en méfier mais cela est un carburant », reconnaît l’historien.

Le premier volume traite du « Malheur », terme par lequel les condamnés désignaient leur condition de forçats. Un « malheur » qui débute en général à Toulon puis Saint-Martin-de-Ré et se poursuit sur les convois maritimes jusqu’à l’île Nou, où ils deviennent les « gens d’en face » aux yeux de la société de Nouméa. Autant de phases successives présentées en plusieurs chapitres qui présentent également l’activité et la vie du personnel de l’Administration pénitentiaire - qu’il soit militaire, civil, médical religieux ou encore kanak. À l’ombre du « malheur », d’autres facettes du bagne sont explorées : l’île des Pins, les minorités étrangères, arabes, asiatiques, kanak ou encore la fanfare et les artistes du bagne. Enfin, vient le sombre chapitre des punitions, des chaînes, des bastonnades, des instruments de torture, du quartier cellulaire de l’île Nou, du camp Brun, le camp de l’horreur et des exécutions à la guillotine.

Le second volume aborde le thème du travail forcé qui se décline en de multiples activités : corvées sur et en dehors de l’île Nou, travail dans les carrières ou au four à chaux, affectation dans les fermes pénitentiaires ou dans les établissements agricoles ou forestiers de l’AP, Bacouya, Prony, engagements chez les colons ou au profit des sociétés minières par les « contrats de chair humaine ». Le bagne devient bâtisseur, entrepreneur de travaux publics et l’abondance de sa main-d’œuvre en fait le principal consommateur de la colonie.

Suivent enfin les chapitres consacrés à la réhabilitation avec la présentation des centres de concessionnaires, Bourail, La Foa-Fonwhari, le Diahot et Pouembout-Koniambo. La formation ou la reconstitution de familles étant au cœur de la politique de colonisation pénale, les femmes au bagne, le devenir des enfants, les internats de l’AP sont tout autant de sujets qui, avec la libération et la condition des libérés, précèdent la longue agonie du bagne calédonien.

Cette exceptionnelle monographie s’offre comme un mémorial destiné à tous les descendants, acteurs et victimes de cette histoire, de façon qu’ils puissent mieux la connaître et la comprendre dans la perspective de cette « communauté de destin » que l’auteur appelle de ses vœux, avec le peuple kanak auquel ce passé colonial les a indéfectiblement liés.

NB : Nombreux articles sur ecrivainducaillou pour cet ouvrage à retrouver.

Publié dans Colonisation, Histoire

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